Francfort-OM (4-0), La Canebière académie est humiliée

Nous avons appris la patience, ils n’ont pas appris la fierté.

Aïoli les sapiens,

Exceptionnellement et afin de ne pas se laisser aller à une mauvaise colère, l’introduction de la présente académie sera brève pour plonger tout de suite dans la gaudriole de bon aloi dont nous avons tous tant besoin. Il se peut cependant qu’une timide adresse à nos dirigeants se glisse dans cette académie, accompagnée par un invité que les plus habitués de nos lecteurs connaissent très bien.

 

L’équipe

Pelé

Sarr (Rocchia, 79e) – Hubocan – Caleta-Car – Kamara – Amavi

Germain (Chabrolle, 64e) – Lopez (Rolando, 61e) – Luiz Gustavo – Radonjic

Mitroglou

Dans ce match, l’OM n’avait plus rien à perdre (à part son honneur, sa dignité, sa crédibilité nationale et européenne, la cohésion d’équipe, le peu de confiance qui restait aux supporters, etc.). Aussi Rudi Garcia repose-t-il les titulaires et accorde du temps de jeu aux habitués des tribunes, sans que l’on sache trop s’il leur offre ici une chance de faire enfin leurs preuves, ou au contraire l’occasion de les enterrer une fois pour toutes.

Mandanda, Sakai, Rami, Strootman, Sanson, Ocampos, Thauvin et même Clinton Njie (dont l’on peut ainsi déduire qu’il est considéré comme l’attaquant n°1) sont ainsi laissés au repos. En compensation, tout ce que le club compte de remplaçants, jeunes pousses voire quasi-rebuts sont convoqués dans le groupe – à l’exception d’Abdennour parce qu’il ne faut quand même pas exagérer.

La nouveauté réside dans cette association Germain-Mitroglou tant attendue, avant que le schéma ne nous fasse déchanter : ma camarade Kimberly est formelle, ce schéma est un 541 100% labellisé « Costa Rica – Coupe du Monde 2018 ». Accompagné des résultats qui vont avec.

 

Le match

Quand l’OM entame une séance de sado-masochisme, c’est avec le talon aiguille dans les couilles, sans préliminaires. L’érotisme y perd ce que l’on gagne en clarté : que les non-consentants tournent vite les talons, si vous restez ici ce soir ce sera pour souffrir. Les Francfourrais se procurent un corner, qu’ils jouent à deux. Posté en première ligne, Maxime Lopez ouvre grand la bouche, prêt à avaler un jet d’urine puissant. Peu réceptif aux avances subtiles, l’Allemand se tient à une punition purement footballistique, fait de Maxime sa chose et envoie une lourde difficilement repoussée par Pelé. Le ballon revient sur l’un des trois attaquants absolument libres, qui ne se fait pas prier pour allumer de près alors que la trotteuse n’a pas encore parcouru un tour (1-0, 1re).

Les Olympiens repartent néanmoins de l’avant, bien décidés à démontrer à qui en doutait leur absence totale de projet collectif. Hormis une belle passe piquée de Lopez aboutissant à une non moins jolie frappe en pivot de Germain, l’OM ne montre rien d’autre qu’imprécisions techniques et percées solitaires vouées à l’échec.

Sous la pression, Luiz Gustavo donne le ballon en retrait à Pelé, ou du moins à l’endroit où il imaginait figurer notre gardien. Yohann, lui, attendait tranquillement deux mètres à côté de son but, soigneusement coupé de la ligne de passe par deux joueurs. Faute de cordes, il se voue à l’art du shibari en s’attachant les deux lacets ensemble puis, pour parfaire son immobilité, s’inspire des meilleures blessures musculaires de Steve Mandanda. Lente, la passe de Luiz Gustavo roule vers le but, les réflexes de Yohann Pelé lui dictent d’aller tacler le ballon devant sa ligne, mais Yohann est tendu vers son objectif, il ne doit pas bouger, c’est la domination de l’esprit contre la pulsion. La balle pénètre toujours aussi lentement dans ses six-mètres, Yohann réprime à grand peine une érection, non, pas maintenant, c’est trop tôt, attendre, attendre, oh mon dieu, cela va si lentement, oh, j’aurais encore le temps d’aller chercher la balle, non, je serai fort, oh mon dieu, ils vont tous me tomber dessus, oh c’est fort ce qui va se passer, ou ohi, roule, oui, encore, roule, non je ne bougerai pas, oh mon dieumondieumondieu, je n’en peux plus oh oui la ligne, oh oui, oh passe-la, oh oh oh RHÂÂÂÂÂÂ LOVELY (2-0, 17e).

Chez le Brésilien aussi, l’extase est totale.

 

Soucieux de participer à la fête, Boubacar Kamara passe son temps à réclamer à ses vis-à-vis de le prendre dans la profondeur. Les Allemands s’empressent de lui donner satisfaction en multipliant les ouvertures dans son dos, mais avec une maladresse frustrante au moment de conclure l’acte. Luiz et Yohann ont eu raison, songe Boubacar à regret, on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Soucieux de faire durer le plaisir, les Francfourrais nous laissent reprendre notre souffle en fin de première période.

Après la pause, les olympiens regagnent leur donjon, à l’exception de Mitroglou qui retrouve directement les oubliettes. Vingt-trois secondes après l’engagement, un Allemand a déjà slalomé entre Radonjic qui lui disait « fouette-moi », Kamara qui lui susurrait « souille-moi » et Lopez qui le suppliait : « piétine-moi ». L’attaquant interrompt sa percée en tombant nez à nez avec Hubocan, doté d’un collier de chien clouté et de pinces à tétons. Réputé peu émotif, l’Allemand n’en reste pas moins homme et devant cette vision laisse prudemment le ballon pour s’enfuir à toutes jambes.

L’émoi de nos adversaires se devine encore lorsqu’ils laissent s’échapper Radonjic sur l’aile gauche. Nemanja repique au centre et tente un enroulé que détourne le gardien. Désireux de ne pas gâcher cette soirée placée sous le signe de l’avilissement, Sarr profite de sa position idéale à la reprise pour envoyer une frappe du tibia dans les tribunes.

Soucieux de faire partager le plaisir de la douleur à leurs hôtes, Bouna et Luiz Gustavo s’appliquent à adresser des coups-francs excentrés dans la tête du seul homme chargé de constituer le mur, pour un effet gagnant-gagnant (« toi tu as mal, et moi je me fais insulter »). Devant le peu d’enthousiasme suscité, les Olympiens reviennent à la bonne vieille méthode : se laisser traîner plus bas que terre à coups d’absence de pressing et de placement aléatoire. Comme cela ne leur suffit pas à retrouver les sensations de la première période, nos soumis passent à la vitesse supérieure : Caleta-Car ajoute du LSD à son poppers et, sur une touche allemande, se jette dans les airs en criant « I believe I can fly ». Nouvellement entré, Rolando aide Amavi à ne pas défendre sur le décalage qui s’ensuit pour mieux laisser l’ailier centrer. Comme la passe n’est pas d’assez bonne qualité, Bouna Sarr enfile prestement une cagoule en latex lui opacifiant totalement les yeux, et adresse un grand coup de pied au hasard, faisant confiance à la roue du destin pour choisir son châtiment. « Pied dans les couilles d’un équipier », « savatage d’un attaquant »… les options sont multiples et c’est finalement le « contre-son-camp en lucarne » que choisit le Destin (3-0, 62e).

Le temps pour Rudi Garcia de jeter sa petite Justine (en l’occurrence Florian Chabrolle) dans cet océan de vice, et nos joueurs retournent aux délices de l’humiliation consentie. Sur un long coup-franc, Hubocan s’apprête à aller au duel aérien, mais se ravise à temps et se met à quatre pattes en faisant la truie. Cela permet à son vis-à-vis de dévier le ballon dans la course de Jovic : celui-ci dépasse Rolando et voit arriver sur lui Yohann Pelé. L’attaquant crie alors à notre gardien : « à genoux, esclave, moins-que rien, larve humaine, montre-moi que tu as peur du ballon, salope » et, tandis que celui-ci s’exécute avec volupté, inscrit le but du bout du pied. Avant de célébrer, il ajoute « et je ne vous crache pas à la gueule, ça vous ferait trop plaisir. Alors, qu’est-ce qu’on dit ? » « Merci, maître », entonnent de concert Rolando et Pelé, avant de se rouler une pelle (4-0, 67e).

La fin n’est qu’un long calvaire, entre Francfourrais trop écœurés pour forcer leur avantage et Olympiens se vautrant dans les délices de la fange (à l’exception des déviants Rocchia et Radonjic semblant essayer de jouer au football).

 

Bon, voilà, on a bien ri, catharsis, tout ça. C’est bien. Reste que vous vous êtes comportés comme des sous-merdes.

Perdre de la sorte sans combattre, c’est indigne de l’OM, c’est indigne de Marseille, c’est indigne de votre statut de sportifs de haut niveau. Même Monaco ne s’est pas autant fait violer la veille contre l’Atlético – excusez du peu, avec une équipe pourtant aussi rafistolée que la nôtre.

Multiplier les roustes et en accuser les joueurs sans exprimer l’ombre d’une remise en question, c’est sportivement douteux et humainement minable. Rudi, tu es petit. Cela se confirme. La finale de l’an dernier n’était pas une garantie de confiance : juste l’espoir, en même temps que l’exigence, de voir se concrétiser les bonnes dispositions de l’équipe. C’est un fiasco. Enjeu sportif ou match pour du beurre, qu’importe : la vomissure footballistique de ce soir s’ajoute à la longue liste des humiliations subies sous ta gouverne. Gardons l’espoir d’atteindre par accident une finale nationale, et visons donc cette troisième place à coups de victoire élibaupiennes contre les équipes les plus débiles de notre championnat. Après tout, si Marseille se satisfait de ces ambitions mesquines tout en s’accommodant d’immuables roustes contre Lyon, Paris ou tout ce qui semble plus gros que nous, c’est peut-être que Marseille a cessé de mériter mieux que toi.

Et toi, camarade Jacques-Henri, toi, mais alors, toi. Prépare-toi à demander des devis pour portail et ravalement de façade. La Commanderie pourrait bien recommencer à en avoir besoin, puisque tu fais tout pour que les Apaches se remettent sur le sentier de la guerre. Pas un mot, pas UN SEUL MOT pour les supporters venus accomplir 1000 bornes pour un match sans enjeu et refoulés à la frontière comme des sous-citoyens. Pour un supporter qui tenterait éventuellement de passer un fumigène, on tolère que 50 autres soient arbitrairement refoulés ? Le  » not under my watch » d’il y a deux ans, c’est déjà de l’histoire ancienne ? Un enfumage à rajouter à côté de « faire, c’est faire taire ? » Alors tes fines équipes ne vont sans doute pas manquer de faire un communiqué sur le sujet demain : je leur conseille de bien peser les mots. Le contrat « passer dans l’ère du football moderne » avec toutes les tares mercantiles et anti-ultras que cela comporte, il était déjà difficile à avaler ; mais cela pouvait se considérer comme le prix à payer pour la perspective d’investissements massifs et d’un ancrage durable dans la cour des grands. Mais aujourd’hui le sportif végète ; la gestion des recrutements est plus que douteuse ; et notre club est régulièrement la risée des quotidiens sportifs. La finale de l’an dernier ? La ridicule campagne européenne de cette année aura suffi à anéantir le gain d’image du club. C’est maintenant la troisième saison où nous tournons à ce régime et, je ne sais pas si tu en as conscience, camarade Jacques-Henri, trois ans à Marseille c’est une éternité. Tous les dirigeants n’ont pas eu la chance de passer trois ans dans un calme relatif. Plus que cela, enchaîner autant de fessées en si peu de temps sans aucune casse, cela ne tient plus de l’état de grâce mais carrément du miracle inexpliqué. Tu veux tout gâcher ? Eh bien continue exactement comme tu le fais actuellement, camarade Jacques-Henri, et toi aussi tu l’auras, ton champ de ruines.

Allez, ça c’est cadeau et c’est à partager entre vous tous.

 

Les joueurs

Pelé (1/5) : Si tu veux alimenter les bêtisiers de Noël, la prochaine fois tu mets une panoplie de clown et pas notre maillot, abruti.

Sarr (0/5) : Absence totale de sang-froid, maladresse galactique, intellect de trépané : encore un soir où l’on est content que ses parents lui aient donné la passion du football plutôt que de la chasse.

Rocchia (79e) : Une entrée pleine de candeur.

Hubocan (1/5) : Titularisé dans le cadre d’un contrôle de la Sécurité sociale. Examen concluant : les points Cotorep du club ont été validés pour un an, maintenant on peut le ranger.

Caleta-Car (2-/5) : Le seul défenseur qui n’a pas semblé se complaire à passer la match la tête dans un seau à purin. Rien que cela vaut bien un bonus.

Kamara (0/5) : Quand on te conseillait de prendre exemple sur la carrière des enfants-stars, on ne pensait pas forcément au petit Grégory.

Amavi (1/5) : Jordan jouait gros ce soir, avec cette occasion unique de revenir en grâce après de mauvaises performances. On peut à tout le moins souligner qu’il ne s’est pas laissé envahir par la pression du résultat. On pourrait même, en poussant un peu, suggérer que Jordan n’en avait absolument rien à foutre.

Lopez (1+/5) : Pris à sec à froid dès le premier but, il a montré quelques belles choses avant de se dissoudre dans l’absence de collectif olympien.

Rolando (61e, 1/5) : « Ah non mais moi, la déesse Erzulie, je peux faire jouer mon sort de titularisation éternelle, et c’est déjà un grand exploit, je ne sais pas si tu te rends bien compte. Mais transformer des citrouilles en carrosses, ça c’est pas mon rayon, il faudrait que tu ailles voir une collègue. »

Luiz Gustavo (0/5) : Autant je peux me montrer compréhensif envers les handicapés du football qui garnissent nos placards, autant cela m’ennuie de voir le capitaine du soir, fournisseur certifié d’orgasmes sportifs toute la saison dernière, réduit à l’état d’épave sans talent ni volonté. Sans aller jusqu’à craindre un plan d’enculé à la Lassana Diarra, j’apprendrais cependant volontiers le pourquoi de cette bouderie, et a fortiori la date où elle cessera. Parce que là, malgré toute l’affection que j’ai pour lui, revoir de sa part un je-m’en-foutisme à la hauteur de ce soir risquerait de me rendre grossier.

Germain (1/5) : Un bon entraîneur sait s’adapter à l’adversaire. L’OM jouant en Allemagne, Rudi Garcia a donc placé des grands blonds à droite. C’est l’explication la plus rationnelle que nous ayons trouvée, en tout cas.

Chabrolle (63e) : On va dire que c’était un stage d’observation.

Radonjic (2/5) : Une faculté de percussion qui n’a d’égale que sa propension aux mauvais choix, un diamant brut à façonner patiemment, en quelque sorte (je plaisante, on va le laisser faire n’importe quoi jusqu’à ce que ça passe, comme Ocampos ou Njie).

Mitroglou (0/5) : Traîne une caravane et dans cette caravane, sa misère. Je dirais bien qu’il faut arrêter là les frais, mais avec une telle exposition européenne, qui voudra de lui ? Dès qu’on l’annoncera sur la liste des transferts, tous nos voisins vont s’empresser d’enculer les accords de Schengen juste pour qu’il ne pose pas le premier orteil chez eux.

 

L’invité zoologique : Makoto Hazébu

Placide, le zébu se plaît à patauger dans la fange sans faire attention aux médiocres animalcules qui s’y ébattent. Les grenouilles courent ainsi le risque soit de se faire piétiner, soit de se faire chier dessus une bouse d’un kilo, voire les deux à la fois pour les plus chanceuses. Le zébu était donc bien l’invité approprié pour évoquer avec nous ce supplice.

– Les autres : Une maladresse à la finition qui les empêche de finir avec le double de buts marqués. Peut-être était-ce de la pitié.

– Le classement : L’Apollon Limassol ayant dominé la Lazio, nous nous retrouvons derniers avec le total faramineux d’un point. Sur l’ensemble des groupes, seuls trois clubs font pire : Dudelange, Rosenborg et Akhisaspor.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, et sur Twitter. Si l’OM montrait la même implication que les participants au concours zoologique, une nouvelle finale européenne serait très envisageable. C’est Padls qui en sort vainqueur.

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

4 Comments

  1. Une véritable soufrière cette équipe… pour la connotation de souffrance, parce que ça pue, ça pique les yeux, et je vois bien Rudi avec un trident (innofensif…), et une queue fourchue (sans couilles…)

  2. Allez L’OM !— – Quatres buts à zéro – — Allez L’OM !

    J’ai pas vu le match. Je n’en vois pas beaucoup.

  3. Et dire qu’il y a un c.. qui a osé dire un jours que les grandes douleurs étaient muettes !
    La preuve que non, superbe acad, toutes mes condoléances cependant à l’artiste.

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