OM-Angers (3-2), La Canebière académie sauve les meubles

Aïoli les sapiens,

Après avoir gâché contre Strasbourg puis Saint-Étienne l’occasion de se détacher pour sauver définitivement notre cinquième place, l’OM faisait face de nouveau à ce calendrier de fin de saison qui, semaine après semaine, ne cesse de nous dire : « non, franchement, si vous n’y arrivez pas c’est que vous êtes vraiment des vieilles merdes ». Le menu nous offre ainsi du ventre mou triple épaisseur en les personnes d’Angers puis Metz, quand nos rivaux lensois et rennais se voient opposer du Monégasque bien gras et du Bordelais tout en nerfs.

La réception d’Angers, c’est aussi le moment pour Florian Thauvin de faire ses adieux à un Vélodrome malheureusement désert. Ces 8 ans (moins les 6 mois de parenthèse à  Newcastle) auront compté leur lot de câlins enfiévrés et de claques bien senties, dans des proportions à peu près égales : cette constance dans l’inconstance fait de Florian l’incarnation de l’OM pour le meilleur, épisodiquement, comme pour le pire, plus régulièrement. Arrivé au club quasiment en même temps que votre serviteur chez horsjeu.net (mâtin ! quel site !), ce féru de statistiques méritera sans doute une rétrospective personnelle de la Canebière Académie. En attendant, on ne peut que le remercier en lui souhaitant de s’éclater au Mexique autant que son devancier André-Pierre Gignac.

Dans l’immédiat, place à cette cinquième position au classement, qui nous aurait fait vomir de dédain en début de saison mais que nous sommes désormais bien obligés de trouver fort appétissante.


L’équipe

Mandanda
Lirola – Alvaro – Caleta-Car – Sakai
Rongier (Bendetto, 88e) – Kamara
Thauvin (Dieng, 83e) – Payet – Luis Henrique  (Amavi, 83e)
Milik (Balerdi, 95e)

Hormis Gueye suspendu, l’équipe se trouve au complet. Doté de toutes ses forces plus ou moins vives, Sampaoli procède à quelques ajustements, notamment en rapprochant son schéma d’une défense à quatre : si Lirola gambade toujours autant à l’avant, Sakai est aligné résolument à l’arrière pour couvrir son ailier Luis Henrique. Thauvin, lui, reste dans une position qui ne diffère guère des précédentes, milieu droit laissant à Pol la préséance de la ligne de touche.


Le match

Imprégné des valeurs catholiques traditionnelles, voire traditionalistes, l’Angevin est foncièrement honnête, comme tout habitant des Pays de la Loire n’étant pas François Fillon. Par conséquent, l’Angevin n’est pas du genre à faire semblant à coups de fausses déclarations du style « nous allons jouer le coup à fond pour ne pas fausser le championnat ». Non, si le SCO est venu à Marseille, c’est clairement pour profiter du week-end de l’Ascension, le foot c’est accessoire.

Après quelques mises en bouche, l’OM exécute une action collective pour le moins alléchante : Kamara et Rongier réalisent un amour de sortie de balle, Payet lance Lirola d’une louche pré-orgasmique, Pol enchaîne contrôle et centre aussi parfaits l’un que l’autre, et Milik place sa tête certes sur le gardien, mais assez fort pour qu’il ne puisse pas maîtriser le ballon (1-0, 9e). Il aura fallu attendre 37 journées et de tomber contre une équipe déjà en vacances pour enfin voir du football, mais ce n’est pas une raison pour bouder notre plaisir.


Le seul esprit chagrin de la soirée, c’est Paul Bernardoni. Déçu à la fois de la pluie et des mesures sanitaires qui l’ont empêché de sortir la décapotable pour embarquer de la cagole par paquet de 12, celui-ci a brutalement été ramené à sa condition de chauve laid et, plus ennuyeux, de gardien de talent. Payet puis Lirola échouent sur le dernier rempart d’une équipe que nous sommes en train de doser comme nous n’avons jamais dosé personne cette année. Sakai lui-même, reprenant de la tête un corner remis par Caleta-Car, est privé d’une dernière joie au Vélodrome par un réflexe inespéré du gardien, qui dévie le ballon sur la barre.

Lancé par une passe « rhâ lovely » de Payet, Milik est privé du doublé par la faute d’un hors-jeu au millipoil, avant de buter une nouvelle fois sur l’énervant d’en face. Cette incapacité à prendre le large est d’autant plus agaçante que les Angevins se rallient à l’attitude de leur gardien et se disent que, puisqu’il n’y a rien de mieux à foutre en ville ce soir-là, autant se mettre à jouer au football. Après un crochet sur Caleta-Car, Bobichon nous procure ainsi un frisson slipométrique d’avertissement : nos adversaires finissent mieux la première période.


Nouveau comportement inhabituel de la part des nôtres, en cette avant-dernière journée de championnat : ils semblent enclins à se sortir les doigts dès la reprise pour se mettre à l’abri. Thauvin est idéalement servi par Luis Henrique, mais la barre transversale et l’arbitre de touche se liguent immédiatement contre lui pour lui rappeler qu’il ne marquera plus jamais chez nous. Peu après, Rongier sert Payet qui, comme aux plus beaux moments de sa splendeur nonchalante, envoie l’air de rien un authentique caviar en une touche dans la course de Milik. Pas ému par les 872 arrêts de Bernardoni en première mi-temps, le Polonais glisse le ballon au fond tout en sang-froid (2-0, 48e).

Et là, le lecteur assidu se dit : « mais c’est pas possible que tout se soit passé aussi bien, ça doit forcément foirer à un moment. » Eh oui, on ne te la fait pas à toi. Tu connais. Tu sais. Et effectivement, ça commence à foirer. Steve commence certes par nous gratifier d’une magnifique RAIE main opposée devant Pereira Lage : l’action n’a pourtant pas le mérite de réveiller notre défense, qui dort toujours autant pendant le corner qui s’ensuit. Pavlovic domine Lirola et Sakai, Kamara lâche le marquage et laisse Pereira Lage suivre la déviation au second poteau (2-1, 56e).

À ce stade, il faut rendre justice à nos joueurs : si le slipomètre est désormais activé dans un match que nous dominions largement, ce n’est pas parce qu’ils ont fait les cons. Ou plus exactement, pas uniquement pour cela. En effet, avant tout effritement technique ou mental, ce qui frappe le regard, c’est avant tout de constater à quel point nous sommes bouillis. Cramés. Frits, confits, épuisés, notre condition physique c’est le Prince Philip au trot attelé dans la dernière ligne droite de Borély. On ne peut pas dire que l’on panique, en revanche on n’avance plus.


Sampaoli pas pressé de faire entrer du sang frais, nous nous résolvons, pour les plus optimistes à passer 30 dernières minutes à ronger le canapé d’angoisse, pour les plus pessimistes à espérer qu’Angers égalisera assez vite pour nous laisser le temps d’en remettre un derrière. Deux centres en retrait de Payet auraient certes pu nous faire souffler, mais le premier voit Thauvin mis en échec par Bernardoni, quand Milik reprend le second de peu à côté. De leur côté, les Angevins s’avèrent assez ignobles dès qu’il s’agit d’imaginer une action construite, mais se montrent suffisamment présents dans notre camp pour espérer nous faire craquer à la longue. Mandanda doit ainsi détourner un coup-franc vicieux, l’action se terminant par un cafouillage des familles : une répétition générale du gros bordel qui survient dix minutes plus tard.

Ainsi, sur un coup-franc du milieu de terrain, Mandanda sort en criant « j’ai », ce qui n’empêche pas Sakai de lui rentrer dedans de tout son poids. Alors que toute la défense est au sol, Thomas est le plus prompt pour reprendre, l’arbitre refusant immédiatement le but pour une faute sur notre gardien. Cependant, la vidéo est bien en peine de trouver le moindre commencement de début de faute angevine qui aurait provoqué ce strike, ce qui lui commande de valider l’égalisation (2-2, 85e).

Dans une telle confusion, il n’est pas étonnant de voir Sampaoli, qui s’était plutôt bien tenu jusque-là, demander à Monsieur Schneider si par hasard sa mère n’aurait pas dans le passé exercé ses talents dans un quartier malfamé de Buenos Aires, et à voir le ton employé je ne suis pas certain qu’il parlait de tango. Fort heureusement, avant d’être expulsé, notre entraîneur a pris soin d’enfin procéder à plusieurs changements.


Nous nous trouvons bien aise de ces entrées, fussent-elles tardives : Amavi transmet à Benedetto, qui adresse une magnifique passe tendue dans le dos de la défense pour le jeune Dieng. Cheikh s’emmène le ballon d’un contrôle parfait, avant d’être descendu par Romain Thomas, dont le comportement trahit parfois le fait qu’il soit né d’une union contre-nature entre un vicaire pédophile et une moissonneuse-batteuse. Le pénalty est évident mais l’arbitre juge plus rigolo de l’ignorer, avant d’être rappelé plus d’une minute après par le car vidéo. Aux commandes dudit car, la septième compagnie passe deux bonnes minutes supplémentaires à essayer de se rappeler comment on se sert d’un magnétoscope. Pendant que Sampaoli finit de manger le vestiaire et commence à s’attaquer aux portes du parking, l’arbitre visionne enfin les images et accorde le pénalty. Arek pose d’abord le ballon, ensuite ses énormes couilles, et trompe Bernardoni d’un arrogant contre-pied (3-2, 95e).

La soirée s’achève ainsi d’une manière parfaite sur le plan comptable, avec le seul regret de n’avoir pas eu droit à un Vélodrome plein pour cette fin de match de tarés.

Genre ça, mais x60 000.


Les joueurs

Mandanda (3+/5) : Une nouvelle fois victime de la malédiction qui le condamne à encaisser autant de buts quand il joue bien que lorsqu’il est nul. Tu sors un arrêt de félin comme aux plus belles heures ? Tiens, prends un but d’un joueur lâché à un mètre sur le corner qui suit. Tu t’imposes dans la surface pour rassurer la défense ? Tiens, prends Sakai et Alvaro dans le buffet, on va voir si tu réussiras à l’attraper, celle-là.

Lirola (3/5) : Comment voulez-vous que nos ramasseurs de balle se perfectionnent, avec une qualité de centre pareille ? C’est une filière d’excellence que vous êtes en train d’anéantir, Monsieur. Heureusement que vous avez parfois des absences défensives, on ne reconnaîtrait pas un latéral de l’OM sinon.

Alvaro (2/5) : Assure sans difficulté jusqu’à ce malheureux ballon dans la figure à la 53e minute : le choc l’a visiblement déboussolé, malgré un protocole commotion parfaitement conforme (« Monsieur, confirmez-nous le numéro que vous portez ? – Le 3… mais pourquoi on porte tous des numéros arc-en-ciel, on est chez les maricones ou quoi ? – C’est bon Monsieur l’arbitre, il peut rester sur le terrain, il est bien dans son état normal. »).

Caleta-Car (3/5) : Pas toujours serein, mais aucune erreur notable. La preuve, c’est que j’ai failli oublier de le noter.

Sakai (2+/5) : Par la faute de cet arrêt-réflexe, Hiroki en restera donc à jamais au Vélodrome à cet unique mais mémorable but marqué contre Leipzig. Après un bon début de match, c’est donc la tête déjà un peu au Japon qu’Hiroki a terminé la rencontre, au point de déjà oublier les rudiments de français qu’il avait pu apprendre chez nous (des phrases pourtant simples, par exemple : « laiiiiiiiiiiiisse ! »).

Kamara (3-/5) : L’autonomie d’un vibromasseur Lidl : ça donne autant de plaisir que les meilleurs, mais ça a du mal à tenir sur la durée [ndlr : analyse plus détaillée à retrouver prochainement dans notre nouvelle rubrique HorsjeuConso, aux côtés de notre dossier « Bières de punks : que sont-elles devenues ? » et notre test comparatif des meilleurs micros pour podcasts.] 

Rongier (3-/5) : Non mais en vrai, notre préparateur physique cette saison, c’est le même que celui de Jean-Claude Gaudin, c’est ça ?

Benedetto (88e) : Germain appelé à partir, Dario se prépare déjà à son rôle de super-remplaçant. Qu’il se méfie, on commence comme ça et on finit par dépanner dans des expérimentations tactiques douteuses, du genre false-trequartista latéral unijambiste en faux-pied.

Thauvin (3-/5) : Volontaire mais inefficace, dans la lignée de ses derniers matchs. Ceci dit c’est peut-être mieux comme ça : s’il s’était remis comme par magie à inscrire trois buts et deux passes décisives, je crois que ça nous aurait donné envie de lui mettre quelques dernières baffes. On surnote volontiers pour son match d’adieu.

Dieng (83e) : Venu du fond du banc pour aller chercher un pénalty décisif pour l’Europe, en toute simplicité.

Payet (4/5) : Comme le chat que tu as vidé de la maison à coups de pied au cul lorsqu’il avait chié une fois de trop sur le tapis du salon, Dimitri revient gratter à la porte en faisant « mrouh » avec son air trop mignon. Le pire c’est que ça marche et que ça marchera toujours. C’est le mouvement perpétuel. C’est sartrien.

Luis Henrique (3-/5) : Une belle entente avec Dimitri, qui n’aura manqué que d’un soupçon de réussite.

Amavi (83e) : Cette fois c’est la bonne, Jordan est apte au service après seulement 5 mois de blessure : une prouesse médicale rendue possible par les soins innovants de notre médecin, le docteur Roland Frankenstein, la réathlétisation de pointe proposée par notre kinésithérapeute Kévin Mengele, ainsi que le reconditionnement au haut niveau élaboré par notre préparatrice physique, Marie-Pierre Ceaucescu dite « Ilsa la sociopathe ».

Milik (5/5) : « Je ne sais pas ce que veut dire le mot grand attaquant ». Jacques-Henri Eyraud, 12 juillet 2017.

Balerdi (95e) : Faire entrer un jeune défenseur en manque de confiance pour trois minutes de temps additionnel où les adversaires vont balancer dans notre surface : Pancho s’est allié aux arbitres pour pousser Sampaoli à l’homicide, je ne vois que ça.


L’invité zoologique : Paul Bernardoryphore

Coléoptère insignifiant, le doryphore n’a l’air de rien au premier abord, même si un examen attentif révèle qu’en réalité, il nous broute les patates plus souvent qu’à son tour : l’invité zoologique approprié, donc, pour revenir sur ce match contre ces agaçants angevins.

– Les autres : C’est dommage que leur gardien se soit senti concerné, sans cela on faisait un bon 4-0 acquis à la mi-temps, ça nous aurait évité toutes ces émotions.

– Le classement : C’est fait ! Rennes défait à Monaco et Lens à Bordeaux, notre cinquième place peut raisonnablement être considérée comme acquise. Moins clinquante que la boursouflée Superligue des Champions, moins sexy que la Conference Ligue mais plus relevée, la Ligue Europa sera donc au programme ; et avec la prière de s’y faire plaisir, bordel de merde, s’il vous plaît.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Instagram et sur Twitter. Max von Thb remporte l’avant-dernier concours zoologique de la saison.


Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

8 commentaires

  1. Serait-il possible d’organiser des compétitions internationales nous les ans ? Histoire que Dimitri finisse toutes les saisons en adepte des louches dans le dos de la défense plutôt qu’en adepte des louches de rougail de maman.

  2. Avez-vous vu JPR ? Je dois lui donner une paire de ciseaux neufs et des antalgiques pour l’ablation d’un de ses testicules.

    • Pour les antalgiques je ne sais pas. Je suis déjà défoncé par le jeu de Michael Cuisance…

      • J’espère que cette drogue ne vous causera pas trop de dépendance.
        Remarquez, l’euphorie provoquée par la future campagne européenne en C3 pourrait peut-être faire office d’anesthésiant.

  3. Le samouraï avait également marqué lors du dernier match au stade de l’ère Rudi Garcia (dehors !)

  4. Blaah (4+/5) : une académie presque aussi drôle qu’un soir de déroute et sans recourir aux délicieuses blagues sur l’écosystème marseillais à l’image de ton pote Fredo qui se tape enfin une nana sans qu’elle soit bourrée et sans payer.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.