Arsenal – Tottenham (1-1) : La Gunners Academy livre ses notes

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Le derby une main dans le slip.

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C’est une sorte de règle universelle, qui devient d’autant plus vraie au fur et à mesure que les années passent : le North London Derby, c’est toujours un peu n’importe quoi. On a beau le dire, se le répéter pour vaincre une sorte de signe indien à deux balles, c’est immuable. T’as beau arriver sur une belle dynamique, aligner un onze hyper carré, un système qui l’est tout autant, ça déraille toujours à un moment ou un autre, y a toujours un truc qui merde. Pour le coup, il a suffi que la Pochette se ramène avec un 3-4-3 (ou 3-5-2, c’est un peu bâtard en fait) pour qu’Arsenal soit complètement perdu.

Donc voilà, un système change et les mecs savent plus ce qu’ils doivent faire. Niveau pro. Tottenham est la dernière équipe à ne pas avoir été vaincue en PL. Soit, c’est des peintres avec un amour profond de la blague peau de banane, mais avec Pocchetino, ils sont devenus beaucoup plus difficiles à déstabiliser. Autant dire qu’en choisissant d’aligner Alexis en pointe d’entrée de jeu, il fallait reproduire le genre de performances qui avaient permis aux Gunners de rouler sur Chelsea ou United ; à savoir un très gros pressing sur la relance, des remontées de balle rapides, spontanées et des explosions de courses dans tous les sens pour profiter des espaces laissés par le bloc adverse, monté d’un cran pour proposer des solutions.

Et là, c’est le drame. « Ils sont trois derrière ». Les mecs se regardent, hésitent à monter. Tu vois qu’ils sont en train de se demander qui doit monter sur qui. Entre ceux qui ont pas trop de jugeote et ceux qui ont pas trop de volonté, le pressing en première période, on a dû le voir deux fois, trois à tout péter. Quand t’as un trident supersonique qui peut littéralement terroriser n’importe quel défenseur dans la mesure où ils lui arrivent dessus à fond les ballons, tu te dis que c’est carrément déconner. In the meantime, Vertonghen, Wimmer et Dier envoient des ogives dans le milieu pour foutre le bronx, ou pire, relancent proprement et offrent des opportunités de construire. Côté Arsenal, ça se pose des questions, ça se tripote, ça trottine.

Le véritable problème dans tout ça, c’est que ce manque cruel d’envie, qui se traduit notamment par un milieu qui se fait gentiment bouger, impacte aussi l’aspect offensif du jeu. Les montées de balle sont tellement mal branlées, tellement lentes que le bloc des Sp*rs a le temps de se replacer à chaque fois, engendrant alors le schéma désormais bien connu du « Plus-personne-dans-la-boîte-tout-le-monde-autour-parce-qu’-Alexis-ressort-et-ça-se-marche-dessus-tout-en-étant-stérile ». Ce petit cirque va durer au moins la moitié de la première période et autant dans la deuxième. Soit beaucoup trop pour espérer mieux qu’un match nul. Entre temps, on va tout de même trouver le moyen de se lever un peu les doigts et de montrer ce qu’on aurait pu faire avec un peu d’envie et d’application.

Pendant environ 20-25 minutes en fin de première période, Arsenal commence à taper, à enfin se montrer dangereux sur des contres, à combiner rapidement. Alexis, Özil et Bellerin multiplient les ouvertures et les courses incisives. Iwobi confirme son match tout moisi en loupant un truc immanquable. Walcott lutte pour ne pas être hors-jeu mais allume une mèche sur le poteau de Lloris à 25 mètres et provoque des coups-francs intéressants. C’est sur l’un d’eux qu’Özil dépose une galette dans la surface, galette qui piège le pauvre Wimmer, Autrichien au regard bovin contraint de tromper lui-même Lloris de la tête. Juste avant la mi-temps, c’est parfait. Mais Arsenal reste Arsenal.

Et Arsenal se rendort en début de seconde période, repart dans ses travers de début de match. Cette fois-ci, on n’entrevoit même plus de pressing. Ça ronronne tranquillement, le jeu devient décousu. Et inévitablement, on s’oublie sur une montée de Dembélé. Iwobi n’est pas concerné, Coquelin réagit trop tard et le duo Koscielny / Monreal bouscule juste ce qu’il faut le milieu de terrain pour qu’il obtienne un penalty. Kane aurait pu avoir la délicatesse de compléter sa prestation médiocre par un raté mais non, Monsieur le tire juste ce qu’il faut au-dessus des jambes de Cech. Il faudra attendre les quinze dernières minutes et les entrées de Ramey, Chamberlain et Giroud pour voir les choses bouger à nouveau. Mais là encore, manque de précision dans les centres, manque de justesse dans les décisions, manque de vitesse dans les combinaisons. Rien de suffisant pour faire tomber l’invincibilité des salopes locales. Le mois de novembre commence.

 

Les-notes

CECH : 4/5
Il a fait le taf’ face aux quelques offensives des Spurs, a anticipé les deux,trois ballons dangereux lancés dans le dos de la défense. Nom de bi, il manque de peu de sortir le penalty tout mal tiré de Kane en plus. En revanche, un point en moins pour avoir maltraité mon petit cœur. D’abord avec une sortie Jesus Christ sur le coup-franc d’Eriksen qui finira sur le poteau. Puis sur sa double-glissade-triple-axel rattrapée au dernier moment qui nous évite les bêtisiers de fin d’année.

BELLERIN : 4/5
Le mec a perdu un ballon de merde en tout début de match, il a exposé Mustafi à la vitesse de Son, il a pris peur. Il lui a fallu un bon quart d’heure pour se convaincre qu’il allait retourner à l’assaut. Heureusement, parce qu’un côté droit uniquement animé par Walcott, ça fait flipper.

MONREAL : 5/5
Probablement hanté par LA MENACE KIERAN GIBBS, le petit Nacho a décidé de ressortir sa panoplie du parfait petit latéral gauche, qui défend bien proprement, qui participe souvent à l’attaque avec même quelques bons centres dans le tas. Dommage qu’il soit un peu brouillon sur Dembélé et l’action qui amène le penalty.

KOSCIELNY : 4/5
Mprf. Je suis colère. Parce que le mec fait encore un match de daron mais il se met dans la merde pour récupérer les conneries des copains : Dembélé vient tranquillement foutre son petit bordel dans la surface, Coquelin est en retard pour tomber le gros à l’épaule et c’est Lolo qui est obligé de foutre les mains dans le cambouis. L’histoire de sa vie. Son intervention est pas dramatique, mais pas parfaite non plus. Ça fait chier.

MUSTAFI : 2/5
Je l’aime bien, certes, mais va falloir s’appliquer et rester concentré, bonhomme. Parce que les gestes à moitié faits qui nous mettent dans la merde, bon, j’ai eu ma rasade avec les années. Dommage, il a un sens de l’intervention défensive assez amourable.

COQUELIN : 2/5
C’était probablement un des rares à vouloir vraiment cogner les mecs en face. Mais ça l’a souvent amené à se mettre hors de position, à louper des duels ou des ballons largement à sa portée. Excès d’envie, dans le bon sens et le mauvais sens du terme en même temps.

XHAKA : 3/5
Il a fallu que je revoie le match une seconde fois pour en arriver à la conclusion que sa performance n’était pas si terrible. Loin du statut d’homme du match qu’on lui a filé côté Arsenal quand même, faut pas déconner. Mais il y a eu de bonnes choses, dans la distribution évidemment et aussi, par moments dans la récupération dans l’engagement. Mais il faudrait que ce ne soit pas sur courant alternatif. Et puis il faut vraiment qu’il arrête de jouer si bas. C’est à lui de sortir attaquer les milieux, pas à Mustafi ni à Koscielny. « Pendant une charge ennemie on tient son poste, Nom de Dieu ! ».

IWOBI : 0/5
Le gamin est en train d’exploser en plein vol. Plus d’envie, plus de jus, plus de coke… Je sais pas ce que c’est mais va falloir trouver. Parce que là, il était encore complètement à côté de son sujet. Et puis ce côté Alex Passion Bakayoko, ça aussi, ça commence doucement à bien faire. Quitte à louper un truc indécent, moi on m’a toujours dit de faire au moins mal au portier en face.

 

OZIL : 2/5
Ça jouait pas assez vite pour lui et il l’a fait savoir régulièrement avec des gueulantes qui faisaient ressortir son côté un peu cheum. Il réussit quand même à se montrer (encore) décisif avec ce coup-franc plein d’amour qui ne mérite que de finir dans les filets.

WALCOTT : 2/5
Quand il était pas hors-jeu, il était par terre. Quand il était pas par terre, on le voyait pas. Ah, si, à un moment il s’est senti d’envoyer un thunderbolt sur le poteau de Lloris, qui doit encore l’entendre à l’heure qu’il est.

ALEXIS : 3/5
Beaucoup de bonnes choses, pas tellement de déchet pour une fois, mais dès que l’équipe en face se regroupe, il perd 50% de son utilité, c’est terriblement terrible.

Substitutes

RAMSEY (pour Coquelin à la 65e minute) : Est toujours blond, donc. Tu vas pas gagner des points comme ça. Rentré pour donner de l’allant dans la transmission, ça a marché dans une certaine mesure, le bloc est remonté d’un cran… pour s’arrêter devant la surface de Tottenham. Là où le Gallois, se croyant toujours en 2013, a envoyé deux frappes dans les nuages.

GIROUD (pour Iwobi à la 70e minute) : Peu alimenté en bons ballons, ou privé de certains par une défense in-extremis des centraux de Tottenham. Quand finalement, il a réussi à toucher un centre, il a envoyé une tête trop molle pour inquiéter Lloris.

OXLADE-CHAMBERLAIN (pour Walcott à la 70e minute) : J’ai pas vraiment envie d’en parler. Les images parlent d’elles-mêmes. Contexte : ce sont les dernières minutes d’un NLD, y a mach nul, Arsenal se rue à l’attaque. Quand tout à coup…


Sinon

Match étrange de Mark Clattenburg qui siffle à la continentale l’essentiel du match mais laisse Wanyama – qui a touché plus de tibias que de ballons – sur le terrain. Woké.

Il faut vraiment que les gus de l’Emirates arrêtent de demander à Xhaka de frapper à chaque fois qu’il approche la surface. Ca devient gênant pour lui et gênant tout court.

Tiens en parlant de frapper, j’aimerais évoquer l’expertise de cette jeune femme qui, dans les derniers instants de la rencontre, gueulait « SHOOT » (très près du micro des journalistes) à tous les joueurs qui touchaient le ballon, y compris Monreal en position excentrée.

Mais allez quand ils font quelque chose de bien, soulignons-le aussi : très belle minute de silence à l’occasion du Remember Day.

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