France – Norvège (2-1) : L’Académie française majore en l’ami Norge

Mercredi 12 juin 2019. Les Bleues affrontent la Norvège pour leur deuxième match de poules de la Coupe du Monde féminine. Après un succès logique face à une faible Corée, la France se mesure à une nation d’un bien meilleur niveau. Prêtes ? Jouez.

Le groupe des Bleues : Corée du Sud, Norvège, Nigéria

La France et la Norvège, dans le passé, ce sont 20 matchs, avec avantage aux Norvégiennes (8 victoires contre 5, et 7 résultats nuls). Toutefois, les Bleues restent sur 9 matchs sans défaite face à ces mêmes adversaires. Une dynamique à maintenir ce soir, en allant chercher une victoire qui sentirait bon les huitièmes de finale.

La compo :

Le derrière :

Pas de changement en charnière : Renard et Mbock joueront devant Bouhaddi, accompagnées sur les côtés par Majri et Torrent.

Le milieu :

Diacre peut reconstituer son duo de choc, ô las ! pour nos adversaires, en alignant Henry (c) et Bussaglia. A voir si notre capitaine sera aussi inspirée que face à la Corée.  

Le devant :

Valérie Gauvin retrouve sa place en pointe après avoir été doucement punie lors du premier match. Diani, alignée en pointe face à la Corée, prend donc l’aile droite et c’est Cascarino qui sort du 11. Thiney et Le Sommer complètent notre quatuor offensif.

Le match :

La pression est mise d’emblée par les Bleues en ce début de match. Les premiers coups francs et corners sont français. Mais rapidement, les débats s’équilibrent. Si Mbock et Bouhaddi s’entendent mal et nous font passer une frayeur, les Bleues sont globalement concentrées face à des Norvégiennes qui pressent assez haut. Sur un corner, une tête norvégienne part bien mais est dégagée de la tête par Majri.

Après un superbe contrôle de Diani, les Bleues obtiennent un corner. La combinaison fait atterrir le ballon directement vers Le Sommer dont la lourde volée, bien partie, est malheureusement contrée par Renard. Après avoir récupéré un ballon, Diani obtient un coup-franc. Sur la mauvaise relance, la même Diani frappe à côté.

C’est un vrai combat pour le moment, avec une belle intensité pour récupérer les ballons. Les Norvégiennes mettent de l’impact, et ont les gabarits pour, ce dont ont été incapables les Coréennes vendredi. Les Bleues poussent, notamment en passant par la droite, le côté de Diani. Le centre de cette dernière trouve Gauvin, qui mange la feuille. La même Gauvin envoie sa tête dans les bras de la gardienne sur un corner quelques instants plus tard. Ouuuh Wendie ! Une passe mal assurée dans notre axe nous met en danger, heureusement Mbock sauve les meubles en deux temps.

On retrouve la même situation 3, 4, 5 fois, sur le côté droit, avec Diani qui est trouvée, qui fait la différence face à son adversaire direct, mais dont les centres ne donnent jamais rien, soit que Gauvin/Le Sommer/Thiney ne sont pas là ou pas assez adroites, soit que ses centres ne trouvent personne. Une première période frustrante car les Bleues mériteraient de mener, mais on se satisfait au moins du brisage de reins de la latérale droite norvégienne sur un dribble de Majri juste avant la pause.

On dirait pas là-dessus, mais c’est bien Diani qui a martyrisé Engen et Minde, et pas l’inverse.

A la reprise, Le Sommer redémarre davantage dans l’axe en laissant bien Majri prendre le couloir. A peine le temps d’écrire ça qu’Amandine Henry avance côté gauche. Pas attaquée, elle décale Amel Majri qui prend le temps d’ajuster son centre. Thiney contrôle bien la défenseure au premier poteau, l’empêche d’attaquer le ballon, et laisse le ballon à Gauvin qui coupe la trajectoire au sol (1-0, 45e).

Ça fait du bien, et ça récompense la première période. Ça peut faire mal au mental des Norvégiennes. Bon, c’est pas en ratant encore une passe dans notre axe qu’elles vont douter quand même nos adversaires, pas vrai Wendie ? Tiens, d’ailleurs, Wendie, puisqu’on parle de toi ! Sur un bon ballon en profondeur, une Norvégienne centre. Personne pour reprendre ce ballon qui file devant le but. Renard n’est pas sous pression, on pense qu’elle va accompagner le cuir. Wendie veut certainement dégager, mais elle juge mal sa position et/ou elle maîtrise mal son geste. Résultat : une passe dans le but (1-1, 55e).

Oh oui ça part bieeeeeeeeeeeeeeeeeeeen !
Aïe aïe aïe, c’est la boulette. Oui, elle a fait la boulette.

Pas top jusqu’ici, Wendie Renard n’aide pas son cas. Mais on continue à aller de l’avant, faut pousser côté bleu. Sur un bon 3 contre 3 à jouer, Thiney fait le mauvais choix en lançant Diani plein axe. Le ballon est contré, ça revient sur Gauvin dont la frappe finit dans les bras de la gardienne. Marion Torrent récupère un deuxième ballon dans la surface norvégienne et arrive lancé côté droit. Non, ne criez pas « second poteauuuuuu », ça n’arrivera pas. En effet, la défenseure norvégienne dégage le ballon et fout ses crampons dans la jambe de Torrent. Penalty ? PENALTY !

Le Sommer s’en charge. ALLEZ EUGENIE ! 2-0, 71e. Question : si Marion Torrent ne reste pas à terre, il se passe quoi ? Nos Bleues ne montrent pas à l’arbitre qu’une joueuse est à terre, l’arbitre ne va pas voir la joueuse à terre, le VAR n’intervient pas car le jeu se serait poursuivi normalement ? Et l’arbitre, elle, elle a bien vu l’action à la base, et ne juge pas qu’il y a faute. Y’a erreur « manifeste » de jugement là ? C’est tout de même de la saloperie en barre ce truc.

Encore vingt minutes à tenir pour avoir 6 points et prendre la tête du groupe. Sarah Bouhaddi intervient plusieurs fois dans les airs et rassure notre défense. Gaëtane Thiney est remplacée par Bilbault, milieu défensive mais hobbit avant tout. Par contre, Thiney a mis seulement dix secondes à sortir. Fallait gratter trois minutes là enfin ! A sa suite, Valérie Gauvin, buteuse, sort pour Cascarino, en espérant que la jeune Delphine place une banderille sur le côté droit en contre (spoiler : non).

Les dernières minutes sont longues, on souffre, on ne respire pas la sérénité, et on gâche nos contres : manque de soutien car manque de jus, manque de lucidité dans les décisions (garder le ballon à une contre cinq plutôt que de foncer dans le tas, par exemple). Ça serre les dents, mais ça passe. Bravo les filles !

Le débrief :

Ce fut plus compliqué que face à la Corée, mais le résultat est là et c’est mérité, car bien qu’en difficulté, ce sont les Bleues qui portaient le jeu (16 tirs à 4). Cette victoire dans la douleur devrait sauf retournement de situation improbable permettre aux Bleues d’être en huitièmes de finale. Corinne Diacre aura donc a priori le loisir de faire tourner face au Nigéria. Ah, et autre question du jour, en plus du VAR : est-ce que jouer 95% des corners sur Wendie Renard est une stratégie viable 1) à long terme 2) face à des équipes qui savent un minimum défendre ? Nan parce que c’était un petit peu répétitif.

Les notes :

Bouhaddi (4/5) :

Hormis la mini-frayeur du début de match avec Mbock, Sarah Bouhaddi a livré un très bon match. Plusieurs relances au pied bien ajustées, les gants solides quand il fallait, et des interventions autoritaires sur les situations chaudes en fin de match. C’est oui !

Torrent (4/5) :

Dépassée pendant 10 minutes en première période comme Mbock en charnière, et dévorée par Hansen sur un dribble, Marion a su relever la tête au fur et à mesure du match. Au final, des ballons récupérés, quelques centres, du dépassement de fonction dans le pressing, parfois très haut. Quelle énergie. Et un pénalty obtenu. (Future mascotte de mon cœur, vous êtes prévenu(e)s).

Mbock (4/5) :

Comme Torrent, elle a connu un début de match compliqué, avec beaucoup de fébrilité. Mais elle s’est vite remise sur les bons rails : de bonnes anticipations, plusieurs belles relances en jeu long, un bel impact physique sur les attaquantes d’en face et notamment Hansen. Bien meilleure que sa collègue ci-dessous.

Renard (1/5) :

Je suis dur car elle a plutôt bien mis l’intensité et l’impact physique qu’il fallait. Mais j’ai compté quatre passes ratées au moins, dont deux passes à chier à 25 mètres dans notre axe. Sans parler du CSC, qui m’a laissé pantois et Wendie hagarde (© Marinette Picon Bière).

Majri (4/5) :

Bien meilleure en seconde période, notamment quand Le Sommer lui a laissée prendre pleinement le couloir. Pas très à l’aise défensivement quand les Norvégiennes pressaient, elle a sauvé une situation chaude sur corner et délivré la passe dé’ avec son centre pour Gauvin.

Bussaglia (2/5) :

J’ai dit qu’elle était une travailleuse de l’ombre face à la Corée. Ce soir, elle a failli complètement disparaître. Prise dans l’impact, Elise n’a sorti la tête de l’eau qu’en milieu de seconde période. En espérant qu’elle monte en puissance dans les matchs qui arrivent.

Henry (3/5) :

Le jeu ayant beaucoup penché sur les côtés pendant une grosse partie du match, on n’a pas beaucoup vu Amandine combiner dans l’axe et redoubler les passes. Mais son volume de jeu, quasi box-to-box, est toujours aussi précieux. Plutôt dans le sacrifice aujourd’hui que dans le régal.

Thiney (2/5) :

Comme sa comparse ci-dessus, elle n’a pas eu l’influence escomptée dans l’axe de l’attaque. On aura besoin d’une meilleure Gaëtane pour aller plus loin ! Malgré tout, son jeu de corps libère l’espace pour Gauvin sur le premier but. Remplacée par Charlotte Bilbault (82e), entrée pour cadenasser derrière, ce que les Norvégiennes n’ont pas sacqué.

Le Sommer (3/5) :

C’est toujours bien d’avoir une joueuse capable de bien tirer un péno sous la pression (coucou Grizou). Malgré le but, un match moyen : peu inspirée sur l’aile gauche en première période, elle a multiplié les mauvais choix. On espère toujours mieux de notre vedette.

Gauvin (4/5) :

Quand on la prive de dessert une fois, Valérie dévore trois sangliers le repas d’après. Précieuse en appui, souvent trouvée par ses partenaires en première période, il ne lui a manqué que le dernier geste pendant 45 minutes. Finalement récompensée par son but au retour des vestiaires, Valérie a cédé sa place en fin de rencontre à Cascarino (86e), dont la capacité à faire la différence n’a d’égal que son incapacité à lever la tête.

Diani (4/5) :

Décevante lors du premier match (en pointe), Diani a largement répondu présente ce soir. Elle a perforé le côté gauche norvégien (notre aile droite) pendant une heure, en prenant toujours le dessus sans être récompensée. Contrôles soyeux, jeu de corps, accélérations : tout y était. A baissé de pied en fin de match, cramée.

V’nez voir Didier Décampe si j’y suis.

Didier Décampe

3 commentaires

  1. Vous n’êtes pas dur avec Wendie, vous êtes hors-jeu.net.

    Quelle belle femme !

  2. C’est moi ou c’est 1998 version féminine ? Une équipe asiatique facilement battue, une équipe scandinave vaincue à l’arrache….

    Allez les Bleues !

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