Saison 2020-2021 : la Canebière Académie récapitule

Aïoli les sapiens,

Comme chaque année on part plein de bonnes intentions, genre fignoler un récapitulatif de la saison aux petits oignons, avec mise en page chiadée et reliure cuir pleine peau, démarchage de la Pléiade et tout ça. Et puis paf, on se trouve de nouveau piégé par notre addiction à cette manie saugrenue de devoir consacrer son temps à un travail rémunéré : comme disait Hugh Laurie, « l’argent ne fait pas le bonheur, mais il permet d’acheter des choses. Or moi les choses, voyez-vous, j’aime bien ça. » Donc blam, start-up nation, faut travailler, on se retrouve quasi à l’euro et j’ai rien branlé. On active donc le plan B en deux parties : d’abord le bilan et le résumé de la saison, puis demain le bilan par joueur.

Pour ce qui est d’évaluer l’exercice 2020-21, c’est vite vu si l’on s’en réfère aux objectifs plus ou moins élevés assignés en début de saison :

  • se qualifier en Ligue des Champions : raté ;
  • gagner un truc, n’importe quoi mais un trophée officiel quelconque : raté ;
  • bien figurer en coupe d’Europe, soit en passant les poules de Ligue des Champions soit en étant au moins reversés en Europa Ligue : raté ;
  • gagner à Bordeaux : raté ;
  • gagner contre le PSG : ah oui, celui-ci on l’a, tiens ;
  • arrêter de joueur comme des couilles molles et au moins essayer de rouster largement les petits clubs : raté.


Hors terrain en revanche, la ville aura obtenu le départ de Jacques-Henri Eyraud et de sa clique de start-uppers de merde, au prix de plusieurs jours de taule pour certains supporters. Nouveau président, nouvel entraîneur, effectif à renouveler en très large majorité : 2021-2022 constituera l’une des nombreuses années zéro de l’OM, pour laquelle nous fixons les objectifs suivants :

  • se qualifier en Ligue des Champions ;
  • gagner un truc, n’importe quoi mais un trophée officiel quelconque : raté ;
  • bien figurer Ligue Europa, a minima en passant les poules ;
  • gagner à Bordeaux, en tout cas s’ils existent encore ;
  • arrêter de se faire taper comme des merdes par des clubs amateurs ;
  • adopter un jeu qui évite de pousser les téléspectateurs au suicide ;
  • retrouver une ambiance au Vélodrome en espérant que finissent vite ces putains de huis-clos.


Le résumé de la saison

NB : les liens suivis d’une astérisque indiquent les académies « spéciales »

De la 1re à la 6e journée : ça patine à l’embrayage

La victoire inaugurale à Brest (2-3) laisse entrevoir autant de belles choses que de nécessaires serrages de boulons défensifs. Surtout, le calendrier nous offre un choc inhabituellement précoce contre le PSG. Si l’on peut reprocher à Villas-Boas beaucoup de choses, on lui saura gré d’avoir mis à bas toutes nos bêtes noires (sauf Bordeaux, mais il était déjà parti à ce moment-là). Malheureusement, même cette victoire au Parc (0-1) avec supplément bagarres et cartons rouges qui est alors censée représenter un sommet de notre saison, est très vite ternie par ces accusations de racisme contre Alvaro. Sans que rien ne puisse formellement l’incriminer, la défense piteuse du joueur laisse à penser qu’il n’est pas tout blanc dans l’histoire, si vous me passez l’expression. Dès ce second match, le Destin nous avertit : non seulement vous ne vivrez pas beaucoup de moments heureux, mais en plus vous n’aurez pas le temps de les savourer.

C’est ainsi que, dans l’euphorie de cette victoire chez l’ennemi, nos joueurs se comportent comme des viers marins et se laissent surprendre contre Saint-Étienne (0-2). La dernière fois que les Stéphanois l’avaient emporté chez nous, Jean-Michel Larqué n’était encore qu’un spermatozoïde dans le testicule gauche, à gauche, à gauche de son père.

Les matchs suivants tirent déjà la quintessence du villasboasisme, à savoir des prestations footballistiquement indignes au cours desquelles des points sont sauvés par divers miracles. Archi-dominés, nous égalisons in extremis contre Lille grâce à Germain (1-1). Bis repetita contre Metz : nullité footballistique, égalisation de Sanson à la 95e, et convocation du Sergent Hartman dans la Canebière Académie, pour remobiliser des troupes qui ne semblent pas percevoir la catastrophe qui se profile (1-1)*.

« UNE DERNIÈRE CHOSE, RAMASSIS DE VERS DE FUMIER, JE CONFIE MON CHAPEAU À MON ASSISTANT, C’EST LUI QUI SERA CHARGÉ DE VOUS BOTTER LE CUL EN ATTENDANT QUE JE REVIENNE VOIR SI VOUS AVEZ CHANGÉ. C’EST BIEN COMPRIS MES PETITS CHÉRIS ? »


Toujours pas de victoire ensuite contre Lyon, malgré un scénario différent : l’OM débute plutôt bien, mais Payet inaugure ensuite notre longue série d’expulsions stupides. L’équipe passe en mode « couilles » et parvient à sauver un point (1-1). À ce stade, les enseignements sont contradictoires : le jeu se montre d’une pauvreté à la limite de l’ascèse, mais l’équipe révèle un certain caractère et reste bien placée au classement. La victoire contre Bordeaux ne nous avance pas davantage : gagner contre les Girondins, tout le monde le fait (3-1).

Le seul moyen de rentabiliser le milliard d’euros de droits, c’est d’attirer les bons abonnés. Ce type de public est pointu et exigeant, mais l’OM et l’OL représentent clairement des arguments de choix.


Des débuts européens à la 14e journée : gagner moche ou perdre moche, mais toujours rester moche.

Pour fêter notre grand retour dans cette Ligue des Champions que nous n’avions plus fréquentée depuis les années Élie Baup (apôtre lui aussi du football séduisant, s’il en est), Jordan Amavi révise son patrimoine olympien et rend hommage aux plus belles bourdes de Jérémy Morel. Une erreur dans le temps additionnel saborde ainsi le match face à l’adversaire le plus accessible du groupe (1-0).

Pendant ce temps, en championnat, un nouveau match se joue sur un coup de dés, en notre faveur cette fois : à Lorient, André Villas-Boas conceptualise le football-flubupte (0-1).

Vient ensuite le gros morceau : la réception de Manchester City. Pragmatique, Villas-Boas réfute toute notion d’ambition et de plaisir, toute sa préparation de saison consistant d’ailleurs à nous faire nous attendre à en baver, jusqu’à ce moment précis. La réussite est totale : non seulement on se fait chier, mais en plus on n’évite même pas la rouste (0-3). Perdu pour perdu, les joueurs assument de n’en avoir plus rien à foutre, et sans quasiment combattre encaissent le même tarif contre Porto (3-0).

Heureusement, le préfet des Bouches-du-Rhône a pris soin de mettre à jour les documents officiels en fonction des dernières exigences de service public.


Ce qui suit représente le sommet de la saison, d’une certaine manière. L’OM emporte en effet les trois points contre Strasbourg grâce à son seul tir d’un match absolument honteux (0-1). Nous restons dans les hauteurs du classement mais les téléspectateurs sont au bord du suicide et, les nerfs en pelote, Villas-Boas envoie chier journaliste sur journaliste.

Un pénalty non sifflé contre Amavi nous donne l’occasion de ressortir notre grille d’analyse des enculeries arbitrales en notre faveur (autant dire qu’elle ne sert pas souvent).

Au moment de recevoir Porto pour une branlée déjà anecdotique, le jour de la mort de Maradona, l’introduction de l’Académie laisse poindre un léger agacement à l’encontre d’André Villas-Boas et Jacques-Henri Eyraud (0-2)*.

Survient une anomalie contre le FC Nantes de Nicolas Palourde : l’OM gagne nettement (3-1). Mais Nantes, tout le monde gagne contre eux (cf notre chapitre « Girondins »). Sur la lancée de cette rencontre, nous en profitons pour ENFIN gagner un match en Ligue des Champions, en tapant l’Olympiakos grâce à un arbitrage vidéo particulièrement bienveillant. Un but supplémentaire nous aurait permis d’être reversés en Ligue Europa, mais il y a longtemps déjà que plus personne ne réclame un semblant d’ambition à cette équipe (2-1). Pour autant, les points s’accumulent en championnat avec une nouvelle victoire relativement facile contre un mal-classé, en l’occurrence Nîmes (0-2).

Le dossier « Ligue des Champions » est bouclé dans notre battage de couilles si caractéristique, une nouvelle souillure étant infligée à nos sans-fierté par le futur finaliste (3-0). Nous déclarons alors : « Terminer au sommet de notre triste championnat ne consolerait en rien, il s’agira juste du minimum requis pour que l’on accepte éventuellement de laisser glisser la pilule. ». Ce minimum, les Olympiens s’accrochent pour le glaner, avec une victoire convaincante contre un rival direct, Monaco. Le début de rencontre est tonitruant et, malgré la rapide rétractation gonadique qui s’ensuit, notre équipe se montre solide (2-1).

À ce moment, si chacun a fait son deuil du beau jeu, la fin du parcours européen et un classement flatteur en championnat nous autorisent quelques ambitions. Cruel, c’est Clément Turpin qui vient précipiter notre chute et nous révéler tels qu’en nous-mêmes, une bande de marauds sans honneur qui prétendent entrer au bal de la comtesse alors qu’ils sont en slip.

Moi devant la vie.


De la 15e à la 21e journée : la dégringolade.

On a coutume de parler de « tournant de la saison », mais il serait ici plus approprié d’évoquer un mur que nous prenons de plein fouet, un mur nommé Clément Turpin. Alors que l’OM mène de belle manière face à Rennes, l’arbitre adresse un deuxième carton jaune à Gueye pour une faute imaginaire. Une erreur d’autant plus regrettable que notre grand dadais était parti pour emplâtrer un Rennais à chaque intervention et qu’il n’aurait sans doute pas été nécessaire d’attendre longtemps pour trouver de quoi légitimement le lourder. Il n’empêche, sur le moment, il s’agit bien d’une injustice, qui agit sur l’OM comme une grosse décompensation chez un malade mental. Tout ce qui tenait tant bien que mal l’édifice depuis le début de saison, ces points glanés malgré un jeu de merde, tout ceci s’effondre brutalement à commencer, le soir-même, par cette défaite à Rennes (2-1).

Signe que le flubuptismo atteint ses limites, le destin cesse définitivement de sourire à Villas-Boas et ses hommes. Contre Reims, nous parvenons tout juste à obtenir l’égalisation après un CSC de Nagatomo (1-1). La Noël n’est pas plus réjouissante : contre Angers, non seulement les supporters se voient infliger une terne défaite, mais ils doivent en plus subir les inepties de Jacques-Henri Eyraud sur les anciens employés du club, Médiapro et le piratage (2-1).

Sur le plan médiatique, le début d’année voit un Vincent Bolloré particulièrement en verve dans son rôle de tumeur cancéreuse, puisqu’il réussit même à nous faire plaindre Stéphane Guy. Sur le terrain, l’ambiance est un peu plus joyeuse puisque, contre toute attente, c’est une jolie victoire qui nous attend contre des Montpelliérains joueurs et, ce qui ne gâte rien, nuls en défense (3-1).

Mis sur le banc pour lui faire passer ses attitudes de starlettes, Payet en sort particulièrement motivé, d’où ce schéma explicatif.


Patatras, contre Dijon, ci-devant équipe la plus nulle du championnat, le jeu redevient atroce, et Dimitri se remet très vite à se comporter comme un connard (0-0)

Dans toute cette histoire, on en oublierait presque que les joueurs ont l’occasion de gagner un trophée. Vous savez, ce truc qu’on met dans les armoires, celles qu’on n’a pas ouvertes depuis 2012, à part le moment où Jacques-Henri a voulu sortir la Coupe pour la trimballer partout avec son air de zgueg. En tant que second du précédent championnat, l’OM a eu l’honneur de défier le PSG dans le décoratif Trophée des Champions. Bilan : c’est raté, nous avons été médiocres, et le pire c’est que nous en sommes contents (2-1).

Pour faire bonne mesure, l’OM perd à domicile contre Nîmes : joueurs, entraîneur et président semblent s’unir pour dégoûter tous les supporters du football, au point que la Canebière Académie en vient à s’interroger sur des théories du complot (1-2).

Nous basculons alors officiellement en lapin de niveau II.

Nullité et défaite toujours, contre Lens cette fois-ci : la Canebière Académie en profite pour proposer à Jacques-Henri Eyraud le communiqué officiel qui pourrait sauver la situation (0-1)*.

Finalement, les derniers espoirs de bien figurer en championnat s’éteignent au soir de la 20e journée et d’une rouste infligée par Monaco (3-1). Plus rien n’est alors à gagner, et pourtant c’est ici que tout commence.


De la 23e à la 26e journée : chronique de la Révolte des Cyprès.

Puisque désormais les résultats ne masquent plus l’absence de spectacle, la crise sportive est installée. Si le coronavirus a transformé le stade en cocon vide de supporters, où rien ne vient agresser les oreilles délicates des joueurs et surtout de l’équipe dirigeante, la colère gronde en ville, et elle gronde d’autant plus que, mi-arrogant mi-taré, Jacques-Henri Eyraud en rajoute dans les provocations et le conflit.

La situation finit par craquer le jour de la réception de Rennes, quand des supporters investissent la Commanderie. À la différence des supporters nantais ou girondins qui savent manifester leur colère dans les règles et la bienséance – ce qui explique pourquoi ils vont se fader Kita et Longuépée encore longtemps – les nôtres se sont exprimé à la marseillaise. Quelques jets de pierre et une belle flambée de cyprès plus tard, le match du soir doit être reporté, tandis que la police et la justice se défoulent sur les quelques participants assez manches pour s’être fait pincer.

Avec la finesse d’analyse qui les caractérise, Mc Court et Eyraud, sans oublier le triste sbire Hugues Ouvrard,  éteignent le feu en y larguant une citerne de kérozène, avec des déclarations toujours plus outrancières. Les conseiller en communication de l’Américain en rajoutent une tonne dans le pathos, poussant l’insulte jusqu’à dresser un parallèle avec les émeutes d’extrême-droite à Washington. Ce qu’ils n’avaient pas prévu, c’est que la fière Marseille s’élève enfin pour leur dire d’une seule voix d’aller se faire foutre. Non, l’OM ne tient pas dans un club de foot.

Villas-Boas y va de sa bombe incendiaire, annonçant sa démission à la veille du match contre Lens. Bombardé entraîneur, Larguet voit l’OM redresser la tête face à Lens, sans cependant pouvoir empêcher les adversaires d’égaliser. La Canebière Académie, elle, revient sur les événements et souhaite un au-revoir à son désormais ex-entraîneur (2-2)*.

Eyraud revêt ensuite ses plus beaux habits d’étron humain pour interdire aux MTP d’installer un tifo en hommage à des supporters décédés. Huit supporters dorment quant à eux aux Baumettes, le crime de lèse-cyprès semblant bien mériter la détention provisoire aux yeux d’une justice aussi mal en point que le reste. Dans ce contexte, même la piteuse défaite à domicile contre le PSG en vient presque à passer au second plan (0-2).

Florian Thauvin au lendemain de la clôture du mercato.

Le début de la coupe de France tombe à point nommé pour nous offrir quelques sourires, Benedetto et le jeune Dieng nous offrant la victoire à Auxerre (0-2).

Nous sacrifions ensuite au match nul à Bordeaux, cette tradition à laquelle les joueurs des deux équipes semblent toujours très particulièrement attachés : les Olympiens, en recevant deux cartons rouges pour être bien certains de ne pas gagner, et les Girondins, en faisant le nécessaire pour ne pas marquer un seul but à 11 contre 9 (0-0).

De toute façon, en cette fin d’hiver 2021 le football est bien secondaire : c’est en coulisses que se donne le spectacle. Eyraud et Ouvrard annoncent ainsi l’Agora OM, une soi-disant concertation dont les termes sont si biaisés et ridicules que les deux pitres finissent par perdre définitivement le peu de crédibilité qu’ils pouvaient conserver. Dans le même temps en effet, les groupes de supporters se sont vu adresser une mise en demeure aussi menaçante dans les termes que juridiquement inepte, le club étant infoutu de préciser de quoi il les mettait exactement en demeure. La Canebière Académie aborde le sujet, sans oublier de saluer la belle soirée de Khaoui contre Nice (3-2)*.

Pour aider MM. Eyraud et Ouvrard dans leur louable initiative de concertation, nous avons pris le parti de peaufiner légèrement leur proposition initiale, en lançant : l’Agoratamare. Quant au championnat, le match contre Nantes s’avère très dispensable, l’heure étant surtout à la déconolisation (1-1).

Finalement, c’est le 27 février que Jacques-Henri Eyraud est démis de ses fonctions, et remplacé par Pablo Longoria. Hugues Ouvrard ne tarde pas à suivre, tandis que les communicants de Frank McCourt semblent avoir compris deux ou trois choses, à en découvrir les nouveaux discours du propriétaire. La méfiance est plus que jamais présente, mais au moins il ne se trouvera plus deux têtes de nœuds pour crisper la situation plus que nécessaire.

De la 27e journée à la fin de saison : dernières gifles avant l’avenir.

On efface tout et on repart de zéro. Frank McCourt fait le coup du « je vous ai compris », l’Agora OM et les mises en demeure diverses ne sont plus qu’un mauvais souvenir, la vie est belle, on s’aime. Le beau jeu et les ambitions sportives, eux, restent en berne, en témoigne ce nouveau nul contre un Lyon réduit à 10 (1-1).

La défaite qui s’ensuit contre Lille est quant à elle accueillie avec d’autant plus de détachement qu’elle fait chier parisiens et lyonnais (2-0). L’arrivée de Jorge Sampaoli se confirme, ce qui nous fait dire de l’intérim de Nasser Larguet qu’il « s’achève  dans une absence totale d’émotion (moyennant encore le fait de ne pas se faire sortir de la Coupe de France comme des merdes dimanche). »

L’Olympique de Marseille à chaque fois qu’on lui achète un nouvel avant-centre.

Et justement vient le dimanche en question, consistant en un 1/16 de coupe de France contre Canet-en-Roussillon. Que croyez-vous qu’il advient ? Eh bien, quoi qu’il en coûte à notre élégance naturelle du verbe, nous devons bien reconnaître que les joueurs nous ont chié à la gueule comme rarement, d’une manière encore plus honteuse au vu du contexte des dernières semaines. Alors que nous croyions être passés par toutes les étapes de la honte, le fond du fond est réellement atteint en ce jour de libération anale, qui voit s’éteindre les derniers enjeux sportifs de la saison (2-1)*.

Comble de malheur, c’est ce jour-là que Gianluigi, compagne de route de toujours, choisit pour nous quitter.


Sampaoli prend ainsi les rênes d’une équipe dont les deux-tiers des joueurs n’en ont explicitement plus rien à battre. En cadeau de bienvenue, Michaël Cuisance offre le but de la victoire contre les Rennais de l’inénarrable Nénesse Génésio. Les larmes bretonnes face à cette défaite (eh oui, il s’agit du match reporté ce fameux jour des cyprès) assaisonnent un peu plus le plat (1-0). Luis Henrique réédite la passe décisive au match suivant contre Brest, toujours à la 88e minute comme pour mieux séduire les recruteurs lyonnais. Le jeu est toujours loin d’être parfait, mais au moins il se passe des choses (3-1).

« Allô Maman ? Ah, oui Maman, c’est gentil mais Monsieur Sampaoli ne veut plus que tu m’en apportes. Oui, je sais, on a gagné mais même, il veut pas. Mais si je t’aime Maman, ne dis pas de bêtise, c’est juste que… Non mais je peux pas, il me l’interdit, c’est pas ma faute. Non mais t’énerve pas Maman, je t’explique…mais non, Maman c’est pas du gâchis. Mais non, ne le jette pas par la fenêtre voyons, Maman, tu vas blesser quelqu’un en bas de la maison. Comment ça, t’es pas à la maison ? Mais t’es où, là, au fait ? Maman ? Allô ? »

Pourtant, alors que l’embellie semble se dessiner, c’est le moment que choisissent les joueurs pour encaisser leur plus grosse branlée de la saison en championnat. À Nice, Payet et Caleta-Car, pour ne parler que de ces deux-là, tiennent absolument à affirmer à la face du monde leur absence de volonté de faire des efforts (3-0). Les victimes officielles du championnat, les Dijonnais, nous rendent visite à point nommé pour nous remettre dans le bon sens sans forcer (2-0).

Alors que de plus en plus de joueurs et d’équipes commencent à se démobiliser, l’OM reste à la lutte avec Rennes et Lens pour l’obtention d’une qualification européenne. Après tant de points escroqués au terme de matchs insipides, l’OM doit payer l’addition karmique contre Montpellier : le match s’avère l’un des plus spectaculaires et séduisants de l’année, l’analité totale des deux défenses y étant sans doute pour beaucoup, mais les Pailladins nous privent de la victoire à l’ultime seconde (3-3). Tout aussi foutraque, le match contre Lorient nous voit cette fois-ci emporter la victoire dans le temps additionnel (3-2). S’ensuit une nouvelle victoire à trois buts contre Reims, une nouvelle fois après avoir été mené au score : à défaut de nous avoir ramené une qualité de jeu, Sampaoli aura au moins mis un terme à l’ennui permanent que représentait notre équipe (3-1).

Évidemment, on ne peut toujours rien espérer de stable avec l’OM. C’est ainsi que l’équipe se remet à patiner sévèrement, tout d’abord contre le Strasbourg renforcé au béton triple épaisseur de Thierry Laurey (1-1). Le manque d’implication des joueurs se fait ensuite sentir contre Saint-Étienne, qui empoche les trois points suite à une bourde de Balerdi (1-0).

Le président de l’Unecatef présente la tactique strasbourgeoise.

Les craintes sur une absence de qualification se dissipent à l’avant-dernier match contre Angers, remporté au terme d’un nouveau scénario à la one again. Menant 2-0, nous nous faisons remonter à cinq minutes de la fin, avant que Milik ne signe le triplé au bout du temps additionnel grâce à un pénalty obtenu par Dieng (3-2). Tout le monde est heureux que la saison puisse se terminer ; tout le monde, sauf les arbitres vidéo de l’ultime match, qui nous offrent un temps additionnel gaguesque de quatorze minutes. Metz ouvre le score sur pénalty à la 93e, l’arbitre siffle une première fois la fin du match avant que la VAR n’interviennent sur l’ultime action, qui permet à Milik d’enfin poser le point final sur pénalty à la 104e (1-1).

Allô les gars, ya péno ou pas ?
*bruits de matériel renversé et éclats de voix étouffés*
Les gars ? Tout va bien ?
Laissez moi sortir putain, je veux pas voir une seule image de plus de ce match de merde, je veux pas rester à Metz, je veux rentrer chez moi !
– Allô ? Il se passe quoi, là ?
Bon écoute Hakim, c’est Jean-Michel, il va pas bien, j’ai dû verrouiller la porte du car pour l’empêcher de s’enfuir mais là il essaie de l’attaquer avec la tête, je peux pas trop m’occuper de toi là. Le mieux c’est que tu ailles voir les images toi-même, OK ?


Vous avez réussi à vous ré-infliger toute la saison sans vous ouvrir les veines ? Félicitations, vous êtes mûr pour la seconde partie du bilan consacrée aux joueurs, publiée demain.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

4 commentaires

  1. Année marquée par la perte de notre Gianluigi qui sera sortie discrètement au beau milieu d’un immense feu d’artifice de n’importe quoi.

    Le plus incroyable au final ça reste cette cinquième place. Comme une fleur sur la bouse. Comme une pépite sous la boue. Comme un symbole de la Canebière académie.

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