Bilbao – Barcelone (5-1) : La San Mames Académie est au 7e ciel

Et oui, c’est un titre quand même

Egun on à tous !

Je n’ai pas de mots. 34 ans que les supporters des Leones attendaient ça. Et on l’a fait. J’entends d’ici les esprits chagrins protester que ce n’était qu’une finale de Supercopa, le genre de trophées dont on ne se préoccupe que quand on gagne. A ceux-là je propose :

– d’aller répéter ça aujourd’hui dans les rues de Bilbao. Juste pour rigoler.

– la même chose que ce qu’a proposé Pique au juge de touche hier soir (à base de daronne et de délire scatophile).

Pour ma part, compte tenu de la saison dernière (pour rappel, on a terminé 7e donc barragiste de C3 et finaliste de la Copa contre un certain FC Barcelone), je me disais qu’on pouvait y croire, bien que le format aller-retour de cette étrange compétition ne soit pas fait pour nous avantager. Surtout, les absences sur blessure de Muniain, Iturraspe et Williams ne m’incitaient pas franchement à l’optimisme. Car oui, le Barca a joué le match aller avec une partie de ses remplaçants mais eux au moins ont pu aligner l’équipe-type, ce que nos Bilbainos n’ont jamais été en mesure de faire. J’espérais donc seulement ne pas prendre de buts à San Mames pour aller titiller les Catalans chez eux.

 

QUAND SOUDAIN

Peut-être la plus belle prestation de l’Athletic qu’il m’ait été donné de voir (avec la double confrontation contre United, évidemment). Malgré 75% de possession de balle, les Blaugranas n’ont pu tirer que huit fois au but. La faute à un pressing constant (mention spéciale à Beñat et San José, qui ont submergé Mascherano, Rafinha et Roberto) et une défense de fer menée par un certain Aymeric Laporte (si vous savez, j’ai dû vous toucher deux mots à son égard la saison passée). Honnêteté intellectuelle oblige, je me dois de reconnaître que devant, la réussite était de notre côté, avec quatre buts sur cinq tirs cadrés. Rien n’obligeait toutefois Ter Stegen à relancer directement sur Mikel San José, notre défenseur goléador (huit buts la saison passée en 25 matches). Rien n’obligeait non plus Javier Mascherano à regarder Air Aduriz prendre son envol. Rien n’obligeait enfin Daniel Alves à être nullissime.

La défense catalane à San Mames, allégorie

En dépit de cet exploit, la presse sportive française n’en avait que pour le Barca, au point de titrer ad nauseam sur une possible remontada de Barcelone. Remontada que j’étais le premier à craindre, bien que la performance des petits m’ait grandement rassuré sur notre capacité à tenir. La défense barcelonaise ne respire pas non plus la sérénité, avec huit buts encaissés lors des deux derniers matches. Tous les espoirs sont donc permis.

 

LE RETOUR

 

Trois jours plus tard (oui, on est comme ça en Espagne, il n’y a pas de boulot donc autant regarder les hommes jouer au foot), on prend presque les mêmes et on recommence. A ceci près que Bilbao devra jouer sans Mikel San José, blessé. Au plus grand soulagement du milieu Catalan.

Voici (à peu près) la compo :

Les notes me donnent envie de pleurer. Merci à @AthleticClub_Fr

Il manque les bouilles d’Eraso et Boveda. Visiblement, EA avait la flemme de les modéliser.

Côté catalan, on sort l’artillerie lourde : Bravo, Alves, Pique, Mascherano, Mathieu, Busquets, Iniesta, Rakitic, Messi, Suarez et Pedro. Soit l’équipe-type de la saison à venir, à un Neymar près.

M-10: J’apprends que Canal a décidé de proposer…  un duplex entre cette finale et Liverpool-Bournemouth. Bah oui tiens, allons-y. C’est un peu comme si je supportais Arsenal et Bilbao. Où est le respect??

M-5: A l’occasion d’un changement de faisceau, Eric Huet compare Mikel San José à Charlie Adam.  J’hésite à débarquer dans les locaux de la chaîne cryptée avec 2-3 amis en criant «?ATHLETIC AKBAR?!?».

M-2 : Jean-Luc Arribart s’interroge sur l’absence d’Iñaki Williams. Une recherche Internet lui aurait appris en quatre secondes que le petit prodige basque est blessé depuis juillet. Professionnalisme, quand tu nous tiens…

6e : Pedro se retrouve seul face à Iraizoz. Il faut un retour miraculeux de De Marcos pour l’empêcher d’ouvrir la marque. Le corner qui suit voit Pique fracasser la barre. Tout va bien.

13e : Pedro est signalé hors-jeu. Heureusement car Iraizoz hésite encore, à l’heure où ces lignes sont écrites, à sortir à la rencontre du Blaugrana.

16e : Cette fois, c’est Messi qui se dévoue pour être signalé hors-jeu. Mon rythme cardiaque descend enfin sous les 228 pulsations.

17e : Beñat, sereinement, tente et réussit un grand pont sur Busquets. Je me pince pour y croire.

25e : Aduriz s’amuse entre Mascherano et Busquets. Comme le vin bourguignon, le Bel Homme se bonifie avec l’âge.

26e: Opta annonce une possession à trois chiffres pour le Barca. Sans décimale.

27e : Les attaquants barcelonais ont visiblement décider d’offrir tous les ballons à leur public.

Cet extrait de ce chef d’œuvre du nanar qu’est Devil Story illustre parfaitement l’attaque barcelonaise lors de cette finale à mon sens.

28e: En contre, Laporte casse un rein à Daniel Alves mais se heurte à un vrai joueur de foot en la personne de Sergi Busquets.

37e: Grâce à un pressing extrêmement haut de De Marcos, Eraso se présente seul face au portier catalan mais trouve le petit filet. Le K.O. était proche. Vous avez raté une occasion de voir un Vine de la San Mames Académie chantant «?Libérée, délivrée?» en basque.

43e: Rakitic temporise à l’entrée de la surface, centre pour Suarez qui remet pour Messi. Gurpegui étant plus en retard qu’un Pedro Delgado au départ d’un prologue, la Pulga ouvre le score (1-0)…

44e: Dans la foulée du but, Iraizoz tente de gagner du temps en gardant le ballon. Courageux, quatre catalans se jettent sur lui pour la lui arracher. Je croyais que le Twister était passé de mode depuis 1992.

À MOI BALLON !

46e: Mi-temps au Camp Nou.  Pressing et application défensive impressionnante des Leones. Ce but encaissé juste avant la pause est certes quelque peu rageant, mais après trois mi-temps à te faire assiéger par l’une des meilleures armadas offensives de la planète, on peut leur pardonner. Je suis quand même plus confiant qu’au coup d’envoi, en espérant qu’Eraso n’ait pas bouffé la feuille de match…

 

49e: 7e duel gagné de la tête par Aduriz. Sur sept disputés. Désormais, on dira officiellement en Euskara « Aduriz» pour évoquer un point de fixation.

52e: Premier tir cadré des basques, à la suite d’un beau travail de Javier Eraso pour Susaeta. Son tir, trop mou, n’aurait toutefois pu faire trembler que Michael J. Fox.

54e: Bien qu’étant hors-jeu de 3m sur la passe de De Marcos, Aduriz se présente seul face à Claudio Bravo, mais le Chilien a le dernier mot.

55e: Dans la continuité de l’action, Pique semble évoquer la vertu de la génitrice de l’arbitre assistant (en effet, Pique aurait expliqué au juge de touche que ses déjections intestinales avaient tendance à atterrir sur sa péripatéticienne de maman, NDJK). Et part rejoindre Shakira de façon anticipée.

56e : Centre parfait de Mathieu pour Rakitic. Gêné par le bon retour de Balenziaga, le Croate frappe à côté.

64e: Claudio Bravo s’inspire de Geoffrey Jourdren et tente une simulation devant Aduriz. Avant de se faire vertement rabrouer par notre Cher Leader.

67e: Etxeita, plutôt propre ce soir, cède sa place à Elustondo.

72e: Suarez laisse sur place Gurpegui et sa charrette mais rate sa frappe à l’entrée de la surface.

74e: GOLAAAAAA?! Duel aérien entre Eraso et Mascherano, après un long ballon de Laporte. Aduriz, complètement esseulé, hérite du ballon et enterre le Barca en deux temps.

80e: Sous les ovations des visiteurs basques, le héros de cette finale, Aritz Aduriz, cède sa place à Kike Sola.

83e: Mikel Rico remplace Beñat. Parce que.

86e: Kike Sola trouve le moyen d’être encore plus con que Pique. Et part le rejoindre aux vestiaires.

90e: FIN DU MATCH?! LE TITRE POUR BILBAO?! LE PREMIER DEPUIS 31 ANS?!  Ce. Putain. De pied.

Que dire?? Si l’on pourrait arguer de décisions arbitrales particulièrement favorables à nos petits gars, comment leur enlever leur incroyable performance du match aller?? Comment minimiser les performances d’Aduriz, De Marcos ou Laporte, qui a su mener la défense pendant 120 minutes face à la meilleure attaque de la planète. Oui, tu entends ça DD??

Cette académie étant d’ores et déjà bien trop longue, je vous invite à passer directement aux notes.

 

LES NOTES GROUPÉES

Iraizoz (4/5) : Parfait à l’aller (il a deux arrêts à faire et les fait très bien), mais pas loin de retomber dans ses travers au retour. Ce sont les anciennes expatriées à Bilbao qui en parlent le mieux.

 

Balenziaga (4/5) : Auteur probablement de la paire de matches de sa vie défensivement. La grinta comme on dit.

Etxeita (4/5) : Voir au-dessus.

Gurpegui (3+/5) : A presque réussi à ne pas faire de connerie sur presque deux matches. On en redemande. Non, je déconne.

Boveda (4/5) : Ou comment soigner son retour.

De Marcos (5/5) : Quand on demande à un latéral de prendre son couloir, il peut soit s’inspirer de Kieran Gibbs, pour qui sa zone représente un corridor lilliputien, ou d’Oscar, qui occupe l’équivalent d’un couloir aérien à chaque match. A la vitesse d’un Rafale. Sachant qu’en plus il peut évoluer à n’importe quel poste ou presque, je le défendrais envers et contre tout.

Laporte (5/5) : Quand tu mènes ta défense sur deux matches contre une équipe à la force de frappe de la Tsar Bomba et que tu ne concèdes qu’un but, on peut considérer que tu mérites largement tes cinq points. Et bien davantage.

San José (5/5) : Comme d’habitude, il y est allé de son (superbe) but. Son activité au match aller m’a estomaqué. On le reverra cette saison avec la Roja, surtout que lui aussi est polyvalent.

Beñat (4/5) : Plus discret offensivement qu’à l’accoutumée, son agressivité au pressing nous a fait le plus grand bien.

Sabin Merino (4/5) : Privé de ballon par les phagocytes catalans, il a tout de même trouvé le moyen de déposer un caviar sur la tête d’Aduriz à l’aller. Avec en prime une petite humiliation sur la personne de Dani Alves.

Javier Eraso (4/5) : Très intéressant dans la conduite du jeu. Il a marqué de gros points en attendant le retour du grand Iker.

Susaeta (3+/5) : Le mec s’est installé dans les 30m du Barca comme le VIH dans mes lymphocytes T4 après les hors-jeuïades.

Aduriz (5/5) : Il ne m’a jamais paru aussi fort. Un hat-trick à l’aller et une présence de tous les instants dans les duels aériens. Seul Charles-Henri Samson aurait pu l’empêcher de gratter les ballons de la tête hier. Et moi qui craignais de ne plus avoir un attaquant qui pèse sur les défenses après le départ de Llorente…

 

Comme si tout cela ne suffisait pas, on retrouve les Catalans très bientôt pour l’ouverture de la Liga. Sachant que Fernando Nandrolonas a assisté à la finale, je ne désespère pas de lire bientôt son résumé du match.

Johny Kreuz

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3 thoughts on “Bilbao – Barcelone (5-1) : La San Mames Académie est au 7e ciel

  1. la vidéo de la tsar bomba, c’ets un fake, le son arrive 10 secondes après l’explosion, donc ça induirait que l’explosion n’est qu’à 3.3km environ..

  2. Putain de basques de merde. heureusement que je déteste le barça.
    Au fait, il revient quand Luis Fernandez ?

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