La Balkans Acad’ débriefe les qualifications au Mondial 2014

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Attention, il s’y cache un qualifié

La Balkans Acad’ fait un retour sur ces qualifs. Résultat : un qualifié direct, trois barragistes (avec la Roumanie) et quelques places d’honneur. Explications avec 9 pays.

Groupe A :

Croatie – 2è avec 17 points

Oui, oui, il y a cette génération exceptionnelle des Diables Rouges mais les Croates ont aussi explosé en plein milieu de cette campagne de qualifications !

Pour tout dire, les Croates n’ont jamais été vraiment convaincants pendant ces qualifications, même quand ils tenaient la dragée haute aux Belges en tête du classement. Les Croates ont malheureusement terminé par 4 matchs sans victoire dont 3 défaites (2 contre l’Ecosse et une contre la Belgique) et un nul chanceux accroché en Serbie.

La belle mécanique, qui avait tant ennuyé l’Espagne à l’Euro 2012, semble ne plus du tout fonctionner. Le premier responsable et la première victime est Igor Stimac, dont la démission a été acceptée à la fin de ces qualifs. L’ancien sélectionneur a été stigmatisé pour ses choix approximatifs et devint peu à peu sujets à des critiques de toutes parts.

Niko Kovac reprend le flambeau avec des barrages à préparer. La Croatie n’a pas tout perdu en deux ans et gardent en son sein de fabuleux joueurs. Reste à savoir si novembre n’est pas une échéance trop proche pour travailler sur le moral des joueurs. Une non-qualification serait un gros coup d’arrêt pour le football croate.

Alex Holiga revient en détails sur les conséquences de la défaite en juin contre l’Ecosse : http://www.heraldscotland.com/sport/football/downfall-of-croatia-and-stimac-can-be-traced-to-that-fateful-night-in-june.22429580

Serbie – 3è avec 14 points

La Serbie a déçu dans cette campagne de qualif mais avait-elle les moyens de faire mieux ? Le 6-1 claqué contre le Pays de Galles à Novi Sad en septembre 2012 semblait prometteur mais il a été trompeur.

Par la suite, la Serbie s’est inclinée contre la Belgique (0-3), en Macédoine (1-0) et en Croatie (2-0). Chacune de ces défaites a fait mal : la Belgique a surclassé la Serbie, la défaite en Macédoine a provoqué une honte nationale alors que le match en Croatie était très symbolique.

Malgré tout, Mihajlovic a tenu bon et a redressé la barre en fin de campagne avec 3 victoires contre les petits du groupe, une défaite honorable en Belgique et un nul, qui devait être une victoire, contre la Croatie.

Loïc Trégourès déclarait dans un article du Monde la semaine dernière que « la Serbie était dans un trou générationnel ». Une excuse recevable surtout quand on regarde le secteur offensif des Serbes. Scepovic (Gijon) a 23 ans, Tasic (Twente) a 24 ans, Markovic (Benfica) a 19 ans, Djuricic (Benfica) a 21 ans, Mitrovic (Anderlecht) a 19 ans sans oublier le petit nouveau du Partizan Zivkovic, 17 ans. Avec une ossature composée de Stojkovic (Partizan), Nastasic (Man City), Ivanovic (Chelsea), Kolarov (Man City) et Matic (Benfica), les Serbes peuvent très prochainement avoir une superbe équipe.

Reste à savoir avec quel entraîneur. Mihajlovic n’est pas apprécié par tout le monde et ses méthodes restent douteuses, celles-ci qui ont mené à la mise au ban de Ljajic (Roma) parce qu’il ne chante pas l’hymne serbe. Mais s’il parvient à obtenir des résultats, qui cela choquera ?

L’article du Monde sur les qualifs dans les Balkans: http://www.lemonde.fr/sport/article/2013/10/11/les-balkans-avancent-en-ordre-disperse-vers-le-mondial-2014_3492111_3242.html

Macédoine – 6è avec 7 points

Dans un groupe relevé avec les cousins des Balkans, deux Britons et la Belgique, la Macédoine a terminé dernière. Logiquement.

10 matchs, 7 défaites. Le constat numérique est cruel pour les Macédoniens. Mais force est de reconnaître que l’équipe n’a jamais pris de fessée, même contre la Belgique et la Croatie. Seul le dernier match contre la Serbie a été catastrophique. Les Macédoniens n’ont jamais été outrageusement dominé et ont même su accrocher deux victoires dont une de prestige sur le voisin serbe à Skopje 1-0.

La Macédoine, comme certains de ses voisins, ne possède pas un éventail de joueurs à même d’offrir diverses solutions au sélectionneur en poste. Emmenée par ses deux tauliers Ibraimi (Cagliari) et Pandev (Naples), la Macédoine est réellement le petit poucet de la région. Un nouveau sélectionneur arrivera mais pas sûr que cela suffira.

Si vous voulez aller plus en détails concernant la Macédoine et son avenir, vous pouvez lire le très bon papier de Macedonian Football : http://macedonianfootball.com/index.php?option=com_content&view=article&id=5940:where-to-go-from-here&catid=1:domestic&Itemid=63

 

Groupe B :

Bulgarie – 4è avec 13 points

La Bulgarie a évolué dans un groupe très dense avec l’Arménie, la République Tchèque et le Danemark comme concurrents.

La campagne des Bulgares avait débuté par un prometteur 2-2 à domicile contre les Italiens, avant d’enchaîner une victoire contre l’Arménie et des matchs sans défaite contre le Danemark et la République Tchèque. La campagne était plutôt positive (une seule défaite contre l’Italie) mais constellée de matchs nuls (4 en 8 matchs).

La Bulgarie se retrouvait en bonne position avant les deux derniers matchs : 2è avec 13 points devant le Danemark (12 points), la République Tchèque (9 points) et l’Arménie (9 pts). Malheureusement la Bulgarie a complètement explosé pendant ces deux derniers matchs décisifs en perdant en Arménie 2-1 puis à domicile 0-1 contre les Tchèques.

Certains dénoncent le manque d’expérience d’une équipe qui n’a pas l’habitude de ces matchs couperets. Il est vrai qu’en l’absence de Berbatov, il n’y a plus vraiment de taulier, si ce n’est Emil Gargorov. Georgi Milanov (CSKA Moscou), Ivelin Popov (Kuban Krasnodar) et Stanislav Manolev (PSV) symbolisent cette nouvelle génération qui évolue à l’étranger mais a encore besoin de temps pour se développer.

 

Groupe E :

Slovénie – 3è avec 15 points

Ah la Slovénie va pouvoir s’en vouloir de ce début de qualifications complètement catastrophique ! Echouant à deux points de l’Islande, barragiste, les Slovènes vont pouvoir ruminer ces 4 défaites lors des 5 premiers matchs.

En effet, les Slovènes ont perdu tour à tour contre les Suisses, les Norvégiens, les Islandais et les Albanais. Et puis tout d’un coup, la roue a tourné. Les Slovènes se sont mis à battre tout le monde… Une des explications est le remplacement de Stojanovic par Srecko Katanec. Il a fait quelques choix radicaux au niveau des joueurs : Suler a remplacé Ilic en défense centrale, Kevin Kampl (Red Bull Salzburg) a été propulsé en n°10, « de loin le meilleur meneur de jeu du pays » selon (certains qui n’ont plus trop envie d’assumer aujourd’hui, ndlr), mais surtout Katanec a réussi à convaincre l’ancien Novakovic (34 ans) de sortir de sa retraite. Ce dernier a notamment marqué à Chypre avant de claquer un triplé contre la Norvège dans un match décisif !

Malheureusement, les Slovènes ont perdu ce dernier match important en Suisse. 5 victoires, 5 défaites. Pas de juste milieu avec les Slovènes. Malgré tout, cette deuxième partie de campagne laisse de l’espoir avec notamment des jeunes joueurs qui ont su prendre leur responsabilité comme Khrin ou Kampl avec l’aide de quelques vieux comme Handanovic, Cesar ou Birsa. Et si un jour Ilicic se soigne complètement et joue à 100% en équipe nationale, on pourrait revoir les Slovènes dans une compétition internationale bientôt.

Merci à @sloveniafooty pour leur aide.

Albanie – 5è avec 11 points

La sélection menée par l’Italien Giovanni de Biasi y a cru après une belle moitié de qualifications mais s’est écroulée en 2013.

L’Albanie a tapé la Slovénie à domicile 1-0 puis s’est imposé en Norvège 0-1 et se retrouvait en belle position avec 9 points à l’aube des matchs retours. Mais voilà, l’Albanie n’a gagné aucun de ses cinq derniers matchs. Trois défaites contre l’Islande, la Suisse et la Slovénie et deux nuls contre la Norvège et Chypre.

Il n’est pas trop difficile de trouver la cause des maux albanais : le manque de solutions offensives. En 10 matchs, les Albanais n’ont marqué que 9 fois dont quelques pénos et 3 buts dans le premier match contre Chypre… Si Hamdi Salihi (Jiangsu Sainty) et Valdet Rama (Real Valladolid) ont tenu leur rang, cela reste insuffisant. Les Albanais sont réputés pour leur gros secteur défensif autour du roc Lorik Cana mais cela ne peut pas suffire pour franchir le cap entre une équipe correcte et une équipe susceptible de jouer la qualification.

Si le gouvernement semble disposé à développer les infrastructures au pays, la solution à court terme pourrait venir des pieds de la nouvelle pépite de Man United Adnan Januzaj, convoité par diverses sélections et qui pourrait aider le secteur offensif des Kuq e Zi.

Article sur le devenir du foot en Albanie: http://balkans.courriers.info/article23346.html

 

Groupe G :

Bosnie – 1er avec 25 points

Après deux défaites en barrages contre le Portugal lors des deux dernières phases de qualification, Safet Susic a réussi à qualifier son pays pour sa première phase finale de Coupe du Monde !

Bien entendu, les mauvaises langues pourront arguer du niveau relativement faible du groupe de la Bosnie avec la Grèce, la Slovaquie, la Lituanie, la Lettonie et le Liechtenstein mais les Bosniens ont su s’imposer en patrons dans ce groupe. La victoire en mars dernier contre la Grèce à Zenica 3-1 aura été décisive dans la lutte à deux pour la première place avec les Hellènes.

Malgré tout, la double confrontation contre la Slovaquie en septembre a failli être fatale ! En effet, les Bosniens ont perdu à domicile puis perdaient également à Zilina jusqu’à la 70è minute ! Mais les joueurs de Susic ont su mettre deux pions pour gagner en Slovaquie et éloigner les barrages. Au final, les Bosniens finissent avec le même nombre de points que la Grèce mais une différence de buts de +24. Le but historique de la qualification à Vilnius a été inscrit par Ibisevic.

Au Brésil, la Bosnie n’aura rien à perdre et pourrait bien être une des belles surprises. Tout le monde connaît les joueurs qui forment cette équipe, de Begovic à Dzeko en passant par Spahic, Pjanic, Ibisevic, Misimovic ou Lulic. La Bosnie devrait offrir du spectacle en Amérique du Sud avec son esprit offensif et ses grands buteurs. Cependant, la faiblesse relative de la défense bosnienne semble rédhibitoire pour avoir de grandes aspirations en 2014, à moins que Susic trouve la bonne formule d’ici là.

Loic Trégourès revient sur le chemin de croix du foot bosnien jusqu’au Brésil : http://eurovisions.eurosport.fr/football/world-cup-qualification-uefa/2014/demission-desillusions-suspension-comment-la-bosnie-a-construit-sa-qualification_sto3965955/story.shtml

Grèce – 2è avec 25 points

Pourquoi changer une formule qui marche ? La Grèce, c’est 25 points, 8 victoires en 10 matchs, 12 buts et 4 encaissés – dont 3 en Bosnie…

Alors bien entendu, la Grèce n’a jamais cartonné personne et n’a pas non plus offert beaucoup de spectacle. 5 victoires 1-0, une victoire 2-1 et deux victoires 2-0 : du travail bien fait. Mais ne sous-estimons pas le parcours effectué par la Grèce, elle a gagné deux fois contre la Slovaquie et accroché la Bosnie à Athènes. Seule ombre au parcours : cette défaite 3-1 à Zenica qui fait la différence en fin de parcours.

Fernando Santos n’a rien changé à la méthode Rehhaggel et on retrouve même quelques anciens dans cette sélection avec le n°6 Katsouranis, l’attaquant Salpingidis ou encore le capitaine Karagounis. Torosidis, Papastatophoulos ou encore Samaras complètent cette colonne vertébrale qui sera difficile à bouger en barrages et au Brésil.

 

Groupe H :

Monténégro – 3è avec 15 points

Jusqu’en juin dernier, le Monténégro était en bonne position pour accrocher une des deux places du groupe H. L’Angleterre n’impressionnait pas et l’Ukraine avait du mal à trouver la bonne formule. Jusqu’ici, le Monténégro avait gagné en Ukraine 0-1 et accroché l’Angleterre 1-1 à Podgorica.

Mais la réception de l’Ukraine en juin va s’avérer être un véritable cauchemar alors qu’elle aurait dû faire basculer la sélection de Brnovic dans une situation idéale. L’Ukraine met 0-4 aux autochtones et le Monténégro perd deux défenseurs expulsés… Dès lors, le Monténégro est sous la menace de l’Angleterre et de l’Ukraine. Il reste 3 matchs à jouer pour les Monténégrins qui ont 14 points et 4 à jouer pour les Anglais et les Ukrainiens, respectivement 12 et 11 points.

Malheureusement, la fin de parcours sera désastreuse pour les Monténégrins. Alors que les Anglais et les Ukrainiens enchaînent 3 victoires et un nul, le Monténégro ne prend qu’un point en 3 matchs. Après un nul 1-1 en Pologne, le Monténégro perd en Angleterre 4-1 puis à domicile 2-5 contre la Moldavie…

L’absence de Vucinic sur les derniers matchs a pesé lourd dans un effectif qui a besoin de ses leaders pour briller. Le faible bassin de population du Monténégro a bien entendu posé des problèmes à Brnovic qui a dû compter sur les mêmes 14-15 joueurs pendant toute la campagne de qualifications. Dans un groupe de qualifications relevé, le Monténégro a malgré tout démontré de belles choses qui ne doivent pas être oubliées après cette triste fin.

Dans cette sélection, alors qu’on attendait avant tout Jovetic et Vucinic, c’est un ancien qui a tenu la sélection à bouts de bras avec ses buts : Dejan Damjanovic. Le joueur du FC Séoul a marqué beaucoup de buts qui se sont révélés très importants pour son pays à l’aller et au retour contre l’Angleterre, en Pologne, en Ukraine. Avec une ossature qui devrait rester en place (Basa, Vucinic, Jovetic, Damjanovic, Savic, Zverotic) mais un nouveau sélectionneur – Brnovic devrait sauter après l’humiliation contre la Moldavie, le Monténégro devrait briller à l’Euro en France en 2016.

Tristan Trasca

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