La Napapicnik Académie dégage le pays hôte et passe en demi

La Croatie a éliminé le pays hôte et a bu sa force surhumaine

Le contexte

Il faut vraiment expliquer le contexte d’un quart de finale de coupe du monde. Ok. Soyons rapides. Coincés entre les 1/8es et les demis finales, le quart constitue encore dans la compétition une certaine incongruité. On peut encore trouver des équipes qui n’ont rien à faire plus haut dans la compétition et auxquelles il faut savoir accorder une sortie digne.

Sortir en quart, pour les nuls, c’est un exploit, pour les bons, c’est un contrat minimum rempli.

La Croatie voudrait aller plus loin, forte de son statut de génération dorée des Balkans arrivée à maturité et qui a impressionné son monde au premier tour. La Russie, accordons-nous pour dire que la blague a assez duré. Largement. Vous avez été beaux, vous avez mérité que vos familles soient relâchées saines et sauves. Vous avez sauvé vos têtes et pourrez dans le pays, la tête haute attachée au corps. Mais c’est tout, dégagez, laissez les vraies équipes maintenant jouer entre elles. Par exemple, c’est ce que n’a pas su cadrer les organisateurs en 2002 pour laisser impunément la Corée du Sud et la Turquie continuer leurs parcours jusqu’en demi.

Attention aux cartons quand même pour la Croatie, un Croate averti n’en vaut pas deux. LOL

Le match

Si on enlève les prolongations qui offrent toujours un stress supplémentaire, pas forcément par le jeu d’ailleurs mais par le fait que les tirs au but se rapprochent, cette ombre menaçante qui immisce tous les doutes dans les esprits, même les plus solides, donc si on enlève les tirs au but, et bien le match n’a été non plus d’un niveau stratosphérique. Certains pourront dire dans une vision surannée des qualificatifs que cela a été un match d’hommes, contentons-nous de dire que l’enjeu du match contre un favori et un outsider chez lui a donné une intensité remarquable. Le scénario également a permis le développement d’une certaine dramaturgie. Les deux équipes ont été menées pour arriver à égalité à la fin des deux temps réglementaires.

Chose notable, comme contre le Danemark, les buts du 1-1 ont été marqués en quelques minutes (3 minutes lors du 1/8e), sept minutes entre les deux buts.

Chose notable, comme contre le Danemark, la Croatie a été menée avant de revenir de suite dans le match.

Chose notable, la Croatie a gagné aux tirs aux buts pour la deuxième de suite.

Chose notable, son gardien a encore été le héros de la séance.

Chose notable, gagner deux séances de tirs aux buts n’était arrivé qu’une seule fois auparavant (Argentine en 1990).

Chose notable, cela n’arrivera sans doute pas trois fois. Enfin peut-être mais quatre… si vous voyez ce que je veux dire.

Chose notable, la Croatie a fait deux matchs de 120 minutes et risque d’accumuler de la fatigue, bon, on ne va pas se mentir entre nous, qu’il n’est jamais bon de trainer dans ces moments.

La Croatie a gagné, je vous servirai donc un match de plus, si seulement les gens tenaient leurs engagements, je serai déjà en vacances. Cela dit si je peux aller au bout et servir mon vrai pays à la fin, je serai le plus heureux des traitres.

20 ans après, les Croates égalisent leur meilleure performance en coupe du monde. A eux d’aller plus loin que leurs ainés.

On peut quand même dire un truc : c’est un plaisir que de plier ces chiens de Russes chez eux. Clin d’oeil à la Serbie. TMTC

L’équipe

Solide, laborieuse, elle a perdu de sa flamboyance. Modric tient la baraque paillettes mais cela risque de ne pas être toujours suffisant. Des joueurs commencent clairement à perdre de leur superbe. La profondeur du banc peut être dommageable.

Heureusement, aucun des huit avertis au début de la rencontre n’ont pris un autre carton. Les quatre distribués l’ont été à des casiers vierges, sauf blessure, l’ensemble de l’effectif est à disposition du sélectionneur

Malgré les efforts, et c’est peut-être la chose à retenir, des deux derniers matchs au bout du suspens permettent de forger une mentalité de fer dans un effectif confiant et c’est le cas. La Croatie est sure de sa valeur et les faits lui donnent pour le moment raison à des instants pourtant incertains pour n’importe quelle équipe. On ne sort pas indemne de deux matchs à ce rythme, mais il m’est impossible de penser qu’on en sort juste affaibli physiquement. Un groupe de guerriers à toute épreuve se constitue devant le monde et qui plus est en battant le pays hôte. Ce qui n’est jamais anodin, d’autant en ce moment en Russie. N’oublions pas ce fait. Gagner contre les éléments fait de votre équipe une machine remarquable.

Les joueurs

Avançant dans la compétition, je prends la responsabilité d’utiliser les notes de manières plus favorable, on n’est pas en 1/8e de ligue des champions. On ne peut pas gagner un quart de finale de coupe du monde avec une brochette de tocards titulaires. On ne peut avoir moins de 2.

Subasic (4/5) : gagner deux séances de tir aux buts de suite ? Héros. N’est pas Jean Moulin qui veut.

Vrsaljko (4/5) : une montée en puissance pendant la compétition qui fait de lui un joueur clé de l’équipe.

Lovren (2/5) : oui mais bof.

Vida (3/5) : oui mais mieux. Surtout le but du 2-1 en pleine prolongation.

Strinic (2/5) : Oui mais très bof.

Rakitic (3/5) : l’équipe a besoin d’un Rakitic plus décisive dans ses gestes pour maintenir la tête hors de l’eau de manière plus confortable.

Modric (5/5) : le boss du match. Conservation de la balle, impact, orientation, prise d’initiative, un modèle pour ses coéquipiers. Et quelle classe naturelle, il s’approche du titre d’homme du tournoi à un ou deux matchs près.

Rebic (4/5) : une vraie bonne surprise pour l’attaquant de Francfort, très constant et sur lequel la construction de l’équipe et le décalage du jeu peuvent être décisifs. Bénéficie de la proximité de Modric.

Kramaric (3/5) : l’équipe est solide mais certains atteignent le fameux seuil de compétence et ne peuvent pas briller 120 minutes par match tous les trois jours, c’est aussi simple que cela.

Perisic (2/5) : une baisse d’énergie depuis le précédent match. Attention, la place de titulaire peut être rediscutée.

Mandzukic (4/5) : un exemple de sacrifice en plus d’être le buteur qui empêche le doute de s’installer dans l’esprit de l’équipe. Fini éreinté après tant de combats.

 

Les remplaçants :

63: Brozovic pour Perisic

74e : Pivaric pour Strinic

88e : Kovacic pour Kramaric

97: Corluka pour Vrsaljko

Spooner

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3 Comments

    • Ouais maintenant y’a droit à un changement supplémentaire en prolong’.

      Faudrait vraiment voir à péter les Rosbifs en demi par contre, sinon je compte cette Coupe du Monde comme un échec pour la Croatie (on peut pas réussir une Coupe du Monde en perdant contre les Anglais !)

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