Nîmes-Montpellier (1-1) : La Crocro Académie livre ses notes

Et surtout, on prend date.

Nous y voilà les Pailladines, enfin venu ce dimanche de février qui devait nous permettre d’oublier la bien belle branlée du match aller, l’occasion de voir si les collègues ont compris entretemps ce que « derby » voulait dire.

Les conditions étaient pour le moins merdiques, et ce à tous les étages, avec en premier lieu un mistral à te décorner les taureaux de Camargue et à faire passer Jose Tomas pour un vendeur de chichis. Les Costières et leurs pesages ouverts aux quatre vents se sont transformés instantanément en une sorte de vortex rouge et fumant criant vengeance dans des conditions plus proches de celles requises pour la pratique du deltaplane que du football. Conditions rendues merdiques toujours par la pluie tombée sur la ville la veille, le stagiaire de chez Weldom faisant office de jardinier du stade n’ayant besoin que de cette excuse pour ranger le râteau et envoyer les joueurs se tanner les fesses sur un terrain de type champ de patates. Conditions rendues merdiques enfin par ce trou du cul géant de Préfet du Gard, qui décida de participer à la fête en interdisant le déplacement des Pailladines, appuyé en cela par un arrêté ministériel, allez hop on va pas se priver, appuyé également par la cohorte des pitres estampillés experts sur les plateaux télé, au premier rang desquels, aussi énorme et demeuré que d’habitude, trône le bon Pierre Ménès, estimant que c’était bien fait, qu’après tout les forces de l’ordre avaient autre chose à foutre que d’encadrer des supporters en ces temps difficiles. Et nous voilà donc, en toute logique, dans une situation « normale » où un Etat prend prétexte d’échauffourées potentielles pour interdire d’une centaine de personnes, et avance l’argument imparable du manque de moyens tout en faisant donner un hélico au-dessus des Costières, et en dispersant plus de pandores entre Nîmes, Lunel et Vergèze qu’il n’y avait de calories dans le petit déjeuner quotidien de Louis Nicollin, paix à son âme.

C’est donc en l’absence des Montpelliéraines et de la Putte Baillade que se joue le derby, ce qui devrait faire mal au fondement de tout bon amateur de foot qui se respecte – qu’il existe des cuistres pensant différemment de part et d’autre du Vidourle est une constante qu’il nous faut nolens volens accepter, tout en précisant que lesdits cuistres sont toutefois bien plus nombreux du côté héraultais.

L’atmosphère venteuse et l’absence du rival aura en tout cas eu raison de l’inspiration de nos ultras locaux : le tifo des GN91 est objectivement assez laid. Le lyrisme de la phrase, la laideur du blanc sur blanc et les boucliers qui valsent dans le mistral susmentionné : c’est raté les gars, faites du sobre la prochaine fois.

Faut-il regarder le doigt ? L’empereur Antonin, est-ce une référence à Bobichon ? A moins que ce ne soit Auguste ?

Du sobre comme dans la tribune Sud, par exemple, où les Nemausus nous gratifie d’un grand croco qui écrase le logo du MHSC, ça mange pas de pain mais c’est bieng.

LE MATCH

Heureusement, les collègues attaquent pied au plancher, le croc dans la burne gauche des éboueurs. On joue depuis deux minutes que Savanier envoie déjà un amour de corner sur la tête de Landre, qui pose au passage sa bite sur l’épaule de Le Tallec pour aller caler la gonfle dans le petit filet de Lecomte (1-0, 2e). Et là c’est quand même quelque chose, quand les Costières se mettent en mode bodega. La suite de la première période passe comme un souffle, avec des Crocos morts de faim qui ne laissent pas voir le jour aux visiteurs, avec Téji en chef d’orchestre reculé, ne l’appelle-t-on d’ailleurs  pas le Pirlo des Costières ? Devant, les poulets sans tête Thioub et Ripart multiplient les courses de repli et les appels à s’en faire péter les jarrets, mais peinent à donner l’estocade. Ferri et Valls, en bons chiens de garde, harcèlent le milieu héraultais si bien que Mollet ne sert à rien et qu’Andy-Delort-est-une-salope ne voit pas passer un ballon, bien surveillé par Toto Briançon.

On revient des vestiaires dans les mêmes dispositions, avec toutefois la fâcheuse impression que les Pailladines se sont fait remontés les jarretelles par tonton Der Zak et qu’ils commencent à jouer au foot. Ripart, Savanier puis Ferri butent sur Lecomte (il est fort ce con), Landre pense tenir son doublé mais est signalé logiquement hors-jeu, et commence alors à poindre dans l’esprit de votre serviteur que bordel de merde, si on n’en plante pas un deuxième on va le regretter. Pas le temps de le penser qu’Andy-Delort-est-une-salope s’échappe sur un très joli ballon piqué de Laborde (on notera toutefois au passage que Landre avait laissé son gros cul un mètre trop bas) et lobe Paulo, sorti un peu n’importe comment à l’abordage sur le coup. Landre échoue à dégager la balle et retombe tel un étron glorieux dans ses propres buts, les Pailladines exultent quand soudain OUI PUTAIN IL  ETAIT HORS-JEU RETOURNE A SETE CON DE TES MORTS mais que finalement l’arbitre demande le VAR et que PUTAIN MAIS VIREZ MOI CETTE ASSISTANCE VIDEO DE SA RACE MAUDITE QUI TUE L’ESPRIT DU FOOT SURTOUT QUAND ELLE AVANTAGE MONTPELLIER. Bref, ça fait but (1-1, 74e). Et on peut pas dire qu’on le sentait pas venir. Ah tiens, c’était à la 74e, pile au moment où les Gladiators sortaient la bâche « Mentalité sudiste » : on appelle ça le karma. Ah et tiens, vous ai-je dit qu’Andy-Delort-est-une-salope ?

Oui, lui là, ce mec

Bon, si on prend du recul, on dira que ce but est un nouvel épisode qui s’ajoute à la liste déjà conséquente des belles histoires de trahisons et d’amour/haine entre les deux côtés du Vidourle, avec cette ribambelle de joueurs ou entraîneurs passés de l’un à l’autre, de René Girard à Karim Aït-Fana en passant par Cyril Jeunechamp et Omar Belbey. Mais c’est là faire preuve d’une forme d’intelligence dont sont dépourvus un certain nombre de spécimens aussi bien dans le Gard que dans l’Hérault, mais surtout dans l’Hérault.

La fin de match bascule dans le nawak, avec une grosse occase pour Baptiste Guillaume qui échoue à foutre en l’air sa coiffure de pétasse, et puis Paulo qui nous gratifie d’une superbe raie horizontale pour nous éviter un second but qui se serait tout de même un peu apparenté à une enculerie des familles. On en reste là, et c’est sacrément rageant. On aurait dû plier ce match. On est en février, et j’ai déjà hâte que cette saison se termine pour voir le prochain derby. En attendant on va aller chercher le maintien, et on va penser à l’avenir. Et on chantera « Nous sommes les Nîmois, nous serons toujours là, partout où tu iras on chantera pour toi ». ALLEZ ROUGES !


LES COLLEGUES

Bernardoni (3/5). Le gros Paulo nous sauve le fion en toute fin de match en sortant une horizontale superbe. Toujours aussi fort sur sa ligne, il nous gratifie en plus d’une sortie rappelant Barthez sur Ronaldo en 1ère mi-temps, pétant au passage trois côtes à Suarez. Je suis peut-être dur sur l’égalisation, mais pour le coup il sort complètement à contretemps.

Alakouch (4/5). De la hargne comme toujours, avec ce supplément d’envie bienvenue pour ce match, et une vraie facilité technique. Encore une saison dans les pattes, et ça deviendra du très solide, le jeune.

Briançon (4/5). De l’anticipation, du contact et du leadership. C’est peut-être la première fois cette saison que je l’ai trouvé vraiment fort. Il se fait quand même manger sur le but.

Landre (4/5). Difficile de lui mettre moins après ce coup de casque jouissif et cette course devant le pesage. Mais c’est lui qui couvre Delort… et c’est pas la première fois qu’il merdoie à ce niveau.

Maouassa (3/5). Du coffre, des courses, mais assez peu de différences faites au final.

Savanier (5/5). Absent au match aller pour cause de crime de lèse-majesté (i.e supension suite à un taquet sur Mbappé), TJ a cette fois-ci pu montrer tout ce qu’il sait faire : coups de pied arrêtés parfaitement placés, frappes lointaines, renversement et orientation, etc. Le métronome de notre jeu, notre meilleur joueur cette saison. Ah putain, faut le garder.

Ferri (4/5). Il aurait pu faire vriller le stade s’il avait frappé sa balle de façon un peu moins parfaite à la 54e. Il a par ailleurs apporté de la stabilité sur les relances, et a largement participé à éteindre les milieux d’en face jusqu’à l’heure de jeu.

Valls (3/5). A son aise dans son rôle de teigneux, il a distribué pas mal de taquets sans se faire prendre. Remplacé par Bobichon en fin de match.

Thioub (2/5). Ah c’est sûr, il provoque, il court, il dribble, il emmerde. Mais qu’est qu’il vendange quand même… Et pour une fois, je suis d’accord avec le stagiaire de l’Equipe : lâche ta putain de balle, Sada. Remplacé par Bouanga, qui n’a pas beaucoup plus réussi dans un registre à peu près similaire.

Ripart (4/5). Très grosse partie de Renaud, qui avait clairement envie de bouffer de la Pailladine. Une grosse occase au retour des vestiaires, pas mal de débordements et de centres mais peu de réussite au final. Ah, un coup de boule sur Pedro Mendes, +1.

Alioui (2/5). Pas un bon jour pour lui, très peu trouvé et un peu balourd. Remplacé par Guillaume, qui rate l’occase de tuer le match sur un centre de Ripart.

Allez, la bise va.

Karoud

Karoud Fider

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