Montpellier-OM (1-1), La Canebière académie verglace

 « Le jour où on obtiendra un pénalty, il tombera de la neige ».

Aïoli les sapiens,

L’esprit encore meurtri de notre voyage, certes victorieux, dans les tréfonds de l’inframonde footballistique, c’est un autre déplacement à peine plus réjouissant qui nous attendait. Pourtant, quand les jours se font cléments, Montpellier évoque avant tout les Montpelliéraines, dont Claude Lévi-Strauss disait non sans élégance « qu’elles sont jolies comme des Aixoises qui auraient oublié de se la péter. »

En hiver en revanche, Montpellier, ce sont ces onze guerriers menés par Der Zakarian et qui nous promettent du poil, des burnes, de la souffrance et surtout pas du beau. Bref, ici et comme précédemment, il était écrit que nous allions en baver.

 

L’équipe

Mandanda

Sakai – Rami – Abdennour – Amavi

Luiz Gustavo – Zambo Anguissa

Thauvin (Ocampos, 60e) – Sanson – Payet (Sarr, 89e)

Germain (Mitroglou, 80e)

 

Germain remplace Mitroglou et Abdennour Rolando.  Rien d’autre à signaler.

 

Le match

Pour une fois, le fameux butenclair du dimanche soir manque d’être inscrit par l’OM, Germain croisant trop sa reprise après une perte héraultaise. L’OM entre mieux dans le match et obtient quelques coups-francs, avant que les débats ne s’équilibrent dès la  10e minute. Le bloc montpelliérain apparaît bien vite fidèle à sa réputation, se montrant plus malaisé à franchir que la jungle rwandaise à roller ou la rue de Lyon en transport en commun.

Nos adversaires nous laissent pédaler dans la mélasse la plupart du temps, et proposent de temps à autres quelques jolis mouvements collectifs. Ainsi, après avoir éliminé notre milieu de terrain, les Héraultais ouvrent sur notre droite, où Sakai est livré à lui-même contre deux joueurs. Hiroki ne peut que dévier le centre, qui est repris par Sio d’une volée couchée. Le ballon échappe aux moufles de Mandanda et l’affaire paraît alors bien mal engagée (1-0, 29e).

Affronter Montpellier n’est pas une partie de plaisir, affronter un Montpellier qui mène au score relève de la gageure. Déjà maladif, notre jeu se délite encore à mesure que nous perdons patience : actions mal préparées, passes précipitées, tatanes aléatoires… rien ne paraît en mesure d’ébranler nos opposants.
Devant le peu de solutions pour sortir de l’impasse, vous nous remercierez, chers lecteurs, d’avoir créé pas plus tard qu’il y a quatre jours ce trophée du bâton de Dildotte. Celui-ci récompense, rappelons-le, la dernière équipe en date à avoir concédé un pénalty contre l’OM, et le dernier arbitre à l’avoir sifflé. Il manquait en effet une carotte pour motiver nos arbitres à enfin nous accorder leurs faveurs, puisque Jacques-Henri Eyraud ne pouvait nous être d’aucun secours dans ce domaine (à la différence des présidents du troisième âge, on lui sent les dents : c’est un handicap certain pour qui veut se ménager les faveurs de la LFP).

L’attrait de cette récompense ne met pas longtemps à se manifester : alors que Sanson rate son contrôle sur un bon centre de Sakai, Morgan se bat tout de même pour conserver la balle puis tenter un tir en pivot, contré. A la surprise générale, ce bel homme de Franck Schneider nous accorde un pénalty, dont il faut plusieurs ralentis pour envisager la cause. Aguilar se jette le bras en avant, mais ne touche pas la balle. Hilton touche la balle de la main, mais involontairement. Sanson est frôlé par Mukiele, mais certainement pas accroché… bref, nul ne sait pourquoi l’arbitre siffle, mais on s’en tape, et Thauvin égalise (1-1, 45e).

Point sur le Bâton de Dildotte – 310 jours après le dernier pénalty sifflé en faveur de l’OM, le Bâton arbitral passe donc des mains de Tony Chapron à celles de Franck Schneider. Le Bâton collectif reste en revanche à Montpellier, puisque notre dernier coup de pied de réparation datait déjà d’un match contre le MHSC.

 

Nous initions la deuxième période par un coup d’envoi adressé directement en six mètres dans un grand élan d’ambition tactique. Par la suite, notre précision technique se montre à l’avenant. Dans ce festival d’erreurs à peine forcées par l’adversaire, seul un tir de Germain bien sorti par le gardien vient égayer une production assez consternante de notre part. Montpellier attend tranquillement son heure, pour mieux tenter de nous fister dans les cinq dernières minutes. Dans ce slipotime, nos relances leur sont rapidement rendues et les coups-francs s’accumulent dans notre camp. Sur l’un d’entre eux, Camara fait une feinte de l’oreille qui envoie Mitroglou à trois mètres, et sans sauter décroise une tête dans le petit filet d’un Mandanda étonnamment apathique (2-1, 88e).

Après avoir vidé un nombre conséquent d’injures à l’encontre de nos joueurs pour cette défaite méritée, nous voyons avec étonnement les caméras se porter sur les arbitres, en grande discussion avec Mandanda. Au lieu de l’envoyer chier comme l’on pouvait s’y attendre, l’arbitre central et son assistant continuent à palabrer puis, d’un commun accord, annulent le but pour hors-jeu (re-1-1, 89e). Passé un tel miracle qui fait passer au fond de notre âme le terrible frisson de nous sentir lyonnais pendant quelques dixièmes de secondes, le ralenti apporte des explications plus concrètes : Hilton s’était jeté pour prolonger la tête de Camara dans le but et, bien qu’il n’ait pas touché la balle, a mobilisé l’attention de notre gardien et voit donc sa position de hors-jeu très justement sanctionnée.

Après avoir révisé ensemble la loi XI et constaté qu’inviter l’arbitre à niquer sa mère ne constituait pas ce que l’on appelle une action de jeu, Franck Schneider et Michel Der Zakarian conviennent de briser là, le premier priant le second de rejoindre les tribunes. Dans la tension ambiante, l’OM passe les dernières minutes en faisant preuve de la plus grande panique, jusqu’à défendre n’importe comment un ultime coup-franc, heureusement repris hors du cadre.

 

Les joueurs

Mandanda (2/5) : Un grand nombre de prises de balle mal assurées, dont l’une nous coûte le but. Crucial en revanche pour aller mettre la pression aux arbitres en fin de match, en vertu de l’adage cher à nos lectrices : « si tu n’y arrives pas avec les doigts, essaie donc avec la langue ».

Rami (3/5) : Si l’on excepte l’action du but où il a couru n’importe où comme un chien court après sa queue, un match passable agrémenté de quelques couvertures intelligentes.

Abdennour (3-/5) : Parfois contourné mais rarement bougé.

Sakai (3/5) : Quelques tentatives en première période avant de se cantonner à des tâches défensives, une prudence pas inutile vu le nombre de ballons dégueulés par nos joueurs offensifs dans les pieds des Montpelliérains.

Amavi (2+/5) : L’adjectif « rigoureux » était déjà pris par l’hiver.

Luiz Gustavo (3+/5) : En d’autres temps, les Montpelliérains auraient ouvert des failles spatio-temporelles sur chacune de leurs contre-attaques. C’était sans compter sur Luiz Gustavo, qui serait capable de poser des points de suture à un trou noir.

Zambo Anguissa (3/5) : L’avantage énorme d’André-Frank par rapport à ses coéquipiers, c’est qu’il ne se prend pas pour un autre. Du coup, même s’il multiplie les pertes de balle à la con, il poursuit toujours son action pour la récupérer par un pressing de bœuf. Il a reproduit ce genre d’action tant de fois que je me demande même si ce n’est pas une tactique réfléchie.

Thauvin (2-/5) : Il a tout donné sur son pénalty, estimons-en nous déjà heureux.

Ocampos (60e, 1-/5) : A passé son temps à concéder des coups-francs et à s’énerver. Je veux bien que les arbitres se trompent parfois, mais comment voulez-vous rester concentrés avec de tels boulets à gérer ?

Sanson (2-/5) : Il a donné un peu sur le pénalty provoqué, et donné surtout beaucoup de ballons aux adversaires.

Payet (1+/5) : Non mais c’est le Dimitri d’avant les fêtes, ça, on le connaît, il a le spleen de décembre. Bielsa l’avait envoyé en vacances prématurées, ça avait marché.

Sarr (89e) : Rudi Garcia s’est sans doute dit qu’il n’y avait pas suffisamment de bordel sur le terrain à ce moment-là.

Germain (1+/5) : Heureusement qu’il a pris le coude d’Hilton dans la gueule, parce que s’il avait fallu compter sur les centres des copains pour recevoir quelque chose sur la tête…

Mitroglou (80e) : Seul fait d’armes, un magnifique non-marquage d’ahuri sur Camara tout près de nous coûter le but.

 

L’invité zoologique : La Vache Skhiri

La vache sadique était bien l’invitée appropriée pour nous tartiner sa recette fade dans son emballage imbitable à ouvrir. La recette du succès.

– Les autres : L’équipe casse-couilles par excellence, ce qui ici est un compliment. Leur capacité à faire déjouer l’opposant pourrait transformer une sélection de ballons d’or en mongoliens arthritiques, alors pour notre équipe je ne vous dis pas.

– Le classement : Au revoir, deuxième place, ce furent quatre jours brefs mais passionnés. Je sais que nous nous reverrons. Je t’aime.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook et sur Twitter. Rémi M. remporte le concours zoologique.

 

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

10 Comments

  1. Un match bien merdique.
    Effectivement. Je me suis senti lyonnais quelques secondes. J’en frissonne encore.

  2. je le disais déjà la semaine dernière : ce rapprochement de Blaah et Aulas devient plus que douteux. Je surveillerai le mercato avec attention. ça me ferait mal d’être obligé de lire l’année prochaine la « Bellecour Académie »

  3. Le truc c’est que là on a épuisé en un match notre capital sympatico-arbitranal pour les 2 prochaines saisons …

  4. A priori, l’arbitre a bien confirmé avoir sanctionné la faute de Mukiele sur Sanson. Sur le coup, ça semblait sévère mais pas injustifié. Vous avez bien raison de ne pas bouder votre plaisir, amis marseillais.

  5. Il est quand même ironique que ce soit la présence de Hilton qui ôte la victoire au MHSC alors qu’il aurait dû être expulsé plus tôt.
    Par ailleurs, le bâton de Dildotte change-t-il de mains si le pénalty accordé est râté ?

      • Impossible, à Marseille on ne dérogera JAMAIS à la DSP.
        Ce qui donne donc au choix Doria, Sertic/Sarr/Sanson/Sari/Sakai, Payet.

  6. Les miens ont craqués au moment du « poser des points de suture à un trou noir »!!

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