Alès-AC Ajaccio (2-0) : l’aventure en Coupe de France tourne court pour I Sanguinari

Après le tirage au sort de ce 7e tour de Coupe de France, j’ai voulu rechercher « Alès foot » sur internet depuis mon téléphone. Quand mon correcteur orthographique a corrigé ma requête en « aléas foot », j’aurais dû me douter que quelque chose allait mal tourner. Récit.


Premier problème : ce match a failli me rendre célibataire. Le jour de la rencontre tombait pile le jour du seul repas de famille de ma belle-famille, à l’autre bout du pays, à la même heure. Fort heureusement pour moi, madame ayant trouvé un travail juste au bon moment, nous avons été dans l’impossibilité de nous rendre à la fête. J’ai donc pu aller au match sans craindre de trouver mes valises sur le palier à mon retour (de toute façon, même si le repas avait été maintenu, je serais allé à Alès quand même, hein, faut pas déconner).

Deuxième problème : les gilets jaunes. Pour les éviter, je décide de partir à 00h, dans la nuit du vendredi au samedi. Les cinq heures de route se font sans croiser un seul manifestant et je me retrouve donc devant le stade Pibarot dès 5h du matin, pour dormir dans ma voiture au plus près de l’événement. C’est la deuxième fois que je viens au stade Pibarot, l’ACA étant déjà tombé sur l’OAC en 2014 (petite déception pour moi, j’aurais préféré découvrir un nouveau stade champêtre d’un club de N3), avec une qualification 1-0 à la clef.

Sur les coups de midi, je décide tout de même de me prendre une chambre d’hôtel, afin de me reposer. Dans le hall, je croise un homme qui reconnaît ma veste de l’AC Ajaccio et me prend pour un joueur. Il s’agissait du… délégué de Alès-ACA, qui prenait son café à l’hôtel, tout en draguant l’une des employés grâce à la technique dite « du yaourt » (je vous épargne les détails). Me voilà donc dans ma chambre miteuse, à essayer de dormir. Impossible. Trop de stress, d’excitation et quelques gilets jaunes sur le rond-point devant l’hôtel qui gueulent.

Il est 17h quand je pars pour le stade, situé à 1km. Je préfère m’y prendre à l’avance pour éviter les gilets jaunes, mais, à cette heure-ci, il n’y a déjà plus personne. Arrivée au stade à… 17h. Il pleut, il fait froid mais je me dis quand même « Tiens, et si je rentrais dans le stade tout de suite, sachant que notre parcage n’est pas couvert ? On sait jamais, au cas où ils soient relou à l’entrée, je préfère m’y prendre à l’avance ». Mauvaise idée mais je la suis tout de même : l’accueil de la fille de la billetterie et des stadier est nickel, la fouille très rapide, donc je me retrouve dans le parcage sous la pluie tout seul à 17h20. Plus qu’1h40 à attendre. Parfait.

John et Alex me rejoignent rapidement. Nous sommes donc 3 (Manu l’Ardéchois et sa petite famille sont dans la tribune principale) dans cet immense et ancien parcage visiteurs placé derrière un but. Sous une pluie battante, nous réussissons à nous installer et à bâcher. Six autres « supporters ajacciens » (visiblement des proches d’un joueur, venus de Marseille) tenteront de se joindre à nous mais ils jetteront vite l’éponge, préférant rester à l’abri de la grande tribune.

Il n’est pas encore 19h que l’eau a envahi nos chaussures, nos chaussettes et notre moelle osseuse. Pour s’abriter, nous n’avons pas d’autre choix que de nous cacher dans les toilettes. D’ailleurs, parlons-en de celles-ci.

Les toilettes du parcage visiteurs du stade Pibarot sont… en fait, des chiottes de chantier. Mais attention, pas n’importe quelle cabane de chantier. Une large et profonde cabane de chantier, plus grande que certains appartements d’étudiants parisiens. On y trouve du papier toilettes et du savon désinfectant mais pas d’eau, pas de lumière, ni d’essuie-mains. La chasse d’eau est un levier qu’il faut actionner plusieurs fois afin qu’il fonctionne. Première fois de ma vie que je vois ça. L’ensemble est assez sommaire et brinquebalant, mais ces chiottes auront eu le mérite de nous protéger de la pluie (et en plus, ils sont plus grands que les chiottes du Red Star à Beauvais). Note : 2/5.

Peu avant 19h, le speaker entre en action et s’élance dans la composition de l’ACA. À noter, deux grosses erreurs avec un « Scolaro » à la place de « Sollacaro » et un « Avinef » plutôt que « Avinel ». Le match peut commencer. Les Alésiens prennent immédiatement le contrôle du ballon face à des Acéistes timorés qui jouent en vert. L’OAC ouvre le score sur un coup-franc direct et, à la pause, les locaux mènent 1-0. ON VA ENFIN POUVOIR ALLER BOUFFER ! Les stadiers nous mènent jusqu’à la buvette principale et c’est parti pour le festin.

Les + :

  • Il y avait du choix : sandwichs froids, hot-dog, boissons en tout genre, chips, barres chocolatées, frites… Mon choix s’est porté sur un combo hot-dog/frites/bière.
  • IL Y AVAIT DE LA VRAIE BIÈRE AVEC DU VRAI ALCOOL DEDANS
  • Un sandwich chaud, ça fait plaisir, surtout qu’il était bien garni avec 2 saucisses à l’intérieur
  • Nous avons eu droit à une vraie grosse barquette de frites, bien grasses et croustillantes, comme on les aime
  • Le tout a été payé seulement 6 euros. En comparaison, un sandwich dégueu et un coca dans un stade de Ligue 2 coûtent environ 7,5 euros.

Les – :

  • Le pain du hot-dog était un peu trop sec et franchement trop industriel. Pas top.
  • On va chipoter mais on aurait aimé une bière plus grande, ou du vin chaud.

Note sur le guide Michelin/Perfettu des buvettes de Coupe de France : 4,25/5. Si vous vous demandez pourquoi j’aime tant la Coupe de France, c’est en grande partie grâce à ce genre de buvette complète, que l’on ne trouve qu’au niveau amateur. Les clubs de Ligue 2 feraient bien d’en prendre de la graine. De la bière, des frites, un sandwich chaud, que demander de mieux ? Un service rapide et souriant ? Malgré l’affluence, il l’a été. Dans ce domaine encore, l’OAC a fait mieux que la plupart des clubs de Ligue 2. Bravo.

La seconde période est anecdotique, avec un autre but encaissé par l’ACA et une rentrée du vétéran Cédric Barbosa, qui aura droit à un chant hommage de la part de John : « Oh Barbosa, tu pourrais être notre papa ». Le coup de sifflet final est donné. L’AC Ajaccio s’incline 2-0 dès son entrée en lice dans cette Coupe de France. Une élimination logique tant les Alésiens ont dominé la rencontre. Après les traditionnels échanges de maillots entre professionnels et amateurs, seul Benjamin Leroy viendra nous saluer de loin.

On débâche (heureusement la pluie s’était arrêtée dès 20h) et on se dirige vers nos voitures respectives. Entre-temps, à la sortie des vestiaires, les joueurs acéistes viendront nous saluer et s’excuser pour le triste spectacle qu’ils nous ont offert. C’est reparti pour 5h de route retour, à se ressasser ce match raté et cette élimination dans la compétition que je préfère.

La deuxième partie de saison s’annonce plutôt triste, après deux sorties prématurées dans les deux coupes nationales et un maintien à jouer. Il ne me reste ainsi plus aucun nouveau stade à découvrir d’ici mai 2019. Mais tant pis, NOUS SERONS QUAND MÊME TOUJOURS LA !

Perfettu

Perfettu Erignacci De l'Aiacciu

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.