Monaco-Nancy (6-0) : La Chardon à Cran Académie est un peu secouée.

La dernière acad’ ne commençait pas par une insulte, ni ne finissait par un cliffhanger, vous avez remarqué ? Non ? Z’êtes bien une belle bande d’avachis.

Monaco.

Que dire de ce marasme, si ce n’est que je suis presque déçu que personne n’ait fait de blague à base de set de tennis, histoire d’avoir une raison objective de commanditer une frappe nucléaire sur quelqu’un. Au lieu de ça, me voilà encore seul et tout nu, à grelotter de froid ou de chaud, on ne sait jamais trop avec la fièvre, sur le sol souillé de mon carton, ne recouvrant la capacité de parler que pour invoquer l’échec comme une divinité envoûtante qui régnerait en maître sur toutes mes décisions, mes peurs, mes peines…une déesse, on ne la choisit pas, et on finit toujours par l’aimer. Et pas seulement parce qu’elle pourrait bien ressembler au décolleté de Brigitte Nielsen ou à une victoire de Lyon sans polémique arbitrale. Aimer sa douleur, ça s’apprend. On la contient d’abord comme un mâle de l’espèce humaine est capable de contenir sa bite lorsqu’il est doté d’internet : avec quelques débordements. Puis une étape que les vrais passionnés de souffrance connaissent tous : s’infliger une peine bien plus grande encore pour oublier la précédente (s’abonner à Twitter au terme d’une longue période de refus est probablement le remède ultime). Et enfin…la paix ? Non, bien sûr : une forme de rage de dents, lancinante, changeant vos nerfs autrefois souples en une petite bille de mucus toute vulnérable , aussi dure que cassante, qu’une seule secousse suffit à éclater et à faire suinter lentement, lentement, trèèèèèèèès lennnntemmmmmennnnnt.

Picon dans son salon, accompagné de son fidèle camarade humain peinturluré.

Mais tout cela n’a guère d’importance, car la vie est si belle : le Doktor Burgbrau m’a bien prévenu qu’après une petite période à se tailler les veines de la cuisse pour boire son propre sang, un épisode maniaque plein de joie de vivre et d’envie de ranger par ordre de taille dans des jolies boîtes colorées croquignolettes les cheveux que je m’arrache allait se produire. Il l’a lu dans un livre, c’est vous dire si je le crois, surtout si ce livre a été édité chez Albin Michel. Il s’agit donc maintenant de respirer à pleins poumons au-dessus des vapeurs pestilentielles que laisse la mauvaise santé de l’ASNL sur le parterre quelque peu flou de mon humble demeure, et de raconter ce fieffé match filouninou, le tout sans s’énerver, ou plutôt si mais alors de manière constructive et pourquoi pas, de conclure de manière guillerette sur une ouverture pleine de câlins, de dépenses inconsidérées en vêtements, drogues, papier à dessin, crayons gras, matériel à couture, pourquoi pas aussi quelques fruits et légumes pour faire un repas ce soir où j’inviterais les copains mais du coup il faudra du vin et aussi un peu de parmesan pour les protéines et comme ça personne ne me traitera de vegan commes’ils’agissaitd’unemaladiedepeauouautrejenesaisaprèstoutj’aidéjàeuunzonadansmajeunesseblablblblablablablabalablablablablbalbalbalbalbalblblbablabnlablbalalabalbalbalbablalbalbabl

bouffe

Picon préparant à manger pour ses invités.

On parle rachat ? Non, laissons ce sujet grave à d’autres. On mentionne rapidement le fait que le stade qui nous accueille porte le nom d’un collabo notoire ? Bien sûr : il ne faut pas négliger ces informations sérieuses. L’académie du grand huit de la gaudriole plaintive et de l’apocalypse joyeuse vous ouvre grand ses portes, messieurs-dames : bienvenue !

DANS UN STADE VIDE, TOUT LE MONDE VOUS ENTENDRA PLEURER.

Du plus profond de la décrépitude, le triste Pablo Correa a dispersé sur la feuille de match un semis âcre de noms tous plus arides les uns que les autres :

Dans les buts, l’inéganal et maltraité par sa défense comme par les attaquants adverses Gui Roland Ndy Assembé.

En défense, la formation dite du corridor de la mélancolie : Julien Cétout, Mickael Chrétien, Clément Lenlget, Tobias Badila.

Au milieu, un double pivot bileux et maussade composé d’un échantillon des plus sauvages rebuts des tréfonds du national et de la plus belle salope des monuments de la ligain encore en vie : Diallo Guidileye, Benoit Pedretti.

Sur les côtés, Antony Robic, sans h mais aussi sans joie ni QI football, et le poulet atomique que le monde de la tristesse nous envie : Loïc Puyo Hermano.

Enfin, en attaque, Christophe Mandanne, l’homme que plus personne n’attend, et Issiar Dia, un homme qui n’attend personne.

C’est donc dans un 4-2-4 complètement bipolaire et surtout follement offensif que le maître à jouer le plus affectueux de tous lance ses troupes ! Une joie incomparable nous étreint au moment d’assister à l’entrée de tous ces vaillants seigneurs sur la piste de danse !

LE MATCH

-1 La peur s’invite, et redevient un éclat de rire à la découverte des travées plus jaunes qu’un foie lorrain en hiver : cette absence de spectateurs n’est-il pas la symbole fécond d’un nettoyage par le vide de nos fondements à venir ? En tout cas le résultat est le même, et nos cœurs battent à tout rompre !

Nancy a bien choisi son stade pour retrouver un niveau Ligue 2.

1 Sans même laisser à qui que ce soit le temps d’écrire « Monaco donne égoïstement le coup d’envoi de ce match perdu d’avance » Bakayoko déchire brutalement tout le côté droit nancéien tel le vit un peu trop aiguisé du curé d’Uruffe dans une soirée pyjama de jeunes adolescentes, et centre dangereusement. Ndy Assembé sort et capte.

2 Robic et Cétout s’y mettent à deux pour compter fleurette aux munégueux, en combinant sur leur côté. Ça finit en corner, cela ne donne rien, mais c’est pas grave on est content.

5 Lenglet enlève un ballon à Germain. Ça ne tient plus qu’à un fil, sans défaitisme aucun.

7 Par désœuvrement, Robic redescend défendre, et l’on se rend compte qu’il n’est pas malheureux dans l’exercice. Une reconversion en vigile chez Cora est envisageable.

10 Robic obtient un coup-franc. Monaco est en plein doute !

11 Et voilà qu’Issiar Dia vide sa jauge de bonus dans la surface adverse en posant son énorme cul sur le nez de Gemerson, qui en crève asphyxié dans l’instant. Il ressuscite juste à temps pour voir Cétout dégager son adversaire dans un accès de noblesse, d’une frappe au-dessus.

16 Hasard ou accident de la vie : Guidileye se trouve cette fois du mauvais côté du tacle au genou, et obtient donc un coup-franc.

17 Nouvelle intervention pleine de charme de Lenglet devant Germain, qui avait faussé compagnie à la défense, tel un petit fripon.

19 Dia use et abuse d’un unique dribble que toute la ligain connaîtra bientôt pour se mettre dans le sens du but : la feinte de cul. Sa disparition est donc programmée pour la trêve hivernale.

21 Mandanne n’ayant aucun respect pour rien ni personne tend à profiter d’un travail remarquable du Dia précité pour saloper tout le boulot.

25 Entre le but de Falcao à un moment inattendu et la 124è scansion d’affilée d’une voix éreintante invitant à cliquer sur ses nichons pour la rejoindre à Velaine-en-Haye, il est difficile de se prononcer sur ce qui est le plus déprimant tant c’est convenu. 1-0.

29 Guidileye décide de plaider pour le score au détriment de l’appeau à bite : ton stream est naze, Picon ? Je vais te provoquer un penalty, tu n’y penseras plus. Fabinho transforme. 2-0.

37 Poliment, Germain n’attend pas le retour de Lenglet pour se rater face à notre but. Il est bien brave avec son sfeu sur la langue, on dirait un lepidoptérophile. Certains ont apparemment remplacé ce mot par « pédé » dans leur vocabulaire, ce qui n’est guère gentil.

41 Dia sonne la révolte mais s’emporte à trop en faire dans la surface alors qu’il a deux solutions de passe. Ses douze litres de sang ne suffisent pas à irriguer à la fois sa tête et son postérieur, qui finit par être contourné puis éjecté par un défenseur.

43 Cette fois Germain cadre sa tête, ce qui donne l’occasion à Ndy de briller une nouvelle fois sur une parade somptueuse. Qui, comme la plupart des autres, ne sert strictement à rien puisque, d’une part, il y a déjà 2-0, et d’autre part, le blondinet était hors-jeu.

Mi-temps.

46 Signe indubitable confirmant les avis préconçus de toute la presse que Pablo Correa pense avant tout à bien défendre, el rigolo (« le bedonnant » en uruguayen) sort l’inutile Guidileye dès la reprise pour le substituer par Vincent Marchetti, autrement plus jeune et porté vers l’avant, il est vrai.

50 Cétout s’y reprend à deux fois pour centrer vers la grosse tête pleine d’eau de l’étang de Berre d’Antony Robic, mais le susdit gros préfère se vautrer dans la surface en demandant son habituel penalty qu’il n’obtient jamais.

52 Puyo torche un centre comme un gougnafier suite à un corner qu’il venait de tirer pas trop mal. La ronde infinie de ses pitreries, communsymbole de ma cyclothymie. Enculé que j’aime d’amour, puisses tu mourir demain. Mais dans la joie.

54 Mandanne déploie sa supra-détente pour battre Subasic de la tête au duel. C’est toutefois intolérable pour l’arbitre, qui siffle une faute là où il n’y avait que l’exploit sportif d’un homme incompris qui s’est trompé de discipline.

58 Monaco se remet à nous gangbanger violemment tandis que je claque des fesses comme dans un clip de Schoolboy Q. Puis j’arrête, parce que le son évoque des applaudissements.

60 Dia s’échappe côté gauche et a un espace suffisant pour frapper, mais tente en dépit du bon sens un centre impossible pour Mandanne.

64 Figurez vous Arsène, que c’était le 78è hors-jeu sifflé contre le seul Christophe Mandanne.

65 Nouveau but PES pour Monaco, œuvre de Killian M’Bappé, cette fois. Nous ne nous étendrons pas sur le patronyme de ce jeune homme. 3-0.

68 Chrétien est rappelé sur le banc pour commander des indulgences à toute l’équipe. Cabaco le remplace.

69 On ne va pas se quitter sur une telle défaite sans la bonne faute de salope de Pedretti qui va bien, le tout sans même encaisser de carton, non ? Non ? Non.

72 Marchetti prend sa chance à 23 mètre 75, c’est au-dessus de 18 centimètres, Thierry.

76 Le dieu vivant de la Lorraine, père génétique de la moitié des enfants de notre belle région dont Benoit Pedretti est sorti de la cuisse fait son entrée à la place d’Antony Robic, en manque de pizza de marque américaine : Youssouuuuuuuuuuuf Hadjiiiiiiiiiiiii pour le quadruplé de la dernière chance messieurs dames.

79 Afin d’être certain d’avoir la panoplie complète du parfait petit Vincent Muratori, Tobias Badila prend un jaune (pour une charge pourtant pleine de sollicitude).

82 Le ballon, corrompu par les milliards de Rybolovlev, échappe au contrôle attendri de Youssouf Hadji et part voleter dans les pieds monaquiens pour finir par un tir qui frôle la cage de N’dy. Ça se voit que vous trichez.

85 Le centre de Mandanne ne devait probablement pas aboutir à cela, mais c’est bien une reprise de volée digne de Van Basten dont nous gratifie le Ben Ped. Et même si d’aucuns s’extasieront sûrement sur la parade il est vrai pas dégueulasse de Subasic en guise de réponse, il est tout de même bon de rappeler que cet homme à la tête hérissée de pics au gel aurait pu marquer là son premier but sous les couleurs rouges et blanches de l’amour et de la pureté, mais qu’il n’en est rien, alors ta gueule.

86 Le grand jeu de « qui veut pourrir sa différence de but afin qu’elle ressemble une bonne fois pour toute à celle d’un putain de relégable ? » commence avec un but d’un mec dont le nom m’échappe comme celui qui le porte échappe au marquage honteusement négligent de Clément Lenglet. 4-0.

Ça pique comme un dessin officiel de l’ASaNaL.

89 Le même Lenglet n’en a plus rien à foutre, autant tout envoyer en l’air, surtout sa note : il dégomme Corentin Jean, panalty indiscutable.

90 Ndy saute toujours du bon côté, mais ne les arrête jamais. 5-0.

L’auteur de ce chef-d’œuvre se nomme Fuca. Oui, comme les.

92 6-0.

Un petit dernier pour la route, car c’est drôle. Non ? Non.

Voilà, c’est fini. Niquez vous tous. Surtout toi, qui trouves encore de la beauté quelque part dans ce monde. Mais peut-être pas toi, qui t’écorches la peau des doigts à l’épluche-légumes depuis tout à l’heure. De toute façon je suis quasiment certain que vous n’existez pas.

LES NOTES.

Ndy 2/5 : Il est temps de sortir le cliché « abandonné par sa défense », car quelquefois, cette situation se produit pour de bon.

Cétout 2/5 : Ne semble rien avoir à dire pour sa défense. Il a pu essayer par à-coups, mais tel un surfeur débutant tentant de passer la barre de vagues trop timidement sans savoir comment positionner son corps face à l’imposant reflux qui lui fait face, il s’est fait rouster impitoyablement et a bouffé des tonnes de sable.

Lenglet 1/5 : Il a passé le match à disparaître, comme une putain de banquise estivale. On n’est pas près de devenir climato-sceptique à voir sa prestation.

Chrétien 1/5 : Étrange que Pablo ait attendu 68 minutes pour le sortir, quand 25 suffisaient à se rendre compte qu’il n’avait pas le niveau pour un tel match.

Badila 2/5 : Il a bien essayé lui aussi de monter par moments. Quand un ouragan hors catégorie ne faisait pas rage dans son dos, ce qui a été bien rare.

Guidileye 1/5 : Dépassé, simplement dépassé.

Pedretti 2/5 : Impuissant à tous les sens du terme.

Robic 1/5 : Absolument aucun intérêt.

Puyo 1/5 : Aussi utile qu’un pneu sur une poule.

Mandanne 2/5 : Au challenge Jonathan Iglesias de celui qui galope le plus, il se pose comme un concurrent tellement sérieux qu’on se demande bien qui pourrait rivaliser. C’est malheureusement tout pareil pour l’efficacité face au but, et encore, lui a un avantage : il est attaquant.

Dia 2/5 : Sans trop de mauvais choix, sa performance aurait probablement valu plus, mais il fallait aussi se débarrasser de la teigne chauve abominable qui n’a cessé de lui sauter dessus à longueur de match…

REMPLAÇANTS :

Marcehtti NN : c’était couillu de le faire entrer au risque de ne plus avoir un seul vrai récupérateur sur le terrain, et ça aurait pu marcher s’il avait réussi à se démarquer plus souvent. Reste que face à un bloc comme ça, il n’y avait pas grand chose à faire…

Cabaco NN : ça c’était plus étrange comme choix.

Hadji NN : l’homme le plus sexuel du monde aurait pu rester sur le banc à préméditer de quelle audacieuse manière il allait mettre en perce la princesse de mes deux, il a préféré faire un petit footing, en bon épicurien. Ça c’est sport.

NOTE ARTISTIQUE DE L’ÉQUIPE : 1/5.

Alors que cette brève respiration footballistique a dû vous détourner furtivement du vrai propos de cet article, nous pouvons désormais en convenir : fumer les poils de ses genoux en mâchant des feuilles de châtaigniers n’est pas suffisant à dissuader qui que ce soit qu’il y avait la place, mais largement. J’en ai oublié un instant mon identité malheureuse, pour me demander : Est-ce si dément de croire qu’on aurait pu faire un coup dans ce stade plus décati que son propriétaire ? Les automobiles sont-elles oui ou non des êtres vivants ? Comment peut-on bien convaincre Christine Butin que sa tête n’est pas l’empreinte du christ sur un bout de tissu, et sa schneck le moulage du pénis de Dieu ? Tant de question que bouffer sa merde en papillotes ne permet pas de résoudre, même si cela donne un relatif aperçu d’un début de réponse à la troisième question.

Mais que ceci ne nous éloigne pas de l’implacable constat qui pèse sur notre bien aimée AS Nancy-Grand Est : on est nuls, on est avant-dernier sans gloire, on pue du cul, de la gueule et du cuir chevelu (tous sauf un), on sert de proie facile à la meilleure attaque d’Europe, et on ne peut presque plus se foutre de la gueule des Messois pour le 0-7 qu’ils ont encaissé à domicile par les mêmes ploutocrates (mais quand même, quelle rigolade). Il semblerait que de foutus poulets de batterie sans plumes fluorescents et pétant du gaz de chiste sentant le Krema cerise auraient moins de succès que nous dans les bouches moqueuses des observateurs, ces temps-ci.

Et l’« Objectif ligue des champions » : j’en entends, et j’en commets moi-même des éclats de rires, depuis que le bel et bon Jean Jacques Rousselot a prononcé cette formule magique de malheur. Des éclats de rire qui se déchirent en crise de larmes aiguës pitoyables. L’idée de virer tous mes aimables plaisantins pour recruter des mégastars au Brésil, en Argentine, voir en Belgique, me rend vaguement zinzin. Heureusement, une chose est sûre, et notre président albinos préféré l’a assuré : la seule lumière de lucidité au milieu de ténèbres de cette équipe ne partira pas. Il ne partira pas, quand bien même le feu sacré du volcan purificateur se met à nettoyer un par un tous les historiques des bancs de la ligain. Lui n’est pas historique. Il est l’histoire.

Je crois en Pablo Correa.

Marcel Picon.

Marcel Picon

Ras le cul de toutes ces conneries.

2 commentaires

  1. C’est joli chez vous. Et vous faites la cuisine comme moi. Et vous surfez qui plus est ? Ne partez pas !

  2. Merci monsieur Picon pour cette bien belle acad.
    L’objectif Ligue des champions, avec la relégation en fin de saison, c’est vachement couillu quand même

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