Ahoj à toutes et tous,

un événement soudain m’a sorti de la retraite mélancolique dans laquelle je pleurais l’odieuse tentative d’assassinat sur notre premier ministre (j’ai oublié son nom) et a exigé que je quitte le calme des monts Tatras pour retrouver, bien malgré moi, le tumulte des terrasses enfumées, les projections de bière moins chère que l’eau et le charme virulent des femmes slovaques : voilà revenu le temps du football international ! L’Euro ! Point la monnaie, chose terrestre et fruste, mais bien ce sentiment beau et triste du football, intangible trésor bien malencontreusement accaparé par de proverbiaux marchands du temple que nous ne vous ferons pas l’affront de nommer ici.

Ainsi donc, pour ne point importuner le lecteur avec trop de circonlocutions, je me présente : Bratislava Toyboy, auguste poète maudit, aristocrate sans le sou mû par la seule langueur laissée dans mon cœur par l’absence d’un père joueur et les fantaisies d’une mère bohème. Je narre aux mortels les aventures de ma chère Repre durant les compétitions nationales, ce qui s’apparente aussi bien à nourrir la dépression qui m’habite et dont, par circularité, je me consume au service des belles idées. Le football est une forme divine dont la sélection slovaque est la Nativité. Laissez moi d’ailleurs vous en présenter tous les enfants.

Au poste de gardien, nous trouverons un homme presque aussi vieux que la République tchèque : Martin Dúbravka (Newcastle) ; ses deux faire-valoirs seront Henrich Ravas (New England) et Marek Rodák (Fulham).

Je précise que je n’ai aucune idée de ce que signifient les termes entre parenthèses, mais que par respect pour ma source journalistique dont je tiens les informations de ces 26 sélectionnés, je maintiens dans le collé ce que j’en ai copié.

Les défenseurs seront Vernon De Marco (Hatta), Norbert Gyömbér (Salernitana), Dávid Hancko (Feyenoord), Sebastián Kóša (Spartak Trnava), Adam Obert (Cagliari), Peter Pekarík (Hertha Berlin), Milan Škriniar (Paris) et Denis Vavro (Copenhagen).

Au milieu gambaderont László Bénes (Hamburg), Matúš Bero (Bochum), Ondrej Duda (Hellas Verona), Patrik Hrošovský (Genk), Juraj Kucka (Slovan Bratislava), Stanislav Lobotka (Napoli) et Tomáš Rigo (Ostrava).

En attaque, nous trouverons Róbert Boženík (Boavista), Dávid ?uriš (Ascoli), Lukáš Haraslín (Sparta Praha), Leo Sauer (Feyenoord), Ivan Schranz (Slavia Praha), David Strelec (Slovan Bratislava), Tomáš Suslov (Verona), ?ubomír Tupta (Slovan Liberec).

Si certains noms peuvent évoquer aux plus assidus spectateurs du beau sport quelques souvenirs, voire quelque connaissance actuelle, sachez que nous leur en tenons respect et dignité pour un certain nombre d’année, quoique l’on s’interroge vaguement quant à l’utilité profonde, même pour la beauté de la saine connaissance, d’enregistrer de telles informations. De notre côté, nous nous félicitons de ne pas avoir confondu avec la Slovénie, qui non contente d’usurper grossièrement le patronyme de notre mère patrie, tente de pousser l’imitation jusque dans la confection de son drapeau, ce alors que la proximité géographique de nos deux pays ne permettent même pas de disputer ce que le jargon appelle un derby.

Bref, sur ces entrefaites, je retourne à ma tristesse maladive et ma mélancolie boudeuse, car la douleur et les complaintes n’attendent pas. Nous nous suivrons durant trois matchs un mois de compétition, nous nous aimerons, mais notre mère la terre, notre frère l’océan et notre Père qui est aux cieux finiront tous par reprendre ce qui leur appartient, comme ils nous ont repris Marek Hamsik.

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