Paris SGEL / SC Picards (5-0) – La Porte de Saint-Cloud Académie avance à visage découvert

On peut vous le dire, maintenant : on joue le titre.

Gros test en cette fin d’après-midi d’automne : la section séquanaise de l’Internationale footballistique accueille les redoutables sans-dents amiénois, dans un derby à la sauce « Merci patron » écrit à quatre mains par les régionaux de l’étape, François Ruffin et Manu Macroude. Il s’agira pour nos coworkers parisiano-saint-germanois d’assumer leur statut de N+1 et d’asseoir leur crédibilité au sein de l’entreprise Liguain. N’est pas capitaine d’industrie qui veut, faut pas croire, c’est qu’ils ont plein de responsabilités sur leurs épaules, et rien ne se ferait sans leur capacité rare de prendre rapidement des décisions concrètes pour la conquête de nouveaux marchés, la survie de leur boîte et la précarisation rapide de leurs employés.

Bref, face aux sous-fifres picards, contrats intérimaires du championnat, PSGEL se doit de faire respecter la stricte hiérarchie de la multinationale Liguain Conforama, et marcher sur ces syndicalistes qui puent le café pour continuer à donner le sourire à nos très chers actionnaires amoureux du beau jeu.

 


LA RENCONTRE


 

Après un bref brainstorming durant lequel notre chargé de projet a présenté son elevator pitch à son équipe suite à un warm-up destiné à délier les langues en proposant à chacun de dessiner ce à quoi ressemblerait leur schéma tactique idéal, Thomas a fini par reprendre la main pour trancher et opter pour un 4-3-3 qu’il suffira de faire valider pendant le prochain CoPil, Powerpoint à l’appui.

 

 

Le feedback des dernières réunions a abouti assez inexplicablement au retour du 4-3-3. Némarre et Thiago Silvounette  ayant step down comme de vulgaires Luke Seafer face à l’adversité, notre cher Marquis reprend sa place dans la charnière centrale, tandis que Jul, le correspondant allemand (le premier arrivé, du coup) se poste en relayeur/meneur de jeu/électron libre/agent de traitement polyvalent à temps incomplet. Qui dit start-up nation dit innovation, et la surprise du jour nous vient donc du positionnement de Chris N’Coucou au poste de latéral droit, décision prise suite aux réflexions du tout nouveau thinktank de la Fondation Laurent Blanc.

 

 

Pas besoin de vous la faire longue : le déséquilibre était total, et le mâche a vu les Picards se faire dépecer de leurs acquis et certitudes footballistiques aussi sûrement et méticuleusement que le Code du travail après un passage sur le bureau du Premier ministre. Après dix minutes de possession sans partage, Paris-Saint-Germain-en-Laye écartait déjà tout suspense en prenant l’avantage sur une tête décroisée de Marquis suite à un corner (1-0). Après plusieurs incursions mbappesques et autres têtes au premier poteau cavaniesques, le couvert était remis, là encore sur corner, là encore sur une tête décroisée, du petit Adrien cette fois-ci (2-0). Un énorme loupé seul face au but de Cavanul plus tard, la pause café vient offrir aux Amiénois un répit on ne peut plus salvateur après ce pilonnage en règle de leurs prestations sociales.

Faudrait voir à supprimer ce repos obligatoire, d’ailleurs, on gagnerait du temps, donc de l’argent, et ça permettrait de rentabiliser un peu le POGNON DE DINGUE qu’on met dans les salaires des joueurs. Le repos, ils le prendront après leur journée de travail. Quand on aime vraiment son boulot, on a pas besoin de prendre quinze minutes de pause par jour, quoi. Gauchiasses.

 

Thomas découvrant Lassana dans les placards du Parc.

 

Au retour dans l’open space, les gueules noires de Picardie tentent bien de se révolter un peu, obligeant la sainte Aréole à plonger sur une frappe au petit bonheur, mais la maîtrise parisiano-saint-germanoise finit par s’imposer d’elle-même, comme une série d’ordonnances ratifiée à coups de tonfas sur les crânes ensanglantés des manifestants qui n’ont rien de mieux à faire que de marcher dans la rue (ils n’ont pas compris qu’il suffisait de la traverser pour obtenir ce qu’on veut).

La rencontre tombe bientôt dans un faux rythme, le temps pour une vieille connaissance bodmérienne de se rappeler aux bons souvenirs de certains, et de constater que l’académie de Santos n’a pas sorti que des pépites ces dernières années. Tout s’accélère cependant dans les dix dernières minutes, Julian Dragster smashe une tête sur un centre de Jean Bernard dévié par un défenseur (3-0), Kyky conclut une belle combinaison côté gauche par un non moins beau enchaînement qui finit dans les filets sans qu’on ait eu le temps de s’y attendre (4-0), avant que le petit chouchou de Papus Camarade ne vienne définitivement clore le mâche après un slalom tout en doigté dans une défense amiénoise qui avait déjà depuis longtemps posé ses RTT (5-0). Merci, rideau, qu’ils mangent de la brioche.

 


LE START-UP ÉQUIPE


 

Sainte-Aréole (4/5) : Il se couche bien sur la seule occasion du mâche. La fameuse promotion canapé.

Chris N’Coucou (3/5) : Papus Camarade lui aurait mis 5 rien que pour le voir dans le onze mondial. Je prends le parti de lui laisser une marge de progression.

Markiki et Kéké (5/5) : « Et à la fin de la rencontre, ils prirent l’avant-centre amiénois, le rompirent, et dirent : Prenez, et mangez-en tous, car ceci est un Colombien, livré pour vous et pour la multitude, en rémission des pêchés, amen. »

Jean Bernard (4/5) : En attaque, tout est passé par lui, ou presque.

Adrien Rambo (4/5) : Est-ce qu’il joue mieux de la tête quand il attache ses cheveux ?

(Remplacé à la 86e par un Kévin)

Marcoco (3/5) : Ça revient tout doucement.

(Remplacé à la mi-temps par Lassie qui, tel les vieux éléphants, se cache pour mourir)

Jul la Drax (4/5) : C’est joli quand il joue.

Kyky Mbappette (3/5) : Soyons un peu dur avec lui.

Ange de Marie (5/5) : Jusqu’ici, tout va bien, tout va même très bien. Surtout sur coups de pied arrêtés. Attendons de voir si ça continue après le bilan de performance annuel.

(Remplacé à la 59e par Pousse-Mousse, petit stagiaire deviendra grand)

Eddy Cavanini (3/5) : -1 pour ce raté de l’enfer en fin de première période. Mais on t’aime quand même.

 

Bisous les tordus, et à bientôt dans l’incubateur de la Porte de Saint-Cloud Académie,

Georges Trottais

Georges Trottais

L’homme le plus (lutte des) classe(s) du monde.

2 commentaires

  1. Un article sponsorisé par Linkedin?
    J’imagine que tu prenais ton repas Feed pour optimiser ton temps de travail.
    Déçu par le note de N’Coucou, même pas 2 points de + pour la découverte du poste?

    • La méritocratie, valeur intrinsèque de la glorieuse start-up nation, patrie des rentiers et autres fils à papa, ne peut concevoir ce genre de favoritisme, collègue. Ta sensibilité te perdra, mon ami (car quand on est collègues on est amis, c’est le ciment de notre projet)

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