Notre Footballologue analyse Espagne X France (2-0)

 

Deux latéraux…

…droit et Blanc lance une invitation hommage à Unay Emery. Face au Barça, le stratège valencien avait en effet doublé ses latéraux mais Jordi Alba sous Mathieu évoluaient dans le couloir gauche d’une équipe imitant le « forcing total » madridista déjà opposé au « football total » catalan. Pressing sans pression, le MDK « à la française » préfère bloquer l’adversaire à son arrivée couloir droit plutôt que de couper la relance à la racine. Dès la 5ème, les presseurs ne regardent plus vers l’avant tandis que les mouvements de joueurs déstabilisent l’équipe. En fonction de l’avancée de l’adversaire, Debuchy-Cabaye permutent tandis que, alternant entre Ribéry et Malouda, la couverture défensive du couloir gauche coûte l’ouverture du score de Xabi Alonso: 1-0, 19ème. Le volet « blocage » peu convaincant, l’aspect « contre attaque » n’offre pas plus d’espoir. Dès la récupération, la France cherche Ribéry afin de percuter couloir gauche et centrer pour Benzema-Debuchy-Cabaye voire Malouda. Contrastant avec le « tiki taka » de la Makina Roja, le style « patate chaude » du collectif français (14ème) n’a su trouver qu’un Ribéry enfermé contre la ligne de touche par Arbeloa et consorts (31ème, 32ème, 36ème.) Jamais l’unique impact player opérationnel ne prendra l’intérieur pour toucher Benzema ou Debuchy tant et si bien que le couloir droit espagnol fait figure d’éteignoir des – rares – étincelles tricolores.

 

 

Pilote…

…d’un hybride Real-Barça, Vicente Del Bosque impose Xabi Alonso au milieu catalan mais lui concède Fabregas en guise d’avant-centre. Produit d’une formation axée sur la surcompensation du cognitif, la machine cognitive catalane – à la Roja ce que le « tourbillon viennois » devait être à l’Autriche de Hugo Meisl – informe le dispositif tactique par sa présence. Installée couloir gauche, la Barkina tourne à 7 +/- 2 pensionnaires de la Masia soient Jordi Alba-Xavi-Busquets-Iniesta-Fabregas récitant les ritournelles engrammées dans l’enfance tandis que Xabi Alonso-Arbeloa-David Silva se partagent les restes. Farandole à gauche-ligne de fuite à droite, la Roja déroule le jeu catalan en commençant par tracer la ligne de fuite (transversales de Xavi puis Xabi Alonso pour David Silva (2ème, 3ème) avant d’écarter Xabi à droite pour démarrer la machine (6ème, 8ème.) « Écrivant au sol avec la balle » (Wenger), la Barkina démasque Arbeloa au poste de Daniel Alves (10ème), s’excuse d’exclure Xabi en lui offrant l’ouverture du score (19ème), prend Silva pour Messi (22ème) et passe de la ritournelle à la mascarade sans même une farandole (27ème.) Mortifères, les tendances autistiques de la Barkina s’accentuent néanmoins et la Roja compense en insistant côté droit où Xabi-Silva obligent Malouda-Ribéry à défendre (40ème.)

 

« Sans avant-centre »…

…sanctionnent les experts pour qui le « jeu légitime » nécessite équilibre et fluidité jusqu’à une zone rouge que seuls les duellistes peuvent pénétrer. Les triomphes de 1998 et 2000 créditent ainsi une certaine vision du jeu et de la formation à interroger. Nés en 1980, 1984 ou 1987, les équivalents français de Xavi ou Iniesta se nomment Luccin, Dalmat, Le Tallec, Sinama-Pongolle ou, plus probablement, ressassent quelque part cette radio du poignet qui mit fin à leurs espoirs. Del Bosque place Fabregas où nécessité l’exige, le consultant souligne l’anomalie et célèbre une génération 1987 dont aucun des « prodiges » n’est jugé « employable » face aux meilleurs mondiaux. Loin de sniffer le Vicks à l’écarteur de narines, les bleus accentuent toutefois leur pressing et atteignent le couloir droit en début de seconde période avant que les entrées de Nasri et Ménez (pour Debuchy et Malouda) n’arraisonnent tout le monde « à la Clairefontaine. » A une décade de ces problèmes, Del Bosque interroge certainement l’état de santé de la Barkina. Soumise à d’impressionnants stress tests durant les clasicos, la machine s’est davantage encore refermée sur elle-même, monopolisant le ballon jusqu’à négation de l’altérité et par là du jeu. Ce « refus de jouer en possédant la balle » (Wenger), déjà perceptible en 2010, parvient tout de même à accentuer le score sur penalty de Xabi Alonso: 2-0, 89ème. Peu avant, l’apôtre du beau jeu français avait « outé » une certaine idée du football et de Giroud (entré pour M’vila, 78ème) : « Il faut qu’il (Giroud) aille se planter sur Pique »…parce que le « jeu légitime » exige un avant-centre en duel avec son défenseur, car une formation sans fondements relèverait de la « mauvaise éducation. »

L'ancien

One Comment

  1. Pourquoi reconduit-on les mêmes incapables sans jamais rien tester, pourquoi fait-on des expériences le jour où l’on affronte les champions du Monde et d’Europe? Pourquoi joue-t’on avec les mêmes petits prétentieux quand des jeunes champions de France poussent?

    Mon coeur est malade de tant de questions.
    Notre Footbalologue, pourquoi le jeu bleu présentait si peu de mouvement?

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