Houston – Montréal (2-1) : L’Impact Académie livre ses notes

La mort, les taxes et les défaites à Houston. L’Impact Académie connait les vieux pots et les meilleures déconfitures.

Il y a des choses qui ne changent jamais. Parmi elles, l’incapacité de l’Impact à s’imposer à Houston. Au Tegzas, au terme d’un match finalement bien éclaté, Montréal nous a rendu une copie que l’on connait. Celle pas trop crado qui méritait une petite moyenne, mais qui finit souillée par une connerie de dernière minute.

Évidemment, on aimerait parler uniquement du terrain avec Kurtis. Sauf que le cas clinique du Touitteur local nous oblige à quelques éclaircissements. Ceci dit, mon bel homme d’a(l)colyte sait recentrer le débat. Et pas que, d’ailleurs.

En trois points bien placés, voilà ce qu’il fallait retenir de l’Impact cette semaine. 

Don’t believe the hype

Rémi Garde à l’OL ; Rémi Garde ne parle plus à Joey Saputo ; Rémi Garde a failli partir l’année dernière ; Rémi Garde fait du ski ; Rémi Garde à la plage ; Rémi Garde Battle Royale… Si Kurtis vous a offert un bref aperçu du Twitter Impactomontréalais la semaine dernière, c’était bien pour vous faire comprendre quel merdier c’est, exemples des jours passés à l’appui. Alors rappelons, pour tout ce qui est des rumeurs et des infos de l’intérieur (je vous laisse deviner lequel), quelques points essentiels.

Une info, quand elle vous est balancée sur les rézosocio, sachez la prendre avec l’intérêt qu’elle mérite. Par exemple un exemple : l’OL voudrait rapatrier Garde cet été. Un club (Lyon), dont l’avenir de l’entraîneur se joue, semble, selon un journaliste québécois, s’intéresser à l’entraîneur d’un autre club (Montréal), dont l’avenir se décide également. N’y aurait-il pas un intérêt, alors, pour quelqu’un proche du dossier, à faire courir certains bruits ?

C’est à vous de vous poser la question. Car, à mon grand regret, le recoupage des sources n’est pas toujours, voire que rarement, effectué. Pour rappel, une information provenant d’une source se doit d’être recoupée avec les dires d’au moins une autre source, le mieux étant d’avoir au final trois voix différentes. Ce qui n’est, je vous l’accorde, pas toujours évident. On n’a pas dit que ça serait facile, ceci dit. C’est la base, une sorte de 101 du journalisme, surtout quand on se penche sur ces questions de transferts, de mercato, où c’est la foire aux petits mots, aux gros mensonges, au bluff Martoni, mais également au buzz et au « tiens cher journaliste, sors moi cette info, ça me rendra service, et tu seras privilégié sur le prochain nom qui sera dans nos petits papiers ». Méfiez-vous, donc. Prenez du recul.

Enfin, arrêtez, par pitié, de prendre au mot n’importe quel narvalo (expression des années 90, +10 en sagesse) sur n’importe quel rézal. Insider de mon zbi ou machine à rumeurs. Déjà, croyez bien que si j’étais un insider de l’Impact, j’éviterais de foutre ça en pseudo. Si j’en étais un et que j’avais des trucs à dire, je ne supprimerais pas mes touittes. Bref, sachez faire la part des choses. Vous allez gagner un temps de vie précieux et vous éviterez de donner à ces gens la seule chose qu’ils désirent : une visibilité à deux francs, avec le niveau d’analyse d’un invertébré devant les comptes financiers de l’Impact.

Qui sème le vent récolte le tempo

L’Impact est une équipe jeune, elle l’a prouvé à Houston samedi. Elle manque d’expérience pour aller chercher des points à la con, comme dans le Tegzas ce week-end. Surtout, malgré une discipline tactique quand même bien plus au point que ce qu’on a pu voir, l’équipe a eu beaucoup de mal à gérer ses temps forts et faibles.

Rémi Garde parlait d’un « match raté », il a surtout été mal géré. Car vu sa physionomie, l’Impact aurait dû en tirer un point. Mais comme un jeune loup sauvage et fougueux, il a trop donné dans la première moitié de la deuxième période, pour finir épuisé de ses efforts. Alors que sa douce, désireuse à la vue de son membre toujours turgescent, fut bien consciente qu’en mesurant mieux son impétuosité, il eusse pu lui coller une plus longue pétée.

White men can’t jump

Laissons au coach le soin de glisser le troisième poing.

« Beaucoup sautaient au plafond après la première victoire à l’extérieur. Moi je saute, mais beaucoup moins haut, parce que je suis beaucoup plus vieux maintenant, je ne peux pas sauter si haut. Du coup, comme je saute moins haut, je descends moins bas. »

Rémi Garde

Traduction : « Calmez-vous bien le cul. » Merci à tous.

Qui est l’imbécile ?

On s’est quand même bien marré samedi soir, on faisait moins les malins le lendemain matin. Si l’épisode du Picolotron ne vous a pas échappé (si oui, voir « C’est de l’art, très cher »), on n’était franchement pas là pour dénouer la théorie des cordes. Il était question de prendre un peu de bon temps face à un match mortifère ou la défaite n’a pas eu la moindre saveur. Aucune aigreur, quelques haussements d’épaules paresseux à l’heure du bilan, un pet sur une toile cirée. J’avais promis de passer ce moment de total emmerdement en votre douce compagnie, j’ai encore une fois choisi de me baffrer de rougail saucisse devant la tivi, loin, très loin de Montréal. Je m’en excuse platement, la preuve avec ce que vous allez lire, il est question de mea culpa gênant : Evan Bush, je m’excuse.

Je ne veux pas être contraint d’être son apologiste. Ça me plairait si nous vivions dans la santé mentale, si chaque œil clair pouvait regarder, si chaque esprit sain pouvait comprendre qu’un match ne se joue pas sur ce millième de seconde d’inattention, comprendre que l’erreur ne fait pas le joueur foireux. Mais ce bon Evan n’en fait plus, des erreurs. Ou en tout cas, il ne coûte plus des matches. Contre Houston, sa prestation fut terne, tout comme celle de l’ensemble de ses coéquipiers. Ton sur ton, gris sur gris, du James Abbott Whistler déshumanisé. Cependant, les conditions actuelles étant proches du foutoir irrémédiable, des supporters innocents se voient manipulés, baratinés, dupés, dopés, enjoints de ramper devant les prestations certes honorables de Crépeau à Vancouver, le gars du cru, le sauveur ultime. Et encore une fois, les réseaux brûlent, le bon sens s’échappe, mes burnes se brisent.

L’oeil du cyclone

Ainsi, pour rendre plus facile la nécessaire libération psychique de masse, il est impératif que nous commencions par l’œil du cyclone, le centre de toute confusion, querelles, et franches déblatérations : je ne pouvais pas le piffrer moi-même. En un sens, j’ai peut-être détesté Evan. Je veux dire, il me renvoyait tellement mon reflet de gardien nullard des ligues inférieures, son positionnement conceptuel, ses choix douteux, ses relances merdiques, que je n’arrivais pas à concevoir qu’il soit l’ultime rempart du château le plus important dans mon cœur de supporter. Je me sentais trahi, floué. On insultait mon intelligence.

Et ne mens pas Evan, tu as souvent souillé ton benouze. Contre DC United, perdu dans le no man’s land, au Costa Rica, les tempes en sueur et dans un paquet d’autres rencontres. Tu dégageais tellement de peur. On était malheureux, on sentait qu’à chaque moment, tu pouvais réduire nos espoirs en purée. Tu nous terrorisais et on te détestait pour ça. 

Regardez ce visage. N’est-il pas celui d’un homme à qui la Providence a refusé le suicide?

Le Kid

Mais toi, le kid intrinsèquement américain, le phénomène de foire perdu dans les ténèbres, coincé dans la confusion, le doute, l’incertitude, l’inertie, l’ennui, tu es devenu Humain. Et bizarrement, ça t’a rendu meilleur. Plutôt déprimant hé ? Attention, tu restes un parfait débile, sur le terrain, toujours proche de te couvrir de ridicule, bien mieux que tous ceux, ou presque, que j’ai jamais vu débouler sur un terrain de soccer. C’est l’une des facettes essentielles de ton génie. Ce dont nous avons besoin, c’est de mecs de ta trempe prêts à passer pour des imbéciles, à faire le grand plongeon si nécessaire, à se comporter de telle sorte que le public ait honte pour eux, aussi longtemps qu’il leur reste le moindre lambeau de dignité mystique. Parce qu’alors tout le foutu édifice prétentieux du foot, si suprêmement ridicule, s’effondrerait enfin.

À force de travail, poli entre les pattes de Jojo le Rigolo, l’éleveur de champions, tu as effacé quelques-uns de nos doutes. Mais à la limite, c’est accessoire, Evan. Je m’excuse. Je suis prêt à te donner chaque millimètre de mon tube d’amour. Tu n’es certainement pas le gardien qui nous offrira le titre, tu n’en demeures pas moins vital. L’intention de tout ceci n’est pas de témoigner de la sympathie pour toi, mais plutôt de faire remarquer qu’en un sens, tu es meilleur que Melia, Rimando ou Garza, tes compatriotes métronomes, gendres idéaux aux statistiques impeccables (bon pour le petit nerveux, ça sent le sapin quand même). Tu es même plus bandant que Blake ou Steffen, entourés de leur aura de superstar, ces virus intimidants qui bousillent le foot, traînant dans leur sillage merdeux les pousseurs de ‘’wow!’’ végétatifs aux yeux écarquillés.

Ça prend du courage pour s’élancer chaque semaine sur un terrain. Tu as ce courage, mais pas beaucoup d’autres. Tu es l’icône punk que tout amateur de loser magnifique attendait. T’es George Best sans le talent, sans la picole, sans les punchlines mais t’es toujours quelque chose. T’es notre Matt Berringer et sa trogne d’acteur récalcitrant. T’es dans le vrai, Evan, et je suis un parfait crétin. Ramène-nous la coupe, fais-nous mentir, fais-le avec classe, avec des parpaings directement en touche. Au mieux, on fera le tour de la Terre en hélicobite, interloqués mais heureux.

Au pire, on picolera à ta santé.

Evan Bush (3/5) : Malgré une relativement faible possession de balle de la part de l’Impact en première demie, c’était une soirée relativement tranquille pour Evan. En fait, c’est resté tranquille jusqu’à la pause, puisqu’il n’a pu qu’apprécier la praline qui lui est entrée bien profond dans sa lucarne. Idem en seconde période, fusillé à la 86e alors qu’il n’avait rien eu à branler.

Bacary Sagna (2/5) : Plutôt au four qu’au moulin – certains me traiteraient d’antisémite – pendant un bon moment, il a été plus à l’aise, comme toute l’équipe, après la pause. Malgré tout, ses centres remember the time ne sont pas arrivés (peu de destinataires ceci dit), et un move défensif bizarre libère Manotas pour le 2-1.

Victor Cabrera (3/5) : Longtemps le meilleur sur le terrain, c’est presque lui qui nous a fait picoler le plus (voir « C’est de l’art très cher »), qui l’eut cru. A failli s’offrir un but de la tête sur coup de pied arrêté et a failli en offrir un, de la tête également, à Houston. Solide jusqu’au bout ou presque.

Zakaria Diallo (2/5) : Ne lui dites plus que sa passe était lumineuse contre San José, parce qu’on a vu pendant 20 minutes des tentatives de relances extrêmes assez foireuses. A manqué d’impact, en tout cas, ne s’est que peu servi de l’avantage physique qui doit être le sien, à l’image du second but tegzan, où il oublie complètement de défendre.

Daniel Lovitz (2/5) : Je l’avais peu regardé à Houston, alors je me suis un peu focus sur le jeune homme. Je sais bien que l’équipe nationale des Etats-Unis d’Amérique United ressemble à un vieux tas de fumier sur lequel la Concacaf a pris l’habitude de pisser, mais pour un international, c’est bien léger. Notamment quand il fut archi-soft à la bataille sur l’égalisation de Houston, après un dégagement contré de Piatti, avant de passer le reste du match à défendre en reculant, concédant de son côté quasiment toutes les attaques tegzanes.

Samuel Piette (3/5) : A commencé sûrement un peu trop bas comme Azira, quitte à presque se retrouver entre les centraux et à les gêner, plutôt qu’à les aider, comme la semaine passée. Le risque d’un tel système, qui après une demi-heure de flottement, a fini par plutôt s’arranger. A repris sa marche classique le restant de la rencontre, au turbin.

Michael Azira (3/5) : Même remarque, donc, qu’à Piette, si ce n’est que par les faibles retours défensifs de Taïder durant les 45 premières minutes, il fut contraint de peu se projeter vers l’avant. La seule fois où le lien ne fut pas coupé en première période, il a donné une passe décisive à… Taïder. Se fait ouvrir quelques secondes plus tard sur l’égalisation. Néanmoins l’un des meilleurs joueurs sur le terrain. Il sait se rendre disponible et apporter surnombre offensif et défensif aux bons moments. Pas très sexy, souvent dans l’ombre, mais déjà une pièce importante du milieu de Garde.

Saphir Taïder (3/5) : Exactement la même première période qu’à San José. Un peu lourd, un peu emprunté, notamment défensivement, mais donne l’avantage à l’Impact d’un superbe but sur une offrande d’Azira. Pas beaucoup mieux après la pause, assez lent dans sa gestuelle et dans l’animation. Moyenne parce que but, mais c’est encore tout juste.

Orji Okwonkwo (2/5) : A semblé monter en puissance par rapport au match d’ouverture. Plus percutant et un peu mieux intégré. Une présence dans la surface de réparation souvent bienvenue, comme sur l’ouverture du score. Mais des replis défensifs assez hasardeux, sans faute d’avoir essayé. Sorti à la mi-temps pour Mathieu Choinière.

Ignacio Piatti (2/5) : Très discret en première période qu’il a terminée avec un ratio plus défensif qu’offensif, incroyable mais vrai. Il est d’ailleurs assez malheureux sur l’égalisation, sa chandelle contrée étant à l’origine de la perte de balle. Invisible en seconde période. C’est un peu pour ça qu’on n’a pas gagné, finalement.

Maximiliano Urruti (3/5) : Encore énormément d’activité, cette fois-ci surtout en pivot, vu qu’on avait visiblement choisi d’être très bas sans presser, ce qu’on avait pourtant plutôt bien fait d’entrée de jeu à SJ. Faible présence dans la surface néanmoins, chiant pour un 9.

Substituts

Mathieu Choinière (46’, 3/5) : Beaucoup d’envie à son entrée, de bons débordements, quelques centres et une-deux intéressants. Il sait combiner, profiter des espaces, ça continue d’être prometteur. Si en plus il peut mettre des semelles sans prendre de carton, allons-y.

Anthony Jackson-Hamel (80’, non noté) : N’a pas su profiter des quelques ballons touchés.

Shamit Shome (84’, non noté) : N’a pas eu le temps de chômer.

L’avis de Tony

Tony a la banane malgré la défaite à Houston.

Car il est important de laisser s’exprimer les talents émergeants, cette chronique est destinée à accueillir des chefs d’oeuvre dans un style allant du merdico-cubique au débilo-gribouillage abstrait.

Aujourd’hui, une révolution dans le milieu de l’alcoolisme.

Et un bilan de 29 gorgées et un cul-sec pour le premier match.

C’est tout pour cette semaine et la première défaite de l’Impact de Montréal cette saison. On se retrouve avec le beau Kurtis à Orlando, pour coller quelques Mickey.

Ah ouais, dernier truc. Aide Mauricio à vendre son cul et retweete en masse le message de l’Impact de Montréal ci-dessous. Merci.

Retrouve Horsjeu sur les rézosocio, mais également ses fidèles sbires Kurtis Larsouille, aussi rédacteur de la Canuck Academy à ses heures perdues, et Mauricio Vincello.

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Mauricio Vincello

Vraie fausse légende du soccer montréalais (ou l'inverse), Mauricio Vincello, après une carrière bien remplie sur les terrains des Amériques, a décidé de prendre sa grosse plume pour conter au commun des mortels les folles aventures de l'Impact de Montréal.

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