Toulouse-OM (2-3) : La Canebière Académie survit

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La Force du 13.

Aïoli les sapiens,

On reconnaîtra volontiers que les Toulousains savent se donner du mal. Tout est né de la descente des Girondins en Ligue 2. Privés du seul adversaire qui entretenait avec eux une vague rivalité, voire qui avait la moindre chose à foutre de leur club, les Haut-Garonnais s’étiolaient dans le ventre mou, appendice vestigial d’une Ligue 1 oubliant jusqu’à leur existence. On aurait pu imaginer que pour retrouver leurs frères de chocolatines, les Toulousains auraient pu recourir à la méthode maintes fois éprouvée chez eux : redescendre illico en Ligue 2. En plus ils y auraient retrouvé Rodez, pour deux fois plus de rivalité, un Occitanico qui aurait rempli les colonnes de la dépêche du midi et déchiré des familles entières entre Figeac et Decazeville. Sauf que non, pour une fois les Toulousains ont éprouvé ce qui ressemble à un esprit d’initiative et ont lutté contre leurs penchants naturels pour se forcer à une attitude jamais entreprise avec un ballon sphérique : essayer de bien jouer.

Mieux encore, le service communication s’est mis à l’avenant et a multiplié les efforts pour rehausser l’intérêt de l’affiche, à coups de campagnes « masquons tous les 13 de la ville » et « ici c’est le 31 ». Ce n’est qu’au dernier moment que la mairie a refusé de rebaptiser le Stadium de l’Île du Ramier en « Dôme du tonnerre de l’île au Phénix volcanique », ce qui aurait pourtant mieux souligné les efforts du club pour faire de leur enceinte le cimetière des espoirs olympiens et l’arène incandescente où les outrecuidants venus en maillot olympien brûleraient eux-mêmes leur tunique en demandant pardon aux milliers de gladiateurs acquis à la cause violette. Le TFC, on y va comme pour un téléfilm sur France 3, leur service com nous a vendu ça comme un Michael Bay. Bravo à eux.

Le résultat, me direz-vous ? Bah, on aurait dit un garçon de CM1 qui tire les couettes à la plus grande fille de sa classe parce qu’il n’ose pas lui avouer qu’il est amoureux. C’est totalement immature, c’est bien entendu un échec total, mais il reste tout de même un je-ne-sais-quoi d’attendrissant.


Les Longorious Basterds 

Lopez
Mbemba– Balerdi – Kolasinac (Bailly, 84e)
Clauss (Kaboré, 84e) – Rongier – Veretout– Tavares
Ünder (Guendouzi, 72e) – Sanchez– Ounahi (Malinovskyi, 46e)

La blessure de Gigot contre Clermont paraît moins grave que redouté, mais l’oblige néanmoins à déclarer forfait pour cette rencontre et la suivante contre Paris. Bailly n’en est pas appelé pour autant à la rescousse, puisque Mbemba, Balerdi et Kolasinac composent notre défense. Devant, la première titularisation d’Ounahi représente la seule originalité du jour.


Le match

Longtemps attendu, le retour à un rythme hebdomadaire laissait espérer une équipe au sommet de sa fraîcheur et de sa concentration, mais il apparaît au contraire que pour un tas de brutes comme les nôtres, le repos, ça endort.

La mise en place habituelle semble se dessiner, mais ce n’est qu’un trompe l’œil. Les Toulousains pètent notre pressing en trois minutes, affolent le slipomètre par deux tirs contrés de justesse, et reviennent illico bousculer une défense pas réveillée. Les Violets combinent ainsi à gauche entre des Veretout et des Tavares décoratifs, Balerdi est trop en retard pour empêcher le centre, Kolasinac est trop en retard pour empêcher Dallinga de reprendre au premier poteau (1-0, 3e).

La piqûre aurait pu faire office de choc psychologique, elle s’avère plutôt comme un coup de taser sur un épileptique puisqu’à part trembler et baver, nous ne faisons pas grand-chose de cette première mi-temps. Le pressing est faible et distendu, les pertes de balle abondent, les duels sont perdus au milieu de terrain : du gâteau pour les Toulousains qui se contentent de nous attendre en profitant des boulevards en contre-attaque.

A l’issue d’un gros surnombre, un Toulousain voit son tir repoussé moyennement par Pau Lopez, sans que Mbemba n’ait une nouvelle fois suivi le tir (bordel). La reprise est miraculeusement parée par notre gardien., qui a quelques minutes plus tard le bonheur de voir une tête échouer dans ses bras – un ballon frappé de la tête, je veux dire, n’allez pas croire que les Ultras toulousains se sont mis à décapiter des gens pour nous mettre la pression ; de toute façon 90 % du stade est pour l’OM, comme d’habitude.


Bref, cette première mi-temps s’avère sans contexte comme l’une des plus diarrhéiques depuis longtemps, marquée seulement par deux tirs à peu près dangereux de Clauss ou Nuno Tavares. Si l’on sait Igor Tudor paternaliste, on hésite sur la méthode qu’il a adoptée pour recadrer sans brimer :  après toute ces tribunes dans Le Monde, on ne sait plus à quel point se vouer entre tenants de l’éducation positive et partisans de la frustration contrôlée. Il est cependant permis d’imaginer que devant cette mi-temps infâme, le Croate a choisi son camp pédagogique, celui des hurlements, de l’humiliation psychologique et des tartes dans la gueule. Le Françoise Dolto est un ouvrage précieux, pour peu que l’on sache s’en servir (comme les Pages jaunes, donc).

Nous plaisantons, bien évidemment. Ca nous fait tout drôle après tant d’années à écrire sur des idiots au mental de serpillière, mais on se prend à croire que cette année, les joueurs savent se reprendre en mains eux-mêmes quand ils ont fait de la merde. Ounahi est sacrifié à la pause et l’OM repart muni cette fois-ci d’une réelle intention de taper, taper, taper.

Même nos corners s’en ressentent : collectionnés tout au long de la première mi-temps sans aboutir à une quelconque occasion, nos coups de pied arrêtés gagnent nettement en qualité : Ünder cherche au deuxième poteau le nouvel entrant Malinovskyi, dont la volée est piteusement renvoyée par la défense. Mbemba conclut à bout portant (1-1, 52e).

C’est ensuite, de l’autre côté, un corner de Veretout qui se trouve mal repoussé par la défense. Ünder sanctionne l’imprécision d’une volée pleine de spontanéité et de précision. Un temps jugé hors-jeu, Sanchez est innocenté par la VAR et le but est validé (1-2, 58e).


Si l’OM a retrouvé son efficacité, on reste cependant loin d’une maîtrise absolue. Libre au milieu de terrain, un Toulousain adresse ainsi une merveille de passe entre Mbemba et Balerdi, aboutissant à un centre en retrait et une reprise magistralement foirée par Rouault, pourtant seul au point de pénalty.

L’entrée de Guendouzi à vingt minutes de la fin apporte de l’ordre au milieu de terrain, son pressing acharné contrariant davantage des Toulousains qui jouaient parfois en chaussons. Mattéo récupère ainsi une relmance ignoble et transmet le ballon à Nuno Tavares, qui remet au goût du jour la fameuse technique du gegendribble chère à Lucas Ocampos (NB : gegendribble : version individuelle du gegenpressing consistant à aller s’emplâtrer droit dans le défenseur pour mieux le presser et récupérer un ballon dangereux dans la foulée). Nuno enchaîne ainsi dribble affreux et contre- favorable, pour aller glisser le ballon dans l’espace improbable laissé par un gardien franchement pas inspiré (1-3, 78e).

Tout semble concourir à ce que la fin de match se déroule dans une sérénité inespérée, jusqu’à une nouvelle errance défensive à trois minutes de la fin. Kaboré et Veretout s’avèrent impuissants à juguler une combinaison à notre droite, aboutissant à un centre au second poteau sur Onaiwu, tout seul (Nuno Tavares s’essayant désormais au gegenmarquage). D’une belle volée, le Japonais pose un sticker sur le tableau d’affichage (2-3, 87e).

Le scénario vécu à Strasbourg d’un retour imbécile à la dernière minute s’esquisse de nouveau. Par bonheur, une faute de porc de Veretout consume à elle seule la moitié du temps additionnel sans que Stéphanie Frappart n’y trouve à redire. Selon la formule consacrée, l’arbitrage « quand c’est bien faut le dire aussi ». Reste que cette victoire étriquée doit représenter un avertissement sans frais, sachant qu’un tel retard au démarrage ne pardonnera pas toujours.


Les joueurs

Lopez (3+/5) : Ses défenseurs n’ont toujours pas saisi que Pau avait parfois du mal à ne pas repousser dans l’axe les frappes lointaines. Pau, en revanche, a bien saisi que ses défenseurs ne suivaient pas les tirs (bordel), d’où une parade importantissime pour nous préserver du 2-0.

Mbemba (4/5) : Il a montré de la tenue toute la rencontre, première mi-temps comprise, pendant que ses copains défendaient comme Achille Zavatta. Un match certes pas parfait, mais suffisant pour qu’on l’appelle familièrement entre nous : « le patron ».

Balerdi (2/5) : Tellement nul en première mi-temps qu’on finissait par croire que même Lionel Messi arriverait à le dribbler dimanche. On note cependant une salutaire reprise en main en fin de match, qui nous fait dire « non, ça va, faut pas abuser quand même ».

Kolasinac (1/5) : Tudor lui avait promis une semaine sans efforts intenses, pour mieux préparer le match de soir. Fatale erreur ! Notre Massead-Ferguson a passé toute la rencontre sans que le voyant de préchauffage ne s’éteigne. D’ici à dimanche prochain, il n’est plus question de le laisser redescendre en température, cette fois ça va transporter des troncs d’arbre et casser des pierres avec la tête pendant toute la semaine, pour être bien chaud face au PSG.

Bailly (84e) : Entré pour demander à Nuno Tavares (« Bah qu’est-ce que tu fous là, t’es pas au marquage du Toulousain, là ?  – Ah bah non, moi je croyais que t’étais entré pour ça. »)

Clauss (2/5) : Un côté droit qui ressemblait un peu à la France insoumise ce soir :c’est pas qu’oncondamne les intentions de base, mais faut quand même reconnaître qu’on a du mal à saisir la finalité du truc, dans tout ce bordel.

Kaboré (84e) : Entrée dans l’ambiance « vent de panique avec petits morceaux qui sentent pas très bon », avec un résultat inégal mais sans bêtise notoire.

Rongier (3-/5) : Partage avec les plombiers et Rocco Siffredi son apostolat du colmatage des orifices, avec la régularité et l’efficacité des meilleurs ouvriers de France. Vous me permettrez cependant de renâcler face à l’encensement généralisé du matin :  il y a eu de sa part plus d’une perte de balle et plus d’un duel perduqui m’ont fait sévèrement claquer du slip en première mi-temps.

Veretout (2/5) : Présent sur la photo des deux buts, comme Valérie Boyer sur la photo avec Bachar El-Assad. On ne dit pas que c’est lui le principal responsable de la chose, on dit juste que ça fait tache.

Nuno Tavares (2+/5) : La bonne performance d’escroc comme on les aime, tous les neurones rangés au placard au profit d’une activité de poulet sans tête mais néanmoins sous stéroïdes. Il a fini par faire craquer à l’usure les défenseurs et le gardien, qui au bout d’un moment se sont lassés de chercher à comprendre ce qu’il essayait de faire.

Ünder (3/5) : Alors ça, cette partie en trois temps, c’est totalement du Dimitri Payet de la grande époque :

  • 1°) Nul à chier, insultes à l’entraîneur pour le pas l’avoir sorti à la pause ;
  • 2°) En moins de 10 minutes, tire le corner de l’égalisation et marque sur celui du 2-1 ;
  • 3°) C’est bon, maintenant je peux sortir et vous êtes priés de me lécher les crampons.

Guendouzi (72e) : Ouh que voici un choix judicieux de Tudor. Mattéo a mis dans ces vingt dernières minuites l’impact qui a longtemps manqué à l’OM, passe décisive à la clé.

Ounahi (1/5) : Encore du mal à trouver sa place, mais il y parviendra comme les autres. C’est passequ’ils ont pas encore eu le temps de lui faire la cérémonie d’intronisation tudorienne (« Je jure par mon sang versé devant vous que je vengerai chaque perte de balle de mes camarades ou moi-même en combattant jusqu’à épuisement pour arracher le Ballon sacré des pieds adverses, je jure par l’égorgement de cet agneau innocent de ne jamais laisser un adversaire franchir la ligne médiane balle au pied, je place mon premier-né sur cet autel comme témoin et garant de l’engagement total de mon corps et de mon âme dans notre noble cause. » A ce moment-là, l’impétrant crie trois fois « taper », l’assemblée criant en retour « TAPER ». Le pacte est enfin scellé par un coup de boule de Kolasinac, et à partir de ce moment, normalement la recrue est définitivement prête à niquer des mères.)

Malinovskyi (46e, 3/5) : Une prestation de bonne facture, sans grand éclat autre que sa reprise provoquant l’égalisation.

Sanchez (1+/5) : Une première période digne de Valère Germain (et encore, celui de Montpellier), à se débattre seul dans la défense avec une absence totale de résultats.Une fois l’équipe rendue à une attitude plus cohérente, les efforts d’Alexis ont cependant fini sinon par provoquer des occasions, du moins à nettement plus ennuyer les défenseurs.


L’invité zoologique : Brecht Dejaigrette

L’aigrette est un échassier commun dépourvu de la moindre personnalité, ne disposant ni de la majesté du héron ni de l’exubérance du flamant rose. Qui donc a déjà déclaré : « Viens, on va en Camargue, on verra des aigrettes » ? Personne. Qui donc, lorsqu’on lui déclare « Oh, une aigrette », répond autre chose que « ah oui, tiens » ? Personne. Voici donc ses observations.

  • Les autres : Trop bons pour attirer l’attention des amateurs de nullité, trop naïfs pour ennuyer les clubs qui comptent. Une pensée au chargé de communication, que le service municipal du nettoiement contraint ce lundi matin à enlever à la main tous les autocollants « 31 » répandus dans la ville. « Pardon, je ne sais pas ce qui m’a pris, j’ai cru qu’on pouvait être intéressants », aurait-il déclaré au juge chargé de statuer sur son TIG.
  • Le classement : Paris, Lens et Monaco gagnent tous et se chargent d’illustrer ce fossé phhysico-tactico-texchnico-résultatique qui semble se creuser entre le haut de tableau et la valetaille.
  • Coming next : Mbappé et les dix manches à balais qui lui servent de coéquipiers nous diront dimanche si l’on peut raisonnablement prétendre au titre. L’air de rien, suivront juste après la réception d’Annecy en coupe de France et un déplacement à Rennes qui s’avéreront tout aussi importants.
  • Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Instagram et sur Twitter. Max von Thb remporte le concours zoologique.


Bises massilianales,

Blaah

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