Paris SGEL / Gibolins de Bordeaux (2-0) – La Porte de Saint-Cloud Académie à la sauce guillotine

J’emmerde les Laurent-blanquistes.

Ceci étant posé, et sans transition, passons à la rencontre du jour.

Et aujourd’hui, mine de rien, c’est la première fois que j’académise à domicile cette saison. Que l’ambiance a changé au Parc interdépartemental des Sports des Hauts-de-Seine-de-France depuis la saison passée ! Les derniers succès en coupe et le jeu léché proposé par Paris-Saint-Germain-en-Laye ont semble-t-il drainé au stade une foultitude de jeunes banlieusards fort sympathiques au demeurant. Rien à voir avec le public tout endormi des premières années de ce jeune club – plus si jeune, me direz-vous, c’est qu’on a plus de cinq ans d’existence maintenant, bientôt l’âge de raison. Tous ces nouveaux adeptes de PSGEL sont autant de futurs camarades à initier à la notion de lutte des classes. Chaque jour que Dieu-Marx fait, le Grand Soir approche…

Dans l’attente de cette belle perspective, il faut pour PSGEL, étendard de la révolution prolétarienne, continuer à se coltiner les mille et un clubs franchouillards qui se présentent à nous, tous plus semblables les uns que les autres. Aujourd’hui, une équipe dont nous aurons déjà oublié le nom dans une semaine a fait le voyage depuis sa terre natale de Gironde. À une époque, il en fallait moins que ça pour passer sous la lame du gentil monsieur Guillotin.

L’histoire du club des Gibolins de Bordeaux est d’ailleurs très liée à celle de la Première République. Le chevron figurant sur son blason est là en effet pour rappeler la guillotine de sinistre mémoire, instrument de mort républicaine par laquelle trépassèrent les fondateurs du club, le baron Claude de la Baize, et le chevalier Jean-Louis de Tryo (pas le groupe Tryo, la ville Tryo, dans la banlieue très éloignée de Libourne (si vous ne connaissez pas, allez vous renseigner (il y a des endroits pour ça, comme les commissariats, ou les petites ruelles sombres), et si vous pensez connaître, c’est que j’ai surestimé votre second degré, et sous-estimé à l’inverse votre esprit critique (c’est fou ça, de croire tout ce qu’on vous dit, vous faites pareil avec la politique ? Oui ? Vous savez que ce sont à cause de gens crédules comme vous que l’on a perdu la guerre en 1989 ? Quoi, vous pensez encore que les Ricains étaient les gentils dans cette histoire ? Et les Mormons, et George Bush, et la crème chantilly en tube, ça ne vous a pas mis la puce à l’oreille ? Décidément, vous êtes une cause perdue. Non, mais, tant pis, vous n’avez qu’à oublier ce que je viens de dire et continuer à vivre dans votre petit paradis artificiel, là où les citoyens sont devenus des électeurs, les vélos des Vélib’, les nazis des néo-nazis (parce que c’est plus hype), et où tout le monde croit tout ce que les médias disent, y compris quand il s’agit de clubs de football soi-disant fondés en 1793 (non mais vous vous entendez ?)))). Tout ça pour dire que ces sombres années sont désormais bien loin de nous, et que plus personne ne se souvient encore de la signification de ce chevron. Le Gibolin y est sans doute pour quelque chose. Ceci expliquerait cela.

 

PSGEL

Bordeaux rosééééééé…

 


LA RENCONTRE


 

C’est donc en victimes expiatoires, prêtes à passer sous la lame, dans la tradition de leur club, que se présentent les Gibolins de Bordeaux en ce bel après-midi d’automne. Face à eux, mon Unai chéri aligne un onze franchement similaire à celui qui avait triomphé en milieu de semaine chez nos amis de l’autre côté du mur, à l’exception notable des deux latéraux. Le 4-3-3 laurent-fiotte-blanquiste est reconduit, à mon grand regret. La Motte est toujours sur le terrain, contrairement à mon beau Javier, et ça, je l’ai toujours mauvaise. Au moins, on ne voit plus signe de vie du goal aryano-nazi. Nous aurons d’ailleurs notre compte de fascistes durant la rencontre.

Malgré ces handicaps que nous nous infligeons nous-mêmes, le début de match nous sourit d’entrée : sur notre première action, Angelito de Marie et Kurzaouaoua combinent en une-deux côté gauche, et le dernier nommé centre pour Cavanini qui, surgissant au premier poteau, décroise sa tête au fond des filets gibolins. 1-0, notre domination outrancière sur les ailes nous donne déjà l’avantage. Les ballons circulent d’un côté à l’autre, d’un latéral à l’autre, lesquels se trouvent particulièrement hauts sur le terrain, et profitent des décrochages de leurs ailiers pour s’engouffrer jusque dans la surface adverse, provoquant ici un centre dangereux, là un tir frôlant le poteau guillotin.

L’adversaire est proprement désarmé face à cette occupation systématique de la largeur, et ne s’en sort pas beaucoup plus dans l’axe, tant PSGEL presse haut. Incapables de sortir le ballon proprement, les Gibolins sont victimes d’un terrible gegenpressing dès la perte de ballon, qui apporte bien vite son lot d’offensives ultra-rapides, à l’initiative notamment du petit Brésilien chauve et très rapide, qui au quart d’heure de jeu se débarrasse des plots qui constituent la défense adverse pour finalement tenter en bout de course un pointu qui finit de peu à côté. Les Parisiano-saint-germanois sont également capables d’actions construites, dont celle qui amène, quelques minutes plus tard et après une longue séquence de possession dans les trente mètres adverses, une belle frappe du Belge une fois, que le gras gardien gibolin détourne du bout des gants.

C’est bien simple, après vingt minutes, les visiteurs n’ont toujours pas vu le ballon plus de dix secondes consécutives. Il faut un début à tout, et c’est justement à cet instant de la partie que les Gibolins effectuent leur premier drop du mâche. Je ne sais pas combien de points ça leur a rapporté, je ne connais pas les règles des sports de pédés.

Peu avant la demi-heure, le camarade Eddy, à la réception d’un centre venant de la gauche, subit la loi des deux skinheads de la droite dure de la défense bordelaise, qui l’embarquent dans leur pogo à coups de « Sieg heil » et de bras tendus. L’un de ces membres tendus vers le ciel stoppe le ballon dans sa course, dans un geste que les volleyeurs aryens n’auraient pas renié – en vrai, je sais pas si les Boches jouent au volleyball, je vous dis, je connais pas les sports de pédés. Pas de réaction de l’arbitre. Comme le dit l’adage, quand le néo-nazi chope le ballon du bras, l’imbécile en jaune regarde la lune.

Qu’à cela ne tienne. Il suffit d’un nouvel une-deux côté gauche entre le petit Ange et le Polonais martiniquais, et d’un centre du premier, cette fois-ci, pour voir notre bon guérillero surgir au premier poteau et coller une madjer de grande classe dans le petit filet opposé. 2-0, magique. La tribune s’enflamme (je ne pensais pas dire ça un jour à la Porte de Saint-Cloud), en même temps que le match s’emballe. Centres à répétition, aile de pigeon, combinaisons en triangle… Les beaux gestes s’accumulent dans ce dernier quart d’heure. Il faut attendre la quarantième minute pour voir les Gibolins sortir de leur torpeur : première séquence de possession dans la moitié de terrain alto-séquanaise, premier tir cadré, et premier corner. Beaucoup de dépucelages d’un coup pour une équipe si fragile psychologiquement.

La seconde période repart sur des bases plus tranquilles. PSGEL gère son avantage et fait circuler le ballon, sans que l’adversaire ne montre de véritables velléités offensives en retour. Le match reprend vraiment après quinze minutes. Le rythme s’accélère en effet à l’heure de jeu, entre attaques éclair des camarades de PSGEL, et contre-attaques de plus en plus dangereuses des Gibolins : Cavanini tente une nouvelle fois la madjer (ça ne peut pas marcher à tous les coups, Eddy) ; le Van Gogh peroxydé d’en face, seul face au but, est finalement repris par le petit San Marco d’un sublime tacle glissé ; le divin chauve brésilien mystifie un défenseur, puis en efface un autre d’un grand pont à vide qui atterrit dans les pieds du guérillero de service, complètement seul, dont la frappe à ras de terre est détournée par le goal.

À vingt minutes de la fin, le temps s’arrête. L’angelot de Marie, d’un air entendu, s’engouffre dans la défense giboline. Le petit hibou Marco le verra-t-il ou le verra-t-il pas ? Il l’a vu. Il arme. Il nous offre une ouverture lumineuse, entre les défenseurs adverses. Angelito, dans sa course, perçoit le ballon. Freinant son élan, il se retourne prestement. La balle arrive sur lui. En pivotant de moitié, il lève son pied gauche. Le cuir est tout proche. Il le caresse de son subtil regard, puis le prend de volée de ses orteils magiques. Dans ses yeux rouges de rage, il la voit déjà se loger au fond des filets. C’est le but de sa vie. Le but de l’année, de la décennie, de toute l’histoire du football. Le public se tait d’angoisse en observant la sphère léviter, comme prisonnière du temps et de l’espace. Puis il exulte. Les filets tremblent de bonheur. Eux aussi ont vu  un but superbement, grandiosement, sensationnellement, esseptionnellement hors-jeu. Et c’est beau.

Quelques instants après ce faux évènement, le public se lève pour ovationner le seul Arabe de France à gagner plus qu’un SMIC. Bravo à lui. On espère qu’il a travaillé dur pour mériter pareil traitement. Manquerait plus que ce soit encore un de ces étrangers qui viennent voler les allocations des bons petits Français. Retourne à tes pompes dans la boue, fainéant !

En attendant, on fait pas le break pour de bon, et du coup on se fait un peu peur dans ce dernier quart d’heure, parce que les Gibolins se montrent quand même de plus en plus dangereux, comme sur ce cafouillage de notre défense qui aurait pu mal finir sans le brave Saint-Aréole, qui s’est sacrifié pour la bonne cause en se jetant dans les jambes d’un Bordelaid prêt à frapper.

Victoire tranquille, nette et sans bavure, malgré ces quelques sueurs froides de fin de match. Et tout ça avec la même équipe ou presque que celle de mercredi, qui en avait chié pendant une mi-temps contre une moitié d’équipe bulgare. Seulement voilà, quand vous mettez l’intensité dans le pressing et les duels, la précision dans les transmissions, l’intention dans les actions offensives, forcément, ça marche beaucoup mieux. Les lacunes de cette connerie de 4-3-3 ont pour une fois bien été comblées par les décrochages dans l’axe des deux ailiers, et par les montées à tour de rôle des milieux de terrain. Comme quoi, tant qu’on ne l’anime pas correctement, un schéma tactique ne veut pas dire grand-chose. Tout ça ne veut pas dire que j’abandonne l’idée du 4-2-3-1, bien au contraire. Mon Javier en 10, je le veux, et je l’aurai. Mais bon, en attendant, si l’équipe conserve cet esprit conquérant, qu’importe le schéma, pourvu qu’on ait l’ivresse (au gibolin, bien entendu).

 


LE SOVIET DE TABLE


 

Saint-Aréole (5/5) : Presque rien à faire, à part ce fameux cafouillage en fin de match. Il fallait en avoir pour se sacrifier ainsi. C’est peut-être simplement de l’inconscience, mais je prends quand même.

Thomas Moulinier (4/5) : Belle activité sur le côté droit, avec de nombreux centres de très belle facture, et quelques tirs dangereux. Son rôle est sublimé par l’offensimse de mon beau coach espingouin.

Marquizinhoninhos & Thiago Silvette (NN/5) : À ce niveau de rien-à-fairitude, c’est même plus la peine de noter…

Kurzaoua (5/5) : Dans le duo merveilleux qu’il forme avec Angelito, il a été à l’origine des deux buts, et a à son actif quelques autres actions offensives de grande classe.

San Marco (4/5) : Classe, man. Top of the pop.

(Remplacé par Adrien Rambo, sans opinion)

Thiago Motta (4/5) : Oui, bon, blabla, record de ballons touchés, blabla, aucune perte de balle, blabla, orientation du jeu, blabla, ouvertures lumineuses, blabla… Ok, ok, rien à dire, match parfait. Mais je lui enlève quand même un point, parce qu’en voyant ce qu’il est capable de faire, je me rends compte que j’avais pas été assez méchant avec lui la dernière fois. Donc je me rattrape ici. Je le garde quand même à l’oeil.

Le brave Blaise (3/5) : Moins d’espaces à avaler pour le petit Blaise, plus de séquences de possession devant le but adverse, et donc moins de possibilité de briller pour le brave pilier de la SCEP. Mais c’est bieng quand même, heing.

Le petit Lucas (4/5) : Des déplacements intelligents qui ont ouvert des boulevards pour son latéral, quelques raids solitaires qui auraient pu s’avérer décisifs… Il n’a manqué qu’un but au divin chauve pour chiper le petit point en plus.

(Remplacé par le Smicard de service, qui a mérité de la patrie en réussissant un grand pont)

Angelot de Marie (4/5) : Belle activité côté gauche, en collaboration avec le Polak antillais, et une passe dé à la clé. -1 pour avoir été hors-jeu sur le but de sa vie.

(Remplacé par le petit jeune inconnu de l’autre fois)

Eddy Cavanini (5/5) : Rien que pour la madjer, il méritait les félicitations du jury. Pour l’avoir retentée ensuite, par contre…

 


LE SECRÉTAIRE DE SECTION


 

Alors ça y est, PSGEL gagne en dominant outrageusement, et tout de suite, les commentateurs et autres charognards franchouillards se plaisent à voir que mon petit coach espagnol a abandonné son plan de jeu pour faire du Blanc… Non mais merde, vous êtes sérieux ? Des latéraux jusque dans la cage adverse, que dis-je, jusqu’entre les fesses bien roses du gardien, vous en avez déjà vu sous cette fiotte orléaniste ? Un pressing aussi intense, aussi haut dans le camp adverse, et qui fonctionne parce qu’il est suivi par toute l’équipe, il le faisait, ça, le monarchiste à la touillette de mes deux ? Retournez sucer vos quatre-vingt-dix-huitards et laissez travailler les honnêtes gens, bordel à cul ! Merde, quoi, vous pensez qu’y a que vos champions du monde truqués pour gagner avec la manière ? Et Unai, il est venu pour quoi, torcher le cul de Thiago Motta en priant pour que ça suffise à marquer un but de plus que l’adversaire ? Tous les rageux, tous les jean-foutre, je vous invite à aller lustrer les fions de vos idoles de jeunesse, je crois qu’il y a encore un peu de place entre un poil de cul et Bernard Morlino !

 

Je ne vous salue pas,

Votre camarade,

Georges Trottais

Georges Trottais

L’homme le plus (lutte des) classe(s) du monde.

14 commentaires

  1. Je pose mon véto putain c’est pas une Madjer bordel de couille!
    Rabah c’est une talonnade merveilleuse

    • En dépit de mon entraînement auprès d’un de mes plus illustres homonymes sodomite, je me suis moi-même égaré dans ce bordel.

  2. En français des 90’s on disait une talonnade brossée.
    Et ça avait l’autre mérite de n’être pas arabe.
    C’est bien une académie lisible depuis que c’est plus Petit Louis Machin l’auteur…

  3. L’auguste Laurent Blanqui ne mérite tout de même pas ces anathèmes, Trottais. Il faut un homme de terrain pour mener la révolution, vous le savez comme moi.

    • Je suis d’accord avec ce commentaire, mais seulement si « auguste » est bien employé dans le sens de clown.

    • Et puis, ne mêlez pas l’Enfermé à ça. Blanc tient plus d’Emmanuel Kant, si vous voulez mon avis. Je l’imagine d’ailleurs fort bien ruminer ses enfoncements de portes ouvertes pendant sa promenade quotidienne le long du périphérique.

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