Paris – Rodez (1-2) : l’Aligot Académie prend du dessert

C’est la merguez, merguez party !

Bien que tous les pays du monde remettent ce fait en question, les Français savent la vérité : le meilleur barbecue au monde est fait en France. Le meilleur barbecue de France est à Paris Rodez. Et la meilleure cuisine de Rodez serait préparée par l’Aligot Académie.

C’est avec cet espoir inespéré que nos charmantes saucisses, bien remises de leur presque voyage en Bretagne d’il y a deux semaine et de leur prestation tiédasse contre Valenciennes, ont pris la route de la capitale pour tenter de triompher du géant Paris Saint-Germ Football Club.

Les saucisses

Assez peu de surprise dans le choix des condiments, les classiques suffiront pour cette soirée qui s’annonce déjà brillante de bien des manières.

Le barbecue

À bien des égards, la tâche de nos saucisses n’est pas aisée.

Nous ne risquons pas grand-chose, et pourtant, nous jouissons d ’une position d’infériorité par rapport à ceux qui se soumettent avec leur travail, à notre jeu (1-0, 24e).

Nous nous épanouissons dans les matchs hebdomadaires faciles à perdre et à oublier. Mais l’amère vérité, qu’il nous faut bien regarder en face, c’est que dans le grand ordre des choses, les rencontres les plus inattendues ont sans doute plus de valeur que les rencontres qui s’oublient d’elles mêmes.

Il est pourtant des circonstances où les saucisses prennent un vrai risque : c’est lorsqu’elles découvrent et défendent l’innovation. Le monde est souvent malveillant à l’encontre des nouveaux talents et de la création. Le nouveau a besoin d’amis (1-1, 61e).

Ce soir, j’ai vécu une expérience inédite. J’ai dégusté un barbecue extraordinaire d’une origine singulière s’il en est. Avancer que son plat et son créateur ont radicalement changé l’idée que je me faisais de la grande cuisine serait peu dire. Ils m’ont bouleversé au plus profond de mon être (1-2, 81e).

Je n’ai jamais fais mystère de la réserve que m’inspirait les mots de Laurent Peyrelade : « On doit être un peu plus tueur et avoir de l’efficacité dans les deux surfaces ».

Mais ce n’est qu’aujourd’hui, aujourd’hui seulement que je comprends vraiment ce qu’il voulait dire. Tout le monde ne peut pas devenir un grand artiste. Mais de grands artistes peuvent surgir n’importe où. Il est difficile d’imaginer origine plus modeste que celle des génies qui officient maintenant chez l’Aligot Académie et qui sont à mes yeux rien moins que les plus belles saucisses de France. Je retournerai bientôt chez eux, plus affamé que jamais.

Adaptation du monologue de fin de Anton Ego dans Ratatouille, ça méritait bien ça

Les notes du chef :

Pour des questions de cohérence culinaire, les commentaires des notes seront des critiques de restaurants du Michelin.

Mpasi (4/5) : le produit est frais, la veine moderne et légère, le jus goûteux et le tout est nappé de sincérité (L’Oyat, Paris)

Vandenabeele (5/5) : il n’a pas l’intention de se reposer sur ses lauriers. Fidèle à l’esprit des lieux, aussi inspiré que pointilleux, il assène avec sérénité de véritables coups de massue gustatifs, rendant hommage au terroir (Maison Lameloise, Chagny)

Raux-Yao (3+/5) : inventivité, associations inattendues, on se laisse embarquer dans son univers gourmand (Lait Thym Sel, Angers)

Senaya (4/5) : décline ici une cuisine nette et épurée, sans artifices d’aucune sorte, au fil de la saison (Le Pousse-Pied, La Tranche-sur-Mer)

Chougrani (4/5) : n’en demeure pas moins précis, raffiné et affirmé, à l’image du ghindara no saiko yaki (Yoshi, Monaco)

Abdallah (5/5) : propose une cuisine au goût du jour et de saison, s’appuyant sur de solides bases traditionnelles (Le Carmin, Beaune)

Rajot (3+/5) : une excellente cuisine au style épuré et efficace, jouant la sobriété pour mieux valoriser la qualité des ingrédients (Sources, Lorient)

Danger (4+/5) : sérieux et appliqué, propose une carte gourmande s’inscrivant dans une tradition classique (Au Moulin, La Wantzenau)

Younoussa (3+/5) : va à l’essentiel, dans une veine aussi canaille que gourmande (Danton, Lyon)

Corredor (5/5) : inventif, malin, les cuissons sont parfaites et les saveurs bien présentes (ET, Rodez)

Depres (4/5) : humeur joviale et assiettes qui mettent en valeur les ressources agricoles de la région (Le Pic Saint-Loup, Les Matelles)

Far (4/5, 46e) : service avenant et fraîcheur incomparable : un régal (La Senne, Sète)

Ouammou (4+/5, 71e) : finesse et précision, non sans quelques touches créatives (Le Pily, Cherbourg-en-Cotentin)

Valerio (3+/5, 86e) : organise une véritable explosion de saveurs, en se concentrant sur la justesse des préparations (L’Essentiel, Périgueux)

David (4/5, 90+3e) : l’âme voyageuse, concoctée à base de beaux produits mitonnés avec soin et originalité (Poulpette, Cognac)

Bref :

Tout le monde peut cuisiner

Ciao et allez le RAF !

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