Equateur-Uruguay (0-4) : La Tupamaros academia livre ses notes

Ola compadres,

Alors que vos tournois européens sans intérêt s’achèvent (franchement, laisser gagner le Portugal alors qu’il est si facile de les battre – rappelez vous), voilà que vous jetez l’exploitation du grand capital sur les femmes en les montrant libres de s’exprimer balle au pied…devant des stades vides ! Ah les beaux parleurs que voilà, ce n’est pas la honte qui vous étouffe ! Et ce n’est pas non plus celle du Brésil qui se met en travers de la gorge des fascistes qui gouvernent ce pays. Car nos fiers représentants uruguayens ont subi le même sort que vos dames, chers Français, pour leur premier match dans cette Copa America. Ce Brésil qui autant que l’Hexagone, fut autrefois un grand pays, fier et noble, brillant par ses individualités au service d’un puissant collectif. Et si nous jouons dans des enceintes qui sonnent creux, c’est avant tout parce que le cœur et la fougue de l’éternel printemps ont déserté notre pays hôte de vieux réacs comme le vôtre, sales Français. Vos Croizat, vos Socrates, vos Niemeyer, vos Blum…ont laissé la place à des Cristiano de la politique martelant doublés à coups d’ordonnances iniques, assénant leurs buts à la force de la matraque, méprisant la voix plaintive du peuple qui crève de faim et de souffrance. Vous vouliez qu’on admire votre splendeur universelle et vous voilà à glorifier de piètres roitelets, minables tribuns de pacotille brandissant menaces et mensonges, tyrans en peau de fesse dégueulant leur haine et leur bêtise via réseaux et plateaux télés. Vous parlez ferveur, nous redoublons d’efforts. Vous invoquez la nation, nous abattons des murs. Vous enfermez et martyrisez, nous brisons les chaînes et donnons le sein à l’orphelin. Vous nous craignez, oppresseurs, car nous nous invitons chez vous pour enceindre votre prétendue liberté (liberté de posséder et de porter un fusil pour défendre sa propriété, quels lamentables libertaires vous faites, vous qui vous dites libéraux !) d’une ceinture rouge de redistribution et de dictature du prolétariat. Vous n’aurez pas la paix tant que nous foulerons votre sol fasciste de nos rangers crottés, et nous le foulerons jusqu’à remporter le trophée, car nous sommes les TUPAMAROS !

Cavani Suarez

Lodeiro Nandez

Bentancur Vecino

Laxalt Godin(c) Gimenez Caceres

Muslera


Le match

Dès l’entame, une frayeur vient agiter les rangs tupamaros lorsque Godin, pris dans un tourment centriste, n’appuie que trop peu une passe en retrait vers Muslera. La vélocité d’Ener Valencia est prise en défaut par le sang froid de notre gardien, qui le crochète posément et relance. À peine s’est-on remis dans le match que Suarez, trouvé en profondeur, centre pour Lodeiro. Le vaillant camarade peroxydé s’offre un festival, effaçant deux Equatoriens en deux touches de balles aériennes et conclut en fusillant le portier adverse à ras de terre : 1-0, 5e. Même le secrétaire Oscar Tabarez s’est levé de son siège !

A peine 5 minutes plus tard, la Celeste double le score au terme d’une splendide combinaison, mais le but est refusé pour un hors-jeu du Matador au début de l’action. Nous sortons déçus de cette phase de jeu, mais les grandes lignes de la rencontre sont posées : en tous points, nos guerilleros sont supérieurs aux gilets jaunes.

Dix nouvelles minutes plus tard, un contact entre Lodeiros (encore lui) et Jose Quintero vaut une belle interruption de jeu et pas mal de jérémiade de la part de notre buteur, qui sort tout de même du terrain drôlement amoché. L’arbitre en profite pour aller jeter un œil à son écran de VAR et revient vers l’Equatorien la main à la poche, annulant le carton jaune d’abord infligé pour en mettre un bien rouge.

La Tri passe à dix et dès lors, les occasions se succèdent pour Cavani qui frappe une fois, tente une talonnade derrière la jambe d’appui ensuite, puis trouve la faille sur une reprise aérienne allongée turborgasmique : 2-0, 32e

Mais ne croyez pas que la glorieuse troupe des marcheurs bleus soit rassasiée par ce score à la Glucksmann ! Déjà les courageux compagnons de la révolution sont repartis sur le sentier escarpé du socialisme réel. Les centres se multiplient, les corners aussi, et sur un nouveau ballon cafouillé dans la surface, le diablotin Suarez vient glisser le bout de son pied fripon pour assommes nos adversaires juste avant la pause : 3-0, 44e.

La seconde période commence sur un nouveau but du Inzaghi qui vote à gauche, encore une fois refusé pour hors-jeu. Les Equatoriens n’ont toujours pas pigé qu’on était imbattables sur corner, ce qui devrait leur valoir encore quelques frayeurs.

C’est pourtant sur un centre relativement anodin que le dernier but viendra parachever cette entrée en matière parfaitement réussie, lorsque sur un dégagement du dos, Mina catapultera le ballon dans ses propres filets, clôturant le score d’un bon quatrième pion : 4-0, 78e.

Battre des descendants d’esclave n’a rien de glorieux pour nos Tupamaros. Cependant, la voie du progrès est jalonnée de sacrifices, d’adversité impromptue et d’injustices inévitables. Poussée par la nécessité de vaincre le capital pour toujours, notre Celeste a dû faire valoir les raisons suffisantes du communisme à de malheureux boucliers humains bien embarrassés de devoir se battre contre nous. Cruelle est la fin de l’histoire, tant elle marque ses enfants des cicatrices de la lutte.


Les notes :

Muslera 3/5
Un petit crochet pour se mettre en jambe et puis la promenade de santé face à des adversaires vite réduits au silence. Les quelques ballons qu’il a touchés lui ont servi d’entraînement au jeu long.

Laxalt 3/5
Très actif sur son côté, il a redoublé d’efforts pour apporter son soutien en attaque et soigner ses retours défensifs. Ses petites couettes mignonnes et son faciès poupon sont autant de pièges voués à tromper les accapareurs à l’œil fainéant quant à sa capacité à faire mordre la poussière aux adversaires les mieux charpentés.

Godin 4/5
Capitaine intraitable, inflexible lieutenant de Tabares sur le pré, il est le bras cerclé de la défense d’acier trempé de notre fière section. Il a participé à notre domination aérienne dans les deux surfaces, délivrant même une passe décisive.

Jimenez 3/5
Moins flamboyant que son partenaire mais tout en sobriété, il figure l’acolyte parfait et sait faire preuve de vice quand il faut.

Caceres 3/5
Discret et travailleur, il est de ces beaux hommes au profil délicat que la révolution se targue d’avoir dans les rangs quand il faut séduire la femme d’un général ennemi pour détrousser l’armurerie dont il a la garde.

Bentancur 4/5
Il n’a jamais commis le geste de trop, ni ne s’est emmêlé dans des circonlocutions balle au pied. Une sobriété qui aurait fait du bien au Politburo en son temps.

Vecino 3/5
C’était un régal de voir avec quelle rigueur et quelle ingéniosité il coulissait à l’unisson de son partenaire du milieu.

Lodeiro 5/5
Mis en confiance par son but somptueux très tôt dans le match, il a harcelé ses adversaires ensuite tel un teigneux dynamiteur très pressé de trouver un pont ou une voie de chemin de fer à faire péter pour couper le jus à l’adversaire.

Nandez 2/5
Le jeu penchant plutôt à gauche, il n’a pas eu grande occasion de briller malgré quelques belles dispositions sur attaque placée.

Suarez 5/5
Insupportablement talentueux, comme ses accointances avec des nains dopés le laissent paraître, il a hésité entre brillants coups d’éclat et lamentables complaintes dignes d’un sénateur d’opposition.

Cavani 5/5
Majestueux dans ses prises de balles, ses tentatives aériennes, ses inspirations collectives et son utilisation du ballon, il est notre Ché, notre Zapata, il est notre Matador.

Diego Guedin.

Diego Guedin

Présent sur tous les fronts révolutionnaires sud-américains depuis les premiers soubresauts zapatistes, Diego Guedin joue les agitateurs partout où il passe. Il a choisi la voie populaire du football pour faire valoir les droits du prolétariat qui travaille ses centres à l’aide de ses mains calleuses.

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