Auxerre-Nancy (0-0) : La Chardon à Cran Académie va s’en coller une bonne.

Les fêtes. J’ai horreur de ça. On devrait appeler noël la Grande Célébration de l’Hypocrisie et nouvel an la Sauterie des Connards qui trouvent que Mylène Farmer c’est cool. Entre les deux, à peine de quoi se réjouir (à moins que prolonger la biture soit une raison de se réjouir – question de point de vue), du froid, du gris, même plus de neige, cons d’humains que nous sommes nous l’avons annulée à force de vouloir la Riviera partout, tout le temps. Tout se démode. La corrida, l’humour raciste, les films américains, même des trucs qu’on pensait un peu immuables comme les hommages aux anciens combattants, Tintin ou l’écologie : tout passe d’intérêt à une vitesse telle qu’on se croirait en permanence au beau milieu de la période des transferts. Mais ces putains de fêtes de fin d’année, rien n’y fait : y toucher c’est attaquer l’âme pure de la France, menacer leur bonne tenue c’est placer un cran d’arrêt sous la gorge de l’enfant Jesus en personne et tant pis s’il est bien blanc dans votre imaginaire collectif putride. Faire de l’ombre à noël, c’est menacer la famille, famille qui est l’essence de la patrie, n’est-ce pas ?

De mon temps où tout n’était pas uniforme, on vivait dans une peur panique de ne pas voir noël s’accomplir, on craignait de croiser le violeur en manteau rouge et de ne pas savoir quoi lui dire pour obtenir le cadeau, on suffoquait à l’idée que chacun puisse s’en sortir avec un truc mieux que le nôtre, on se mesurait le paquet cadeau entre mère et tantes, le paternel allait dégueuler discrétos aux chiottes du bas pour pouvoir reprendre une part de dinde en plus que le beau-frère constipé.

Et puis on retrouvait ses copains puérils pour la nouvelle année, ressasser une tactique d’approche maintes fois annulée car vouée à l’échec pour tenter de séduire cette délicieuse pétasse à gros seins de la 4eB, boire pour se donner du courage, oublier le projet de la séduire en cours de route pour se consacrer à un concours de shots avec les poteaux, y repenser subitement au moment des slows, lui marcher sur les pieds, choper une trique d’enfer en sentant le bout de ses gros seins, tituber un bon coup et se ressaisir, tiens mais pourquoi je penche comme ça, moi ? Eh mais il me bave dessus ce dégueulasse ! Et on repensait à papa qui n’avait pas repris de dinde, mais qui avait pris un Alka-Seltzer le lendemain.

Cette histoire est celle de toute la Lorraine : celle d’un échec voué à réussir par la seule entremise de la pitié. Car nous n’avons pas l’esprit assez retors pour se croire dignes d’un heureux hasard, non. Nous ne formons l’idée d’heureux événements qu’en s’en déclarant unanimement incapables du moindre mérite. Ainsi occasionnellement, le bon peuple se mêle de jeter un regard plein de mépris et lance à notre adresse : « et ces cons-là amenez-les voir donc à ma table, que l’on se paye un peu leurs poires d’ahuris » et nous buvons à l’œil le temps d’un soir.


Les notes

Sourzac 4/5
Bien moins spectaculaire que son numéro 1 avec qui il n’a pas plus de problème qu’avec son numéro 2 (ou 3 ?), il a au moins le mérite d’assurer jusqu’à sortir les arrêts qu’il faut pour préserver le score en fin de match. Lui semble par ailleurs penser avec sa tête et non avec sa bite, même si on n’imagine pas qu’il sera en tête de la manif pour demander le renvoi du violeur loin, très loin de notre club.

Karamoko 3/5
Un bon match dans lequel il a dû s’employer pour défendre mais aussi s’appliquer pour ressortir proprement le ballon. Ce qui a bizarrement fonctionné même à 10 contre 11.

Lybohy NN
Le match de trop pour son physique de buffle d’élevage. Remplacé par Bidounga (4/5) qui a honoré son premier match en se montrant intraitable et plutôt entreprenant, probablement bien aidé par sa fraîcheur physique. Ce serait bien qu’on le revoie quand même pour se faire une idée et conforter notre a priori à la première connerie qui nous coûtera un but.

Seka 3/5
Le taureau par les couilles a bien fini l’année et plutôt pas mal débuté la saison, en étant probablement notre défenseur, voire notre joueur le plus régulier. On attend toujours qu’il aille au bout d’une de ses percées dans lesquelles il incarne non pas un bison mais tout le troupeau pour marquer le but du siècle de l’ASNL, mais sinon il parvient à mener la défense correctement, ça permet de patienter dans une sérénité relative. Du moins jusqu’à ce qu’un ballon en profondeur mette en péril sa vitesse de Trabant.

Muratori 3/5
Pour finir l’année, Vincent avait pris ses résolutions avant tout le monde : réussir un bon match dans la saison, au moins un. C’est chose faite avec cette performance en central excentré à gauche où il a su canaliser les faibles assauts adverses. Sans rancune, Vince.

Ciss 4/5
Super turbo toujours pied au plancher et niveau technique bien au-dessus du reste : il réussit tout et n’oublie même pas de défendre en dépit de sa position très haute sur le terrain. Planquez-le, le mercato ne va pas tarder à ouvrir.

Rocha 0/5
Il a passé son chemin comme un putain de lutin de noël en manque de ritaline. Incapable de réfléchir et de courir en même temps, ses trois fautes en deux minutes nous laissent avec la sensation qu’il n’en avait rien à branler de ce match et qu’il était pressé de rentrer boire des cocktails à Praia avec Vagner. Sur ces poncifs, nous vous laissons libres d’insulter le jeune Kenny en commentaire.

Akichi 3/5
Laissé tout seul par son lâche collègue, il n’a pas tremblé. A se demander si on ne pourrait pas le laisser tout seul en récupérateur et lancer plus de monde encore en attaque histoire de commencer à marquer des buts.

Bassi 2/5
Pas de passe, pas de but : conformément à notre cahier des charges dit du « Petit con », cela ne suffit pas pour lui donner la moyenne. Et avertissement conduite pour ses coups de pieds arrêtés nuls à se torcher le cul avec du papier d’alu.

Cissokho 2/5
Une action illustre parfaitement son match : il dribble trois Auxerrois, débaroule à l’entrée de la surface mais voit la porte se refermer devant lui, se retourne et a au moins une solution le long de la touche, insiste vers l’axe mais est de plus en plus sous pression, se retourne et revient sur ses pas, conserve le ballon, ne le lâche pas, le perd. Au moins, il a un peu couru pour tenter de le récupérer…

Dona Ndoh 2/5
Privé de ballon, la routine.


Note Artistique de la mi-saison : 3/5

Alors oui, 10e de L2 à la trêve, ça fait pas bander les ânes de la pépinière, on le sait très bien … mais rappelons rapidement notre parcours depuis août, en 19 journées :
– 2 défaites
– Deuxième défense du championnat
– Invaincu à domicile
C’est tout de même pas mal pour un club qui a flirté avec la relégation en natianale l’an dernier, qui, encadré par la DNCG ne peut recruter de nom ronflant (même si Dona N’Doh l’est à sa manière).
On va se contenter de cette 10e place, à seulement trois points du 5e, avec 19 journées encore à jouer et quelques places à aller chercher. A ce niveau de la saison, Lens, Lorient et Troyes semblent injouables et devraient finir dans le top 3 … mais avec cette histoire de barrages, tout est possible.

Sur le terrain, Vagner est sans aucun doute la petite jouissance de ces quelques mois. Merci encore à @rorogromerdier de nous l’avoir prêté, et merci d’avance à lui de nous le laisser une saison de plus en juin prochain. « C’est signé » comme dirait ce bel-homme.
Dans absolument tous les bons coups, sur tous les buts, Vagner est décisif, et sans lui nous ne serions ni à cette place, ni avec ce nombre de défaites. Et sans lui pour les prochaines semaines (blessure), il va falloir serrer les dents pour ne pas chuter au classement.

Parlons d’une autre satisfaction, sans doute la plus belle : le coach.
Jean-Louis Garcia est LA révélation de cette saison pour le moment. Ambitieux, offensif, réactif, n’hésitant pas à jouer à 4 ou 5 joueurs offensifs, faire des changements tôt dans le match … autant vous dire qu’avec mon camarade on n’était pas habitué à cela. Son discours parle aux joueurs, il parle aux supporters et s’il ne paye pas cette saison, il faudra s’appuyer sur cette base pour les années à venir. Et réconcilier les supporters avec le côté sportif (pour le reste, c’est une autre histoire), c’était pas une mince affaire. Je ne vous dis pas que tout est rose, car oui on se fait tout de même assez chier devant certains matchs (à l’extérieur notamment) car on joue clairement le nul, en l’obtenant le plus souvent, mais peut-être est-ce une construction volontaire, saine et solide, de la part du staff, pour donner de la confiance, du poids à cet effectif pourtant assez faible sur le papier.

Les supporters, parlons-en justement. Est-ce parce que on joue mieux ou parce que les résultats ressemblent un peu plus à ce à quoi ils devraient, on ne sait pas vraiment. N’empêche que la foule des bons jours est revenue à Picot et brave même le froid (oui, on verra en janvier) pour soutenir nos chardons. Deuxième meilleure affluence de Ligue 2 à domicile derrière Lens, évidemment intouchable, c’est pas dégueulasse. D’autant que certains matchs à domicile, on fait mieux que des Ligains. Bref, en dépit des quelques accrochages, l’engouement populaire ne se dément pas pour le club et ça fait plutôt plaisir.

Passons les fêtes dans le ventre mou (qui nous guette, nous, avec notre âge avancé et nos cheveux blancs), on y est bien, c’est confortable, il fait chaud et avec du monde devant et derrière nous, ça nous rappelle les Horsjeuiades il y a six mois.
Et ça les amis, c’est un souvenir aussi bon qu’un but de Vagner ou qu’une transversale de Pedretti, croyez-nous.
En espérant vous faire part de nombreuses autres péripéties en 2020, la Chardon à Cran Académie vous souhaite de joyeuses et heureuses fêtes de fin d’année.

Roger Piantoni Vairelles et Marcel Picon.

Marcel Picon

Ras le cul de toutes ces conneries.

Un commentaire

  1. Je ne comprends pas comment la religion accepte les vacances si elles sont d’origine païenne ..
    et Jésus n’est pas né en hiver.

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