Ecosse / URSS (1-2) – La Krasnaiya Akademiya se rappelle à vos bons souvenirs

 

Ils vous avaient terriblement manqués (comment ça, non ?), les revoici pour votre plus grand plaisir : la #TeamDopaged’Etat est de retour dans toute sa splendeur, avec la dose (de cheval) qu’il faut de grandes cavalcades dans les steppes, de coudes vicelards qui finissent dans les mâchoires, et de gegenpressing appris par cœur à l’école du maréchal Joukov. Et tout ce beau monde, toujours sous la tutelle rassurante et bonhomme de la sémillante moustache de Stanislav Tchertchessov – vainqueur de nos coeurs -, est toujours en route vers le 60e anniversaire de la victoire soviétique en championnat d’Europe.

 

Mousse-taches.

 

Et le chemin du triomphe est bien engagé pour nos srabs du Eastside. Après la déconvenue inaugurale (attendue) chez les Belgiens (3-1), cap’taine Dziouba et ses (petits) frères ont enchaîné les succès contre les seconds couteaux : déplacement chez les cousins attardés kazakhs (mais peut-on vraiment parler de déplacement quand le fauteuil au pied des gazoducs du coin est encore chaud des fesses soviétiques d’il y a 30 ans), pour une victoire 4-0 ; réception des petits poucets saint-marinais pour une sympathique partie de tir au pigeon sur les bords de la Volga (9-0) ; victoire étriquée mais victoire quand même contre les dissidents chypriotes à Nijni-Novgorod (1-0).

Se dressant désormais face à nos héros du peuple : les sordides Écossais, moitié anglais, moitié irlandais, moitié catholiques, moitié protestants, moitié bière brune, moitié whisky, moitié capitalistes, moitié prolétaires et re-moitié anglais derrière. Autrement dit, une engeance à ramener fissa dans le droit chemin, celui du socialisme réel. Mais aussi un déplacement qui peut paraître périlleux (du moins, légèrement plus que face à nos précédents adversaires) dans l’antre mythique du Hampden Park de Glasgow.

 


LA RENCONTRE


 

Pif Paf Pouf.

 

Pas de grands chambardements au niveau de la composition du Stan. Faute de mieux depuis la retraite d’Akinfeïev – le chat aux gants noirs qui a fait pleurer Sergio Ramos -, Guillaume garde toujours les bois ruskofs de ses guiboles tremblantes. Devant lui, Tchertchessov reconduit la même défense à quatre que depuis trois mâches (sans prendre le moindre but jusque là, d’ailleurs, ceci expliquant peut-être cela) : le Spartakiste Djikiya et le Groznyste Semionov dans l’axe, notre Brésilien national côté DROIT pour nous régaler de ses faux airs de Peaky Blinder des favelas (à Glasgow, c’est une référence de bon ton), et une sombre bouse chauve à gauche.

Le milieu de terrain est confié à la bonne garde du Zénitois Ozdoïev et de ce bon vieux Zobnine – auquel le patronyme a déjà assuré une place honorifique au Hall of Fame Horsjeu.net (flûte de zut, quel site !). Jirkov, le Marcel Picon des steppes, trimbale encore ses 36 berges sur le côté gauche de l’attaque, tandis que le Léningradois Ionov s’installe toujours un peu plus sur l’autre-côté-dont-je-ne-vous-ferai-pas-l’affront-de-préciser-le-nom. Enfin, derniers dans la liste mais pas dans nos cœurs, Golovine le petit génie sibérien et Dziouba le golem moscovite se voient chargés d’annihiler toute tentative de survie footballistique de la part de l’adversaire, et plus si affinités (c’est plus humain).

 

C’est parti pour la grande aventure !

 

Et ma foi, l’opposition de styles sert le spectacle en ce beau début de mâche, et le ballon va d’un but à l’autre, entre des Scottiches qui allongent très vite devant et des Ruskofs qui repartent en contre aussi sec. Le jeu en pivot de Dziouba fait déjà des malheurs, mais ce sont bien les futurs-ex-anciens-Européens qui ouvrent le score, après 10 minutes, grâce à une belle bourde de notre cher Guillaume (Igor me manque tant) : sur une touche côté gauche, Raïane McFraisier (oui, alors, pour avoir les bons patronymes, je vous invite à vous reporter à la Véronique Sanson Académie, ou un truc comme ça) crochète et centre du droit, ce bon vieux Guillaume est sur le coup mais relâche la balle devant lui, sans doute gêné par l’assaut d’Olivier McCouilles, et c’est Jean McGinTonic qui reprend l’offrande en traînant par là, 1-0 pour les prolos.

Après ce premier quart d’heure de haute intensité, l’opposition s’effondre subitement, bien aidée en cela par la pression croissante de Soviétiques qui montent en puissance, et s’installent toujours plus dans le camp adverse. Dziouba commence à régler la mire dans le domaine aérien, et le slip du goal nordien de brunir tout au long de la première période. À cinq minutes de la pause, enfin, la solution est trouvée : le ballon, reparti de la défense, est donné en profondeur à Fernandes sur le côté droit, lequel remise pour Ionov qui sert instantanément Golovine à l’angle de la surface. Sous la pression, la balle lui échappe mais le contre d’André Fils-de-Robert profite à Dziouba (turgescence), au point de pénalty (oh oui c’est bon comme ça), qui se démarque (ça vient), contrôle (oh oui ça vient), et ajuste en force (orgasme), à ras de terre (orgasmes multiples), 1-1.

 

 

Les grandes émotions et la pause passées, la seconde période repart, et avec elle la domination russe, qui se fait sans collectivisation (ou sans partage, ça revient au même). Nos camarades-joueurs prennent tout ce qui passe à portée de leurs crampons, balles blanches comme jambes bleues, et se ruent d’emblée à l’attaque, Golovine en tête : le génial génie se montre au four et au kolkhoze en cette seconde mi-temps, foutant le boxon dans la surface avec ses coups francs déposés sur le crâne délicieusement dégarni de Dziouba, ruinant les caleçons écossais sur chaque montée au pressing sur le porteur de balle, éparpillant la défense adverse façon puzzle 5000 pièces à chacun de ses contres plein axe, balle au pied, droit au but.

Le petit Aleksandr est encore là, à l’heure de jeu, pour récupérer côté droit un ballon gratté (encore un) par Ionov sur O’Fraisier, contourner McCooper et servir en retrait le vétéran Jirkov, arrivé lancé au second poteau, et qui n’a plus qu’à aider son défenseur à pousser la balle dans son propre but (2-1). La suite de la partie n’est que gestion assez tranquille des timides offensives scottiches (et à ce jeu-là, l’infâme Koudriachov se montre étonnement précieux), et contres ultrarapides à la récupération du ballon, avec à la clé notamment une tête sur la barre de Fernandes, puis une lourde de Jirkov détournée par le goal.

Ultime frisson sur le dernier corner écossais avec un cafouillage dans la surface de Guillaume « mains qui glissent », qui perd un ballon dans la mêlée mais est sauvé par l’intervention d’Ozdoïev devant McMcGregor. Dans la foulée, un contre russe à 4 contre 2 voit la frappe du nouvel entrant Yerokhine, servi à merveille par Dziouba, être dégagée sur sa ligne par O’McMulgrew. On en restera là, victoire tranquille et méritée pour nos Popofs, contre des Scots qui n’ont fait illusion qu’un quart d’heure face à la redoutable force de frappe soviétique. 3 points de plus dans la besace, et bientôt 6 avec, deux jours plus tard, la victoire compliquée 1-0 lors du match retour face aux voisins kazakhs, sur un but tardif de Fernandes. 2e du groupe juste derrière la Gelbique et 8 points devant ses poursuivants avec quatre matches restant à jouer : le soviet-équipe russe est en bonne voie pour la qualification directe, et c’est bien l’essentiel.

 


LE O’McSOVIET


 

Guillaume-aux-mains-chaudes (1/5) : Lev Yachine a du produire plus de watts dans sa tombe pendant ces 90 minutes que le barrage de Saïno-Chouchensk depuis sa construction.

Mario Fernandes (3/5) : Un poil timide en début de match, il se fait salement salir par Fraisier sur l’ouverture du score. Une fois les courants d’air fermés dans son dos, il a pu se porter plus souvent à l’attaque, avec à la clé une belle entente sur son côté avec Ionov, et une tête sur la barre.

Andreï Semionov et Gueorguy Djikiya (3/5) : Un mâche somme toute tranquille pour la charnière russe, qui a cependant pris son premier but en quatre matches consécutifs. Mais était-ce vraiment de son fait (suivez mon regard) ?

Fiodor Koudriachov (4/5) : C’est dur de l’avouer, mais il faut savoir être juste : Fiodor a (très) bien joué, sa mère. Et tant défensivement qu’offensivement, en plus. Y a plus de saisons, ma bonne dame.

 

Fiodor ? Un bon match ? Vraiment ?

 

Magomed Ozdoïev (3/5) : Le Tchétchène qui monte, qui monte…

Roman Zobnine (2/5) : Le moins en vue des joueurs de champ, il restera toujours premier dans les coeurs horsjeuïens.

(Remplacé à la 66e par le Lokomotiviste Dmitri Barinov, entré pour concéder des coups francs dangereux)

Alekseï Ionov (4/5) : Souvent oublié par la sélection rouge, l’ailier du golfe de Finlande, 30 ans et des poussières, s’offre peut-être aujourd’hui une révélation sur le tard, à grands coups de boutoirs dans des défenses en bois.

(Remplacé à la 80e par Aleksandr Yerokhine, vendangeur des grandes plaines de l’Altaï)

Aleksandr Golovine (5/5) : Encore un peu, et je me fais tours-opérateur d’un pèlerinage all-inclusive dans la bonne ville sibérienne de Kaltan, dont les murs de la centrale thermique doivent encore porter les traces des premiers ballons du petit grand Aleksandr.

 

Purée, Kaltan, même ton blason est d’une infernale beauté.

 

(Remplacé à la 89e par Ilzat Akhmetov, pour le quota de minorités ethniques ouïgoures)

Iouri Jirkov (3/5) : Le poids des années ne semble pas peser sur les jolies frisettes de Iouri, qui porte toujours la barbe de trois jours avec une élégance toute lorraine.

Artyom Dziouba (AMOUR/5) : Le seul HOMME capable d’être à la réception de ses propres passes de la tête.

 

Bisous les enfants, et à bientôt du côté de la Porte de Saint-Cloud,

Et puis n’oubliez pas les deux boutons ci-dessous : RENDEZ L’ARGENT !

Georges Trottais

Georges Trottais

L’homme le plus (lutte des) classe(s) du monde.

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