Clasico grippé: Footballologue Vs l’Expert de lequipe.fr

Cédric « L’Expert » Rouquette, curiosité capillaire à la glotte trop saillante pour ne pas dissimuler des problèmes thyroïdiens, « décrypte » chaque semaine l’actu foot pour L’Equipe…en tous cas, c’est ce que prétend le site de feu L’Auto. Nul ne sait s’il est possible de suivre une formation de « décryptologie », ni dans quel « café des sports » cela se déroule, mais à lire la dernière transcription du Champollion d’Amaury, il semblerait que Thiriez ait refusé de lui lécher la pierre de Rosette.

Quittant Diffamation pour la France, les choses deviennent plus claires. Sur ce pandolémique OM-PSG, la vérité n’éclatera que dans une dizaine d’années, lorsque le Riolo du moment (d’ici là il n’en sera plus là… ?) publiera son défiscalisant « OM-PSG, histoire d’une rivalité » augmenté de « révélations exclusives. » Apprendra-t-on alors que le PSG est « plus que louche » dans l’affaire, la chronologie des événements soulignant la passivité voire la légèreté avec laquelle les cas ont été traités, jusqu’à emmener Clément dans l’avion… ainsi qu’une valise de masques pour faire de belles images le dimanche matin. Robin le chimiste, neveu de Saddam Hussein, a déclenché une guerre bactériologique à laquelle son entraîneur n’a pas daigné prendre part, préférant au médical le masque du compétiteur frustré. Entre silence et mansuétude dans la programmation du match, l’histoire dira si Leproux poussera son « honnêteté » jusqu’à présenter le même groupe « amoindri » lors du re match. Une affiche OM-PSG privée de Niang, Heinze et Cheyrou blessés, remportée 0-1 sur un but de Sakho à la réception d’un centre de Giuly…donnerait à Rouquette le sujet de son « décryptage » de la semaine. Et nul doute que Thiriez s’en prendrait encore plein la moustache…

Certes, défendre Thiriez, c’est de suite faire acte de candidature au ministère de la jeunesse et des sports. L’Indéfendable ne semble pourtant pas aussi responsable qu’il y paraît. Ainsi, que fait la Ligue depuis 20 ans si ce n’est courir après la « financiarisation » du football mondial en défendant « son produit », fait de « grands clubs » et de « clasico » ? Tandis que, le samedi 24 octobre vers 14h00, le hasard d’une vie sans pute permet à RMC de diffuser dans un appartement sans but,  le moustâché pérore, savourant sa « victoire » sur des députés « populistes » désireux de revenir sur les avantages fiscaux accordés aux sportifs. Durant l’économixe – où l’on apprend que l’héritier du commissaire Valentin, en défendant la compétitivité des clubs français et du « produit » France, est à l’origine des transferts de Lucho et Lisandro ainsi que de 600 millions de recettes fiscales – il fut « balancé », sans autres développement que le docteur Muchmachin, qu’OM-PSG aurait bien lieu. Tandis que les « journalistes » soulignent l’exclusivité de l’information, Thiriez exige « un cessez-le-feu parlementaire » ou…qu’on  re fiscalise Johnny Halliday et Julien Clerc avant d’embêter « ses » sportifs. Que ne sert-il encore de tirer sur la De Dion Bouton 1906 des Brigades du Fisc ? La Ligue a désormais mission exclusive de défendre les intérêts des clubs professionnels au niveau national et européen, contre la FFF voire la FIFA…pour les détails, les clubs et les télévisions s’arrangent d’ordinaire entre eux !

Car si la Ligue régissait le fonctionnement de ses compétitions, aurait-elle laissé Canal Plus et Tapie s’amuser avec le « produit » ? Si Rouquette cède à la tentation du diable en déguisant les « bonnes feuilles » d’une énième rente annuelle sur le clasico en « présentation du grand match » -là où d’aucun ne céderont pas aux facilités qu’offrent un nom comme le sien-, c’est pour laisser Tapie revendiquer la paternité du cauchemar : « Les explications des sociologues sont une vaste connerie. PSG – OM, c’est moi qui l’ai créé, j’ai tout orchestré. » Certes, il semblerait abusif de déguiser le candidat légitime à Koh Lanta en Danton affrontant Denisot Robespierre dans un remake girondins vs jacobins devenu « clasico » de la Révolution française, mais Tapie omet tout de même l’influence de Canal Plus. En effet, la chaîne du foot et du porno se trouvait confrontée à une double difficulté : développer le « produit », Wenger à Monaco prenant moins que Bez à Bordeaux, et s’introduire dans le fondement du foot français pour y faire un lavement. Le PSG devient le fer de lance de la chaîne que L’Expert, alors pré pubère, décryptait – déjà ! – certainement à la passoire. M6, dix ans plus tard, et avec un certain Robin Leproux dans le projet, fera de même avec les Girondins de Bordeaux, pour finir, dix ans après, par mettre la main sur un match de l’équipe de France.

Ainsi, la Ligue n’est que le chargé aux affaires extérieures d’un « produit » que les clubs et les télévisions font tourner en interne. Calendriers, rivalités, transferts, …franchises sportives et diffuseurs s’occupent d’orchestrer l’ensemble, faisant de l’économique avec un « produit » à l’origine…destiné à faire du social sous l’autorité du politique. Ekecheira… « Trêve religieuse » en grec, soit la période durant laquelle se déroulaient les jeux dans la Grèce Antique, période marquée par un « cessez-le-feu » destiné à acheminer athlètes et spectateurs jusqu’aux sites. Sans s’appesantir sur leur dimension symbolique, les compétitions sportives ont fonction de mise en scène de l’Agôn, de l’ « affrontement », de la guerre. Or, la guerre est à la société ce que la mort est à l’espèce : un moyen de gestion des encombrants. Un rapide survol de l’histoire des JO modernes suffit à comprendre comment, durant la Guerre froide, les deux modèles de société antagonistes utilisaient le sport comme terrain d’affrontement politique. La victoire de l’athlète démontrait la victoire d’un modèle sur l’autre jusqu’aux…années 80, début de l’ère économique. A Moscou comme à Los Angeles, l’affrontement sportif avait été nié, les modèles de société ne s’exprimant plus au travers des hommes et de leur valeur, mais à travers la puissance de leur économie. La compétition s’était déplacée vers le domaine du spectaculaire, et l’économie devenait le champ d’expression de l’Agôn. Le management délirant dont les médias se font actuellement les relais (« travailler à en mourir », Thema Arte « ma banque et moi », etc…) trouve son origine dans ce virage « néo libéral » d’une pensée politique laissant l’économie assurer le lien social.

Ainsi, aboutit-on à ce mariage politico-économique Tapie-Canal, dont ce risible – s’il ne mettait des vies en jeu – « clasico » paraît comme le pitoyable rejeton. A l’usage, l’économie ne connaît qu’une structure binaire, coût-profit, là où la société exige le recourt à une troisième donnée, capable d’infléchir l’intérêt individuel au nom d’une valeur collective, symbolique. Quel devenir pour un Agôn centré sur l’économique lorsque l’individu se trouve privé d’emploi, privé de champ d’expression libidinale, privé de… « clasico » ? Il est remarquable que  – pour le moment – le supporter parisien s’en prenne à lui-même ou  à son voisin, faute de valeur symbolique capable de cristalliser cette énergie. Le pouvoir politico-économique continue à déféquer sur des supporters occupés à se maculer le maillot à 80 euros pièce, l’abonnement sacrificiel en poche. Scatologie eschatologique, eschatologie scatophilique…contacté par Monsieur Diarrhé, Antonin Artaud s’en tire avec un énigmatique « Tout est CACA ! » voïcodé en morse via un arcoroc de cantine.

En 392, Théodose, empereur romain d’un Empire bientôt chrétien, met fin aux jeux antiques en invoquant trois raisons, dont Montaigne a oublié la troisième, et en est fort marri. Tout d’abord, il dénonce la professionnalisation et son culte de la victoire comme valeur. En outre, il fustige la perte de l’esprit de compétition au profit de la mise en scène, de la spectacularisation des compétitions. Entre un OM se faisant critiquer pour avoir présenté son équipe de CFA lors du « clasico » 2006, « geste » anti-économique qui vaut encore à Diouf le respect indéféqué des marseillais (surtout au vue du résultat…), et un Kombouaré à découvert là où son club avance masqué, il apparaît que le symbolique subsiste encore…même si Diouf s’est fait virer et Kombouaré a encore un Luis Fernandez dans le tiroir. A contrario, le supporter parisien victime de la baisse du prix du pétrole devrait plutôt porter plainte contre Tapie et Canal s’il veut trouver des coupables à son malheur. Thiriez est le bouc émissaire désigné d’un village dont le système manipule l’Agôn pour mieux le dénoncer lorsqu’il s’exprime en dehors des tiroirs caisses. Du reste, Montaigne, fort Marie mais de Gournay cette fois-ci, a retrouvé la troisième raison pour laquelle Théodose interdit les jeux : ces derniers faisaient références aux dieux païens, là où l’empereur chrétien proposait une nouvelle valeur symbolique capable de captiver l’Agôn…

L'ancien

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