ASSE-AC Ajaccio (1-1, 4-5 tab) : on se met (aussi) à la coupe Gambardella

Suivre l’équipe pro en Ligue 2 n’est plus suffisant. Alors on est parti encourager les U19 de l’ACA en coupe Gambardella. Récit.

Rester dans son canapé à se branler les couilles en regardant une énième rediffusion de « Maison à vendre » ou faire cinq heures de route et 500 km en 106 pour aller voir un match de football de U19 dans un centre d’entraînement dans une ville paumée ? Le choix a été vite fait. Si j’avais choisi la première option, le compte-rendu se serait arrêté là. Mais j’ai décidé d’aller à l’Etrat, au centre d’entraînement de l’AS Saint-Etienne, pour aller assister au 16e de finale de la Coupe Gambardella entre l’ASSE et l’AC Ajaccio. La première fois que je vais encourager les U19 de l’ACA en déplacement.

Le coup d’envoi du match est prévu à 12h. C’est trente minutes avant que trois membres d’I Sanguinari, Vince Per Noi, Adri et moi, entrent dans le stade. L’entrée est gratuite. La fouille est plus que sommaire : deux stadiers font acte de présence en faisant semblant de regarder l’intérieur des sacs qu’on leur tend. Aujourd’hui, on ne va pas bâcher. L’immense bâche I Sanguinari est laissée au garage. Pourquoi ? Premièrement, car on ne savait pas si on pourrait entrer avec et si on aurait eu un endroit où l’installer. Deuxièmement pour des raisons de sécurité : il y a déjà eu quelques soucis entre supporters ajacciens et supporters stéphanois dans un passé lointain. On ne prend donc pas de risque inconsidéré, surtout dans un petit stade du genre.

On fait la rencontre des parents et de la famille de certains joueurs acéistes, qui ont fait le déplacement jusqu’à L’Etrat pour encourager leurs ouailles et on va s’installer dans la tribune, gentiment, au milieu des supporters des Verts. Au total, on compte une douzaine de supporters de l’ACA aujourd’hui, c’est plus que dans certains stades de Ligue 2 le vendredi soir. Immédiatement, un petit jeu entre supporters des deux camps se met en place : les Stéphanois lancent des « Allez les Verts » en réponse aux supporters ajacciens, qui lancent des « Allez les Rouges ». Un mec en tribune lancera même un « Allez les noirs ». Allez comprendre pourquoi. Ces petites taquineries dureront toute la rencontre et seront toujours suivies par le rire niais d’un supporter stéphanois visiblement très content d’être là.

En ce qui concerne le terrain, Jordan Galtier, l’entraîneur des U19 de l’ACA, a concocté un 3-4-3 bien en place, avec des latéraux offensifs et beaucoup de permutations aux trois postes de devant, entre Cimignani, Tramoni et Ajroud. Voici la composition de départ.

Pour décrire ce match, c’est un peu une confrontation entre 11 grands blacks et 11 petits corses, en extrapolant. Les premières minutes sont à l’avantage de l’ACA, qui se procure deux grosses occasions, notamment une reprise acrobatique de Leca consécutive à un corner, que le gardien stéphanois repoussera sur sa ligne. Rapidement, le match se tend, l’arbitre sort trois cartons jaunes en vingt minutes. Les trois arbitres seront d’ailleurs vite pris à parti par les supporters locaux, qui les renommeront tous : « Turpin », en honneur à Clément Turpin, le fameux arbitre de Ligue 1, qui est réputé pour avantager l’OL. Pendant toute la rencontre, les trois arbitres auront droit à des insultes du genre « Oh Turpin, fils de pute », « Oh Turpin, c’est Aulas qui t’a payé ! » ou encore des « Turpin, mais t’es débile ou quoi ?! ». Le pire étant que ces mêmes supporters avaient déclaré, avant le coup d’envoi : « Ah, mais il est jeune l’arbitre central, on ne va pas l’accabler ». Cinq minutes plus tard, ça lui lançait des gros « fils de pute » dans la gueule.

Retour sur la pelouse. À la 34e minute, suite à une perte de balle acéiste aux 25 mètres, l’ASSE ouvre le score par Maxence Rivera, qui jouait en Coupe de la Ligue contre le PSG de Mbappé, Neymar, Icardi et Marquinhos il y a trois semaines, avec les pros. D’ailleurs, côté Vert, Rivera a brillé par sa disponibilité et son aisance, tout comme le numéro 10, Mouton, qui a posé le jeu, plutôt élégant. Juste avant la pause, l’ACA a l’occasion de revenir au score : Turpin siffle un pénalty suite à une poussette sur corner. Thomas Berenguier, notre tireur attitré, s’en charge mais le gardien le détourne. 1-0 pour les locaux à la pause.

C’est l’heure d’aller tester la buvette.

Les + :

  • Il y a du café pour se réchauffer, des sandwichs chauds et pas mal de choix
  • J’ai pris un hot-dog moutarde. Le pain était croustillant mais à la fois moelleux, un parfait combo.
  • Deux saucisses à l’intérieur, de la sauce, un coca frais, un café chaud… C’est de la qualité.
  • Seulement 5 euros pour un café, un coca et un hot-dog, très accessible.

Les – :

  • Ils ont mis un peu de temps à me servir
  • Ils avaient mis de la mayonnaise alors que j’avais demandé de la moutarde.

Note sur le guide Michelin/Perfettu des buvettes de Ligue 2 : 3,75/5. Nous avons été accueillis avec le sourire et on nous a vendu des produits de qualité, en quantité suffisante. Pour une buvette d’un centre d’entraînement, c’est plus que bien. Bravo !

Dans la foulée, petit détour par les chiottes du stade Aimé Jacquet. Toute cette structure est récente, donc à l’intérieur des toilettes, tout est en bon état et beau. Un carrelage vert en hommage aux couleurs du club, un ensemble très propre. Sur l’aspect visuel, c’est parfait. Au niveau du confort, il y avait du PQ, de l’eau, une brosse à chiotte, du savon, mais pas de torchons ou de sèche-mains. Et puis, ça sentait bon. Bref, des chiottes de très bonne facture. Note : 4,25/5.

C’est reparti pour la deuxième période. Et assez rapidement, ça s’emballe. À la 59e minute, Tshibuabua est exclu du côté stéphanois, pour s’être essuyé les pieds sur notre joueur. Dans la tribune, les insultes volent pour « Turpin ». Sur le coup franc qui suit, notre numéro 9 Anis Ajroud place sa tête au fond des filets. 1-1, à 11 contre 10. Tout semble aller dans le sens des Ajacciens. Mais… Un but de Lisandru Tramoni est refusé pour un hors-jeu pas flagrant, on n’arrive pas à marquer et finalement Enzo Buzzuro se fait exclure côté ajaccien. Le ballon va d’un côté à l’autre, la tension est palpable, la pression est à son paroxysme. Le père de Thomas Berenguier est dans tous ses états, proche de la crise cardiaque, le visage rougi par l’émotion. Fin du temps réglementaire. En Coupe Gambardella, pas de prolongations, mais les tirs au but directement.

À partir de là, un voile s’est installé sur mes souvenirs. J’ai rarement été aussi stressé au stade, le cœur qui bat bien trop vite, les lèvres qui tremblent et les genoux qui partent en couilles. Thomas Berenguier voit son tir au but être arrêté, Lisandru Tramoni également. Dans le même temps, les Stéphanois ont inscrit leurs deux TAB. La fin ? Non. Je ne sais plus comment, mais on a pu revenir au score. Puis, on a même pris l’avantage. Notre 6e tireur est notre gardien, Ghjuvanni Quilichini. S’il marque, on se qualifie. C’est au dessus. Le Stéphanois rate sa tentative. Anis Ajroud se présente pour tirer. S’il marque, on se qualifie. C’est arrêté par le gardien. Finalement, cette séance de tirs au but s’est soldé après le 18e tireur (!!!). C’est notre défenseur Tony Algrin qui libère son équipe et les supporters, qui se jettent au niveau du bas de la tribune. Explosion de joie. Des larmes coulent, des cris fendent le ciel de L’Etrat, les mains se tapent, les accolades se multiplient. Les U19 de l’AC Ajaccio viennent de s’imposer 5-4 aux tirs au but, ce qui leur permet d’éliminer les tenants du titre. Quel exploit, messieurs dames. Le papa de Thomas Berenguier est plus rouge que jamais, surexcité. Jordan Galtier lâche quelques larmes, tout comme notre remplaçant Adrien Gameiro.

Les joueurs sont venus célébrer cette qualification avec leur famille et les supporters au pied de la tribune. Un très beau moment de communion. Félicitations à tous ! Symbole que cette coupe est importante pour l’AC Ajaccio : le président du club, Christian Leca, avait fait le déplacement à L’Etrat rien que pour le match. On se quitte bons amis avec les Stéphanois, qui ne sont pas mauvais perdants pour le coup. On discute un peu, on continue de faire la connaissance d’un supporter lensois expatrié dans le Forez, on félicite tout le monde et on part du stade pour manger une spécialité locale : quelques tenders au KFC du coin. Et si on se mettait à suivre plus attentivement cette compétition et cette équipe ? Et si on allait ensemble jusqu’au stade de France ? Ces U19 méritent d’aller le plus loin possible. Alors à très vite.

Perfettu

Perfettu Erignacci De l'Aiacciu

3 commentaires

  1. Bravo Perfettu pour ce compte-rendu comme si on y était (comme d’habitude), et Super bravo à nos U19.

  2. Un résumé qui nous fait revivre le match bravo Loïc
    Bon match à charlety

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