La Forez Académie vous raconte Loïc Perrin, une histoire stéphanoise

Il était une fois Loïc Perrin, stéphanois et fier de l’être.

Salut mes b’lets.

Hier, jeudi 30 juillet 2020, une page de l’histoire récente de l’ASSE vient de finir de s’écrire. Loïc Perrin, présent depuis 23 ans au club, vient de mettre officiellement un terme à sa carrière après 17 années de professionnalisme sous l‘unique tunique des décuples champions de France. Un anachronisme dans une époque où sa relève, un joueur de même pas 18 ans à l’époque, a été transféré pour 30 M€, et a été interdit de jouer la finale de Coupe de France par la faute de considérations mercantiles et pécuniaires. Qu’un joueur de devoir fasse toute sa carrière dans un même club est encore une histoire que l’on peut raconter dans d’autres clubs plus ou moins prestigieux. Ici, nous parlons d’un joueur qui a tutoyé l’équipe de France, qui aurait sans doute mérité une sélection quand il était à son prime, de 2013 à 2016 environ. Ensuite, l’âge et les blessures qui l’avaient laissé tranquille pendant quelques années l’ont rattrapé (de 2012 à 2017, il joue 195 matches, soit presque 40 par saison).

Pour moi, son chant du cygne est intervenu dans le Chaudron, son jardin, sous mes yeux, le 12/03/2017. Flashback. Les Verts jouent Metz, et sont dans une forme anale (4 défaites et 1 nul sur les 5 derniers mâches). Ils sortent tout juste de leur double confrontation face à Manchester United qui leur a coupé les jambes. Ce qui se déroule sur la pelouse de Geoffroy-Guichard cet après-midi va préfigurer ce qui va se passer sur l’année civile avec l’arrivée de Garcia pendant l’été, la branlée 0-5 dans le derby, l’intérim catastrophique de Sablé et finalement le (la) dernier (dernière) mâche (défaite) de l’année contre Guingamp pour la première de Gasset sur le banc. Revenons dans le Chaudron. Les Verts sont menés 2-1, le mâche est nul, la défense pathétique et Perrin ne surnage pas dans ce naufrage. On est dans les arrêts de jeu, N’Guette se balade parmi nos plots et va marquer le but du KO mais le cap’tain donne son corps à la science et sauve la balle du bout des crampons. Il ne reste que quelques secondes à jouer, Sainté obtient un coup-franc que frappe Veretout sur la tête du Capi qui marquera là son avant-dernier but en Ligain (il a encore marqué en coupe de France face à l’Olympique Strasbourg, mais bon, Diony avait aussi marqué ce jour-là). Dans le stade, je n’ai même pas fêté cette égalisation au bout du temps additionnel, dégoûté que j’étais par la performance qui s’était déroulée sous mes yeux. En fait, je ne le savais pas encore, mais je venais d’assister au début de la fin pour Loïc. Si vous voulez, l’académie du mâche est disponible ici.

Comme je l’ai dit plus haut, l’année 2017 a été pourrie. Il y aura ensuite l’embellie Gasset, pendant 1 saison et demie, mais on sentait déjà que le Capi était en bout de course. Lourds sur ses appuis, lent dans ses démarrages, Perrin commençait à ressentir le poids de 17 années au plus haut niveau et même ce poste de défenseur central où il a pu renaître semblait trop physique pour lui. L’éclosion de Saliba puis de Fofana achève de lui mettre un coup de vieux, et il ne doit ses dernières minutes jouées qu’à la blessure de l’un, à la méforme de Kolo ou encore aux difficultés de Moukoudi à rentrer dans le grand bain. Son tacle en finale de la Coupe de France est symbolique : dépassé par un joueur trop rapide pour tout le monde, il est descendu en flammes par une cohorte de neuneus qui ne l’ont jamais vu jouer avant ce mâche ou presque. Gentleman sur le terrain, il n’aura pris que 2 cartons rouges en 470 rencontres sous le maillot vert, dont une bonne moitié passées au poste défenseur central. Loïc aurait pu partir (en 2010 à Monaco, en 2015 à Arsenal), mais il est toujours resté. En partie à cause des blessures, en partie parce qu’il aime ce club. Concernant l’approche du club anglais, il l’avoue lui-même : si les contacts étaient allés au bout, il serait parti. Mais il ne se voyait pas partir pour partir : en gros, Arsenal ça ne se refuse pas, mais pas question de péter un caprice pour partir quand même et finir à Newcastle.

Voilà ce que je retiendrai de Loïc Perrin, un Stéphanois pur souche. Talentueux, humble et reconnaissant envers toutes les personnes qui lui ont tendu la main et lui ont permis de vivre son rêve : remporter un titre avec SON club de cœur. Pas celui qu’on s’invente au fil des transferts, frappant le blason à chaque but pour mieux embrasser celui du club honni à la saison suivante. 17 années passées à Sainté c’est énorme, et je ne suis pas près de le revoir à mon avis. À moins que les riches ne créent vraiment leur ligue fermée et laissent les pauvres retrouver le goût du ballon avant celui du pognon. Merci pour tout Loïc, pour tes buts et tes tacles, pour ta gentillesse et ton sourire, pour nous avoir emmené (à la victoire) au Stade de France, à San Siro ou Old Trafford, pour avoir été un parfait représentant de la ville de Saint-Etienne. Tu mérites tous les hommages qui pleuvent sur toi en ce moment, et même si cette fin n’est sans doute pas celle que tu aurais souhaitée (tu as avoué t’être imaginé dire au revoir dans le Chaudron, pour le dernier mâche face à Dijon), elle ne doit pas effacer cette carrière merveilleuse et bien remplie qui comblerait nombre de tes coéquipiers ou adversaires. Il n’est pas facile d’être un grand joueur, il est encore plus difficile d’être une légende et c’est ce que tu es devenu ce 30 juillet 2020. Ni plus, ni moins.

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Roland Gromerdier

Roland Gromerdier

Né dans le Chaudron, de la verveine coule dans mes veines. Mes analyses sont aussi carrées que les poteaux de Glasgow. Peu importe les époques : je n’oublie jamais qui sont les plus forts.

6 commentaires

  1. Les Parisiens vont le traiter de boucher, alors que d’autres seront prêts à lui reprocher de ne pas avoir blessé Mbappé …

  2. Un anachronisme dans le foot moderne ! tu as parfaitement résumé Roland ! Une exception verte et ça fait vraiment du bien ! Merci pour tout Captain Lolo ! Chapeau bas ! Classe et respect !ALV !

  3. Le joueur préféré de ma fille de 14 ans. Et avec une référence assumée aux propos déplacés de quelqu’un d’autre, je dirais que Loïc était une légende de l’ASSE. Et depuis la « caisse noire », on n’a guère besoin que d’une main pour les compter, les légendes. Pour fixer les idées, Loïc Perrin est le 3ème joueur à avoir joué le plus de matchs européens avec les Verts.

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