Uruguay – Portugal (2-1) : La Tupamaros academia livre ses notes.

Ola compadres,

Les huitièmes de finales ! La grande aventure se poursuit au service de l’avènement du collectivisme, de la planification et des humiliations publiques réservées aux oppresseurs d’aujourd’hui, banquiers, politiciens opportunistes achetant piscines et vaissellerie au nom du bonheur du plus grand nombre, faiseurs d’opinion laquais, tous promis demain à subir les justes purges que le peuple commande. Le souffle libertaire du football nous a mené à croiser sur notre route le Portugal, pays malmené par la grandiloquence austéritaire des costumes creux de l’Europe monétaire. Un pays malmené par les banques comme tant d’autres, vers lequel notre humanisme profond nous commandait de tendre la main, mais qu’une expérience récente de tentative d’union avec d’autre forces footballétarienne nous intime plutôt d’écraser comme une vermine capitaliste.
Arriba Celeste !

Cavani  Suarez

Vecino  Toreira  Bentancur  Nandez

Caceres  Godin (c)  Gimenez  Caceres

Muslera


Le Match.

La défense, la forme naturelle de notre défense prônée par le grand timonier Oscar Tabarez est l’âme automotrice du football socialiste. D’aucuns la négligent, d’autre la méprisent, beaucoup encore tentent de s’adonner à cet art exigeant sans parvenir à honorer les moindres rudiments de tels desseins.

Face à des Portugais rapidement contraints de produire du jeu après l’ouverture du score exceptionnelle du Matador (Cavani 7e, 1-0), la mise en place irréprochable des Tupamaros n’a failli qu’une seule fois, au moment où les Portugais ont eu l’idée saugrenue de combiner à deux au poteau de corner, envoyant sur orbite l’odieux Pepe (55e, 1-1).

Mais les malheureux Lusitaniens ne semblaient pas se douter que l’immense Edinson Cavani avait un peu moins de problèmes congénitaux à la finition qu’un vulgaire Moussa Sissoko. Il virevolte, il court élégamment sur la pointe des pieds, le cheveu souple, et assène un coup de pied parfait au terme d’une course splendide (62e 2-1). Une propreté presque suspecte, tant nous révolutionnaires sommes contraints à affronter la salissure de ce monde au quotidien. Une perfection qui nous ferait presque entrevoir la fin de l’histoire à notre ère de scepticisme. Sauvons-nous nous-mêmes, décrétons le salut commun !


Les notes.

Muslera 3/5
Sans être des plus rassurants dans ses sorties, il a été déterminant sur sa ligne et a servi les desseins défensifs du camarade Tabarez avec courage et esprit d’inclusion.

Laxalt 4/5
Etait-ce l’énergie du désespoir ? Pardi non, c’était bien la puissante santé uruguayenne de la vraie gauche, celle qui exalte les cœur et donne aux visages poupons la force de supporter des tresses ridicules et de féroces attaque portugaises !

Godin 4/5
On n’avait pas vu pareille ténacité depuis le Mouvement du 26 juillet ! Si ce n’est ce manquement coupable sur le but portugais, son match est simplement parfait, comme depuis le début de cette Coupe du Monde.

Gimenez 4/5
Si Trotsky avait dû parcourir le territoire russe à la tête de l’armée rouge à notre époque, il n’aurait pas eu besoin d’un train blindé. Il aurait juché tout ce petit monde sur les épaules de Gimenez et aurait fait régner le léninisme sans devoir fuir au Mexique.

Caceres 3/5
Tout en assurant un visage séduisant à la révolution, il a illustré le talent défensif de sa sélection avec sérénité, presque trop facilement.

Torreira 4/5
Cet homme est un révolté. Non content de tenir haut la lanterne de la colère entouré de ses camarades, il n’hésite pas à aller punir les forces policières aux ordres de l’oppresseur. Un combattant.

Bentancur 3/5
Le romantisme doit pouvoir s’effacer au bénéfice de l’action directe. Probablement envieux de l’amplitude exceptionnelle de son camarade Torreira, il a délaissé la construction pour venir lui aussi disloquer des chevilles portugaises.

Vecino 2/5
Contenir, bloquer et enfermer. La dictature du prolétariat se doit de s’asseoir sur les contradictions manifestes que semble porter la révolution permanente.

Nandez 2/5
Lui aussi a vu son rôle réduit à juguler les soubresauts contre-révolutionnaires sur les ailes. Cela passe par des sacrifices que l’histoire saura reconnaître.

Cavani 5/5
Avant de sortir blessé, il a donné tout ce qu’il pouvait à sa juste cause. Dont deux buts exceptionnels, la victoire et une rage de vaincre hors du commun. Nous laissons aux idolâtres et autres ivrognes l’illusion de la transcendance, mais nous devons concevoir qu’il nous est parfois difficile de le croire bien humain.

Suarez 4/5
Obsédé par la terre de ses ancêtres, il n’a pu s’empêcher une nouvelle fois de ramper afin d’approcher son nez au plus près de l’herbe qui lui rappelait les prés de son enfance montagnarde. Une fois ces quelques égarements nostalgiques passés, il a pu reprendre ses activités footballisto-révolutionnaires en rappelant à tous qu’il était fort doué pour cela.

Substitutos

Sanchez NN
Un physique de bourreau d’enfant ne fait pas forcément un bon footballeur, mais il faut croire que les Portugais ont de ces peurs infantiles qui tétanisent.

Rodriguez NN
Prêt au combat en fin de match, moins à jouer au foot.

Stuani NN
Entré par défaut, certes. Si la blessure de Cavani subsiste, on devrait le voir au prochain match.


Ce prochain match, il se tiendra bientôt, contre la France. Je ne m’étendrai pas sur le pays de DROITE qu’est devenu cette terre autrefois hospitalière pour le lumpenprolétariat mondialisé, ceux qu’ils osent appeler « migrants » ni sur l’odieuse confiscation de tous les pouvoirs par les grandes corporations. Je ne m’étendrai pas non plus sur le visage angélique que le capitalisme s’est trouvé pour dissimuler son infamie consubstantielle aux opprimés, de peur de m’éparpiller en grossièretés. Place au football !

Diego Guedin.

Diego Guedin

Présent sur tous les fronts révolutionnaires sud-américains depuis les premiers soubresauts zapatistes, Diego Guedin joue les agitateurs partout où il passe. Il a choisi la voie populaire du football pour faire valoir les droits du prolétariat qui travaille ses centres à l’aide de ses mains calleuses.

Un commentaire

  1. Je suis amoureux d’Edinson, tout Marseillais que je suis. Quel grand joueur. Et quel superbe destin d’accéder à l’immortalité dans son pays d’accueil en ne jouant pas le prochain match. Sinon sanction au retour…. Pense-y.

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