Clermont-OM (0-2) : La Canebière Académie garde du gaz
Relâchement post-parisal.

Aïoli les sapiens,
Parmi les aberrations que nous réserve le calendrier de cette saison, le match à Clermont intervient trois jours à peine après notre démonstration contre le PSG, nous empêchant de savourer celle-ci comme il se doit. Nous avons vérifié, avant le coup d’envoi d’hier soir, nous n’avons eu le temps d’effectuer que 12 548 masturbations devant les images du but de Malinovskyi (12 607 si l’on compte les séances supplémentaires pour meubler le retard du match).
On commence certes à entendre des voix dispersées, à Marseille ou à Lens, pour s’élever contre ces cadences onachèvebienlescheveauxiennes. A Paris également mais eux ça compte pas, quand on est assez stupide pour se payer une tournée en Arabie Saoudite en plein milieu de la saison, on perd le droit à la parole sur la santé des joueurs. Toujours est-il que, tant que ces protestations seront émises chacun dans son coin sur le mode « on est désavantagés, notre club dérange », les diffuseurs en tiendront compte autant que Macron des manifestations. Dans un cas comme dans l’autre, on ne saurait trop conseiller aux protestataires de recourir aux méthodes efficaces : leur ravaler la gueule à coups de pelle l’action collective et organisée à même de foutre un bordel monstre et de tout bloquer, jusqu’à ce que les empaffés d’en haut comprennent.
Dans l’immédiat, chacun fait avec ses moyens, et sur le plan physique l’OM ne s’en tire pas trop mal, ce pour quoi on peut sans doute saluer l’expérience acquise par Igor Tudor à la Juventus.
L’autre sujet d’agacement est le fait des habituels abrutis assermentés, à savoir les forces de l’ordre qui n’ont pas trouvé mieux pour disperser trois pedzouilles essayant d’entrer sans billet que de balarguer toute leur dotation de gaz lacrymogènes. Les fauteurs de trouble étaient déjà partis depuis longtemps que le public du stade Gabriel Monvier chialait encore sa race, les gaz ayant envahi le stade pendant de longues minutes. Bilan : un coup d’envoi retardé de trois quarts d’heures et une nouvelle démonstration du savoir-faire français en matière de maintien de l’ordre.

Les Longorious Basterds
Lopez
Balerdi (Mbemba, 46e) – Gigot (Bailly, 46e) – Kolasinac
Ünder (Ounahi, 83e) – Rongier – Veretout– Clauss
Malinovskyi – Guendouzi (Kaboré, 46e)
Sanchez (Vitinha, 83e)
Tudor reconduit quasiment le même onze que contre le PSG, dans une configuration plus classique cependant. Les Rongetout sont ainsi reconstitués au milieu de terrain, tandis que Mbemba est ménagé au profit de Balerdi. A noter que Nuno Tavares est toujours blessé, mais que Bailly a enfin fini de purger sa suspension et réintègre le groupe.
Le match
Après l’affrontement dantesque de mercredi et vu le contexte perturbé de ce match, bien gourmand serait celui qui attendrait un feu d’artifice d’entrée de jeu. De plus, Clermont nous oppose ce fameux blocquéquipe bien infranchissable bien Ligue 1 PointP-matériaux de construction. Ah ça, les Auvergnats, faut pas leur parler de trucs de fragiles genre isolation en chanvre et utilisation responsable des matériaux pour préserver la planète. Eux non, dès qu’ils ont un truc à construire ils ouvrent une nouvelle carrière, et ils se la jouent Naf-Naf dopés aux stéroïdes : une couche de pierre de Volvic directement extraite du cratère, une couche de béton, des parpaings et des fers de 18 mm pour tenir le tout, et avec ça t’as le temps de voir venir le grand méchant loup.
Le pire, c’est que ça fonctionne : pendant que nous monopolisons le ballon et tapons, tapons, tapons sans même égratigner le bloc, une seule perte de balle envoie un Auvergnat face à Lopez, qui s’impose heureusement. Rebelote après la vingtième minute : perte de balle au milieu, cagade de Gigot, parade de Lopez, ça suit pas les tirs (bordel) et but de Kyei. La VAR nous sauve alors en révélant le hors-jeu du buteur.
Les statistiques montrent que l’OM a l’exclusivité du ballon, mon carnet de notes montre que Clermont a celle du slipomètre : sur un coup-franc, Lopez boxe un peu le ballon et un peu la tronche d’un adversaire Ruddy Buquet estime le contact pas assez net pour accorder un pénalty.
Défensif mais néanmoins joueur, le CF63 multiplie les relances ambitieuses, sans crainte devant notre légendaire pressing de mammouth et quitte à risquer des pertes de balle quasi-suicidaires, mais dont nous ne profitons pas. Devant cette impuissance, il ne nous reste qu’à nous en remettre aux coups de pied arrêtés : cela tombe bien, un Clermontois nous procure un coup-franc bien stupide en savatant Malinovskyi qui avait pourtant déjà perdu le ballon depuis un quart d’heure. Déviée par le mur, la lourde de Ruslan est difficilement parée par le gardien, contredisant le fameux principe en vigueur à l’approche des mi-temps : « faute de golmon = but à la con ».
C’est alors qu’à la surprise générale, alors que le jeu continuait de se dérouler, que l’arbitre interrompt l’action quelques longues secondes plus tard. La vidéo montre en effet que Cham, en détournant le coup-franc de Malinovskyi, s’est tourné en écartant exagérément le coude. Le pénalty fait l’effet d’un remboursement de trop-perçu par les impôts : on est tellement habitués à se faire enfler qu’on en vient à remercier à genoux et les larmes aux yeux une décision qui est simplement normale. Sanchez, lui, ne se pose pas de question et varie encore son tir pour prendre Diaw à contre-pied sur sa droite (0-1, 44e).
La mi-temps aurait pu s’achever sur cet avantage inespéré, mais survient un incident dont l’on redoute encore les conséquences : après une perte de balle, Maurer perce seul dans notre camp, atteint la surface et échoue sur Lopez en angle fermé. Malheureusement, dans l’élan de son tir, il retombe lourdement sur la cheville de Gigot qui revenait sur lui et blesse, apparemment gravement, notre défenseur.
Tudor profite donc de la pause pour remanier largement l’équipe : Gigot est remplacé par Bailly, Balerdi par Mbemba et Guendouzi par Kaboré, qui prend place sur l’aile gauche. Issa met l’ambiance dès son entrée, pars une reprise après corner qu’un défenseur dévie sur la barre. Il est ensuite victime d’un geste de boucher, tacle bondi pleine cheville, qu’un arbitre plein de mansuétude ne sanctionne que d’un jaune (il a d’ailleurs été très magnanime devant certains de nos gestes aussi, soyons justes).
Sans retrouver les chiens de guerre de mercredi, on constate néanmoins que l’OM se porte nettement mieux. Premier constat : Kaboré à gauche et Clauss à droite, voilà qui a l’air de fonctionner mieux. Une jolie passe d’Issa trouve ainsi Veretout, dont l’enroulé se heurte au gardien. De l’autre côté, Jonathan combine avec Sanchez pour déborder et centrer : à la réception, Veretout fait rebondir le ballon sur Sanchez qui, dans le cafouillage, ne trouve pas de position de tir.
La fatigue se fait sentir des deux côtés, et les deux équipes peinent à se montrer dangereuses. Clermont ne se procure ainsi qu’une situation vaguement dangereuse sur un corner bordélique. L’affaire est entendue à dix minutes du terme, sur une action initiée par une longue séquence de possession puis un joli une-deux Ünder-Clauss. Jonathan adresse un centre parfait sur la tête de Sanchez, pour un but tout fait mais annulé par une RAIE de Diaw. Sauf qu’Alexis, lui, suit les tirs (bordel), et après un rebond du ballon sur la barre, place une seconde tête. Le gardien Clermontois réussit l’exploit rare de se montrer le clone de Keylor Navas et d’Apoula Edel sur la même action, en déviant d’une main en mousse le ballon dans les filets (0-2, 81e).
Clermont crie alors « sèbe » et nous offre une fin de match tranquille, le seul frisson de ces dix dernières minutes nous étant apporté par un lob de 50 mètres de Malinovskyi, juste à côté. Difficile mais victorieuse, la soirée correspond en tout points à ce qui était attendu, ternie malheureusement par la blessure de Gigot dont la gravité nous est encore inconnue à ce jour.
Les joueurs
Lopez (3-/5) : Une impression latente de manque de sérénité, donc témoigne son poing dans la tronche qui, à quelques centimètres près, aurait pu lui coûter son deuxième pénalty du genre. Cela étant, je préfère un gardien apparemment fébrile mais qui écarte tous les dommages plutôt qu’un monstre de confiance qui encaisse des buts.
Balerdi (2+/5) : S’est essayé à faire du Mbemba en allant porter le danger très haut, avec ce côté attendrissant des bébés éléphants quand ils essaient de manière pataude d’imiter leurs mamans.
Mbemba (46e, 3/5) : Résolument gestionnaire, s’abstenant d’aller chatouiller le défenseur gauche adverse autrement qu’en lui faisant ce signe deux doigts vers les yeux qui signifie : « toi, t’as de la chance que je doive m’économiser, sinon je t’aurais désossé comme les autres ».
Gigot (2/5) : Une interception ratée qui manque de coûter un but et, plus globalement, de grandes difficultés à maîtriser le jeu de corps de Grejohn Kyei. Comme quoi, tout est beaucoup plus difficile quand le niveau s’élève et que ce n’est plus Lionel Messi en face. Une blessure grave ponctue ces 45 minutes délicates : on souhaite le plus prompt rétablissement à notre indispensable soldat.
Bailly (46e, 4/5) : Malgré son défaut de n’être présent sur la feuille de match qu’une fois toutes les nouvelles lunes, Eric s’avère à chaque fois un élégant et efficace compagnon de route.
Kolasinac (4/5) : Rude et dépourvu de la moindre fantaisie, on sent que le climat de l’Auvergne lui a plu. Sûr qu’il est allé faire la troisième mi-temps avec les Clermontois en mangeant du sanglier et en s’échangeant les doubles de leur album Panini « Leroy Merlin, le best-of de la saison 2″.
Ünder (3/5) : Une lente et laborieuse mise en route, avant de s’élever à un niveau conforme à ses standards du moment, avec implication sur le deuxième but et arcade éclatée.
Ounahi (83e) : Entré pour conserver la balle, ce dont Azzedine s’est parfaitement acquitté : ni les Clermontois ni ses coéquipiers n’ont revu le ballon dans les dix dernières minutes.
Rongier (4-/5) : L’équivalent de Ryan Reynolds sur Netflix ou de n’importe quel comédien français ringard sur France3 : présent partout, tout le temps.
Veretout (4-/5) : Comme son compère, Jordan n’a pas fait dans le flamboyant, mais s’est avéré un moteur robuste et huilé. C’est parfaitement ce qu’il fallait pour une soirée comme celle-ci.
Clauss (3+/5) : Vraiment pas top à gauche, il s’est retrouvé après la pause avec percées dévastatrices et centre décisif. Manque plus qu’à ajouter les tirs victorieux à sa panoplie, et il pourra définitivement procurer des cauchemars à tous les côtés gauches de France.
Malinovskyi (3/5) : Pris par la brigade du slipomètre qui a noté impitoyablement quelques pertes de balle occasionnant des contre-attaques dispensables. Reste un match passable rehaussé d’un coup-franc décisif (par chance, ok), d’une jolie tentative de lob, et d’un hommage aux traditions locales par un coup-franc passé entre les perches.
Guendouzi (2/5) : N’a pas réussi à se débattre dans la pègue répandue entre les lignes clermontoises.
Kaboré (46e, 4-/5) : Coups de cravache, soufflets dans les naseaux et potion magique, la recette Tudor fonctionne à son tour sur Kaboré qui a nettement musclé son jeu. Restent quelques mauvais choix, qui n’effacent pas les progrès que l’on peut constater : lui aussi est en train de se mettre à taper, taper, taper.
Sanchez (4/5) : Mouais, pas trop en grande forme, on sent qu’il fatigue un peu (bilan du match : 278 sprints et deux buts).
Vitinha (83e) : Continue à attendre son heure.
L’invité zoologique : Mateusz Wieteskapybara
Le capybara est un énorme rongeur amorphe, passant son temps vautré au milieu des chemins sans que personne ne songe à lui demander quoi que ce soit. La vie, quoi. Il représente donc l’invité approprié pour évoquer la notion de ventre mou.
- Les autres : On sent l’influence du rugby, en l’occurrence surtout de l’équipe d’Italie : ils jouent en ayant conscience de leurs faibles moyens, sauf lorsqu’ils pètent un câble et tentent des relances de l’en-but face à des monstres de 115 kg qui font 10 secondes au 100m.
- Le classement : Point positif et amusant : le PSG s’est de nouveau fait éclater, et nous ramène dans la course au titre (-5 points). Point négatif : les éclateurs ne sont autres que Monaco, qui revient dans la même course.
- Coming next : Nous retrouvons un rythme hebdomadaire, ce qui n’est pas du luxe compte tenu des blessures et de la nécessité globale d’enfin récupérer des forces. Nous irons donc à Toulouse le week-end prochain, avant de re-recevoir le PSG le suivant. Suivra, un mercredi cette fois, notre quart de finale de coupe de France contre Annecy.
- Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Instagram et sur Twitter. Johan B. remporte le concours zoologique.
Bises massilianales,
Blaah