Paris FC – FC Metz (1-2) : La Metz Que Un Club Académie entretient l’espoir

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Pas assez nuls pour perdre

dr_jehrille
Une semaine après le scénario hollywoodien du match contre Ajaccio, le meilleur club du monde et de Lorraine s’avance sur la pelouse du Paris FC, seul club Parisien non affilié au communisme ou au Qatar, et donc bon dernier de Ligue d’Eux. Un match qui fleure bon la dépression.

Tout amoureux de la vie se félicite de l’arrivée guillerette du vendredi. Le vendredi est un synonyme de paix et d’amour, de félicité, de joie et de beuveries qui se terminent généralement par un vomi plaintif mais salvateur aux premières lueurs du jour, ou encore par un acte sexuel indolent tout autant qu’improbable, et souvent chargé de regrets au réveil. Le vendredi vous aime et vous le rend bien.

Il existe pourtant sur cette basse terre une catégorie d’être humain qui voit arriver le vendredi avec chaque semaine un peu plus de crainte et de perplexité : le supporter messin.
Le supporter messin s’inscrit dans la veine de ces personnes aux choix complexes tout autant que discutables, comme les centristes, la filmographie de Christophe Lambert, les contrôleurs fiscaux, la carrière sexuelle de Dominique Strauss-Kahn, ou encore le scénario d’un combat de WWE. Complexe, mais discutable.

Le supporter messin aime à se complaire dans l’audace d’une rêverie désabusée. Celle de pouvoir peut-être un jour emmener ses enfants dans le fier fief St-Symphorien, assis au 4ème rang de la flambant neuve tribune Kastendeuch un mardi soir pour entendre résonner l’hymne de la Champions League, quand 11 grenats sortiraient du couloir pour défier les plus grands d’Europe. Le supporter messin se dit que c’est arrivé à ces pécores d’Auxerrois, donc il a toutes ses raisons d’y croire.

Seulement ce brave être grenat se doit de demeurer coi, de préserver son coeur de tous ces espoirs indigents. Car si loin soient les espoirs d’un jour ne serait-ce qu’entrevoir un bout de 1er tour qualificatif contre un redoutable club Moldave en 2026, après trois nouveaux tours dans l’ascenseur Ligue 1/Ligue 2, le loupé du nouveau Platini qui raterait son test d’effort avant de signer au RC Strasbourg, la revente du club à un collectif belgo-lusitano-juif et la construction des tribunes Kastendeuch et Pirès, d’abord se dresse devant Bernard Sauron et ses sbires un effrayant obstacle, le Paris FC, dernier bien dégueulasse de Ligue 2.

Un supporter Messin se rendant compte qu’il doit foutre les pieds à Charléty.

Le Metz Que Un Match :

Ah il fallait les voir, ces 3 216 pleutres venus se pourrir leur vendredi soir et se geler le con dans cette coquille vide de Charléty. Tout ça pour voir Phillippe Hinschberger tenter le plus gros YOLO défensif depuis la construction de la ligne Maginot.

 

Balliu à droite, Rivierez au centre, le baptême du feu du tout jeune Mathieu Udol à gauche, le tout chaperonné par El Guido Milan, il y a de quoi faire une crise d’asthme. La ménagère saluera le retour tant attendu du Cheikh au milieu, et du légendaire Kévin Fucking Lejeune à gauche, tous deux revenus des abysses de blessure.

Hinschberger au moment de faire sa compo’

En arrivant une vingtaine de minutes avant le coup d’envoi dans le parcage extérieur, je me rends très vite compte que le stade va résonner aussi creux que la cervelle de Samy Kehli. Heureusement, la connerie des visiteurs autour de moi va venir ajouter une note tragi-comique à la sombre histoire qui se déroule sur le pré de Charléty. Car il ne faudra pas attendre 2 minutes après le coup d’envoi pour voir les deux groupes de supporters messins se mettre joyeusement sur la tronche, pour un oui, pour un non, pour un « j’ai peut-être niqué ta soeur en pensant que c’était la mienne ».

Et au cours d’une première période qui verra le peuple élu s’esquinter la croupe à faire sortir l’arrière-garde Parisienne pour tenter d’y caler un coup de boutoir, on pourra seulement se rendre compte que Yéni n’est pas dans son match, que la défense a une capacité de relance apathique, que le dernier appel utile de Bekamenga devait être pour l’anniversaire de sa mère il y a 8 mois, et qu’à gauche, l’Udol déjeune. Le PFC se montrera un tantinet dangereux en fin de période, faisant se resserrer les slips messins sur des parties génitales bien refroidies par la température glaciale.

La seconde mi-temps verra l’entrée en jeu du Sergay Krivets pour un Doukhouré bien timide, mais pardonnable car en reprise. Voyant que son adversaire se complait dans son marasme, le Paris FC prend de minute en minute un peu plus d’ampleur, et Didillon devra s’employer à plusieurs reprises pour sauver ce qui peut l’être, jusqu’à la 59ème minute et cette diablesse d’ogive envoyée depuis l’extérieur de la surface par Jean Tahrat, nom qui sonne bien collabo.

Dos au mur, les deux pieds dans la merde jusqu’au nombril, nous fûmes sans doute nombreux supporters à cet instant à tirer la chasse sur le dernier espoir merdique d’une remontée en Ligue 1. Mais ce fut sans compter sur les deux coups de canon grenats. En dix minutes, d’abord par l’intermédiaire de notre artilleur favori, Génie N’Gbakoto, puis par la puissance d’El Guido Milan, deux coups francs vinrent directement trouver le fond du slip parisien, permettant au FC Metz de sauver la veuve, l’orphelin, et tous nos rêves de jours meilleurs.

Le Meilleur Club du Monde et de Lorraine s’impose donc sans gloire, ni imagination, ni talent, face à un dernier de la classe qui n’aura même pas proposé un ersatz d’opposition décente. Pas spécialement imméritée, cette victoire laisse portant un goût d’aigreur qui laisse à penser que si le Peuple Elu doit remonter en Liguain lors du prochain exercice, ce sera pour encore une fois se faire refaire le fion pendant 38 journées.

Le plus dur à noter est cette habitude insupportable que les joueurs sont en train de prendre, celle d’avoir un couteau menaçant leurs testicules pour se mettre à produire quelque chose. Autant commencer le prochain match à 10, avec un but encaissé et une couille en moins, on gagnera du temps en palabre.

 

Les Metz Que Un Notes :

Thomas Didillon, 3/5 : Impuissant sur le but parisien, il a tenu bon la barre, tenu bon le vent. Mais toujours avec cette pointe d’incertitude bien agaçante. Hissez haut, sadomaso.

Ivan Balliu, 2/5 : L’espingouin et son petit corps de traitre ont tenté d’apporter de l’activité sur le côté droit. On va dire que c’est le geste qui compte, hein.

Jonathan Rivierez, 2/5 : Proposer une prestation en dents de scie tout en manquant de mordant, en voilà un paradoxe.

Mathieu Udol des jeunes, 3/5 : Pas déméritant pour une première, avec un beau sauvetage à la clé. Mais il va falloir travailler tes relances mon gamin.

Glorieux Georges Mandjeck, 3/5 : Avec son tact de 33 tonnes et son sex-appeal de carambolage sur l’autoroute, gros Georges s’en sort de par sa condition physique de sanglier noir nourri aux OGM. C’est tout ce qu’on lui demande.

Cheikh Doukouré, 2/5 : Il sort à la mi-temps, et c’est sans doute pas plus mal. Content de le voir de retour quand même.

Ferjani Sassi la famine, 2/5 : J’aimerais démolir le complot franc-maçon qui nous a fait croire que cette escroquerie tunisienne vaut une seule cacahuète. S’il était aussi technique et efficace qu’on le dit, je serais déjà pris Nobel de Médecine.

Kévin Fucking Lejeune, 3/5 : Le retour du grand Kéké des plages. Apportant de la précision au jeu messin, il a logiquement fini sur les rotules.

Génie N’Gbakoto, 3/5 : Une véritable énigme. Insipide pendant tout le match, il parvient à nous redonner le sourire sur un coup franc direct. Qu’on le veuille ou non, il parvient souvent à être décisif, malgré des prestations dégueulasses. N’est-ce pas là la marque d’un bon joueur ?

Christian Bekamenkaka, 2/5 : Terminé le Bekamenga de janvier, décisif toutes les 87 minutes et brandissant son sexe à toute la Ligue d’Eux. On a maintenant un énième attaquant noir interchangeable, à peine capable de faire un appel ou une déviation. C’est épuisant.

Les pas assez bons pour être titulaires : 

Sergueï Krivets, 3/5 : Une mi-temps percutante, mais toujours avec la vitesse d’un trisomique asthmatique. Muscle ton jeu, Sergueï.

Habib Diallo, 2/5 (entré à la place de Sassi à la 65ème) : Le nouveau petit Prince noir de Metz n’a pas pesé autant que d’habitude. Dessine moi un crouton.

Nuno Reis, non noté (entré à la place de Lejeune à la 82ème) : Nuno récupère le ballon dans le rond central. Nuno accélère. Nuno élimine deux adversaires. Nuno est à l’entrée de la surface et tente une frappe… qui finit en tribune. Tout un symbole.

 

Dr Jerhille

 

2 réflexions sur “Paris FC – FC Metz (1-2) : La Metz Que Un Club Académie entretient l’espoir

  1. J’arrive en retard mais pour avoir vécu ce match à la radio, j’ai vécu la remontada fantastique et ce résultat merveilleux pour la descente de ce club.

    Bravo.

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