Allez, fais pas genre ça t’a pas manqué.

1 mois de trêve hivernale. Voilà certainement l’une des recettes du succès de la Bundesliga. Alors que d’autres championnats s’entêtent à jouer à des périodes ou le commun des mortels n’a qu’une envie, se faire péter la panse et le foie, la Bundesliga permet à ses joueurs de passer une petite semaine tranquilou dans la famille, d’ensuite partir dans du camp d’entrainement, histoire de se refaire une condition physique.

Moi-même je me suis octroyé une trêve plus longue que prévue. Mais après un camp d’entrainement intense et efficace je suis de retour pour vous livrer mes impressions de cette reprise de la Bundesliga qui d’un côté, remet un peu d’ordre dans sa Hiérarchie avec notamment une très bonne reprise de Schalke. Mais de l’autre nous fout un sacré bordel dans nos certitudes avec ce catastrophique Hamburger SV qui pourrait connaitre pour la première fois de son histoire, la joie de la 2. Bundesliga qui plus est, si tout va « bien » en passant par un match de barrage d’ANTHOLOGIE (et je pèse mes mots).

Vers un Grosse 4?

À l’image de ce concept médiatico-politico-footballistique qu’est le Big Four Anglais, on avait l’an dernier en Bundesliga 4 équipes en tête qui semblaient clairement au-dessus du reste. Le FC Bayern München, la Borussia de Dortmund, le Bayer Leverkusen et le FC Schalke 04 seront en mesure de dominer la Bundesliga et de faire bonne figure en Champions League sur les prochaines années, se disait-on. Mais le Football ne serait pas le Football, si régulièrement, des joueurs, des équipes ou des championnats ne venaient pas mettre à mal toutes les prédictions des experts plus ou moins éminents, les faisant au passage passer pour des cons plus ou moins éminents aussi.

Ainsi, lors des matchs aller, seulement 2 de ces 4 clubs ont donnés l’impression d’être à un niveau supérieur par rapport au reste de la Liga, Leverkusen et le Bayern. Je reviendrais sur ce deuxième.

Leverkusen a certes perdu 4 matchs, dont un très embarrassant contre l’Eintracht Braunschweig (et une 5eme défaite lors de la reprise à Freiburg). Mais compte tenu de l’effectif et des moyens financiers relativement modestes (pour un club tenu par une multinationale), Leverkusen a très bien assumé son statut tant en Bundesliga qu’en Champions League. Dortmund de son côté, nous a mis en évidence mieux que n’importe quel analyste sportif aurait pu le faire de l’importance pour un grand club d’avoir un banc de touche performant. Surtout lorsque l’on sort d’une des plus grandes saisons (ouioui, même sans titre ça l’était) que le club ait jamais connu. Ben ouais, que ça soit en Champions League ou en Bundesliga, on a bien compris depuis l’année dernière que ce n’est pas avec une armada offensive (coucou le Real) ou alors avec un jeu technique (ça va Malaga ?) que l’on arrive à faire plier les Borussen. C’est donc dans l’engagement physique et surtout en ne prenant pas des risques offensifs inconsidérés que l’on arrive éventuellement à faire face à la meilleurs équipe de contre-attaques du monde (ce n’est pas moi qui le dit). Donc, vous enlevez Gündogan, Hummels, Pizczeck, Kuba, Subotic et Schmelzer pendant une partie de la saison, vous y ajoutez un peu de Gladbach, Wolfsburg, Bayern, Berlin et Leverkusen, tous morts de faim. Et vous obtenez les 5 défaites de la saison (+3 matchs nuls contre Nürnberg, Augsbourg et Hoffenheim, clubs qui sont normalement largement à la portée de Dortmund). Alors, dire que Dortmund n’était pas digne d’avoir sa place dans le Top 4 est exagéré, mais ça relativise sacrément les attentes que l’on avait placées dans cette équipe.

Dortmund a donc déçu, mais on est bien d’accord que la malchance est l’une des grandes composantes de la déception. Schalke de son côté a par contre décidé de passer la première partie de sa saison à être pathétique. Manque de fond de jeu, manque d’implication, manque de physique. Un club du Standing de Schalke ne peut pas mettre un tel début de saison sur le compte de la blessure de Huntelaar et de Farfan, même si la tentation est bien évidemment grande. Cependant, à grands coups de collier, et avec au final la décision (pas évidente) du management de maintenir Jens Keller dans ses fonctions (Merci la Champions League), les Knappen arrivent finalement à se hisser dans ce top 4 au retour de la trêve.

Mais, la trêve est donc passée par là. Et au retour de celle-ci, les choses semblent rentrer dans l’ordre. Schalke régale avec ses 3 victoires très convaincantes et Dortmund commence à reprendre du poil de la bête : un nul pour commencer contre des Augsburger décidément surprenants, une petite victoire sur une Eintracht de Braunschweig qui montre encore quelques signes de vie, et pour finir un gala face au Werder Bremen toujours à l’agonie.  Leverkusen pour finir s’est fait surprendre par Freiburg au retour de la trêve, mais s’est rassuré face à Stuttgart et surtout un concurrent direct, la Borussia de Mönchengladbach.

Il y a donc des chances que cette année encore les 4 tickets pour la Champions League soient distribués aux mêmes que l’année dernière. Mais il ne faut pas sous-estimer le regain de forme de Wolfsburg, ni enterrer trop vite Gladbach. Deux clubs aux antipodes, le premier pouvant se permettre de craquer son portefeuille durant la trêve et de mettre 20 Millions pour De Bruyne, et de laisser partir gratos (ou presque) Diego. Le deuxième qui après s’être fait dépouiller il y a deux ans (Reus, Dante, Neustädter) vient d’apprendre qu’il devra faire sans son gardien (Ter Stegen, probablement l’un des meilleurs de son âge) la saison prochaine… sympa. Mais ces deux clubs travaillent, chacun avec ses moyens, de façon assez sérieuse et peuvent espérer aller titiller les 4 premières places d’ici la fin de saison. Wolfsburg a certes mal commencé ses matchs retour avec deux défaites mais semble se stabiliser avec sa victoire sur Mainz puis en coupe, et De Bruyne semble parfaitement s’acclimater. Gladbach de son côté a perdu ses trois matchs mais en jouant le Bayern et Leverkusen on ne pouvait pas s’attendre à un départ de feu. Quoi qu’il en soit, ces deux clubs risquent à l’avenir d’avoir un mot ou deux à dire dans la lutte pour les places de Champions League, peut-être même pour le titre ?

Alors, Big Four ? Non, je ne pense pas. Je crois plutôt qu’on aura le droit à moyen terme à un big 5+1 avec le BVB, Leverkusen, S04, Wolfsburg et Gladbach qui à tour de rôle se disputeront le droit d’aller titiller les Bavarois. Par le passé, souvent on se disait que le Bayern allait dominer le football allemand et rafler tous les titres durant des années. Il y a des risques que cette fois on y ait le droit. Mais comme je le disais, le football vient régulièrement contredire ses experts. Ainsi, je vois bien Dortmund, Schalke ou encore Wolfsburg venir s’immiscer dans la course au titre lors d’un des prochains exercices.

Les ÜberBayern :

Voilà 8 mois que Pep Guardiola a posé ses valises en Bavière. Et une question se pose pour tous ceux qui se contentent de jeter de temps en temps un œil aux résultats du Bayern : Est-ce qu’il a vraiment changé quelque chose ? Au final, ils enchainent les victoires, ça change pas de l’an dernier…

ça c'est cadeau!
ça c’est cadeau!

Bon bon bon, je vais essayer de rester calme hein … déjà, regardons les résultats bruts, sans trop entrer dans le détail : L’an dernier à la 20 eme journée, le Bayern comptait une défaite et deux matchs nuls. Cette saison, on est à 2 matchs nuls pour 0 défaite. La différence de but reste inchangée. L’attaque est à peine plus performante. En Champions League, seule ombre au tableau, ce non match contre Manchester City, ou le Bayern s’est arrêté de jouer après avoir marqué le deuxième but.

Le Bayern est donc plus performant cette année, mais pas que, Guardiola a profondément changé le système de jeu des Bavarois en s’inspirant de ce qu’il avait fait à Barçelone, mais aussi en tenant compte des spécificités locales.

Guardiola passe ainsi d’un schéma en 4-2-3-1 initié par Van Gaal, copié par Löw et repris par Heynckes, à un schéma de jeu en 4-1-4-1… bon, tout ça c’est bien beau sur le papier, mais à part que dans FIFA 2014 le 4-1-4-1 ne fonctionne absolument pas, qu’est-ce que ça change ?

On le savait, et on le voit à chaque match, Guardiola est un sale égoïste qui déjà enfant, n’aimait pas beaucoup prêter ses jouets. La preuve ?  71% de possession moyenne sur les 5 derniers matchs (81% contre le HSV cette semaine), autant dire que le ballon, il n’aime pas bien ça quand les autres l’ont!  De plus, le positionnement moyen du Bayern est un peu plus haut que la ligne médiane, et seul 3 joueurs adverses arrivent à avoir un positionnement moyen au-delà de cette ligne sur les 5 derniers matchs. Lors du match contre le HSV, seul deux joueurs de champ étaient en moyenne dans leur camp. Aussi, le bloc équipe est extrêmement resserré et il est rare de voir séparé les défenseurs et l’attaquant par plus de 30-35 mètres.

Positionnement moyen du Bayern lors du match de coupe face à Hamburg
Positionnement moyen du Bayern lors du match de coupe face à Hamburg

 

Le 4231 était un système de jeu basé sur les qualités individuelles de cette équipe du Bayern. Les 2 Sentinelles, avec un Martinez très physique, un Schweinsteiger de mieux en mieux défensivement, et les deux joueurs ayant des qualités de relance phénoménales. Les positions offensives avec les percées en pointe de Müller (Robben) ou encore de Ribery, les dédoublements des latéraux. Bref, un système de jeu qui permettait au Bayern d’imprimer généralement le rythme de la partie, mais aussi de pouvoir être dans la réaction face à des équipes paraissant plus fortes techniquement, comme contre la Barça ou c’est essentiellement le travail de récupération par Schweinsteiger et Martinez (donc relativement bas) qui a apporté la victoire.

Avec Guardiola, le système n’est plus mis au service des qualités individuelles. Mais les qualités individuelles viennent seulement compléter le système. Tout comme au Barça, Guardiola demande en premier lieu à ses joueurs d’occuper les espaces, tous les espaces, et à TOUT moment ! L’idée étant de donner à tout moment à tout porteur de ballon, quel qu’il soit, une multitude de solutions de passes. Ça nous fait donc un jeu basé sur la possession de balle à outrance.

Il n'y a pas de problèmes, que des solutions... 10 pour être précis...
Il n’y a pas de problèmes, que des solutions… 10 pour être précis…

Ouais, mais vous allez me dire, on va s’emmerder, autant que devant un match du Barça ? Avec des séquences de 10 minutes de possession de balle stérile dans son camp !

Je vous répondrai : ouais, c’est le risque…mais à nuancer cependant.

Alors, oui, Pep Guardiola a changé le Bayern  et son système. Mais il ne s’est pas contenté d’appliquer la méthode barcelonaise. Il a eu l’intelligence de s’appuyer sur les forces présentes au club. Comme je le disais, les qualités individuelles viennent s’ajouter au système. Et la principale qualité qu’a le Bayern en plus du Barça, c’est un immense gardien.  Un gardien qui est non seulement très bon sur sa ligne et dans la maitrise de sa surface. Mais aussi qui a un excellent jeu au pied et une exceptionnelle lecture du jeu.  C’est à mon sens l’une des principales raisons pour lesquelles le Bayern peut se permettre de jouer aussi haut. Parce que le principal défaut du système de jeu est qu’en cas de perte de ballon, la défense est très fébrile quant aux ballons joués dans son dos.  Mais avec un gardien, lui-même souvent placé très haut et qui n’hésite pas à jouer les liberos pour aller intercepter ces quelques longs ballons, le problème est quasiment réglé. Et lorsque le ballon n’est pas joué assez long pour que Neuer ait le temps d’intervenir, il reste souvent le temps à un Boateng ou un Dante, qui ne sont pas les défenseurs les plus lents de la planète, d’aller intercepter l’attaquant adverse qui par le placement du bloc bavarois se retrouve avec une cours de 50 mètres à aller assumer.

Dans l’attaque aussi, les qualités individuelles jouent leur rôle, ainsi des Robbery extrêmement vifs offrent souvent des solutions en profondeur, et Mandzukic  ou encore Müller avec leur jeu de tête, permettent en cas d’impasse par le sol, d’envoyer simplement des ballons dans la boite, comme au bon vieux temps des Hubresch ou encore des Bierhoff. Et pour finir, avec Kroos, Robben, Schweinsteiger ou encore Alaba, le Bayern compte dans ses rang des artificiers qui à tout moment sont prêt à envoyer des missiles de 25-30 mètres.

Si le Bayern n’est certainement pas invincible, il y a fort à parier que les Mourinho, les Pellegrini les Favre ou encore les Wenger passeront bien des nuits blanches à essayer de décortiquer le jeu des Bavarois pour y trouver une faille. Car telle qu’elle se présente depuis la reprise, cette équipe semble bien plus complète que le Barça de la grande époque.

Les miettes, c’est pour qui ?

Hertha Berlin : C’était la grande surprise des matchs aller ! Un jeu attractif, courageux, pratiqué par une équipe revancharde à l’image d’un Ronnie, souvent remplaçant mais aussi souvent décisif lorsqu’il entre en jeu. À l’image de son coup franc transformé sur sa première touche de balle face à Hannover à la 8eme journée (1-1). Une équipe morte de faim aussi qui après une descente traumatisante en 2.Bundesliga avait à cœur d’assurer le plus rapidement le maintien. Maintien qu’ils devraient assurer sous peu grâce notamment aussi au buteur maison, Adrian Ramos, qui aura à cœur de remplacer comme il se doit Falcao en sélection colombienne, et d’offrir pourquoi pas une participation à l’Europa League avant de certainement rejoindre la Borussia de Dortmund la saison prochaine.

La reprise était quelque peu compliquée pour la Hetha avec deux défaites face aux mauvais élèves des matchs aller contre Frankfurt et Nürnberg. La victoire face à Hamburg lors de la dernière journée n’est pas forcément très parlante, tant le HSV se fait marcher dessus par tout le monde depuis quelques semaines.

                La suite ? La Hertha arrivera à se maintenir, mais malheureusement devra encore patienter avant de retrouver les compétitions européennes. Devant c’est trop fort, et derrière, avec une lutte pour le maintien qui risque de s’intensifier rapidement, les équipes feront tout pour prendre des points aux équipes de seconde zone, dont la Hertha fait encore partie.

Augsburg : Mais ou s’arrêteront ils ????

Oublie que t’as aucune chance, vas-y fonce. C’est un peu le leitmotiv de cette équipe d’Augsburg. Sans prétentions, le club pour qui le maintien de ces deux dernières saisons  est en soi déjà un exploit dénué de toute logique fait son petit bonhomme de chemin. Notamment en prenant les Big points. Certes ça perd contre München, Gladbach, Leverkusen…. Mais dès que l’occasion se présente et qu’Augsburg a à faire à un adversaire direct ou plus mal classé, ils sont sans pitié. Augsbourg a peu de talent, mais l’exploite à merveille. Un club que Pippo Inzaghi ne renierait pas…

                La suite ? Franchement, soyons sérieux 5 minutes…. Prédire le classement en fin de saison d’Augsburg … allez, je me lance, entre la 5eme et la 15 eme place. S’ils continuent sur leur lancée, ça pourrait sentir l’Europe. Sinon, il faudra faire très attention à ne pas se brûler les ailes.

FSV Mainz, Hannover, Hoffenheim: S’il fallait trouver les figurants de ce championnat, ce sont certainement ces trois équipes qui sortiraient du lot. Tantôt plaisantes à voir, tantôt ennuyeuses, ce sont des équipes trop fortes pour réellement être concernées par le maintien, mais trop faibles pour réellement  aller taquiner l’Europe. Que l’on regarde le classement des matchs retours, le classement des 6 dernières journées ou encore les classements domicile/extérieur… ces équipes sont justes moyennes (à l’exception de Hannover qui à l’extérieur est bon dernier avec une seule victoire).

                La suite ? Ces trois équipes continueront à priori d’être les sparing partner du reste de la Liga. Ils laisseront passer les équipes qui gagnent la lutte contre le maintien, ou encore doubleront ceux qui chutent dans la course à l’Europe. Mais dans l’ensemble ça restera fade et moyen. Petite attention tout de même à Hannover qui a l’air de tourner bien plus rond depuis la reprise.

Werder Bremen, Stuttgart : deux clubs, champions dans les 10 dernières années ! Clubs historiques en Bundesliga puisque tous les deux sont des membres fondateurs et n’ont passé que 1 saison chacun en 2. Bundesliga. Finalement, deux clubs victimes du syndrome du « trop fort, trop haut, trop vite ». Des clubs qui se voient encore comme des clubs de « premier tiers » de la Bundesliga et qui ne se sont rendus compte que trop tard que les précédentes participations à la coupe d’Europe ne sont que des accidents de parcours. Deux clubs qui après leurs titres ont vendus cher leurs stars (Mario Gomez ) mais mal réinvestit (Elia).

                La suite ? Le VfB et le Werder devront prendre conscience de leur régression pour affronter sereinement la lutte contre la relégation. Ils devraient pouvoir arriver à se maintenir, mais il faudra, en vue des prochaines saisons revoir les ambitions à la baisse, et travailler plus sérieusement à de petits objectifs, plutôt que bâcler les grands rêves irréalisables pour le moment.

Eintracht Frankfurt : Quelle Saison 1012/13 !!! Quelle Épopée Européenne !!!! Quelle belle équipe !!!!!…

Et quelle débandade que furent ces matchs aller… 15eme à la fin de la première partie de saison l’Eintracht de Frankfurt n’était décidément pas préparée à assumer 3 compétitions. Contrairement à ses supporters qui étaient héroïques lors de tous les matchs. Mais Frankfurt a de la ressource. Ils ont serré les fesses durant toute la phase aller, et ils vont maintenant pouvoir lâcher les chevaux. Une claque reçue à München, mais ce n’est pas grave, c’est le tarif. Frankfurt a battu la Hertha et l’autre Eintracht, celle de Braunschweig. Selon mes calculs, elle sera éliminée de l’Europa League dans deux semaines et pourra donc se concentrer pleinement sur le championnat.

                La suite ? Libéré du poids de la coupe d’Europe, Frankfurt arrivera à assurer le maintien, s’ils se concentrent sur les matchs importants.

Les supporters de Frankfurt aiment décidément (beaucoup) leur club
Les supporters de Frankfurt aiment décidément (beaucoup) leur club

SC Freiburg, Nürnberg : Nürnberg a enfin réussi à renouer avec la victoire après qu’elle a échappé aux Franken durant toute la phase aller. Freiburg tape un grand coup en s’imposant face à Leverkusen. Ces deux équipes ont l’habitude de lutter pour le maintien. D’un autre côté, la descente ne serait une catastrophe sportive ni pour l’un ni pour l’autre.

La suite ? Un retour en grande forme de Schmid et de Drmic suffiront-ils à sauver les deux affreux des matchs aller ? Ça risque d’être relativement compliqué, et j’ai bien peur qu’une place soit d’ores et déjà réservée dans l’ascenseur pour l’une de ces deux équipes.

Eintracht Braunschweig : Ils essayent, ils se battent, tant bien que mal contre leur destin. Un beau match contre Dortmund, une grosse claque contre Frankfurt. La reprise s’effectue sous des airs de déjà vu.

                La suite ? Vous allez en 2.Bundesliga, ne passez pas par la case départ, n’encaissez pas les droits TV.

Hamburger SV : HAMBURG EST MORT ! Vive HAMBURG !!!

Ambiance moyenne moyenne à Hamburg...
Ambiance moyenne moyenne à Hamburg…

 

 

51 ans de Bundesliga ! Un record que tiendra certainement à jamais le HSV. Présent parmi l’élite depuis la première seconde, on pensait le club de l’Elbe insubmersible. Un immuable symbole d’une ville à l’économie florissante et à l’influence toujours énorme. Hambourg, c’est la première puissance commerciale d’Allemagne, une ville portuaire au rayonnement mondial. Le HSV c’est aussi un Symbole du capitalisme. Il n’est pas le seul, mais par l’anarchie qui règne actuellement au sein du club, ou des politiciens footballistiques, des investisseurs et les employés du club se battent les uns contre les autres pour sauver le bateau de la noyade, plutôt que de se battre ensemble pour trouver un nouveau concept sportif ou économique, ça ressemble quand même étrangement à certaines choses que l’on voit ci et là, dans le monde « réel ».

Hambourg est tenu par un CA qui il y a une semaine confirmait Bert Van Marvijk dans ses fonctions. Deux jours après on apprend que la direction sportive veut aller chercher Felix Magath, ancien joueur de légende, et certainement l’un des plus grands pompiers de service que la Bundesliga ait jamais connu. Habitué à prendre en main des clubs en crise et de finalement leur faire gagner un titre ou alors leur éviter la relégation.  Magath n’est pas un bâtisseur à chaque club qu’il a connu plus de 1 an, il a laissé une ardoise monstrueuse en terme de coûts de transferts ainsi qu’un effectif d’environ 75 joueurs pro en moyenne. Wolfsburg se remet tout doucement du passage de Magath à sa tête. Mais Felix a gentiment refusé l’offre.

On peut y voir deux raisons. Soit, il ne veut pas se contenter d’être le coach, parce que Felix, ce n’est pas juste le coach, quand il reprend un club, le temps qu’il y est, il fait TOUT ! Il est coordinateur, manager, directeur sportif, bref, Felix il fait tout ou il ne fait rien. Peut-être aussi que l’amour que porte Magath au HSV lui a permis de réfléchis deux secondes. Il sait très bien qu’il n’est pas un bâtisseur. Or, ce dont a besoin le HSV aujourd’hui c’est un projet. Un projet cohérent, sportif ET financier. Alors, peut être que le club va connaitre une descente… mais cette descente sera peut-être un mal pour un bien, une occasion de remettre les compteurs à 0 et de redémarrer du bon pied.

Aussi, pour le football Allemand cette descente serait une FORMIDABLE CHANCE !!!!

Depuis quelques années maintenant, le 16eme de Bundesliga joue un match de barrages contre le 3eme de la 2. Bundesliga. On a eu le droit par le passé à quelques duels très sympathiques, avec du foot, du combat et de la violence. Tout ce que l’on aime !!

Mais cette année, pourrait être spéciale. En effet, en 2. Bundesluga un combat impitoyable fait rage entre 8 équipes qui se tiennent en 6 points. Au milieu de cette tempête, un club semble en mesure d’accrocher la 3eme place et donc s’offrir un match de barrages.

Ce club c’est le FC Sankt Pauli !! L’autre club de Hamburg, le club anticapitaliste, antifasciste, antihomophobe et pro Culture alternative ! Plus qu’un club, le FCSP est une philosophie de vie. Depuis les années 80 et la « conquête » des tribunes par les Punks, les Hippies et autres rebus de la société bien propre sur elle, le FC Sankt Pauli a pris le parti de ne plus jamais être un club comme les autres. La rivalité entre la FCSP et le HSV n’est donc pas seulement celle d’un derby ou l’on déteste l’autre simplement parce qu’il supporte le mauvais club. Non cette rivalité est celle de deux façons de vivre le football. D’un côté le capitalisme, avec un club tenu par les investisseurs toujours prêts à vendre une partie de leur âme pour avoir quelques valises à dépenser sur le marché des transferts. De l’autre, le club autonome, qui ne vit qu’à la sueur de son front, sans spéculation. Si Sankt Pauli est devenu avec le temps un produit marketing redoutable, il n’en reste pas moins un club aux ambitions mesurés et désireux de rester fidèle à une ligne très gauchisante ! Pas de riches mécènes, pas de capitalisme ultralibéral, pas de fachos dans les tribunes, et pas de réacs dans la présidence.

Alors, avec un peu de chance, ce match de barrage du mois de Mai pourrait devenir Légendaire, Mythique !!!

L’ultralibéralisme contre les valeurs d’ouverture et de respect ! Le Football Business contre le Football raisonnable.

Quelle plus belle perspective pour la Bundesliga que de voir ce Hamburg remplacé par cet autre Hamburg…

Attention! Un Hamburg peut en tuer un autre!
Attention! Un Hamburg peut en tuer un autre!

 

Berlin ! Berlin ! Wir fahren nach BERLIN !!!

La Bundesliga a repris ses droits depuis trois journées. Mais une autre compétition a repris ses droits cette semaine, le Mythique DFB Pokal. En Allemagne, il ne s’agit pas d’une coupe secondaire, et quand on regarde les équipes titrées, on se rend vite compte que les cadors de la Bundesliga jouent aussi leur carte à fond en coupe !

Autre preuve s’il en fallait une, du statut de cette compétition, la présence en quart de Finale de 4 équipes du Top 6, et seulement une rechapée de 2.Bundesliga, et pas des moindres, puisque c’est le FC Kaiserslautern . Un club Mythique qui a notamment vu passer les frères Walter, artisans de la victoire allemande en 1954, et qui au passage à révélé Miroslav Klose ou encore Michael Ballack.

Et les Diables rouges de la Pfalz ont d’ailleurs frappé un très grand coup en allant éliminer le Bayer Leverkusen grâce à un but dans les prolongations  de Ruben Jenssen. Je vous laisse d’ailleurs déguster l’ambiance de ce but, ce qui vaut toutes les analyses du monde.

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Lors des autres rencontres les hiérarchies étaient par contre parfaitement respectées. Le Bayern terrasse Hamburg. Une prestation monstrueuse à 900 passes, 5 buts et 81% de possession de balle. Si l’issue du match importait peu à Hamburg qui devra mobiliser toutes ses forces en Championnat, se prendre une telle claque à domicile, même par la meilleure équipe du monde, ça fait mal au fessier quand même.

"j'ai comme un drôle de pressentiment"
« j’ai comme un drôle de pressentiment »

Dortmund, dans un « Pokalfight » acharné, est venu à bout d’une Eintracht de Frankfurt qui voulait à tout prix jouer les trouble-fête.

Wolfsburg, de son côté a remporté le duel des mal-aimés de la Bundesliga. 13.347 spectateurs, soit moins que la moyenne de spectateurs en 2. Bundesliga, ont bien voulu se donner la peine d’assister à un match pourtant sacrément plaisant et plutôt ouvert.

En demi-finale la Borussia de Dortmund accueillera le VFL Wolfsburg, et Kaiserslautern ira défier le FC Bayern München. Loin de moi l’idée de suspecter le DFB de vouloir jouer la carte du Classico pour la finale, de se refaire une petite finale de la Champions League version DFB Pokal, mais si tout se passe comme prévu, on devrait quand même avoir le droit à des retrouvailles entre le Bayern et la Borussia au mois de Mai. Peut-être pour un nouveau triplé bavarois ? Ou alors pour une revanche de Dortmund ?

Retrouvez mes analyses en audio tous les Lundis au Mojito FC. De 20h à 22h à www.radiorbs.com

 

Mesut Halors

6 thoughts on “BUNDESLIGA : Le retour !

  1. Belle académie, merci. Quel dommage que le football allemand soit si méconnu de notre côté (hormis le Bayern, voire Dortmund qui a été découvert par quelques hipsters lors de Dortmund-Real l’an dernier).

  2. Aux dernières nouvelles, Hambourg ne voulait pas s’engager avec lui à long terme.

    Et il me semble qu’en Angleterre tu deviens « Manager Général » plus qu’entraîneur. Une perspective qu’aime bien Magath qui en 1 an et demi va mettre l’équipe sur les rotules physiquement (s’il arrive à faire ça en Angleterre, respect quand même) et construire un effectif de 45 bonhommes dont aucun qui aura un niveau BPL mais la moitié qui auront des salaires de Champions League… en tout cas ça va être intéressant à suivre.

  3. Magath, son seul but est de se faire virer au bout d’un an et demi pour toucher un gros chèque. Le choix d’Hambourg est très bon, Slomka avait quand même emmené il n’y a pas si longtemps Schalke loin en C1 et Hanovre en C3! Il s’est certes fait récemment par cette même équipe d’Hanovre mais bon avec les billes qu’il y a… Ceci dit, les recrues de cet hiver donne espoir.
    Augsburg n’est pas une si grosse surprise: même si leur maintien les 2 saisons passées était certes un peu inespéré (coucou Düsseldorf), la stabilité de l’effectif couplé aux très bon choix de recrues réalisés l’été dernier, laissait espérer une saison moins difficile.
    Schalke nous a fait du Schalke.
    Leverkusen va baisser de niveau. Ils perdront Sam et Kiessling ne vas pas continuer à planter 25 pions éternellement (n’est pas Di Natale qui veut).
    Moechen à la chance d’avoir Lucien « keuraveclesdoa » Favre à sa tête. Même s’il se font taper par Hanovre (on ne dirait pas mais j’aime bien Hanovre, cette équipe de branque).
    Bref, la Bundesliga c’est cool. Dimanche prochain devant Hanovre – Bayern ;)
    Et vivement Union Berlin en BuLi 1!

  4. …. Le gros problème de Hamburg, c’est pas tant l’entraîneur, même si un changement s’annonçait inévitable, mais les structures du club avec un conseil administratif qui n’a de cesse que de s’immiscer dans les affaires sportives. Au niveau de l’effectif et des recrutements c’est prometteur. Mais le problème c’est que si les jeunes sont prometteurs à l’image d’un Calnoglu, d’un Tah ou encore un Lassogga, Les cadres de l’équipe eux, sont inexistants. Van Der Vaart st déjà à la retraite, Adler n’est plus que l’ombre de lui même. J’aime bien Slomka, et j’ai du mal à réellement imaginer le HSV en 2. Bundesliga, Mais bien d’autres clubs « historiques ont montrés par le passé qu’une grande Histoire ne suffit pas (coucou Köln).

    Augsbourg, ouais c’est pas une surprise qu’ils ne jouent pas le maintien. Mais le fait qu’ils jouent l’Europe est quand même à mettre sur le compte des failles des grands clubs en crise entres autres (Stuttgart, Bremen, HSV).

    Kiessling n’a que 29 ans… En Italis c’est l’age de sortie du centre de formation non? c’est là que la carrière commence réellement ?? Fait est que depuis le début des années 2000 on attend l’effondrement de ce club, mais il est toujours là.

    G’bach est évidement l’oeuvre d’un Homme… de deux en fait, Favre et de Max Eberl qui gère à mon sens très bien l’effectif avec des moyens vraiment limités.

    Hannover… ils ont en théorie ce qu’il faut pour joueur l’Europe…mais dans les seuls effectifs, il y a en Bundesliga quand même 8-9 équipes qui peuvent y prétendre!!!

    L’Union en Buli… ouais VIVEMENT! Et en remplacement de Hoffenheim si possible… Mais je crois que ça sera encore pas pour cette année, ou alors avec beaucoup de réussite…

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