Danemark / URSS (4-1) – La Krasnaiya Akademiya est remise à sa place

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Pendant que ça jouait du fifre (peu) et de la caixa (trop) en massacrant Carlos Jobim dans les rues de France et de Navarre en ce beau solstice d’été, l’Union soviétique jouait sa vie dans cet Euro anniversaire-mais-en-retard-sur-l’anniversaire. Après la branlée inaugurale (devenue traditionnelle) face à nos copains (non) de Belgerie et la victoire in extremis contre les voisins fourreurs de rennes, les Popofs quittaient leur gazostade de Leningrad pour la capitale danoise, où ils devaient disputer la tristement célèbre « finale avant l’heure » du groupe B comme Bérézina.

 


LA RENCONTRE


 

Un point devant suffire au bonheur de Golovine et cie, c’est tout naturellement que Stanislas Tchertchessov prend son entrejambes à deux mains et nous sort un 5-4-1 qui s’assoit de tous les plis et replis de ses grosses fesses bien dodues sur le moindre début d’ambition de faire le jeu pour chercher une hypothétique victoire. Ce fameux point du nul, celui que toute équipe est assurée de posséder au coup d’envoi, aussi daubée du cul soit-elle sur le papier, les Russes croisent les doigts jusqu’à s’en péter les jointures pour le garder quatre-vingt-dix minutes. Le souvenir du grand bluff de 2018 est toujours là, bien présent. C’est pas pour rien qu’on a gardé Stani et ses porte-bonheur tout périmés (coucou papy Jirkov) : sur un deuxième malentendu, ça peut encore marcher pour Jean-Claude Russe et sa sémillante moustache.

 

Le tout pour le tout (non).

 

C’était pas si mal parti, hein. Le plan fonctionne bien, ça répond à l’impact physique scandinave, ça compense bien défensivement, ça joue la montre dès la dixième minute… Tout se passe comme prévu. Jusqu’à ce qu’un Damsgrain de sable ne vienne se foutre dans la belle machinerie et fasse tout capoter peu avant la pause : crochet devant Djikiya à l’entrée de la surface, frappe, le ballon retombe vite, mais pas aussi vite que la tête de Safonov – resté immobile pour ne pas perdre une miette de l’action – lorsqu’il voit le cuir finir au fond de ses filets, 1-0. Bon, mi-temps, on va dire que maintenant l’objectif c’est de ne pas en prendre un autre et de miser sur une branlée belge contre la Finlande (pas de raison qu’on soit les seuls à se faire marcher dessus, merde).

Flûte, ça aussi c’est raté. Heure de jeuj, les Ruskofs essaient de ressortir proprement la balle (rires) qui échoie à Zobnine, lequel nous gratifie d’une remise en retrait à la lui-même pour son gardien, sans remarquer que Poulsen numéro 6458 rôdait par là : interception, but vide, clac, 2-0. Bon, là, clairement, Stanislas avait tout prévu sauf ça (c’est bête, hein ?), pas de plan B, le mâche échappe totalement aux Rouges qui se mangent vague sur vague. Heureusement, les Daniches ont encore un peu de lose en réserve après leur début de tournoi, et se voient infliger une jolie turpinade que Dziouba transforme à vingt minutes du terme, 2-1.

Mais c’est plus qu’il n’en faut aux petites Sirènes pour remettre la Sbornaïa à sa place : tandis que la Gelbique ouvre enfin la marque à Leningrad face aux Finlandiens, le Danemark score coup sur coup, d’abord sur une minasse de fils-de-Christ (hein ?) suite à une cascade de contres et d’arrêts de Safonov (3-1), puis sur un contre qui voit Mœllheux éliminer toute la défense russe d’un petit crochet (c’est bien la peine d’être à cinq derrière si c’est pour que tout le monde tombe dans le panneau exactement de la même manière, tiens) et aligner le goal à ras de terre au premier poteau (4-1). Dégringolade au classement, même pas à attendre de savoir si on est parmi les moins mauvais troisièmes puisqu’on se contentera d’être les meilleurs derniers. Vacances anticipées pour Stani et son orchestre, bye bye l’Euro anniversaire, en même temps c’était même pas la bonne année pour le fêter, alors bon.

 

C’est gentil de le reconnaître, Stanislas.

 


LE SOVIET EN CONGÉ PAYÉ


 

Matveï Safonov (1+/5) : Le jeune pubère de Stavropol avait gardé son linge immaculé jusqu’ici. La troisième sélection aura été la bonne : quatre buts comme autant de gros pets qui tachent. Bienvenue à la maison, mon con. Le pire c’est que je peux même pas te rassurer en te disant que le pire est passé. Allez, un petit bonus pour t’encourager à ne pas te pendre tout de suite à ton poteau, quand même.

Mario Fernandes (2/5) : Revenu de blessure exprès pour nous faire miroiter un bon début de mâche. Par contre, une fois le verrou sauté…

Gueorgui Djikiya (1/5) : A lancé le signal du lâcher-prise général après s’être fait effacer par Damsgourde sur l’ouverture du score. Il avait déjà calé sa résa de gîte dans les Cévennes pour la dernière semaine de juin.

Igor Diveïev (3/5) : De loin le meilleur défenseur sur ce mâche, prêt à compenser tous les errements du monde et même de l’univers dans son rôle de libéro, du haut de ses 21 piges. Comme toutes nos jeunes pousses prometteuses, il finira à Krasnodar à bouffer les pissenlits par la racine. L’espoir, c’est déjà la mort.

Fiodor Koudriachov (2/5) : GUESS WHO’S BACK. BACK AGAIN. Remplacé à la 67e par Viatcheslav Karavaïev, ambidextre contrarié.

Daler Kouziaïev (2/5) : Surnombré en défense, surnombrant en attaque. Au bout d’un moment il faudrait choisir ton camp, Daler. Remplacé à la 67e par Maksim Moukhine, camarade-enfant.

 

Maksim, futur crack dans le futur.

 

Roman Zobnine (2-/5) : Une fois n’est pas coutume, il a justifié son patronyme horsjeuïen d’une passe en retrait flinguée pour son gardien, et après nous avoir pourtant habitué à surnager dans le marasme ambiant depuis 2 ans. Allez, courage Roman, tout Horsjeu.net (pas l’officiel mais le vrai) est avec toi.

Magomed Ozdoïev (2/5) : Ça va un peu mieux qu’au début. Dommage que ce soit fini. Remplacé à la 61e par Rifat Jemaletdinov, qui attend toujours les jeux de mots de JPR.

Alekseï Mirantchouk (1/5) : La hype à la russe – même pas eu le temps d’en devenir une qu’elle est déjà terminée. Remplacé à la 61e par Aleksandr Sobolev, qui a offert un péno à son mentor Artyom.

Aleksandr Golovine (2+/5) : Le seul à s’être créé des trucs. Trop seul.

Artyom Dziouba (2/5) : On se satisfaisait déjà bien volontiers de ne le voir inscrire son nom dans la compète qu’à grands coups de coudes dans les cervicales adverses. Mais il a choisi de marquer un p’tit péno bien virilo plein axe pour rajouter un peu plus à notre privilège déjà immense de le voir mouvoir son gros corps habile sous le maillot rouge sang.

 

Coach Tchertchessov (2/5) : J’comprends l’idée, hein. Tu te dis que ça a marché au Mondial, notamment contre les Espingouins (et qu’est-ce que ça avait été bon, purée de bon sang de bite), et que donc ça peut marcher à l’Euro. Logique implacable. Tu repars la queue entre les jambes avec ta quatrième place et ta défense à cinq bien calées au fond du fond du fondement. Mais t’en fais pas, l’effet 2018 fonctionne encore, et Vladimir a l’air de t’avoir à la bonne : on te garde encore pour un an minimum, histoire de voir si tu peux nous emmener cette équipe de bras cassés au Mondial du boycott en Qatarie, à coups de victoires moisies contre des anciens copains dissidents du pacte de Varsovie. On sait que ce sera pas du Lobanovski dans le jeu, on sait que tu t’obstineras dans ta manie gérontophile de toujours prendre des papys porte-bonheur dans tes valises, mais qui sait, on pourra peut-être vibrer encore un peu avec ta Sbornaïa sympathiquement nulle, et nous lover gentiment au creux des épaules aussi larges que belles d’Artyom Dziouba. De toute façon personne veut prendre ta place. Démerde-toi.

 

Allez, ciao les qualifié.e.s, ragez pas trop sur mes photos de vacances,

La bise trotskestivale,

Georges Trottais

Georges Trottais

L’homme le plus (lutte des) classe(s) du monde.

5 commentaires

  1. Vous allez nous manquer Georges. Les Russes, bof mais vous…
    En espérant vous voir taper les USA à la coupe du Monde.

  2. Des informations que nous avons obtenues semblent dire que le président Poutine n’en veut pas à ses joueurs pour cette prestation qui jette la honte sur toute la nation, et il aurait invité tous les joueurs et membres du staff à une méga-fête sur un rooftop.

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