Nancy-Red Star (2-0) : La Chardon à Cran Académie préfère la Kanterbrau.

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Seuls, à la poursuite de Dijon.

marcel-picon

Salut les belles plumes dans le cul,

Je ne vous gratifie pas de la surprise que je vous réservais pour parler de la défaite à Ajaccio, vous l’aurez plus tard. En attendant, sachez que conformément aux nouvelles directives du lectorat, mon académie ne contenait pas d’attaques envers l’adversaire, pas de gif cochon, ni de dénigrement arbitral.

Juste la dose normale de racisme anti-corse que chacun se doit de prononcer dans ce contexte, et de spontanées invectives parfaitement justifiées par les décisions normalisées du salopard d’enfant d’aveugle microcéphale qui a offert à l’équipe locale deux coup-francs sortis de son imagination malade d’évadé de la DAS.

Perfettu pourra certainement pavoiser dans son prochain papier, sans se livrer à des privette djoques interdites pour autant, mais bizarrement, il a semble-t-il été paralysé par la honte de voir une telle victoire inepte, ces derniers jours (ou alors, il cherche encore comment on sort d’Auxerre).

Histoire de ne pas me laisser faire, j’ai moi-même décidé de truffer cet article de blagues auto-référencées sans aucun respect pour personne, manifestant ainsi mon dédain envers les partisans du « c’était mieux avant ». Si ça ne vous plaît pas, vous n’avez qu’à scroller vers le bas, ou retourner lire l’Équipe, je m’en contre-carre.

 

SUR LE GAZON TRANSGÉNIQUE

 

Pablo, ce génie, en a plus que ras le cul des moqueries, et quand bien même celles-ci ne viennent pas toutes à ses oreilles, il décide contre toute attente de jeter l’intégralité de ses forces offensives dans la bataille.

Rygolan Ndy Assembé est aux caisses, soit. On n’allait quand même pas y mettre Brice Samba, même s’il relève le défi haut la main au jeu des patronymes sujets à jeux de mots géniaux.

En défense : Cétout à droite, Papa Diakhaté et Clément Lenglet dans l’axe, Vincent Muratori à gauche.

Au milieu, on note le retour de Diablo Guidileye, avec Aït Bennasser à ses côtés. Robic joue à droite, et Lusamba à gauche.

Hadji et Dalé occupent le front de l’attaque, dans une sorte de 4-4-2 plutôt inédit. Pablo est un réac conservateur, et laxiste tout à la fois. C’est réel. On dirait un socialiste à qui on a donné le pouvoir.

LE FOOTBAAAAAAAAAALL

Une fois n’est pas coutume, la team Picon s’est rendue dans l’écrin de bonheur vrai de Tomblaine, et en famille, s’il vous plaît. Fi donc de cette saloperie de streaming perrave, du multiplexe glaireux de ces peines-à-jouir de [Chaîne de télévision passant du sport, mais dont le nom me provoque des hauts-le-cœur], de la qualité purulente de la retransmission satellitaire : nos yeux seront seuls juges, et nos voix porteront leurs vociférations insultantes directement dans les esgourdes des joueurs.

N’en déplaise à Pierre Lapoutre, ce Nîmois, il n’y a pas de statue d’Hercule à Nancy, et msieur le maire et msieur le curé n’enculent en conséquence que leurs propres fions respectifs (je ne connais pas le second, mais sachez que le premier est un authentique buveur d’urine comme on n’en fait presque plus, en plus d’être le pantin du gros Rossinot). À peine avons nous un gros Stan en plein cœur de la ville, qui doigte depuis la nuit des temps le Messois invisible.

Ou alors il lui montre le chemin du Natianal, c’est selon.

Bien mal nous a pris toutefois de croire qu’on allait vivre la vraie vie de l’ASaNaL en nous installant près de la tribune VIP, livrés que nous fûmes à la bêtise sauvage des bourgeois venus beugler leur méconnaissance du football, leur huées sordides dès qu’une passe en retrait ne leur plaisait pas, leurs commentaires insalubres au fiel mécréant. Entendre quelques sifflets monter des rangs derrière moi a manqué de peu me faire vriller un fusible, et il a fallu que l’on m’abreuve de bière pacificatrice (oui, on sert de la vraie bière, à Picot) pour que je ne scie pas la jambe d’un connard qui croyait malin de vilipender le niveau de jeu de nos héros, son cul répandu tout autour de la surface de son siège, les mains croisées sur un bide à la circonférence planétaire (je n’ai rien contre les gros, j’ai un ami qui mange du jambon). Qu’on se le dise, on ne reprendra plus le Picon à se mêler à de la petite bière bourgeoise.

En première mi-temps, les rouges étoilés ont bien tenté de nous rentrer dans le lard, avec un style bien à eux, et fort éloigné du nôtre : des passes rapides, des contres assassins, du mouvement vers l’avant, une récupération basse et des duels plus souvent négociés au crochet intérieur-double contact qu’à l’épaulé de déménageur. Pas du Rembrandt, mais tout de même un rythme qui laissait voir quelques velléités expressionnistes.

Mais Nancy est chez soi, a du répondant, et offre parfois des phases de jeu lumineuses comme une toile de ce bon Claude Le Lorrain (un peu de chauvinisme ne fait pas de mal), comme quand Pape Diakhaté allonge le jeu, et au bout de cinq tentatives infructueuses, trouve Robic dans la profondeur pour une course haletante. La suite est classique : lors d’un duel musclé dans lequel le gros Tony a de l’avance, l’arbitre voit une annihilation d’action de but et exhibe directement un splendide monochrome rouge de Klein au défenseur, tout en confiant le ballon au sus-mentionné Robic. L’action était aussi nette qu’un exemplaire des Nymphéas dernière période, mais gageons que si l’homme de loi a pris cette décision là, c’était justement pour clarifier la chose. Robic « se fait justice lui-même », et voit la balle sortie par le gardien. Soit. J’invite ceux qui s’excitent sur le théorème habituel à se rappeler qui était impliqué sur le dernier penalty inscrit par l’ASaNaL, et ceux qui tancent ce bon Toto sur le fait qu’il a mal tiré le penalty, à plutôt saluer l’excellent arrêt de Machin-en-jaune-fluo.

Le gros se rattrape de toute façon par la suite, et de bien belle manière, en bottant sauvagement un ballon qui traînait aux 18 mètres : lucarne, 1-0, 42è. On se sent plus léger quand la mi-temps débarque ainsi. Et nos oreilles se portent mieux de ne plus entendre les quolibets dignes d’un public de faux-culs madrilènes adressés à nos rouges et blanches idoles.

En deuxième période, les chardons repartent sur un rythme léger, trouvant difficilement à s’adapter à l’organisation à dix de leurs adversaires. C’est vrai que Pablo Correa n’a pas tout à fait les capacités organisationnelles de son homologue Picasso : le divin petit chauve ne va pas nous faire un Guernica tactique façon Bielsa à chaque match…mais lui, au moins, ne paraît pas avoir lancé ses joueurs sur la feuille de match façon drippings de Michel Pollock (comment ça, il ne s’appelle pas Michel ?) au point de voir son propre gardien contester ses choix tactiques ineptes…la solidité des choix de notre Pablo se ressent dans l’annihilation des quelques tentatives de la Saine Sein Denis, qui doit se contenter de phases de possession aussi rachitiques qu’un auto-portrait d’Egon Schiele. En clair, le plan fonctionne bien, et ce 4-4-2 n’est pas sorti de nulle part juste pour le plaisir de coller Hadji et Dalé côte-à-côte dans l’axe.

Il y a bien ce tir de Sliti sur le poteau qui fait passer un cri d’effroi digne de Munch dans Picot, mais cette occasion, certes fort dangereuse, reste parfaitement isolée au milieu de la tempête Turnerienne que subit la défense du Red Star tout au long de la deuxième période.

La suite est tout à l’avantage du bon peuple nancéien, qui déplore toutefois le manque d’efficacité de ses troupes, alors que ces dernières multiplient les occasions. Je n’ai heureusement pas le loisir de m’offusquer encore des plaintes rengorgées des pisse-froid sans organes qui me côtoient en tribune, car l’entrée de Pedretti permet à Guidileye l’affamé de jouer plus haut, Lusamba est plus disponible, Cuffaut peut combiner, et ça marche bien : toujours présent, Dalé écope d’un centre en retrait au premier poteau, et gratifie Picot de sa classique frappe décroisée, qui porte le score à 2-0.

En dernière instance, Ndy étend ses grands pinceaux pour stopper la tête à bout portant d’un attaquant adverse. Gustave Moreau le communsymboliste l’aurait certainement peint en train de sortir de la cuisse de Jupiter, sur ce coup.

LES NOTES

Ndy 4/5 : On l’a vu sortir, on l’a vu attentif sur sa ligne, on l’a même vu bondir tel un putain de félin pour empêcher la réduction du score. Malgré les tombereaux d’immondices (mérités) que je lui ai déversés sur la gueule, force est de reconnaître qu’il a cette fois été précieux.

Cétout 4/5 : à droite, à gauche, défendre est son âme, et soutenir les offensives, son moteur.

Diakhaté 3/5 : pas plus serein que d’habitude, gros, lourd, pataud, brutal, souvent en retard, mais présent, et mentalement solide. Peut-être que s’il retrouve le rythme, il jouera un rôle moins ingrat pour la montée que celui de cinquième roue de secours du carrosse.

Lenglet 5/5 : Son retour à un niveau au-dessus de 9000 est la meilleure nouvelle de la semaine, dans une période difficile pour notre défense. Aymeric Laporte peut se préparer à chialer encore quelques années de ne pas être en EDF.

Muratori 3/5 : à l’échelle du courage, Vincent, c’est Van Gogh le suicidé de la société. Non content de livrer un match de bonhomme, le gars poursuit ses efforts alors qu’il vient de signaler à son coach qu’il s’était claqué. Examens aujourd’hui, en espérant que la vie, cette traînée, ne nous réservera pas trop de mauvaises surprises.

Aït-Bennasser 3/5 : un peu facile parfois, mais son niveau technique supérieur et sa vision du jeu lui permettent toujours de s’en sortir, l’insolent.

Guidileye 4/5 : Le Guide est de retour, plus vénère que jamais. À son talent pour la récupération s’ajoute un coffre surhumain, qui lui permet de se projeter vers l’avant et d’entrer vigoureusement dans le buffet de son adversaire, occasionnant un nettoyage par le vide fort efficace. Passeur sur le deuxième but.

Lusamba 3/5 : Malheureux sur ses quelques occasions de frapper au but, mais sa capacité à foutre du défenseur dans le vent par pelletées de quatre est assez géniale.

Robic 4/5 : Match contrasté, pour lequel je choisis tout à fait arbitrairement de prendre le parti de la pipe au miel. Bravo Toto, continue comme ça. Tes plongeons sont parfaits.

Hadji 3/5 : Techniquement supérieur au football lui-même. Chacune de ses prises de balles fait parcourir un frisson orgasmique dans les rangs des vrais supporters, ceux qui viennent voir du football et pas dégobiller en tribune leur jalousie à peine masquée envers le talent d’un Arabe.

Dalé 3/5 : Pas en grande réussite sur l’ensemble du match, il reste toutefois dangereux du début à la fin, en témoigne son douzième but, à une heure tardive. Junior n’est certainement pas le plus doué des attaquants, il n’en reste pas moins qu’il sait admirablement jouer de ses qualités.

REMPLAÇANTS

Pedretti 4/5 : son entrée a écarté tous les scénarios alternatifs : la victoire lui tend toujours les bras.

Cuffaut NN : le cœur a ses raisons que sa maladresse ignore. Geoffraie est sans doute le plus pataud de tous les joueurs de l’effectif, et le voir tenter de compenser la forme parallélépipédoïdale de ses pieds par son abnégation qui confine à l’héroïsme n’est pas la chose la moins rigolote qu’il soit donnée de voir durant un match de Nancy.

Mabella NN : il a passé son temps à courir, comme tout jeune espoir qui tente de grappiller du temps de jeu petits bouts par petits bouts. On pourra juger quand il touchera un ballon.

NOTE ARTISTIQUE DE L’ÉQUIPE : 4/5

Bien sur, le carton rouge a quelque peu faussé le spectacle, et on aurait été curieux de voir comment le Raide Star avait prévu de nous faire la nique au complet. Je retiendrai le sérieux des rouges en blancs, qui ont fait le taf avec application, en gagnant le match qu’il fallait en cette fin saison approchante. Peut-être pas le plus glorieusement du monde, mais à la fin, on s’en cogne bien fort.

Aussi, la Chardon à Cran académie fête son retour dans l’élite dès aujourd’hui, et a décidé de ne plus écrire que beurrée à mort.

Finies donc les circonlocutions, les tournures savantes et les blagues subtiles. Désormais, ce sera bitenichoncouille, invectives dégueulasses et vulgos, on traitera l’adversaire plus bas que terre sur la base de commentaires racistes, sexistes, xénophobes, homophobes, bref, tout ce que les métèques et autres pines d’huîtres qui ne soient pas blanc/riche/mec/cis-genre méritent.

Ah, on me dit que c’est déjà le cas. On me dit aussi que d’autres moqueries se préparent contre Pablo. Bien, j’aurai fait tous les efforts. Allez tous vous faire enculer.

Je crois en Pablo Correa.

Marcel Picon.

18 réflexions sur “Nancy-Red Star (2-0) : La Chardon à Cran Académie préfère la Kanterbrau.

  1. Juré, si vous montez en Ligue 1, on ira se faire l’un des deux matches entre Dijon et Nancy.

  2. Putain j’ai la tête qui tourne, me sens pas bien d’un coup…
    Trop de références artistiques, je crois que je fais une montée de syndrome de Sthendanal…

    Picon, enfoiré… t’as pas intérêt à me faire claquer avant la remontée !…

  3. Ça fait mal au cul de vous laisser 6 points, vraiment, surtout dans ces conditions b(i)aisées dès le départ.

    Bon, c’est loupé pour le titre, on dirait.

    1. Bon c’est clair que l’aller à Beauvais c’était cadeau. Par contre, là je ne vois pas ? Le rouge est assez peu contestable, il me semble (même si Robic en rajoute des caisses sur le contact).

      En tout cas on s’en branle du titre, l’important c’est de monter. Après, vous n’avez pas le calendrier le plus facile…

        1. On n’a pas le même milieu naturel, surtout. Mais venez y goûter avec nous, vous allez voir, c’est sympa la Ligain !

  4. J’ai trop hâte de lire l’académie contre Ajacciu. Comme tous les Chardons Lorrains vivant en Balagne. C’est à dire qu’en tant que balanin, je ne souffre pas d’une affection du gland, mais je subis le vent. La Lorraine est rouge blanc!

  5. J’espère au moins que dans la tribune vip, les petits canapés au saumon et autres spécialités insalubres étaient bons.

  6. Marcel P, La Balagne est une des régions les plus venteuses de France. Pascal Paoli, père de la Nation Corse, y fonda Ile Rousse pour concurrencer l’influence gênoise de Calvi.

  7. et évidemment, Pablo est le plus grand coach de l’histoire des sports collectifs avec un ballon

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