Celtic / Paris SGEL (0-5) – La Porte de Saint-Cloud Académie (re)bat le pavé

Retour aux sources pour l’académicien préféré des RG

Salut les fainéants, les cyniques, les extrêmes,

 

En cette rentrée syndicale toute en joie de vivre, les membres du Politbüro et moi-même avons répondu à l’invitation de nos copains de la section lilloise de la IVe Internationale pour aller participer à la manifestation de ce beau mardi de presqu’automne dans la capitale des braderies, estaminets et autres loufoqueries septentrionales. Hasard du calendrier, ce périple nordiste intervenait le jour même où la section séquanaise de l’Internationale footballistique entamait son marathon européen dans les terres irrédentes de l’Écosse, patrie des Britanniques cervelés, et qui partagent avec Lille l’amour de la bière fraîche, la haine des Anglois, et un accent à déraciner les chardons. L’occasion, donc, de réaliser le combo « Front social / Révolution sportive », comme aux premiers temps de nos académies, déjà marquées alors par les lacrymo de la Loi Travail… Nostalgie.

Les manifestations de province ne dépaysent pas beaucoup de celles de la capitale. Celle-ci, du moins, regroupait tous les topoï de l’exercice, agrémentés d’une petite couleur locale bien sympathique. Récupérant la queue du cortège devant le parc Lebas, les premiers individus que nous rencontrions se trouvaient être les chats noirs et rouges de la CNT : drapeaux de sang et d’ombre, slogans anti-flics, piercings infectés, tatouages non cicatrisés, stickers mal découpés… Il s’agissait bien là de la fine fleur de l’anarcho-syndicalisme lillois. Ayant récupéré assez de fanzines photocopiés à la va-vite et de tracts de défense des sans-papiers pour remplir un car de CRS entier, nous décidions de laisser derrière nous la sono beuglarde et les effluves de 8.6 pour remonter un cortège étrangement calme en ce bel après-midi ensoleillé.

Passant bien vite les drapeaux rouges de FO et les oriflammes multicolores de SUD, nous nous retrouvions devant le siège de la région des Hauts-de-la-vraie-France. L’occasion d’adresser depuis le bitume un petit geste de courtoisie au gros Xavier, qui nous observait probablement en sirotant un Panaché derrière les fenêtres teintées de son bureau, en compagnie d’une petite compagnie (héhé, je l’ai presque pas fait exprès) de CRS. De bleusaille, nous n’en manquions point durant ce défilé, et nous eûmes souvent l’occasion d’apprécier le déséquilibre flagrant des rapports de force en présence, à chaque fois que nous croisions une avenue barrée de paniers à salade, dont la symphonie électrique des gyrophares nous aveuglait de Bleu Marine ©.

Toute cette marche commençait à nous donner soif, avec les camarades du Politbüro, et nous nous mîmes en quête d’un troquet potable pour étancher notre soif. Manque de bol, le cortège CGT avait déjà disséminé ses membres aux quatre vents, et ceux-ci s’étaient agglutinés aux comptoirs des bistrots, comme un essaim d’abeilles autour d’un pot de miel d’OL-Land ®. À ce train-là, en deux heures à peine, il ne resterait plus une goutte de bière ni une merguez sur Lille. Sans compter tout le contingent des flics en civil, somptueusement discrets avec leurs oreillettes et leurs gros bides déformés par le gilet pare-balles, aux crânes rasés blanc cul typiquement « Bloc identitaire », et qui ne tarderaient assurément pas à aller prendre leur pause à la Citadelle parce qu’il était quand même bientôt 17 heures et qu’il fallait bien qu’il garde leurs trois grammes d’avance sur les cégétistes.

Optant pour la solution du pauvre esclave dépendant du néo-capital, nous nous faufilions dans un supermarché et prenions une bonne réserve de canettes fraîches, draguouillant au passage la jolie petite caissière, qui n’avait pas osé faire grève toute la journée. Et on nous parle d’auto-soumission… En sortant, nous tombions nez à nez avec le cortège France insoumise, avec en tête de gondole la fameuse tignasse rousse du benjamin des députés, Adrien Quatennens. Le petit jeunot menait la fanfare avec enthousiasme : « Macron, t’es foutu, les fainéants sont dans la rue ! » Du classique. Et c’était semble-t-il le seul chant au répertoire des Méluchiens, dans une manifestation qui ne nous a pas beaucoup enthousiasmés par son originalité de ce point de vue.

Reprenant notre chemin, nous nous rendîmes compte que nous nous rapprochions dangereusement des grosses baudruches des cégétistes. Leur contingent restait le plus imposant de tout le défilé, une vraie prouesse lorsque l’on voit le nombre de syndicalistes qu’ils perdent sur le chemin chaque fois que la manif croise la route d’un débit de boissons. Quoiqu’il en soit, nous n’avions évidemment aucune envie de nous approcher plus avant de l’incarnation syndicaliste du Beauf de France ©, et prîmes une rue transversale pour court-circuiter les moustaches de Philippe Martinez et parvenir directement sur la place de la République (oui oui, comme chez nous, mais en plus petit), terminus de la journée.

Plantés sur la place avec nos bières, dos au barrage de flics, nous attendions alors l’étincelle qui allait mettre le feu aux poudres, le lancer de bouteille, le craquage de pétard, le petit pet soufflé qui allait déclencher la fureur de la maréchaussée. Mais rien à faire, ça ne voulait pas. Ils ont bien essayé d’envoyer leurs canassons en protège-tibias au casse-pipe, histoire de provoquer les quelques vegans présents dans les rangs de l’Unef, mais ils furent simplement accueillis dans l’hilarité générale au cri de « Les chevaux avec nous ». Le commissaire, dans son blouson de la Gestapo, semblait bien dépité par tant de calme. Chewing-gum et Olivier, les célèbres RG de Lille, n’en menaient pas large non plus, tout comme les antifascistes qui, faute d’action, en étaient réduits à distribuer des stickers. La fête sentait la fin, les odeurs de merguez se dissipaient tandis que les bus de la CGT partaient faire le tour des bars pour ramasser leurs cotisés. L’heure pour nous autres d’aller nous en jeter un avant le début du mâche.

 


LA RENCONTRE


 

Pour ce match aller de Coupe d’Europe des vainqueurs de coupes, nous voici donc au Celtic Park (le vrai, pas celui des presque-Celtes de Rennes), le paradis vert (celui des catholiques, bien sûr (s’il n’y en a pas pour les protestants, loyalistes et autres English Defence League, c’est parce qu’ils ont inventé la capote)). Une sorte de Liverpool irlandais, où l’on chante que l’on ne marchera jamais seul, où Brendan Rodgers est encore un entraîneur, et où Scott Brown joue la version écossaise du libéro Gerrard, celui qui glisse.

Pour les Bhoys in green, la partie tient cependant moins du paradis que du purgatoire, et chacune de leurs tentatives d’offensives furent autant de rochers de Sisyphe à pousser, la montagne prenant pour eux la forme d’un 4-3-3 qui ne fut mis en difficulté que sur quelques coups de pied arrêtés. Les camarades de PSGEL, quant à eux, peuvent s’installer à loisir dans le camp adverse, combiner, s’amuser. Après un petit quart d’heure à jauger l’adversaire, nos amis Bleu-et-violet donnaient un coup d’accélérateur et, après avoir manqué le but pour un hors-jeu de Cavani, ouvre le score sur une perte de balle assez « pitiful » de l’ailier scottish, qui profite à Rabiot puis au brésilien surpayé, lequel, lancé en profondeur, prend son défenseur de vitesse et fusille le goal avec une facilité assez déconcertante. 1-0, et on ne voit pas comment ça pourrait s’arrêter là, même si Saint-Aréole doit s’employer juste après ce but sur un beau coup franc écossais. La demi-heure passée, le petit Vierratti, décalé côté droit, centre au second poteau pour Némarre, qui remise de la tête. Cavanul manque la reprise dans l’axe, mais notre nouveau petitattakan, qui nous a été gracieusement prêté par Monacoco (ils en ont déjà plein des comme ça, ils ne savent plus quoi en foutre), avait suivi et reprend d’une belle volée. 2-0, suivi d’un 3-0 sur un pénalty obtenu et transformé par Cavanouille. C’est le score affiché à la pause.

Si le Celtic ne se transforme pas soudain en machine de guerre durant la mi-temps, ses joueurs reviennent en seconde période avec un peu plus d’entrain, bien matérialisé par un bel attentat toutes jambes dehors sur La Motte, qui réveille le Park au prix d’un carton jaune. La partie s’endort quelque peu, les Parisiano-saint-germanois se contentant de gérer leur confortable avance. Deux frappes consécutives du nouvel attaquant, Kiki, viennent réveiller tout ce beau monde à vingt minutes du terme, mais c’est surtout l’entrée de la Drax et le passage en 4-2-3-1 qui achève les indépendantistes. Coup sur coup, dans les dix dernières minutes, PSGEL alourdit la marque, d’abord sur un auto-goal consécutif à une belle percée de l’Allemand non-nîmois (4-0), puis sur un ballon de Kurzapouêt repris d’une somptueuse tête en piqué par Cavaninive, qui la fait retomber en feuille morte sur le poteau opposé (5-0). Et une victoire de plus pour Paris-Saint-Germain-en-Laye, le match retour est déjà dans la boîte.

 


LE XI DU CHARDON


 

Saint-Aréole (4/5) : Impec’ sur le peu de boulot qu’il a eu, notamment sur coup de pied arrêté.

Danny D (3/5) : Il est bieng.

Marquizinho & T-Silve (4/5) : Entre les relances longues du premier et le génie du placement du second, on était servis.

Kurzawabunga (3+/5) : Une passe dé, et c’est déjà pas mal.

Thiago La Motte (NN/5) : Vu l’opposition, j’ai encore moins matière à noter cette salope que d’habitude.

Vierratti (4/5) : Un abattage défensif assez imposant, et même pas de carton, en plus. Des ouvertures toujours aussi lumineuses.

Adrien Rabhi (4+/5) : Il a pesé sur le milieu scot comme une semelle de CRS sur la face d’un militant écolo. Une magnifique ouverture qui lance Némarre sur l’ouverture du score.

(Remplacé par la Drax, placé en 10, et qui a eu le temps de pousser l’adversaire au crime de l’autogoal)

Kiki (4-/5) : Un but de renard, de l’activité, d’accord d’accord. Mais ça fait quand même beaucoup de fioritures dribblistiques pour pas grand chose au final, non ?

(Remplacé par Le Celsius. Alors d’une je ne m’en souviens pas, de deux il n’est pas resté longtemps et enfin 5… Y a pas de 5)

Némarre (4/5) : Bon, il nous coûte assez cher comme ça, faut bien que ça serve.

Eddy Cavanie (4+/5) : Un raté, un pénalty, un doublé… Le camarade Eddy n’est pas allé jusqu’à se mettre en grève, mais a assuré son minimum syndical. Un bonus pour cette envolée lyrique sur le dernier but.

 

À bientôt pour le mâche retour dans notre bonne ville de Paris,

Ne nous regardez pas, rejoignez-nous,

Georges Trottais

Georges Trottais

L’homme le plus (lutte des) classe(s) du monde.

2 Comments

  1. Dites moi, cher sans-étiquette, qu’est-ce que mon acad’ fout dans vos tags ? Pas que ça me dérange, je me pose juste la question.

    • Simple jongle humoristique par rapport à l’emblème écossais, voyez-vous… Mais, maintenant qu’on a des académies écossaises, je reconnais que la blague est assez obsolète.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.