Nancy-Guingamp (0-2) : La Chardon à Cran Académie fait son retour en plein triomphe.

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Finalement, il n’est pas si défensif, Pablo Correa…

marcel-picon
Marcel Picon a eu la bonne surprise de voir que son académie était passée dans l’onglet « L’élite ». Quelle ne fut pas sa joie, jusqu’à ce qu’il revoie son équipe jouer.

Salut bande de bâtards.

On me dit que le football a repris, bon sang ne fait qu’un tour, ou mon sang ne saurait mentir, je ne sais, toujours est-il que je m’en fous, voilà qu’il faut reprendre cette corvée de se coller le cul devant un écran, crier, renverser de la bière, se faire mal en tapant contre des trucs durs.

Je déteste le football.

Heureusement, quelqu’un sur cette terre maudite remplie de cascades de pisse et de gisements de bouse est capable de susciter un amour pur et vrai, amour que je situe entre le trou de mon cul et mon nombril quand je cherche une localisation physiologique à cette chimère inventée pour faire oublier le chômage. Ce quelqu’un est un homme, et bizarrement, ce n’est pas Manuel Valls.

À son avantage, il est encore plus séduisant.

Le retour de mon amour de jeunesse (j’ai 47 ans, ça va, non ?), c’est le retour du printemps de la vie, alors que sur la Lorraine, c’est l’hiver permanent. Pas un hiver austral, lumineux et poétique, ni encore un hiver tropical, moite et luxuriant. Oh non. Notre hiver permanent est à l’image de ces sièges vides qui hantent les tribunes de Picot lors de nos rencontres inintéressantes comme ce Nancy-Guingamp : gris, vide, terne, enrhumé, sale, positivement triste. Winter is coming ? Hahaha mon cul, ça c’est juste un truc de Messin-Tchadien pour se sentir important quand il s’agit de couvrir la table de victuailles. Ici on ronge les os du grand-père pour tromper son appétit, et il a la moelle tellement putride que chaque repas se transforme assez vite en concours de grimaces. Tout va pour le mieux dans le plus beau pays du monde.

Depuis que nous sommes en Ligue 1, j’ai perdu la légèreté guillerette d’une Ligue d’Eux ludique, décérébrée et frivole. Je suis un peu comme Gwen Tagrenmer, en fait : je préfère largement l’espièglerie des enfants au sérieux des adultes. Et en plus, j’ai raté le match inaugural contre Lyon, ce qui m’a valu de ne pouvoir adresser 19 pages de grossièretés diverses à l’adresse du fils de pute en chef de la Ligue 1, subventionné grassement par mes couilles. Je ne connais pas son nom.

SUR LE PRÉ EN SILICONE

Pablo n’a pas changé : quand ça ne va pas, il change plein de trucs. Barre toi Yao, pas de boloss dans ma team. On va mettre Puyo au milieu, histoire de faire un peu rire tout le monde et de retrouver la nonchalance de la saison dernière. Avec lui, l’immortel bien que décati Ben Pedretti, et le toujours aussi demeuré Youssef Aït Bennasser. En continuant notre descriptif de l’équipe en spirale, on croise sur notre route Vincent Muratori, latéral gauche rivalisant d’impéritie avec sa doublure depuis le début de saison, Clément Lenglet, promis à un immense avenir s’il se renforce mentalement (comprendre par là qu’il devra cesser d’avoir peur de son ombre un jour), Julien Cétout, seul autre défenseur valide, mais milieu de terrain défensif de formation qui joue habituellement latéral droit (mais qui veut croire qu’on se complique la vie ?), et Geoffraie Cuffaut, vrai latéral droit lui, mais faux être humain vachement bien imité. Viennent ensuite les attaquants, avec leur cortège de tares en tout genre : Anthony Robic, profession rateur de penalty, le demi-dieu vivant Youssouf Hadji, plus demi-homme que demi-dieu en ce moment, et un Karim Coulibaly tout frais émoulu du centre de formation du club, qui a semble-t-il été fusionné avec l’infirmerie. Et c’est avec ça qu’on a été champion de Ligue 2, messieurs-dames. Quant aux recrues, quelle idée saugrenue de les faire jouer.

EUL MÔTCH.

-15 C’est donc ça la Ligue UN : une compétition qui vide les stades. Sans déconner, y avait plus de monde à Picot la saison dernière, quelle est cette imposture ?

-10 Il fait terriblement chaud sur la Lorraine. Ce n’est pas tout à fait normal, il ne faudra donc pas s’étonner si on prend une raclée. C’est surement pour ça que le public a migré vers le nord, d’ailleurs. Non, pas soixante kilomètres au nord, calmez vous la grenadine.

-5 Après deux défaites, il est quand même temps de s’exciter un peu, jeunes gens. Alors bouffez moi ces galettes saucisse avec grand appétit, et ajoutez-y un peu de salade synthétique en guise de crudité si tel est votre désir.

1 Youssouf Hadji est invité à engager seul, en vertu de la nouvelle règle. Mais il était capable de le faire avant, déjà. Car il est tout-puissant, et un trend setter de génie.

2 Le premier tir est pour Guingamp, c’est à côté, ça ressemble à du football champêtre. Tout ce qu’on veut.

5 Par contre si vous faites des touches longues comme les Islandiens ou autre barbares consanguins venu de l’ouest, comment voulez-vous qu’on vous respecte ? Commencez par enlever les croix gammées cul-de-jatte que vous avez sur vos maillots.

6 Et cette débilité de Robic, qui fait honneur à mon acad’ inaugurale de la saison. Voilà un gars sûr.

10 Une ouverture de Lenglet inspirée par les pires moments de non-football de la Ligue 2 finit par atteindre son objectif : personne.

12 Coulibaly gratifie Picot d’une roulette, très motivé qu’il est à l’idée de remplacer Arnaud Lusamba dans la case « noir technique » de notre quota d’équipe.

14 L’ASaNaL nous donne des centres, des centres et encore des centres, mais quiconque aurait l’idée de les couper ne semble pas encore être entré sur le terrain.

19 Une occasion pour Nancy ? Le tir de Hadji est contré, mais l’arbitre donne un 6m à Guingamp. Same old, same old.

23 C’est sur un superbe placage d’un Breton par Cétout dans sa propre surface que l’arbitre siffle la mi-temps de la mi-temps, pour faire boire tout ce petit monde. Pas en reste, j’ouvre un flacon de mirabelle.

26 Sur son tir, Salibur semble vouloir assommer un veau, mais c’est Lenglet qui se trouve sur la trajectoire. Il survit.

31 Cuffaut se bat bien, à défaut d’être un bon footballeur.

35 Nos latéraux courent en slow-motion. Cela déstabilise Guingamp, du coup, ce qui a quelque chose de rassurant, malgré certains ruissellements cutanés qui parcourent mon dos maigrelet.

39 Coco prend son jaune après une attaque très dangereuse par derrière sur Robic qui partait ventre à terre au but en feulant.

41 J’en reviens difficilement que je suis en train de regarder de la Ligue 1.

47 Puyo bénéficie d’un coup-franc. Rappel du théorème du poulet atomique : si c’est cadré, c’est niveau poussin. Si c’est puissant, c’est pas cadré. Là, c’est sur la barre, ce qui est impressionnant, mais pour autant, revient à confirmer le théorème : on en reste à 0-0.

Mi-temps.

46 Reprise du fest noz.

47 Coulibaly met l’axe en perce, et subit une faute. Cette fois, c’est Ben Ped qui se charge du coup-franc. C’est très bien exécuté, cela surmonte parfaitement le mur, et cela retombe une nouvelle fois sur la barre. L’excitation est à son comble.

50 Aït Bennasser est parfaitement décontracté, au point de pratiquer des raffuts sur ses adversaires qui partent en contre. Jaune.

54 Coulibaly, il est vraiment capable du meilleur comme du pire. Et bien sur, quand on écrit ça, c’est effectivement parce qu’on vient de voir le pire.

55 Frappes successives de Coulibaly et Robic, tour à tour contrée et sortie par le gardien. La Bretagne plie mais ne rompt pas.

59 But pour les Guingampois. Sur un centre venu de la gauche, leur numéro 5 monte sur Lenglet, et lobe Ndy Assembé de la tête. 0-1.

63 Christophe Mandale remplace Anthony Robic. Soit.

64 Aït Bennasser manque marquer un but d’anthologie, au lieu de ça il est contré. Sacré manque de panache.

67 Et il est encore là ce bon Pedretti pour sauver sur sa ligne dans le plus grand calme une tête bien vicieuse !

68 Maurice Junior Dalé profite du cooling break de la deuxième période pour entrer discrètement à la place de Coulibaly.

72 Avec trois attaquants, l’ASaNaL trouve le moyen de jouer à la baballe derrière, et de lâcher des pets foireux face au pressing breton. Mais allez-y, donnez donc du grain à moudre aux détracteurs de Pablo.

73 Hadji éclaire la nuit d’un ciseau horizontal, que le gardien adverse a l’outrecuidance de capter proprement.

74 La saison dernière, la spéciale de Muratori était le tacle, ce qui lui avait valu de se faire renommer Vincent Tackle. Cette saison, il devrait donc se faire baptiser Vincentrederrièrelebut.

76 Contre breton glorieusement saboté par Lucas Deaux. Je soupçonne que ce soit pour se moquer de nous.

78 Le grand Diablo Guidileye remplace Youssef Aït Bennasser, ce Monégasque toulois.

80 Apparemment, il n’y a qu’une équipe qui a bossé des combinaisons simples à l’entraînement. C’est donc grâce à un jeu en triangle digne des minimes de Pagny sur Meuse que Guingamp marque son deuxième but, tandis que la défense spectatrice de Nancy se demande encore comment Giresse a bien pu se retrouver si près du but aussi vite. Un indice pour toi, Julien Cétout : il semble qu’il ait couru. 0-2.

85 Eh les Bretons, n’oubliez pas de reprendre votre Mandanne en partant, si vous voulez. Aucun problème.

89 Suffit de constater son inutilité pour que le même Mandanne expédie une frappe sublime en demi-volée vers la lucarne adverse. Pour la troisième fois, cette enculerie de chierie de barre transversale s’interpose.

92 Nancy fait n’importe quoi pour tenter de marquer, ce qui pousse la défense guingampienne à la faute. Penalty pour les rouges et blancs. Enfin, l’ASaNaL a une occasion inespérée d’ouvrir son compteur but, au terme de trois matchs sans marquer, enfin la confiance de nos offensifs pourrait revenir. C’est Youssouf Hadji qui se charge de le tirer, il s’applique…et la balle passe à côté. Mais nique toi, le foot. NIQUE TOI.

LES CHARDONS NOTÉS :

Ndy 2/5 : ne peut pas grand chose sur les deux buts, mais prend deux buts. Du coup, 2.

Cuffaut 2/5 : Monter, c’est bien. Courir, c’est fun. Centrer, c’est cool. Défendre, c’est juste ton boulot, tronche de cake.

Cétout Pas à son poste/5 : mais l’est-il seulement en temps normal ? Il n’empêche que son absence de maîtrise des fondamentaux de la défense axiale nous coûte gravement le deuxième but, au moment où l’on pouvait revenir.

Lenglet 2/5 : S’il fait ce début de saison de merde pour imiter la saison dernière, je dis oui. Mais qu’il tâche de sortir ses moignons de son cul assez vite, quand même, parce que là ça manque sérieusement de couilles.

Muratori 2/5 : Vincent, c’est comme du kraut rock : le voir débouler sur son côté fait monter la sauce, mais au moment de faire un vrai truc cool (comme un centre, on n’est pas trop exigeant), il retombe à plat et fait de la merde.

Pedretti 3/5 : Le vétéran a de beaux restes, mais que peut-il faire entouré de lapereaux apeurés et de brouillons de joueurs ?

Aït Bennasser 2/5 : Incapable de jouer simple, il semble préférer les pas de danse au football. Comme tous les Arabes, diront certains. C’est vrai qu’on est en 2016 : les Arabes, on a le droit.

Puyo 2/5 : Pas grand chose à part son coup franc sur la barre, mais une certitude persiste : il est autant à sa place sur un terrain de foot en Ligain qu’en Ligue d’Eux.

Robic 3/5 : Le gros sudiste fait toujours tout au mental, c’est un principe. Manquerait plus qu’il soit décisif de temps à autre pour devenir l’Alessandrini de la Lorraine.

Coulibaly 2/5 : Dernière tentative de Pablo de ne pas faire jouer les recrues. C’est un échec.

Hadji Immunité/5: Le mec revient de blessure et se trouve bombardé capitaine d’une bande de pieds nickelés dont les trois-quarts n’ont jamais connu le haut niveau (ils n’étaient pas nés), et se retrouve à devoir gérer la pression jusqu’à cette ultime putain de minute où il balance son penalty à côté. Lui en vouloir, oui. L’insulter, non.

LES CHARDONS PAS NOTÉS :

Mandanne NN Entrée façon commando, tout en discrétion avant de frapper avec force violence sur cette pute de barre.

Dalé NN Non.

Guidileye NN Pas vu.

NOTE ARTISTIQUE DE L’EQUIPE : 2/5.

On est dans l’interzone, les enfants : trop forts pour la Ligue 2, mais pas assez armés pour la grande sœur. Il va falloir se serrer les couilles encore un certain temps si on compte rester là. J’avoue que si ça continue comme ça, je préférerais qu’on se dise qu’on va redescendre tout de suite histoire d’être sur qu’on va gagner plus de trois matchs dans la saison.

Mais tu peux te douter qu’il y en a un qui va écumer toutes les bibliothèque de Lorraine, voire même de Moselle pour tenter de découvrir dans un vieux volume poussiéreux la solution à tous nos problèmes. Se pourrait bien qu’on voit Issiar Dia gardien. Que les recrues commencent à jouer. Que la défense passe à trois, avec Cavaco en guest star. Il se pourrait même, je l’apprends à l’instant, qu’on ait recruté un ancien vice-champion du monde. Voilà qui est rassurant, non ?

Allez, faites vous bien chier pendant la trêve à voir cavaler des Martial et des Dembélé, moi je retourne dans mon carton me palucher avec des tessons de bouteille. Ceci pour expier ma faute de ne pas avoir été là pour le soutenir depuis le début de saison, lui qui n’a pas fini de recevoir mon soutien.

Je crois en Pablo Correa.

Marcel Picon.

10 réflexions sur “Nancy-Guingamp (0-2) : La Chardon à Cran Académie fait son retour en plein triomphe.

  1. Un polo Serge Blanco ? Sérieusement ? Qu’est-ce que c’est que ce monsieur, un entraîneur de football association ou un trois-quart centre ?

  2. Et d’Evian-Thonond-Gaillard de surcroît. Une marque d’eau ailleurs que sous vos aiselles ? Monsieur Picon ?

  3. Eh bien, en voilà des questions.

    @Homerc : j’espère juste qu’il n’est pas le Cartier du sud de Metz.

    @George : j’ignore de qui et de quoi vous voulez parler. Je suppose que nous abordons des questions de style. Je vous invite à retrouver les photos d’Unay Toile Emeri vêtu d’un blazer à coudière rouges, afin de bien vite retrouver l’envie de parler de football (fut-ce en se moquant de nous, je n’y vois pas d’inconvénient).

    @JPR : Je crois que Loïc Puyo boit de l’eau d’aisselles en bouteilles, afin de se mithridatiser contre la sudation. Du coup, il repart des matchs tout propre, comme s’il n’avait pas couru, dis donc ! Impressionnant.

    1. Je vous apprécie de plus en plus, Marcel. D’ailleurs, depuis peu, chaque fois que je prends un Picon-bière, j’ai une petite pensée pour vous et votre bel Uruguayen.

      1. Bordel, encore ce foutu syndrome de Stockholm. Insistez sur le picon, quitte à en enlever la bière, Trottais. Ainsi vous sauverez votre amour pour moi et le dirigerez vers l’Homme.

    1. Nancy est la banlieue dynamique et luxuriante de Metz, qui est une métropole dont la population a 102 ans de moyenne d’âge.

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