BENIN-MAROC (1-1, 4-1 aux TAB) : LA RUGISSANTE ACADÉMIE S’EFFONDRE

Sans briller, mais en gagnant, les Lions de Renard affrontent des Ecureuils béninois, galvanisés et sûrs de leur force.

Trois victoires en autant de match pour les Marocains, trois nuls en autant de matchs pour les Béninois, les cotes ne trompent pas, les favoris sont faciles à reconnaître.


Les Lions :

Rien de surprenant dans le 11 choisi par Hervé Renard, hormis la blessure de dernière minute, et non moindre, de Mehdi Benatia… laissant Manu Da Costa là où il est le moins à l’aise… sur un terrain de foot (on y reviendra).

Hormis ce changement subi, on reprend les mêmes et on recommence comme disait notre oncle raciste qu’on aimait un peu et qui commentait les matchs de TF1 pendant notre enfance (sauf si vous avez l’âge de @KikiMusampala).


Le Match :

Rien ne change à part les saisons… Des milieux qui conservent, des ailiers qui repiquent et frappent… sans inquiéter personne. Voici le résumé de la 1e mi-temps, et aussi des trois matchs de poule du Maroc, qui manque minute après minute d’efficacité, avec un numéro 9 invisible et des ailiers qui jouent rarement juste (Ziyech trop personnel, Amrabat assez peu intelligent dans ses choix). Boussoufa et Belhanda ne sont pas dans un bon jour et ne pèsent pas dans l’axe. On connait un peu le football, dominer sans marquer c’est souvent se tirer une balle dans le pied… et quand on a Manu Da Costa derrière… vous l’avez compris, le but béninois arrive et Da Costa, lui même, ne tient pas son marquage sur corner (1-0). Évidemment, au pied du mur, les Marocains se bougent un peu plus, Boufal entre à la place de Belhanda transparent, et d’un coup, tout s’agite. On s’est beaucoup focalisé sur Ziyech, à juste titre vue sa renommée, mais Boufal a peut être plus apporté que lui pendant cette CAN, en rentrant 30 minutes en jeu à chaque fois, en faisant la différence presque systématiquement.

75e, erreur Fifa des Béninois qui joue un six mètres sans regarder où est placé le Marocain. Boussoufa traînait par là, presse et décale En Nesyri qui, seul, marque. Oui on a eu peur, dès que En Nesyri touche la balle dans la surface, elle a plus de chance d’atterrir près des photographes que près de la bouteille d’eau, au fond des filets (1-1).

Après ça, le Maroc pousse encore, mais Ziyech, décidément dans un mauvais soir a décidé de se transformer en chevreuil, prêt à gâcher toute occasion possible…

93e, merveille de petit pont de Boufal qui décale Hakimi, fait la différence dans la surface avant de se faire faucher par Sessegnon. Penalty. 94e, Ziyech face à la qualification du Maroc, il marque et c’est fini. Il marque et on oublie tout. Il marque et l’objectif des quarts sera accompli.

Évidemment, il rate. A l’image de sa CAN.

Prolongations, tirs aux buts. Dans ces cas là, rien ne se finit jamais bien. Les Béninois transforment tout, En Nesyri pour parachever sa (non) performance, lui aussi, rate, comme un symbole.

Le Maroc est éliminé, Hervé Renard ne continuera pas avec les Lions, fin du match, fin de CAN 2019.


Les Notes :

Bounou 3/5 : Rien à faire. Le Bénin a cadré quatre fois sans inquiéter le gardien marocain, qui aura encaissé son seul but de la compétition dans un match où il n’aura rien eu à faire.

Dirar  1/5 : Le lion ne s’associe pas avec le cafard.

Da Costa  1/5 : A toujours en tête les plans des bars et des boites de Nancy, n’a jamais eu en tête les consignes du coach. Le seul but encaissé de la compétition vient de son erreur. Triste. Pour lui, pour le Maroc, pour Benatia qui aurait dû jouer à sa place.

Saiss  3/5 : Terrible pour sans doute le joueur le plus régulier de son équipe. Toujours présent, toujours sérieux. Eliminé en étant un des meilleurs défenseurs du tournoi. Eliminé par un autre. Chienne de vie.

Hakimi  3/5 : Arrière droit jouant à gauche. Jeu très stéréotypé (quoi ? revenir sur son pied droit ? non, pas possible, vous le croyez-vous ?) qui ne marche que peu de fois … mais quand ça fonctionne c’est décisif.

Boussoufa  3/5 : Bonne compétition pour le patriarche de l’équipe, à l’origine du but du soir et dans tous les bons coups pendant ces quatre matchs. Vous pouvez lui confier vos filles et dormir sur vos deux oreilles, il les mariera et les choiera comme il caresse les ballons. Ou l’inverse.

El Ahmadi  2/5 : Il aura manqué un pendant à Boussoufa pendant cette CAN, pas vraiment dedans que ce soit lui ou Bennasser et ses 10kgs de trop.

Belhanda  0/5 : Il est loin le temps où il faisait se lever la butte paillade comme un seul homme … il ne fait même plus lever les yeux du gardien adverse, tant ses frappes sont proches du poteau de corner.

Amrabat  3/5 : Le seul qui mérite les louanges, offensivement. Il est maladroit mais il aime se battre, partout, toujours. Il lui manque juste la veste Stone Island et on le retrouvera dans des chemins de forêt l’an prochain.

Ziyech  0/5 : Il avait le poids du royaume sur ses épaules. Celui-ci était trop lourd. Pas un but, pas un match référence. Un penalty en guise de qualification à la 94e, raté. Comme sa compète.

En-Nesyri 0/5 : J’en ai vu des attaquants nuls à Nancy. Oh oui. Mais là, ça dépasse tout ce que je pouvais imaginer. Peut-être même un champion du monde. Il a semblé dépassé par les événements. Par la pression. Par le football tout simplement.

Hervé Renard 2.5/5 : Il n’est pas à la place de Ziyech ou de En-Nesyri qui vendangent comme le beau Roberto Bettégras un matin de septembre. Il n’est pas non plus au marquage sur corner. En revanche, il est peut être responsable de la titularisation de Belhanda à la place de Boufal, de Dirar à la place de Mazraoui… Le dur métier de coach.

Ce que me dirait Hervé Renard (et il aurait raison).


Note Artistique de l’Equipe : 2/5

Si Ziyech mettait son pénalty, on aurait vu Renard, chemise blanche, crinière blonde et sourire colgate face aux médias, confiant comme d’habitude et répondant aux questions pour préparer le match contre le Sénégal. En lieu et place, il est sûrement dans sa chambre d’hôtel, préparant sa courte lettre de démission.

C’est triste et tellement dommage qu’avec cet effectif, rien ne se soit jamais créé.

Des victoires étriquées en poules qui ne satisfont personne (toute analogie avec les performances sexuelles du GrasAuLly serait purement fortuite), on pouvait imaginer le pire, qui se produisit, donc.

Des joueurs, finalement pas au niveau, un entraineur qui assume tout, mais qu’on aurait aimé peut-être voir changer son onze.

On range les passeports, direction l’aéroport du Caire et les vacances.

Avant la prochaine compétition internationale où, irrémédiablement, de nouveaux lionceaux et un nouvel entraineur continueront à susciter engouement, espoirs, avant de s’effondrer … sans jamais trop de saveur.

Adieu Renard, adieu certains joueurs,

Bienvenus aux nouveaux, et faites mieux que vos prédécesseurs, ça devrait être dans vos cordes, quoique. 

Barbi BenLarek

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