Manchester United-Watford (2-0) : La Raide et Vile Academy livre ses notes.

Salut à tous !

Ce samedi 11 février, les truculentes cocottes de Manchester United recevaient dans leur antre parfumé d’Old Trafford, de balourds métayers battant pavillon à Watford. L’occasion pour votre serviteur de se rendre, une fois n’est pas coutume, dans la ville du football afin d’assister au match depuis les travées mythiques du non moins mythique Théâtre des Rêves, et de profiter lors ce match pour la 25è journée, d’une nouvelle bouchée grignotée par les raides et viles diablesses dans le gâteau de points qui les sépare du sommet du classement.

Seulement à l’image d’un plan de jeu de Louis Van Gaal, tout ne se passe pas toujours comme prévu dans le procès initial, et il faut bien le dire, le caractère parfois velléitaire du petit pimp mal à l’aise dans ses chaussettes en léopard dès qu’il a atterri dans cette cité balayée par le Scottish wind l’empêche parfois de bien s’y prendre pour arriver à ses fins.

Ceci dit, trouver des places en pleine saison pour un stade aussi demandé qu’Old Trafford, ceci alors que les inscriptions au « Membership » sont fermées, que les Anglais aiment communiquer leurs bons plans comme ton grand oncle aime donner ses coins à champignons au jeune couple maghrébin qui vient de s’installer dans le pavillon voisin, que le prix des places en loges (les seules encore disponibles tu t’en doutes) est du genre à rigoler du prix du billet d’avion…bref, vous l’aurez compris : Ça. Ne. L’a. Pas. Fait.

Mais notre histoire de la loose n’était pas terminée, car le destin malin avait décidé de faire de nous un véritable David Moyes de la retransmission footballistique. En effet, quiconque s’intéresse au foot anglais n’ignore pas longtemps que le kick-off de 15 heures, initialement une mesure sociale pour permettre aux ouvriers de prendre leur demi-journée le samedi, s’est retourné contre les touristes un peu cons et désargentés, puisqu’il interdit du même coup toute retransmission télévisuelle des matchs joués à cette heure maudite sur TOUT le territoire briton. Connerie d’exception culturelle qui nous a poussé à se poser le fion quand même dans un pub, de rage, et à boire des pintes de pisse de chat anglais pendant qu’un couple avec enfants s’ébrouait au rythme des rots et des « go fock yoself maiyte » proférés avec force emphase par le brave père tatoué complètement beurré, et par surcroit, fort satisfait de regarder du RUGBY à la télévision.

Heureusement, à cette journée cauchemardesque, s’est opposée une victoire de nos rouges diablesses, et s’est imposée dans la foulée la résolution bienheureuse de retourner un jour dans cette bonne ville, avec cette fois notre billet en poche (et non, on ne va pas au City of Manchester Stadium par défaut, Manchester est rouge, comme les milliards de briques qui constituent l’architecture principale et quasiment unique de son centre-ville).


COMPOSITION INFERNALE.

Pour son retour au 4-2-3-1 avec Martial à gauche, le Mou nous pose inconvénients et avantages par rapport au 4-3-3 imbattable avec le seul Carrick en sentinelle.

Inconvénient : Pogba joue bas, trop bas, et apporte en conséquence beaucoup moins en attaque. Si son jeu long et ses passes entre les lignes influent évidemment sur le rythme de la rencontre, sa capacité à éliminer fait défaut dans le camp adverse.

Avantage : Mkhitaryan. Lui est un vrai meneur de jeu, et retrouver une position axiale comme au Borussia nous permet de constater qu’il ne semble pas moins à l’aise derrière l’attaquant que sur un côté.

Autre inconvénient : où est Phil Jones ?


LE MATCH.

Mine de rien, ce n’et pas l’équipe que l’on attendait qui s’est montrée la plus inoffensive. Du moins en début de match, car MU a commencé à jouer en marchant, et en cumulant les maladresses aux moments critiques. En face, ça défend en bloc et se projette vite en contre, selon le schéma habituel de la Premier League.

À la demi-heure de jeu, les raides et viles se sortent enfin les doigts et commencent à dominer les débats en se procurant leurs premières vraies occasions. Les gestechniques se font plus justes, les transmissions plus nettes, et Mkhitaryan est indomptable (même s’il croque comme un sagouin à la 30è).

Ce nouveau souffle est illustré à merveille par le but de Mata (1-0, 32è) : au départ un une-deux somptueux avec Mkhitaryan, ce dernier trouve Martial qui débordait sur son côté, remise en une touche, projection rapide et transformation de l’offrande à bout portant par le petit Espagnol. Le foot simple et beau.

En deuxième mi-temps, le match vivote au rythme des accélérations diverses de nos moteurs habituels : Valencia, Martial, Mkhitaryan…Mais un homme se singularise plus par son jeu sans ballon que par ses chevauchée diligentes : Ander Herrera, plus affûté que jamais dans son rôle de récupérateur. C’est d’ailleurs d’un de ses tacles que part le but de Martial (2-0, 60è). Toto bénéficie par ailleurs, il est vrai, de la mansuétude du défenseur watfordien, qui face à un attaquant sur son bon pied dans ses 5,50 mètres, décide de rester à distance respectable sans attaquer le ballon. Une décision honorable, bien que vite dérogatoire.

Victoire facile et sans grand panache, mais qui permet de grignoter deux points à Chelsea et trois Tottenham. La course bat son plein, gentlemen.


LES NOTES.

De Gea 4/5 Bien placé en général, comme sur ce coup-franc qu’il sort parfaitement puis dont il profite pour engueuler sa défense comme un vrai gardien vénère. Malgré le peu de travail qu’il a eu à faire, il a tout bien fait, avec une belle volonté de soigner le jeu au pied.

Valencia 4/5 Toujours aux avant-postes, mais sans jamais laisser d’espace dans son dos. C’est assez difficile à faire, mais avec la largeur de ses épaules, on s’imagine y arriver un peu plus facilement. Au niveau de ses skills, on constate aussi qu’il est un des seuls joueurs de vrai football à bénéficier du « Double R2 » de PES.

Bailly 4/5 Le mec est un mur, et possède la relance la plus rock’n’roll des centraux anglais. On l’a même vu faire une prise de soumission à un attaquant adverse, en pleine paix. L’arbitre n’a même pas osé siffler.

Smalling 3/5 Comme d’habitude, il donne souvent l’impression de faire n’importe quoi et d’avoir les nerfs en pétales de marguerite, mais il tient tout de même la baraque. Pas sur qu’il sache lui-même expliquer comment.

Blind 3/5 À pas feutrés, le petit Daley continue son bon boulot, même si son influence n’a pas été grandiose dans son couloir. En revanche, sa capacité à s’excentrer vers l’axe en bonifiant les ballons qu’il y touche est particulièrement appréciable.

Herrera 5/5 Absolument impossible à dépasser. Il a gagné presque tous ses duels (en tout cas tous les défensifs), et n’a même pas donné l’impression de fatiguer. Ce qu’il a perdu en spectaculaire, il l’a gagné en efficacité, un peu comme un Darren Fletch…arrêtons nous là, je vais recommencer à pleurer.

Pogba 3/5 La richesse infinie de son jeu est sous-exploitée dans cette position, un peu comme en équipe de France. Mais il s’est affranchi de sa tâche avec sérieux, et c’est bien tout ce qu’on lui demande, à la fin.

Mkhitaryan 4/5 Si un jour vous vous plaignez du manque de place dans le RER, appelez le à la rescousse : il est capable de créer tellement d’espace que vous vous croirez dans un salon de l’Élysée. Remplacé par Lingard (89è).

Mata 4/5 Lui l’a bien compris, car il a saisi tous les espaces créés par l’Arménien. Son sens du jeu a fait le reste, et il a fini par marquer. Remplacé par Fellaini (72è).

Martial 4/5 Passeur et buteur : Toto a tout à prouver en ce moment, et il se pourrait bien qu’il possède finalement le mental que peu de gens lui prêtent. À la Raide et Vile Academy, on n’a jamais cessé de l’aimer, on espère que désormais, Mourinho fera de même. Remplacé par Rashford (80è).

Ibrahimovic 3/5 Il a beaucoup participé au jeu, en décrochant et en cherchant à orienter le ballon par ses passes éclairées. Il a aussi beaucoup raté face au but. Pas le Z des grands jours.

SUBS

Fellaini NN

Lingard NN

Rashford NN

Pour les trois, c’était plutôt l’occasion de se décrasser que de jouer.

Bobby Carlton.

Bobby Carlton

Académicien et souteneur de la Raide et Vile Academy.

Un commentaire

  1. C’est bien simple Bobby :
    Ce samedi 11 février(…) unique de son centre-ville. On y est !

    Essayez de ne pas prendre une inferanale branlée, prévue à cet effet

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