L’Académie Française rempile face au Pays de Galles (2-0)

C’est ma première tentative d’auto-publication, et j’ai galéré à insérer deux pauvres Gifs. Merci donc d’être aussi tolérants envers moi qu’Aulas envers ses supporters nazillons.

La compo

Le système mis en place par La Dèche est classique. Un bon vieux 4-2-3-1 des familles, avec, on l’espère, des latéraux qui jouent haut, un Tolisso pour distribuer des caviars dans le dos de la défense adverse – dont la lourdeur égale celle du fessier de Bacary Sagna multipliée par le menton de Pierre Ménès – et une attaque au potentiel enfin exploité.

Le derrière :

Tupac fait son retour à gauche. Le recordman du défenseur-triplé-LDC, soit le record le plus pété de l’histoire des stats, est jugé plus apte pour ce match que Mendy, blessé. Une réussite pour lui. Celui-qui-n’a-pas-empêché-Eder-de-frapper assure la charnière aux côtés de Koscielny, dont l’annonce de la future retraite internationale m’attriste. Certainement le meilleur joueur de l’EDF passé par le Tours FC (aussi loin que ma jeunesse s’en souvienne). A droite, Jallet oublié, Jallet moqué, mais Jallet titulaire.

Le milieu :

Tolisso enchaîne les titularisations, à mon grand bonheur, comme à celui des PDG de Sopalin et Kleenex dont les commandes ont explosé de Villeurbanne à Vénissieux en passant par la banlieue de Saint-Etienne. Le pantin désarticulé est, lui, capitaine. Personne ne sait pourquoi, lui non plus.

Le devant :

Giroud en point d’appui/pivot, Grizou derrière lui, et deux flèches que sont Mbappé et Coman : le premier est rapide des jambes et d’esprit ; le second court juste vite.

Le match

Face à l’écran d’un bar du Marais, votre serviteur n’est pas très concentré. Entre les bières et l’ivresse des vendredis soirs qui m’entourent, j’ai eu peur qu’il n’y ait pas que ma prise de notes qui soit hors-jeu. Toutefois, c’est à ses manières qu’on juge un homme, surtout lorsque l’on parle des sujets de Sa Majesté. Aussi, c’est avec une oreille à ma table et deux yeux sur l’écran que je vois dès la 4e minute Griezmann prendre une mini-mandale et tomber comme Sergio Ramos. L’école espagnole.

Une première frappe de Matuidi (7e), aussi molle que la non-sanction d’Amiens par la Commission de Discipline, précède un contrôle de toute beauté de Griezmann qui transmet à Toljsso dont la frappe passe loin du cadre. Juste après, un très bon jeu en pivot et une déviation toute aussi maline de Giroud permettent à Mbappé de frapper entre les jambes du gardien gallois mais le ballon fracasse la transversale : les supporters parisiens sombrent en PLS, toujours sous le traumatisme de la frappe de Ndombélé il y a deux mois. A Villeurbanne, la pénurie de triple-épaisseur est confirmée.

La France domine sans partage la partie. Griezmann reprend d’une fort belle acrobatie une superbe ouverture de Tolisso par-dessus la défense (1-0, 18e). A noter le marquage aléatoire du n°4 gallois, Davies, qui sur le coup avait dû enfiler les lunettes noires de son quasi homonyme néerlandais. Après une frappe de Matuidi contrée (20e) qui m’a inquiété quant à l’élasticité de son squelette et à la construction de sa musculature, c’est Coman qui s’illustre en prenant tout le côté gauche de la défense galloise de vitesse et en finissant son action avec le QI d’huître qui le caractérise (23e).

(Votre serviteur à chaque mauvais choix de Coman)

Grizou est de tous les bons coups, en atteste sa belle ouverture vers Jallet, qui fait parler sa pointe de vitesse et conclut par un centre en bout de course tout aussi moisi que celui de Coman (30e). A sa décharge, après son rush, les poumons du chauve de 34 ans n’alimentent plus ni ses pieds, ni son cerveau. Reste à savoir si les poumons de Coman ont alimenté son cerveau une seule fois. La première occasion galloise termine dans les bras de Mandanda (36e). Sur la même action, Koscielny aurait pu provoquer un pénalty, mais il l’évite avec la malice du vieux singe (ou la chatte à Deschamps).

La mi-temps approche. Vexé de s’être pris un si beau but, le goal gallois hésite entre prendre le ballon, ou la tête de Giroud. Il fait les deux (39e), ce qui n’empêche pas notre grand et beau gaillard de dégager par deux fois de la tête un corner gallois tiré par son collègue canonnier Ramsay. Ces 45 minutes se terminent sur un double une-deux Griezmann-Matuidi-Mbappé, qui ne donne malheureusement rien.

Deux changements de La Dèche à noter. Nzonzi remplace Tolisso, et Pavard entre à la place de Jallet. Rien à signaler, sinon que je me demande comment Stéphane Guy prononce Nzonzi puisqu’il dit Kylian « Bappé » et Clinton « Ji », et que j’ai une affection naïve pour Pavard, que j’ai vu évoluer au LOSC quand il gagnait 1500€/mois. J’avais prévenu, c’est très naïf.

Reprise du match avec un ballon récupéré par Giroud dans la surface adverse, côté gauche. Une belle envolée du gardien amène un corner qui ne donne rien. Coman s’illustre quelques instants plus tard (47e) d’une frappe vicieuse qui prend le poteau extérieur. A noter que les Gallois sont aussi dangereux qu’un faux écolo infiltré dans un gouvernement libéral. Un corner à deux français (55e) rend hommage aux plus belles heures des corners marseillais, mais n’atteint pas le corner made in Hamouma.

(Car nous aussi on sait transformer des corners en situations ridicules et en cartouches gâchées)

Le buteur du soir cède sa place à Fékir (62e), dont l’entrée coïncide avec le cambriolage (et par conséquent la fermeture) du Musée des Tissus de Lyon, pourtant sauvé in extremis de la fin d’activité il y a une semaine. En une seule occasion, les Gallois triplent leur nombre de tirs : Ramsay dépose Matuidi et ouvre vers Brooks que Kurzawa a dû confondre avec l’intelligence pour l’avoir laissé filer volontairement. Brooks met en retrait pour une frappe magnifiquement sauvée du pied par Mandanda, qui s’interpose sur la seconde frappe qui s’ensuit (66e). L’homme qui a connu des charnières avec Morel, Nkoulou, Lucas Mendes et Julien Rodriguez, en a vu d’autres.

(Mandanda doesn’t give a fuck)

Mbappé déboule sur le côté droit, met en retrait pour Giroud, dont la frappe entre deux défenseurs est contrée et termine au fond des filets (2-0, 71e). Giroud est toujours là, Lacazette est toujours sur le banc, Benzema like toujours des photo-montages. Le tout-juste buteur est remplacé par Lacazette justement alors que Martial prend la place de Coman, dans un duel direct du « qui c’est qui court le plus vite avec un ballon mais qui a un peu plus de matière grise que l’autre » destiné à introniser le gagnant en tant qu’ailier titulaire avec l’Equipe de France. Monde de merde.

Mbappé, encore lui, tricote dans les jambes galloises, le ballon arrive sur Umtiti qui envoie une (Nicolas Pa)lourde sur l’équerre des Gallois (76e). Suite à un une-deux avec Mbappé, Pavard y va de sa frappe qui échoue, elle aussi, sur le poteau des adversaires du soir. Fin du game.

Le débrief :

Match pas déplaisant, mais pas flamboyant non plus. Un match appliqué, sérieux, avec un résultat logique qui aurait pu être plus lourd. Ça efface les deux-trois derniers matchs de merde, mais ça n’affecte pas mon degré de confiance avant d’affronter les casques à pointe mardi. L’adversité quasi nulle des Gallois fait, comme toujours dans les matchs amicaux, douter de l’analyse et des enseignements à tirer à la fin du match. Cela dit, comme le disent les plus grands experts de la planète football, les joueurs ne gagnent pas de points dans les matchs amicaux, mais ils peuvent en perdre. Ou l’inverse, je sais plus.

Les notes :

Mandanda (3+/5) : Il n’a pas eu grand-chose à faire, mais quand il fallait être là, il a été là. Solide.

Kurzawa (2/5) : A la ramasse sur la double-occasion galloise, il n’a pas réussi un centre de la soirée je crois. Espérons que Mendy revienne avant la CDM. Et Digne, quoique moins bling-bling, n’a rien à lui envier tant les dernières prestations de Layvin en sélection sont insipides.

Umtiti (3+/5) : Celui que les Lyonnais idolâtrent, que les Barcelonais approuvent depuis quelques mois, et qu’Eder a humilié, s’affirme chaque match un peu plus. Plus autoritaire que Varane, et moins souvent blessé, il a qu’à rester pour mettre une tête en quart face aux Portugais.

Koscielny (3/5) : Le futur retraité aurait encore de beaux jours devant lui. En même temps, il a pas eu grand-chose à faire.

Jallet (2/5) : A fait parler sa sagesse en n’essayant de pas aller à l’abordage en sachant très bien qu’il ne pourrait pas revenir sur son propre bateau. Remplacé par Pavard (4/5), qui est l’entrant qui a le plus montré et qui a failli marquer. Un demi-point en plus donné par ma naïveté. Quand on sait le réservoir ultra-limité qu’on a à droite, y’a pas de raisons qu’il n’ait pas les dents longues et de l’ambition.

Matuidi (2/5) © : Toujours un gros volume de jeu, toujours une élasticité et une morphologie désarmantes dès qu’il fait une passe ou une frappe. Capitaine d’un soir, il n’a pas spécialement brillé.

Tolisso (4/5) : Après la Bulgarie et la Biélorussie, Corentin poursuit sur sa lancée et continue de convaincre. Passeur décisif sur le but de Griezmann et auteur de plusieurs belles ouvertures, on aimerait le voir avec Pogba et Kanté, pour un milieu plus technique qu’avec Matuidi. Remplacé par Nzonzi (non noté, car je l’ai pas surveillé du tout).

Coman (1/5) : Il court vite et il casse des reins. Pour le reste, une coupe de merde, de mauvaises prises de décisions et un manque de tranchant. Pas inutile, mais certainement pas indispensable. Remplacé par Martial en fin de match.

Griezmann (4+/5): Un grand Grizou. Un but superbe, une activité de tous les instants pendant l’heure où il a joué. Il a beaucoup décroché, tourné, décalé, orienté. Une place tournante placée haut sur le terrain, c’est beau. Remplacé par Fekir, qui n’a pas démérité pendant 30mn mais n’a pas laissé un souvenir indénabil.

Mbappé (3+5) : Volontaire et hyperactif à défaut d’être efficace. Quelques belles combinaisons (avec Griezmann ou Pavard), quelques beaux gestes, une passe décisive pour Giroud, et un tir sur la barre qui aurait mérité mieux et égayé sa note. Remplacé par Thauvin en fin de match.

Giroud (3+/5) : En marquant encore avec les Bleus, il revient à 1 seul but de Papin et Fontaine. Pas titulaire à Arsenal, il l’est en sélection et marque pion après pion. Son entente avec Griezmann est toujours là, son magnifique travail sur l’occasion de Mbappé prouve qu’il sait aussi être technique. Remplacé par Lacazette, qui rate un contrôle facile et a beaucoup gâché. C’est pas pour demain la titularisation.

 

Vous pouvez me retrouver sur Twitter où, sous couvert de causticité, je me livre à des analyses d’une profondeur inégalée.

Didier Décampe,

Didier Décampe

3 Comments

  1. Quel dommage que tu ais raté le début de match pour voir le combo relance de gogol, ne monte pas sur la frappe de Allen de Big Sam qui est à la défense centrale ce qu’est le Big Mac à la gastronomie.

    • J’ai loupé ça en effet. Mais je lui laisse sa note, car dans mon esprit, sa tête plongeante sur un centre raté et contré de Lurzawa face au Portugal en quart dans 7 mois est acté.

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