Argentine – Nigéria (2-1) : L’asado (maso) académie prendra bien un peu de rab

L’avantage des débuts de compétition foirés, c’est qu’ensuite il n’y a pas à tortiller du cul pour chier droit.

À l’orée de ce match coupe-raie contre le Nigéria, il eût sans doute été de bon ton de faire notre le remarquable adage selon lequel « les derniers seront les premiers ».
En effet, je vous l’eusse alors donné en mille, qui croyez-vous qui trônât à la dernière place de ce fameux groupe D à quelques minutes du coup d’envoi de la 3e journée ?

Vous l’avez deviné, il s’agissait de la splendide, la disruptive, la saillante, la mirifique, la brutal, la caliente, la loca Argentina !

 

Et puisque les mathématiques sont une valeur refuge en ces temps où nos certitudes s’estompent, il apparaissait alors que, par la grâce divine des pieds du dénommé Musa auteur d’un doublé contre les islandais, nous eussions encore été en position de nous qualifier.

Et ce, malgré la prestation de peignes-culs livrée face aux croates.

L’équation à résoudre était tout ce qu’il y avait de plus simple, à la portée d’un enfant de 8 ans.

Je vous la livre ici en version simplifiée, afin que ceux d’entre vous à l’esprit étroit puissent en prendre toute la mesure (tututut, je ne diffame pas, je sais qu’il y a parmi vous de ces gens-là, mais soyez assuré que je ne vous juge pas pour autant).

Puisque nous étions derniers du groupe avec un misérable point, que nous jouions le Nigéria qui était deuxième avec trois points, et que de son côté, le troisième, l’Islande, avait également un point mais une meilleure différence de buts que nous (+1 par rapport à nous, ça va, c’est jouable, gros) mais jouait la Croatie qui était première avec 6 points et déjà qualifiée, il suffisait de … attendez, je pose 2, je retiens 1, et hop je passe ça en dénominateur, je dérive par rapport à x…

Bref, il eût tout simplement suffi de gagner pour se qualifier, toute chose étant égale par ailleurs, c’est-à-dire en comptant sur la logique voulant que ces connards de pêcheurs islandais assumassent enfin leur médiocrité en se faisant démembrer par les écarisseurs croates.

Le tout eût été de s’appliquer, de s’engager à 100 % et sans retenue, plutôt que d’œuvrer avec la même demi-molle que celle qu’arbore papa lorsqu’il honore tata avec la crainte de voir maman rentrer plus tôt que prévu.

Oui mais voilà.

On peut reprocher bien des choses à cette académie, mais pas celle de ne pas avoir dépeint la réalité d’une préparation au mondial que d’aucuns n’hésiteraient pas à affubler du qualificatif de « knysnesque », si d’aventure ce mot leur faisait l’honneur d’exister.

Et, il devait être écrit quelque part, peut-être là-haut dans le royaume des cieux, que nous ne méritions décidément pas mieux que cette piètre élimination, tout occupés que nous étions à nous caresser avec l’idée de notre grandeur, sans jamais avoir pris la peine de la confronter aux faits.

Car, il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir, et peut-être eût-il fallu davantage d’humilité de notre part, afin de ne pas proclamer l’oukaze de notre victoire sur des terres russes qui, l’histoire nous l’enseigne clairement, ont déjà vu nombre de nos glorieux ancêtres abandonner leurs rêves de grandeurs. Bérézina, nous voilà !

Et, serais-je tenté d’ajouter, il n’est de pire amant que celui qui ne jouit que pour lui-même (oui, profitez de cette acad’ pour vous remettre en question, bande de cuistres). Voilà pourquoi cet aréopage d’égos, que l’on désigna un peu trop rapidement sous le vocable de « sélection argentine »,  aurait tout gagné à remiser au vestiaire ses luttes intestines et ses ambitions personnelles pour se concentrer sur le plus important : l’équipe. Le jeu. Le football, quoi.

Oui mais voilà.

Cela n’était sans doute pas… Attendez voir…
On me dit quelque chose d’étrange…
Laissez-moi déposer mon dictionnaire de synonymes et mon précis de subjonctif, pour vérifier cette information qui me parvient tout juste…
Il paraîtrait qu’en fait, finalement, on ait réussi à…
Ne me dites pas que…
Oh putain, oh puta….

##MODE LYRISME AMPOULÉ OFF##

Oh puta de madre, on est passé !!!!!!
Oh, le pied !
J’arrive pas à y croire !
Après ça on peut mourir tranquille jean-mimi !
On les a bien enfilés ces connards d’islandais ! Sales pêcheurs va ! Retournez bouffer vos requins faisandés au fond de vos granges, sous-développés que vous êtes ! Cabrons ! Pendejos ! Et vous les nigérians ?? On vous a bien niqués hein ? ahah, vous y avez cru en plus. La VAR ne peut plus rien pour vous, bande de merdes !! Vous croyiez nous éliminer aussi facilement ? Ah les cons !!
Et c’est ce tocard de Rojo qui vous plante en plus !
On n’aurait pas pu faire plus humiliant, c’est dingue !

 

argentine messi maradona

C’est bien résumé

 

L’albiceleste est grande et n’a jamais cessé de l’être, Dieu n’est qu’amour, et les vikings sont des tapettes !
Laissez-moi vous conter ce miracle.


 

Le 11 de Sampa

Pour cet exploit qui entrera sans nul doute au Panthéon de notre glorieuse nation, Sampa, ce brave et fidèle serviteur, avait décidé de s’assoir si fort sur sa dignité qu’elle dût lui chatouiller la glotte tout au long du match.

En effet, les clés du paradis avaient été remises à Dieu lui-même, qui avait décidé de redescendre parmi les mortels pour prendre les choses en main. Ainsi avait-il choisi de disposer ses apôtres en 4-4-2 et de se placer au-devant de la (s)cène, aux côtés du simplet mais dévoué Gonzagros.

Il avait également décidé de remplacer le judas Willy par un nouveau portier, le débutant Franco Armani. (Pardonnez ma causticité, mais cela ne vous semble-t-il pas inquiétant pour nos libertés qu’un individu élevé en Espagne, tout Dieu soit-il, profite de la première occasion venue pour mettre en avant un prénommé Franco ? N’est-ce pas un signe de la résurgence d’un fascisme latent, insidieux, tapi dans l’ombre ?)

 

Armani

Mercado – Otamendi – Rojo le grand – Tagliafico (Agüero, 80e)

Perez (Pavon, 61e) – Mascherano – Banega – Di Maria (Meza, 72e)

Dieu – Gonzagros

 

L’équipe concoctée avait à priori pour ambition de maitriser le ballon, de redonner de l’espace au centre du terrain à Dieu, tout en assurant une couverture efficace des couloirs et de ce diable de Moses.

Une crainte était toutefois que l’on se fasse prendre dans le dos de nos centraux par les flèches nigérianes, étant donnée la lenteur de notre défense.

 

Le match

Le match commençait tranquillement, et nous restions fidèles à nos principes, à savoir une volonté claire de maitriser le ballon, mise à mal par une montagne de déchets techniques à faire passer le cours Belsunce pour une chambre stérile. À la 5e minute de jeu, nous avions déjà salopé dans les grandes largeurs une demi-douzaine de relances.
Notre ligne défensive jouait très haut, et Banega tentait de se positionner entre les lignes afin de multiplier les options données à Otamendi et Mascherano, responsabilisés à la relance par ce système de jeu.
Petit à petit, les choses entraient dans l’ordre, Messi était trouvé avec de la vitesse, Banega prenait de mieux en mieux en charge l’orientation du jeu, tant et si bien qu’au quart d’heure de jeu, l’impensable se produisait quand Banega envoyait en profondeur une merveille de passe en rupture.
Le monde était alors pour un instant aveuglé par une lumière intense, due à la pureté et à la spontanéité de la gestuelle de Dieu, qui transformait cette obole en miracle et ouvrait le score pour notre glorieuse patrie (1-0, 14e).

 

argentine messi maradona

Cette photo me laisse quelque peu circonspect : à qui Dieu peut-il bien s’adresser à cet instant précis ?

 

S’ensuivait une séance collective d’onanisme dans les travées bleues et blanches du stade Krestovski, qui participait à renforcer l’image d’un peuple soudé derrière sa sélection. Ce début de match était d’une bien meilleure facture que tout ce à quoi l’on avait pu assister ces derniers mois, même si les débats se rééquilibraient ensuite. Dieu jouait haut, aux côtés de Gonzagros, et nous étions organisés dans un 4-4-2 qui ressemblait à celui mis en place par Valverde au Barça cette année.
Notre pressing collectif se faisait toutefois de moins en moins intense, et les Nigérians tentaient de combiner, sans toutefois réussir à se montrer dangereux. Les relances au pied d’Armani manquaient de précision, mais ne dit-on pas qu’au royaume des aveugles…
A la 32e minute, une nouvelle merveille d’ouverture de Banega trouvait Di Maria qui était fauché par le premier nigérian blanc qu’il m’ait été donné de voir dans toute mon existence. Sur le coup franc qui suivait, Dieu frappait le poteau, ce qui constituait notre dernière occasion avant la mi-temps.
Cette première période laissait augurer d’un match plutôt maîtrisé, surtout au regard de la médiocrité à laquelle nous nous étions abonnés. Les défenseurs étaient plutôt solides et de moins en moins ridicules à la relance, Banega offrait des solutions intéressantes qui avaient manqué dans les matchs précédents. Dieu rayonnait, seul Mascherano semblait avoir toujours autant de mal à s’habituer à sa lenteur pré-sénile.

Oui mais voilà.

Dès le début de la deuxième mi-temps, les Nigérians apparaissaient transfigurés et marquaient un péno avec l’aide de cette salope de VAR, sanctionnant un câlin pourtant tout mignon de Mascherano sur le Nigérian blanc (1-1, 49e).
La rentrée de Pavon à la place de Perez à l’heure de jeu nous redonnait de l’allant, même si la nouvelle prestation scandaleuse de Di Maria nous forçait à l’hémiplégie. Nous n’étions pas souverains, oh que non !, et c’est à la 75e minute que la carrière de Rojo basculait.
Auteur d’un enchainement tête-main totalement minable dans notre surface de réparation, notre bon bourrin était sauvé par une interprétation fort discutable de la VAR par l’arbitre (pas chauve celui-là, tiens) du match. Ainsi lesté d’un tel totem d’immunité, Rojo passait les dix minutes suivantes à s’appliquer à déposer quelque lubrifiant sur le pourtour des orifices anaux de Nigérians interloqués, puis décidait de passer à l’action.
Sur un centre magnifique de Mercado, qui n’en avait sans doute jamais réussi de tels, Rojo fusillait d’une admirable volée du droit les pauvres Nigérians, transis d’effroi (2-1, 86e). Les Nigérians tentaient le tout pour le tout dans les cinq dernières minutes, mais ne leur jetons pas la pierre, il n’est pas aisé de marquer un but en souffrant d’une telle perforation de l’anus.

C’est donc grâce à ce scénario bien ficelé que nous nous qualifions pour les huitièmes de finale, et que nous avons pu assister à la naissance d’un groupe que la difficulté aura participé à souder.

 

La note

Bon bah, c’est pas compliqué, la note c’est 5/5 pour tout le monde, même pour les tocards comme Di Maria. M’emmerdez pas avec vos chipotages, j’ai pas envie d’être objectif après une soirée pareille.

Et d’ailleurs, c’est quand même bien foutu, parce que cinq, c’est très exactement en décimètres le diamètre du trou de balle des nigérians ce matin au réveil.

 

argentine messi maradona

Oui, voilà, merci monsieur de votre témoignage, l’écartement correspond à peu de choses près à la taille de votre bras

 

Les autres

Mes respects aux Nigérians  qui ont complaisamment joué leur rôle de faire-valoir dans une lutte qui les dépassait manifestement.

 

La suite

La suite, c’est un affrontement qui s’annonce assez consternant en termes de qualité de jeu contre la France de l’ami Didier Décampe, avec qui je compatis fortement après la purge qu’il a dû s’envoyer hier.

De notre côté, nous n’avons plus rien à perdre, et c’est généralement dans ces situations-là que nous sommes les meilleurs.

Comptez sur nous pour continuer à démontrer avec force ardeur que l’albiceleste est grande, et que Dieu n’est qu’amour.

 

 

@+ les SM

Fernando Raiedansledos

Fernando Raiedansledos

Un commentaire

  1. Le « puto » de Maradona restera pour moi le gestechnique de ce mondial.

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