URSS / Finlande (1-0) – La Krasnaiya Akademiya s’accroche au strapontin

Hello les totos,

Derby du golfe de Finlande, derby de Carélie, derby de la peau blanc cul, Rennico (et je ne parle pas du choc Stade rennais / Tour d’Auvergne), Skidefondico, appelez-le comme vous voulez. Toujours est-il que les camarades de la Sbornaïa, après leur dérouillée inaugurale attendue face aux social-traîtres indigénistes belgiens, retrouvaient en cette belle après-midi estivale, toujours au stade Gazpron de Leningrad, leurs voisins scandinaves anciennement nazis. La Finlande, annoncée comme la victime expiatoire du groupe, traverse le Golfe éponyme avec trois points en poche après sa victoire DANTESQUE © (à plus d’un titre) contre les Danemarkiens à Copenhague.

Ce sympathique groupe B comme Bamba triste, déjà largement ouvert par l’opportunité de se qualifier en tant que meilleur troisième, se dilate même carrément à la suite de cette surprise nordique, au point que tout le monde croit déjà voir pointer la tête velue des huitièmes de finale à travers la fente ensanglantée de la matrice des poules. Il ne tient qu’aux sages-hommes soviétiques de la faire accoucher d’un rachitique mais très désiré strapontin pour la phase finale, et dont on dira fort hypocritement, comme le font tous les parents, qu’il s’agit de la plus jolie chose jamais enfantée.


LA RENCONTRE


Place à la reconstitution en plein air de la guerre finno-soviétique, donc. Avec le désavantage certain pour coach Tchertchessov de ne pas pouvoir compenser la nullité intrinsèque de son équipe en alignant trois fois plus de joueurs que ses adversaires, comme avaient pu le faire ses aînés de l’Armée rouge face au petit pays à la croix bleue (avec le succès tout relatif que l’on connaît, certes). Voici donc les onze camarades appelés à se faire prendre en embuscade dans la forêt lappone :

Sapin de Noël boréal

Ayant pris conscience de l’utilité de marquer des buts pour gagner, le Stan aligne ses meilleurs éléments offensifs dans un trio inédit, les deux expat’ Golovine et Mirantchouk gravitant autour du golem Dziouba. Ayant également pris conscience de l’utilité de ne pas en prendre, de buts, le côche popof sort les vieux nuls Semionov, Chounine et Jirkov de l’équipe, remplacés respectivement par deux jeunots qui n’ont pas encore eu le temps de montrer leur nullité, Diveïev et Safonov, et par le milieu central de formation Kouziaïev pour prendre le couloir gauche, parce que vraiment on pourra pas faire pire que papy Iouri de toute façon.

Des choix payants d’entrée : à peine deux minutes de jeu et voilà déjà Diveïev, sous pression, qui se débarrasse du ballon en le balançant d’une passe rincée du zgeg sur Kouziaïev, celui-ci le regarde arriver sans voir l’ailier finlandouille débouler dans son dos pour l’intercepter, centre, Safonov hésite à sortir et laisse l’avant-centre adverse placer sa tête dans le petit filet opposé. 0-1, ou presque, puisque le buteur est signalé hors-jeu par la vidéo, d’une courte tête – littéralement. Coup de chaud sur la moustache du Stan, heureusement sans conséquence. L’incident n’est toutefois pas isolé, et les petits voisins parviennent bel et bien à faire déjouer la Sbornaïa en cette première demi-heure – un exploit tout relatif, cependant – et font plusieurs fois trembler les rectums soviétiques sur quelques contres bien amenés.

L’attaque ruskof n’est opérante que ponctuellement, même si c’est souvent joli, ainsi cette belle combinaison après dix minutes de jeu entre Golovine, Kouziaïev et Mirantchouk, lequel décale Ozdoïev pour une frappe flinguée au-dessus du but grand ouvert (le profezeur Zigmonde aurait sûrement beaucoup de choses à dire de ce raté de Magomed). Ça se précise tout de même à l’approche de la pause, avec d’abord un poteau de Karaveïev sur un joli centre intérieur de Kouziaïev – bon, c’est Viatcheslav qui s’est mangé le poteau, et pas le ballon, mais ça compte quand même – puis, dans le temps additionnel de la première période, Mirantchouk le Bergamasque trouve enfin Dziouba en pivot à l’entrée des 16m, s’appuie sur lui en une-deux, crochète et enroule du gauche dans la lucarne opposée, 1-0.

Le plus dur est fait, et les Popofs se contenteront par la suite de se faire peur juste ce qu’il faut en concédant des contres dangereux sur lesquels Barinov se retrouve le cul par terre la moitié du temps, et en ratant occase sur occase, Golovine, Jemaletdinov, Kouziaïev se succédant sans succès devant la cage finlandaise. Qu’à cela ne tienne, les trois points sont là, nos amis rouges sont de retour dans les charts et reviennent à hauteur de leurs adversaires du jour, même si leur goal average salement salé pourrait bien leur jouer un vilain tour au moment du décompte. Verdict la prochaine fois (flemme de regarder le calendar) pour la fameuse FINALE AVANT L’HEURE (mais pour laquelle on se contenterait d’un nul) contre les Daniches – à l’extérieur cette fois-ci, mais pas bien loin quand même.

 


LE SOVIET EMBUSQUÉ


Matveï Safonov (2+/5) : La belle RAIE de Chounine au mâche précédent, noyée au milieu d’une sacrée débâcle, n’aura pas suffi à sauver la tête du remplaçant du remplaçant de Saint-Akinfeïev-aux-gants-de-charbon. La moulinette à gardiens russes continue donc de mouliner, on espère que le jeunot Matveï, portier de Krasnodar tout frais débarqué de son Caucase natal, tiendra au moins deux mâches avant de finir tout cassé.

Mario Fernandes (non noté) : A voulu s’arracher pour remettre un ballon de la tête à Dziouba, n’y aura gagné qu’un dos pété en retombant mal, et un regard noir et sans une once de compassion dudit Dziouba, parce que sa passe était ratée. Remplacé à la 26e par Viatcheslav Karaveïev (1+/5), qui a bien failli rejoindre Mario à l’infirmerie après s’être mangé le poteau, mais a préféré continuer à se faire manger en un-contre-un sur son côté. Allez, un petit bonus quand même, pour qu’il se soit pas éclaté la rate pour rien.

Igor Diveïev (3+/5) : L’erreur de relance inaugurale aurait pu nous faire regretter ce gros flûtiau de Semionov (c’est dire), mais le jeune Ouralien du CSKA s’est bien repris par la suite et nous a sorti quelques très belles interventions de patron (bouh le patronat) pour sauver le clinechite in extremis. Du coup, on te garde.

Gueorgui Djikiya (3/5) : Typiquement le genre de personne à qui l’on peut confier ses plantes, son chat et même ses enfants braillards quand on part en vacances.

Daler Kouziaïev (3+/5) : Lui aussi s’est vite rattrapé de son errement défensif initial, pour ensuite se fourrer dans tous les bons coups offensifs, tout en gardant bien son couloir. Tout simplement le meilleur arrière gauche de la Sbornaïa depuis Koudriachov (on reste prudent, donc).

Dmitri Barinov (1/5) : Le Stakhanov de la faute de con. Il arrive à en produire avec le rendement d’une équipe de dix personnes, sauf lorsqu’il prend sa pause bien méritée, le cul par terre, en pleine surface.

 

Dmitri Barinov dans ses œuvres.

Magomed Ozdoïev (2/5) : Moins analement en vue dans le secteur défensif que son compère cité plus haut, mais un loupé assez monumental devant. Ingouche de reviens-y pas. Remplacé à la 61e par Rifat Jemaletdinov, trente minutes et deux occasions franches, je sais pas quoi faire comme jeu de mots mais JPR trouvera sûrement.

Roman Zobnine (2+/5) : Le corps caverneux dont ce milieu avait besoin.

Alekseï Mirantchouk (3+/5) : Enfin, l’Erasmus à Bergame semble porter ses fruits. Il passe, il court, il marque, bientôt il chantera l’hymne à s’en crever les veines du front et même qu’il aura le droit d’être insulté par Roberto Bettégras. Remplacé à la 85e par Maksim Moukhine, le Kevin de Bruyne de la Volga (pour ce qui est des joues rouges, en tout cas).

Aleksandr Golovine (3/5) : Un brin moins en verve que son compère Alekseï, un poil plus dans l’ombre, mais toujours dans nos cœurs transis d’amour pour sa vilaine peau pubère et sa coupe tout droit sortie de Streets of Rage.

Artyom Dziouba (3/5) : Pendant longtemps, il a reçu de meilleurs ballons de la part des Finlandais que de ses coéquipiers. Mais il a su prendre son mal en patience, et se tenir prêt pour jouer son plus beau rôle dans l’ouverture du score, un beau pivot comme on les aime. Avant de peser sur la défense de tout le poids de ses énormes panards pour le reste de la rencontre. Remplacé à la 85e par Aleksandr Sobolev, wannabe Artyom.

Allez, à la revoyure les forcené.e.s, et la deuxième on la veut,

Bises trotskanales,

Georges Trottais

Georges Trottais

L’homme le plus (lutte des) classe(s) du monde.

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