Saison 2020-2021 : La Canebière Académie décerne ses prix

Deuxième partie de notre récapitulanal de la saison écoulée, après la rétrospective publiée hier. Après une saison complète posée le cul dans un fauteuil à se permettre de noter les efforts et talents de notre armada de branquignols, voici donc le classement de la Canebière Académie joueur par joueur. Chacun reçoit une première note correspondant à la moyenne des notes obtenues dans la saison, et une deuxième plus subjective, voire parfaitement assumée comme une note à la gueule. Les joueurs ayant disputé moins de 15 matchs notés sont cités à part.


Les réguliers

Lirola (moyenne : 2,86 / 22 matchs notés / note à la tronche : 3+/5) : La Canebière Académie révèle donc Pol Lirola comme Olympien de l’année. Le Catalan a bénéficié pour cela d’un calendrier favorable, à savoir le fait d’arriver après une telle série de matchs pousse-au-suicide que le moindre frémissement de bonne nouvelle sportive a pu être accueilli avec ferveur et gratitude. En l’occurrence, disposer d’un latéral capable de centrer ailleurs que derrière le but ou dans les pieds du premier défenseur nous a fait bien volontiers passer sur les petites frayeurs défensives qu’il nous aura procurées par-ci par-là. Un premier exercice que l’on peut résumer ainsi : « Le positionnement de Pol c’est comme une paire de seins, on préfère le voir bien haut que tout en bas.« 


Milik (moyenne : 2,75 / 16 matchs notés / note à la tronche : 4/5) : Un avant-centre qui marque des buts. Faut-il expliquer davantage cette position si haute dans notre classement ? Comme le précédent, Arkadiusz est également épargné par nos périodes passées au tréfonds de l’anal (coupe de France mise à part). On a beau avoir l’impression qu’il est arrivé avant-hier (et qu’il repartira peut-être demain), Arek s’impose comme l’une des rares belles embellies de la saison. On lui souhaite en tout cas un bon rétablissement de sa blessure, en espérant continuer à profiter de son sang-froid impressionnant :

« Le mec a connu les supporters de la Pologne, de l’Ajax et de Naples, il ne fallait pas s’attendre à le voir perturbé par le contexte. Je l’imagine bien avoir débarqué en slip mercredi au milieu du bordel : « Ohhhhh les amis, ça c’est un super accueil, avec les chants et les fumigènes, vraiment, merci du fond du cœur. Je sens que je vais me plaire ici. – Non mais Arkadiusz, ils ne te font pas la fête, là, ils sont là pour péter la gueule du président, c’est horrible. – Ah bon ? Ah c’est rigolo, chez moi d’habitude on fait ça pour souhaiter la bienvenue. Je me disais, ça manquait un peu de barres de fer, je trouvais. »« 


Mandanda (2,74 / 43 matchs notés / note à la tronche : 2/5) : La moyenne dépasse de loin l’impression générale souvent trèèèèès agaçante laissée par Steve cette saison. Il faut croire qu’avec la durée de notre relation, on se laisse moins séduire par les réflexes toujours impressionnants, et un peu plus énerver par ses sorties de lamantin sous Lexomil. On notera tout de même que Steve finit l’année en remportant un face-à-face avec l’attaquant : la dernière fois que c’était arrivé, le parking d’Estienne d’Orves était aérien. De bon augure pour une re-reprise en main et un re-retour au meilleur niveau ? Quoi qu’il en soit, la lassitude de fin de saison ne doit pas nous faire oublier que Steve fut à l’un des seuls à tenir la baraque en début d’exercice (3,5 de moyenne sur les 10 premiers matchs, tout de même) :

« Steve Mandanda, sans doute le seul homme à se demander pourquoi on nous qualifie « d’équipe défensive » alors qu’il doit s’affairer autant que si l’équipe était dirigée par Zdenek Zeman sous ecstasy. »


Kamara (2,69 / 42 matchs  notés / note à la tronche : 3+/5) : Nommé le meilleur des joueurs de champ ayant joué l’intégralité de la saison, Bouba n’était certes pas en mesure de tenir l’équipe à lui tout seul, mais aura tâché de conserver un minimum de dignité en toutes circonstances, même dans les moments où l’équipe était tout entière orientée vers l’objectif de chier sur le football. Il faut dire que les schémas mis en place en début de saison n’ont pas facilité son épanouissement :

« Curieusement, Boubacar est bien meilleur associé à Gueye qu’à Rongier ou Sanson. À part le Printemps républicain qui y verra une préférence communautariste et qu’on encule au passage, je ne vois pas qui pourrait s’en étonner et encore moins s’en plaindre. »


Gueye (2,69 / 32 matchs notés / note à la tronche : 3/5) : À l’image de Rachid Zeroual condamné à de la prison ferme pour une peccadille alors que n’importe quel juge aurait pu trouver dans son parcours de quoi l’envoyer 8 fois aux Baumettes, Pape restera dans les mémoires comme la victime de Clément Turpin, capable de l’expulser précisément au seul moment du match où il n’a pas décapité un adversaire. C’est que pour devenir un pilier de l’équipe, le prometteur Pape devra absolument mieux maîtriser ses membres capricieux et notamment leur propension à se coller aux gencives ou aux chevilles des autres joueurs.

Déjà au centre de formation, l’enthousiasme de Pape tendait parfois à le priver d’amis.


Alvaro (2,51 / 39 matchs  notés / note à la tronche : 2+/5) : Âme de l’équipe aussi longtemps que celle-ci a adopté un niveau de district, Alvaro a compensé sa technique fruste par un dévouement quasi-militaire à notre cause. Il force son attachement à l’esprit olympien jusqu’à commettre des actes de violence gratuite sur Neymar ; d’ailleurs, pour que l’on puisse concevoir que Neymar a un jour reçu une paire de claques qu’il ne méritait pas, c’est dire si Alvaro y est allé fort. Malgré tout, l’arrivée de Sampaoli a rappelé que la grinta, les couilles, tout ça, c’était bien joli, mais qu’à un moment il fallait aussi songer à jouer au football. La saison prochaine, c’est sur cet aspect que le bât risque de blesser.

Mais si, elle est bien, ta défense. Je dis juste que tu aurais mieux fait d’ajouter quelques blancs, quelques whites, quelques blancos, pour être plus crédible.


Sakai (2,32 / 38 matchs notés / note à la tronche : on t’aime/5) : Footballistiquement parlant, ce ne sont pas toujours les meilleurs qui s’en vont, c’est un fait. N’empêche, tant que ce n’est pas pour jouer comme titulaire, tu reviens à Marseille quand tu veux, camarade. On copie-colle volontiers l’hommage de la dernière académie :

« Arrivé anonymement d’Allemagne, le Japonais aura nourri cinq années durant la Canebière Académie de blagues rendues aisées par la conjonction d’un niveau et d’une nationalité exotiques. Au fil du temps, il nous aura fallu nous affranchir du cliché du Japonais humble, souriant et travailleur pour découvrir plus objectivement la réalité profonde du joueur et le voir se révéler, contre toute attente, humble, souriant et travailleur. Autant il peut être agaçant pour Ngolo Kanté d’être sans cesse ramené à sa gentillesse en occultant ses talents hors normes, autant on serait bien en peine de trouver dans les prestations d’Hiroki une aspérité nous divertissant de ses qualités sus-mentionnées. Baladé à droite, à gauche, en défense à trois, Sakai aura assuré diverses tâches sans rechigner et au maximum de ses capacités, fussent-elles incertaines. S’il fallait chercher un communsymbole, on pourrait voir en Hiroki ce joueur de devoir indispensable à tout club, mais dont la fréquence des titularisations a souvent révélé les manques de l’effectif : si quelques moments de faiblesse défensive ont pu nous conduire à insulter Hiroki plus que de raison, convenons qu’il s’agissait moins de sa faute que de ceux ayant fait en sorte qu’il doive jouer aussi souvent. Et surtout, Hiroki restera gravé dans nos cœurs pour cette rencontre mémorable d’avril 2018, quand son but clôt une soirée européenne comme les plus jeunes n’en avaient encore jamais connu. L’image d’Hiroki rejoint par Ocampos claudiquant sur ses béquilles restera l’une des émotions les plus marquantes de ces dernières années et, rien que pour cette raison, on imagine qu’il gardera en lui un bout de Marseille autant que l’OM gardera ce moment dans son histoire. »


Caleta-Car (2,29 / 38 matchs notés / note à la tronche : 2-/5) : Conservé de force au mercato d’hiver faute de défenseurs disponibles, Duje a traîné toute la fin de saison sa peine de n’avoir pu s’échapper à Liverpool. Ses démarrages de plantigrade ont semblé encore plus lents que par le passé, ses passes longues ont adopté la précision de guidage d’un satellite chinois et, s’il a continué à amputer quelques adversaires, on sentait bien que c’était sans entrain. On lui souhaite bien vite de reprendre confiance en des qualités que nous ne cesserons jamais de vanter, ne serait-ce que pour convaincre les clubs anglais de lui consacrer autant de millions que ce qu’ils étaient prêts à nous verser il y a encore 6 mois.

« Duje a fait un doux rêve dans lequel le Liverpool FC le recrutait. Ses journées étaient rythmées par le son des Beatles, seulement interrompu par l’entrée des joueurs à Anfield Road. Dans son sommeil, Duje fredonnait alors : « Walk on, walk on, with hope in your heart, and you’ll never walk alo… MI AMOR C’EST LES QUARTIERS SUD C’EST LES QUARTIERS NORD, NIQUE TA MÈRE SUR LA CANEBIÈRE, NIQUE TES MORTS SUR LE VIEUX-PORT ». « Putain… », soupira alors Duje en éteignant son radio-réveil.« 


Thauvin (2,29 / 43 matchs notés / note à la tronche : 2/5 mais c’est parce qu’il s’en va) : Un anonymat relatif au milieu de ce classement des joueurs, témoin de performances oscillant le plus souvent entre le quelconque et l’infâme. En revanche, Florian aura la consolation de trôner en haut d’un autre classement, celui des têtes à claques qu’il partage avec Payet loin devant la concurrence. Comme souvent en de pareils cas, le fait que la situation se solde par un départ nous incite à l’indulgence, et à plutôt se souvenir des bonnes choses. Magnéto :

« On aura tout écrit sur Florian, tour à tour sauveur de match moisis par la grâce d’un éclair de génie, expert des statistiques en trompe l’œil, Totti marseillais attaché à vie à son club de cœur, starlette bloquée ici faute de pouvoir rêver d’ailleurs, plombée conjointement par des prétentions salariales disproportionnées et son incapacité à percer à un niveau supérieur, gamin bougon salopant dribbles sur dribble d’une mine boudeuse pendant les périodes de vents contraires… Il n’aura pas rapporté de titre à l’OM mais son passage à l’OM lui aura permis d’inscrire une coupe du monde à son CV : Florian restera plus qu’aucun autre le symbole* de l’Olympique de ces dernières années, capable d’enflammades aussi spectaculaires qu’avortées dans des cendres qui n’en finissent plus de refroidir. [*cadeau pour le comité, NdA] »

Son amitié avec Mbappé aurait également gagné à se montrer moins gênante (extrait de Fantomar, par Gad)

Balerdi (2,26 / 23 matchs notés / note à la tronche : 2/5) : Le potentiel est là mais le garçon a déjà 22 ans, un âge où ses bourdes monumentales devraient commencer à appartenir au passé. S’agirait de grandir, comme dirait l’autre. Tout l’enjeu dans le choix de le conserver ou non consistera à estimer si l’on a encore une chance de le dégrossir, et si le coût en vaudra les efforts.

« Leo Balerdi : On se dit, rétrospectivement, que l’on a jugé apte à affronter Manchester City un jeune homme à qui l’avant-centre de Lorient a fait faire deux fois la danse du slip.« 


Rongier (2,23 / 30 matchs notés / note à la tronche : 2/5) : L’ère Villas-Boas est depuis longtemps enterrée – il faut dire qu’elle ne nous aura guère laissé de souvenirs à occulter. Pour autant, l’association de Valentin Rongier avec Morgan Sanson donne encore des cauchemars aux plus endurcis d’entre nous. La deuxième partie de saison a vu sa disgrâce, au gré des changements d’entraîneur et d’une interminable blessure. Son retour dans les dernières semaines laisse cependant un espoir d’assister de nouveau à l’évolution de Valentin Ronflex en Rongieur, ce milieu de terrain au bouc maudit qui terrorisait jadis les tibias averses jusque dans leurs surfaces.

« Nos milieux de terrain, c’est comme les spermatozoïdes : la première fois que Leeuwenhoek les a regardés s’agiter n’importe comment sous son microscope, il a bien mis trois ans à comprendre ce qu’ils faisaient et à quoi ils servaient. »


Nagatomo (2,13 / 24 matchs notés / note à la tronche : 2/5) : Censé jouer le rôle du vieux PC sous Windows Vista que l’on conserve en secours en cas de plantage de la machine principale, Yuto a été victime d’un gros malentendu, en l’espèce cette blessure à rallonge de Jordan Amavi. Titularisé à un rythme frôlant la maltraitance physique et mentale envers les personnes âgées, Yuto a écopé comme il a pu jusqu’à ce que, le rythme aidant, il finisse par se montrer pas si dégueulasse pour un joueur de 78 ans.

Disons-le franchement, les débuts de Yuto sont marqués par une franche suspicion.


Payet (2,01 / 36 matchs notés / note à la tronche : 1/5) : « L’OM sans Payet, c’est comme un plat de champignons de Paris sans amanite phalloïde : on perd à la fois le goût et le poison. » Payet se voit désigné devant Thauvin comme joueur le plus toxique de l’effectif, l’argument faisant la différence étant que Dimitri, lui, il reste. Si encore il était nul, on pourrait encore se moquer avec bonhomie et commisération mais non, Dimitri prend toujours soin de rappeler à quel point il peut être génial, pour que l’on puisse encore mieux identifier les moments où il n’en a rien à foutre et où il emmerde la terre entière. En soi, ce comportement n’a rien d’exceptionnel : toutes les familles ont eu à gérer des crises d’ado cyclothymique. À 34 ans, ceci dit, il faudrait songer à mûrir un peu.

« Comme le chat que tu as vidé de la maison à coups de pied au cul lorsqu’il avait chié une fois de trop sur le tapis du salon, Dimitri revient gratter à la porte en faisant « mrouh » avec son air trop mignon. Le pire c’est que ça marche et que ça marchera toujours. C’est le mouvement perpétuel. C’est sartrien. »

L’apocalypse reste à venir.

Cuisance (1,84 / 19 matchs notés / note à la tronche : 1-/5) : Le coup de grâce a été donné par Sampaoli, laissant entendre que non content d’être nul, Michaël aurait par ailleurs adopté un comportement de merde à l’entraînement. Sans entrer dans ces détails, reconnaissons que Michaël est une erreur de casting qui en a surpris plus d’un, mais qui aura eu le mérite chez nous d’instituer la perte de balle comme un art majeur. Rappelons-nous le témoignage d’un de ses amis :

« Son truc, à Michaël, c’est perdre des ballons. Cherchez pas, c’est une passion, y en a c’est les maquettes ferroviaires ou d’autres la terrariophilie, bah Michaël, lui, son truc c’est de perdre des ballons. Il perd plein de ballons, partout, tout le temps, c’est son kif, c’est sa vie. Je me souviens, j’avais vu un portrait de Cuisance dans « Perte de ballons Magazine », il avait que neuf ans, hein, et bah c’était déjà un phénomène. Je me souviens, encore l’autre jour sa maman disait aux journalistes : « Ah ça, Michael, dès qu’il avait un ballon à perdre c’était pas la peine d’espérer le faire venir à table, hein. J’avais beau lui dire ‘Michaël, tu perds un dernier ballon et tu viens maintenant’, eh ben non, il fallait qu’il en perde encore deux, trois, dix de plus. Il nous en a fait baver, mais il faut voir ce qu’il est devenu, maintenant, on se doutait bien qu’il irait loin. » En effet tout s’est enchaîné : d’abord Nancy, normal, la meilleure école de perte de ballons. Puis le Bayern : eux c’est simple, ils veulent être les meilleurs en tout. Ils ont entendu parler du meilleur perdeur de ballons du monde ? Bah paf, ils le recrutent. Et là, le summum de sa carrière, l’OM, où l’on n’est même pas obligé de jouer au football pour perdre des ballons. Juste, là, ce qu’on demande à un milieu, c’est de… de … on lui demande rien en fait, juste Michaël est là, il perd des ballons et il est heureux. »


Benedetto (1,84 / 27 matchs notés / note à la tronche : 1+/5) : « L’attaquant de Schrödinger, dont on ne sait pas s’il est nul parce que ses partenaires ne le trouvent pas ou si c’est parce qu’il ne sait pas se procurer des occasions. » On aura trouvé toutes sortes d’excuses à Benedetto, d’ailleurs légitimes dans une certaine mesure : le fait qu’aucun ballon ne lui parvienne, que les schémas lui soient inédaquats, que l’entraîneur ne sache pas le coordonner avec ses équipiers… Pour autant, lorsque Milik est venu nous rappeler ce qu’était un numéro 9, la comparaison a retenti comme une petite claque entre les oreilles. On se contentera donc de saluer ses quelques buts, dont certains précieux, en espérant que Dario ne porte pas seul le poids de notre attaque l’an prochain.


Sanson (1,69 / 16 matchs notés / note à la tronche : 1/5) : « Le Jean-Claude Romand marseillais. Il est là, il vit parmi nous, il a l’air d’avoir un travail, mais au fond on ne sait jamais très bien ce qu’il fait exactement. » Régulièrement sacqué autant pour sanctionner son absence de performance que l’insistance d’André Villas-Boas à l’aligner contre vents et marées. Il semble que Morgan n’ait pas emporté à Birmingham son sort de titularisation éternelle : ses débuts avec Aston Villa s’avèrent pour le moins timides, une blessure se chargeant en outre d’éloigner un peu plus l’influence d’Erzulie.

« Morgan traverse le terrain comme le Français moyen l’existence, accomplissant des tâches dont le sens lui échappe pour accomplir un but qu’il ne connaît pas lui-même. Certains conçoivent des powerpoints pour se payer un SUV en se demandant pourquoi leur patron les paye ; Morgan, lui, constate semaine après semaine que son nom est inscrit sur la feuille de match. Il court. L’entraîneur a l’air content. Les enfants auront des cadeaux à Noël. Pourquoi serait-il à blâmer ? »


Germain (1,65 / 17 matchs notés / note à la tronche : 1+/5) : « Alors réfléchissons. Yuto est sorti, donc il n’a pas besoin d’auxiliaire de vie. Il y a 1-1, donc je ne crois pas qu’André me fasse entrer pour préserver le score. Mais alors, ça veut dire que je vais enfin jouer attaquant ? Putain, ça c’est une bonne nouvelle, par contre il va falloir que je me rappelle comment on fait, depuis le temps. » Valère pointe à une surprenante dernière place dans ce tableau, la surprise ne venant pas tant de son niveau de jeu que du nombre de viers marins que l’on imaginait encore pires que lui. Il est vrai que ses réussites ont été obtenues lors d’entrées en jeu brèves, et donc non notées dans les académies. Jugé perdu pour la cause d’avant-centre ; Valère s’est fait balader par Villas-Boas à des postes et dans des rôles divers, que l’on pourrait résumer par la fonction de false-nine-advanced-libero-defensive-winger (en français : « couteau suisse où seul le couteau à beurre est aiguisé »). Valère a fini son contrat chez nous et retrouvera probablement un club en Ligue 1, ce qui donne la probabilité de 0,99 à la prophétie suivante :

« Nul doute que nous nous retrouverons ; et sans doute pas plus tard que la saison prochaine, quand Valère égalisera contre nous d’une tête au premier poteau à la 89e après être entré dix minutes plus tôt. »


Les occasionnels

Perrin (2,83 / 6 matchs notés / note à la tronche : 3/5) : Moins spectaculairement nul que Balerdi et spectaculairement moins cher. Pour autant, la marche jusqu’à la titularisation semble encore haute.

« Lucas Perrin : Le Baby Alvaro, rigoureux sans chercher à manifester un quelconque génie. Si Alvaro pouvait arrêter ici la formation de son padawan nous en serions déjà ravis. Je veux dire, on peut très bien omettre le module « liker des tweets d’extrême-droite », c’est déjà très bien comme c’est. »


Strootman (2,75 / 4 matchs notés / note à la tronche : cher/5) : Cantonné à des bouts de matchs ce qui, rapporté au tarif à la minute, représente la plus belle escroquerie depuis le 36 15 Ulla. Kevin part à la mi-saison et ne semble pas être appelé à revenir.

« Entré à la 87e, Kevin se réchauffe principalement en animant le début de bagarre à l’entrée des vestiaires. On tient le seul homme de France continentale qui se languit de revoir le SC Bastia en Ligue 1, pour enfin commencer à s’amuser un peu. »


Amavi (2,64 / 14 matchs notés / note à la tronche : 3/5) : Une interminable blessure, elle-même prolongée par une inflammation prolongatale. Le tout s’est guéri par une belle signature en bas d’un contrat, et c’est un Jordan tout neuf qui nous arrivera la saison prochaine dans le plus grand suspense : retrouvera-t-il ses promesses d’avant-blessure, ou bien sa nullité d’encore-avant ?

« Même une grosse bévue dans le temps additionnel en Ligue des Champions n’érafle pas la sérénité du Jordan nouveau. Maintenant, à chaque fois que Jordan réussit une interception j’ai l’impression d’avoir réussi à signer un contrat avec De Mesmaeker. »


Sarr (2,50 / 2 matchs notés / note à la tronche : Jawohl/5) : Parti pour nous accompagner une saison pour le meilleur et pour le pire, jusqu’à ce moment inattendu où les recruteurs du Bayern ont pris une cuite. D’après la presse, ils semblent avoir décuvé depuis, mais cela ne nous regarde plus.

« Bouna Sarr est en route vers Munich pour 10 millions d’euros. Non non, pas au musée pour être exposé comme œuvre d’art, c’est bien le Bayern qui a posé cette somme pour le recruter. Une belle récompense pour ce contemporain de quelques-unes de nos belles heures (sa campagne de Ligue Europa 2018), et dont la mentalité exemplaire, les couilles à l’air et les centres au troisième poteau nous laisseront un souvenir sympathique. »


Lopez (2,50 / 2 matchs notés / note à la tronche : ciao/5) : L’histoire aurait pu être belle mais n’a jamais vraiment démarré. Maxime n’a pas réussi à réellement s’installer chez nous, pas aidé par ses entraîneurs successifs. Sa nouvelle vie semble bien débuter à Sassuolo.


Aké (2,50 / 2 matchs notés / note à la tronche : bonneteau/5) : Vous avez aimé Bouna Sarr au Bayern ? Vous adorerez Marley Aké à la Juve. Moins rigolo, son échange avec le jeune Franco Tongya semble surtout relever de la pirouette comptable dans laquelle des minots de 18 ans sont autant considérés que des têtes de bovins à la foire de Malijaï.


Dieng (2,50 / 2 matchs notés / note à la tronche : fraîcheur/5) : Très peu de temps de jeu eu égard à son jeune âge, mais il en a profité pour nous offrir certains des rares sourires entrevus cette saison (dont l’obtention de ce pénalty ultra-précieux dans le temps additionnel de l’avant-dernier match). Un peu de Cheikh Bamba Dieng ce n’est pas grand-chose mais ça détend, comme ses initiales le laissaient déjà supposer.

« Gardons la tête froide et rappelons que malgré son potentiel, sa carrière pourra aboutir à des résultats très différents. Donc gardons-nous de toute enflammade et contentons-nous de dire que nous tenons le futur Samuel Eto’o, ce sera plus réaliste. »


Pelé (2,25 / 4 matchs notés / note à la tronche : Canet-en-Roussillon/5) : Pas de sauvetage de l’équipe aux tirs au but cette année, faute d’avoir su éviter les buts avant la séance.


Luis Henrique (2,07 / 14 matchs notés / note à la tronche : 2+/5) : « André Villas-Boas va passer aux assises pour l’avoir gardé aussi longtemps au congélateur. Jurisprudence Véronique Courjault. » Des débuts inégaux mais une montée en puissance en fin de saison qui laisse optimiste pour la suite. De toute façon s’il se plante, nous aurons le retour de Radonjic pour au moins rigoler un peu.


Khaoui (2,00 / 11 matchs notés / note à la tronche : bonne continuation/5) : « Le pire c’est qu’on va le retrouver en coupe de France quand il finira sa carrière en National et qu’il nous plantera un doublé à ce moment-là. » Cinq ans chez nous tout de même, dont certes davantage de banc de touche ou de prêt que de temps de jeu. Joueur de complément pas chiant, il aura eu le plaisir de ne pas quitter le club sans son moment de gloire, ce doublé contre Nice : « preuve de ce que l’on martèle depuis des mois : on ne réclame pas forcément de génies, mais déjà des gens qui soient simplement heureux de jouer au football. »


Radonjic (1,90 / 10 matchs notés / note à la tronche : chic, il revient/5) : « La personne qui lui a fait le prélèvement nasal a sans doute enfoncé l’écouvillon un peu trop profondément. » Prince Fada est l’un de ces joueurs qui rendent les académies faciles à écrire. On se réjouira donc que le Herta Berlin ne souhaite pas lever son option d’achat, sans oublier cette part la plus irrationnelle de notre imagination qui persiste à prétendre qu’il peut éventuellement parfois bien jouer.


Ntcham (1,80 / 5 matchs notés / note à la tronche : flop/5) : Entre dans la légende de l’OM à grands coups de lattes dans les portes de notre Panthéon anal. L’histoire frise l’apothéose dès le début, André Villas-Boas déclarant sans trembler de la narine qu’il ne souhaitait pas le recruter et que c’est d’ailleurs pour ça qu’il se casse. On aurait pu dès lors assister à l’éclosion d’un joueur revanchard déterminé à prouver qu’il mérite sa place ; mais finalement non, au fil de ses maigres participations chacun a pu à son tour se demander ce qu’il pouvait bien faire ici, jusqu’à Sampaoli finissant par l’envoyer en vacances anticipées à deux journées de la fin.

« Encore sorti à la pause, Olivier enchaîne les entraîneurs comme d’autres enchaînent les speed-datings. Encore quelques râteaux de ce genre et il aura de quoi ouvrir un Leroy-Merlin. »


Rocchia (0 match noté / note à la tronche : ah bah t’es encore là, toi ?/5) : On citera pour mémoire ses 45 minutes de jeu de la saison.

Le concours zoologique

Le classement général final du concours zoologique est le suivant : montent sur le podium Homerc et Florent Llrns, avec 5 victoires chacun.

Notre grand lauréat est Anthony Ch. qui, avec 8 victoires, remporte un lot d’autocollants Monsieur Lapin (que chacun peut par ailleurs commander auprès de l’auteur à 5 euros les 10, frais de port inclus ; mais si vous tenez absolument à nous envoyer des sous sans rien demander en échange, vous pouvez également cliquer sur le joli chapeau ci-dessous).

On retrouve la Canebière Académie la saison prochaine, d’ici là horsjeu.net (mâtin ! quel site) est comme d’haobitude ouvert 24/24 et 7/7 pour l’Euro.


Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

7 commentaires

  1. Je n’ai qu’un mot à dire. Bravo. Quels nerfs d’acier ! J’ai senti mes bras trembler dès le 3e paragraphe. Là je suis simplement tétanisé. C’est normal que tous les joueurs soient notés 1 ?

  2. Merci pour cette saison qui aurait était bien difficile sans vous.
    A demain
    ?

  3. Merci à toi pour ces deux conclusions.
    Et merci d’avoir été fidèle toute cette saison.
    Certains auraient lâché (et nous aurions pu le comprendre) mais tu es resté stoïque devant cette enchainement d’analyse anal que le club à su te demander toute l’année sans faillir – Note de gueule : Proctologue /5

  4. j’ai relu avec plaisir le concentré annuel de cette académie et je me suis surpris à avoir envie que la saison reprenne…
    vivement que l’on puisse retourner au Vélodrome !

  5. Ce diptyque du bilan anal de votre saison est tout simplement brillant. Saurez-vous rester au niveau si d’aventure la saison qui suit se révèle plate et sans goût ? (comprenez, sans défaites frisant le ridicule qui nous gratifieraient d’académies assurément poilantes)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.