San Jose – Montréal (1-2) : L’Impact Académie revient et livre ses notes

Après plus d’un an d’absence(s) injustifiée(s), l’Impact Académie fait son retour en duo, car tant qu’on ne croise pas les regards, ce n’est pas sale.

C’est un terrible soir d’octobre 2017 que l’Impact Académie, déjà chancelante, rendait les armes. Une saison sans playoffs, une équipe triste à souhait, un amour toujours vif mais moins passionné. Mais le football renaît plus vite que le phénix, donc qu’Hatem Ben Arfa, et il a repris ses droits avec l’arrivée d’une bande de Lyonnais non-nîmois. Après une saison 2018 en dents de scie, bâtie sur les ruines du passé, Rémi et sa clique ont désormais la latitude nécessaire pour mener à bien leur projet de conquérir la MLS, épée hors du fourreau, et jusqu’à la Garde.

En trois points bien placés, voilà ce qu’il fallait retenir de l’Impact cette semaine. Pour ce retour, concentrons-nous sur ce qu’il fallait retenir de l’Impact ces 18 derniers mois.

  • On a un staff
    Eh oui ! Après des années vacillantes sur le plan de l’équipe technique, l’Impact s’est enfin offert un staff triple A et à l’odeur de bouchon (la bonne). Avec Rémi Garde en tête de gondole, ça avait déjà de la gueule. Ajoutez à ça les gars Joël Bats et Robert Duverne et y’a de quoi partir à la guerre. À Lyon, j’aurais émis quelques doutes sur la légitimité de son combat, compte tenu de… Bref ! Maxence Flachez, lui, est déjà reparti, remplacé au poste d’adjoint par Bats, lui-même remplacé par Rémy Vercoutre dans le rôle d’entraîneur des gardiens. Nous avons tous très hâte de voir Evan Bush s’écrier « It is only chatte, only chatte ! » après avoir encaissé un but sur une frappe déviée.
  • On a un président
    Incroyable mais vrai, Joey Saputo a passé la main. On ne va pas se le cacher, ça fait quand même un petit moment qu’on attendait ça, tant Joey semblait en décalage avec la façon dont il fallait gérer le club. Conscient que son bébé passait des gazouillis à la primo-déliquance, il a, communsymbole, step-down pour laisser la place à Kevin Gilmore, qui a tout de suite paru bien plus au fait de la gestion d’une équipe professionnelle de sport, gros CV sous le bras. Comme celui que l’on a toujours souhaité qu’il fut là, Gilmore a épaté son monde avec un discours très positif, sa proximité avec les fans et son ambition de faire de l’Impact le club qu’il mérite d’être.
  • On a une équipe
    C’est incroyable comme après de longues années d’un gloubi-boulga footballistique, on en vient à se surprendre de choses simples. L’Impact a toujours été une équipe avec une âme, mais avec un karma à sens giratoire inversé. De celui qui te permet d’aller en finale de Ligue des champions, mais également de te faire étaler 5-0 lors du match tournant de la saison. Pourtant, l’état d’esprit est irréprochable et le staff a su insuffler un vent de détermination dans les rangs montréalais. Ajoutez à ça une certaine cohérence dans l’effectif (oui oui !), des bases tactiques plus solides et une discipline enfin intégrée, et putain que ça donne envie.

Première nuit d’extase 2.0 en compagnie du Bleu-Blanc-Noir.

Hier soir, j’ai été une vraie brèle.

Vous pourriez penser que, pour un chroniqueur agile à grande gueule, les avantages l’emportent sur les inconvénients, mais contrairement a ce que veut la sagesse populaire, tout n’est pas que paillettes et pots-de-vin en ce bas monde. Certes, on a la reconnaissance d’un peuple avide de punchlines sur les prestations toujours plus éclatées de Ciman ou Evan Bush. Évidemment, on a parfois des petits machins gratuits, comme des places à des matches ou des shots de tequila offerts par des randoms parce qu’on est, je cite, rigolo. Mais il faut également témoigner d’un minimum de créativité de temps à autre – entendons par là trouver des angles et des nouvelles idées d’articles – ce qui nécessite de s’adonner à un travail réel.

Exemple : hier soir, première réunion de rédaction avec Maurice. Nous étions là à imaginer ce que nous allions bien pouvoir faire pour relancer l’Impact Académie. Vu les normes journalistiques follement exigeantes qui sont les nôtres, nous nous engageâmes dans une tempête de cerveau brouillonne, mais marathon, de quatorze minutes, et en sortîmes avec un concept d’une brillance sans précédent : Une étude anthropologique des fans, avec de l’alcool (donc dans un des hauts lieux de diffusion du match).

Vous avez bien lu, nous comptions sur les fans hardcore pour écrire cette chronique, qu’on nous enseigne comment ouvrir une cannette avec les dents, qu’on nous explique la règle du hors-jeu entre deux borborygmes inintelligibles, qu’on nous serine entre deux pichets de sangria, que finalement, Mancosu était pas si nul, sans compter énormément d’autres trucs encore plus révélateurs à l’attention des séquestrés de la Métropole parmi nos lecteurs. Mais pourquoi aller au Frappé, braver le froid et l’emmerdement le plus total, au contact de la plèbe, quand on peut mater le match chez soi ? Cette question attend toujours sa réponse (absolument pas, j’ai stalké Twitter, le cul dans mon canapé, la main dans le slip).

Pas d’inquiétude, je redeviendrai un plumitif quelconque dès la semaine prochaine pour le match contre Houston, parmi vous, les vrais gens de la vraie vie, pour un article sous l’angle humain, pour enfin tenter de percer le mystère qui fait battre votre cœur de supporter.

Car pour l’instant c’est pas clair. Très peu d’activité sur les réseaux sociaux après cette victoire solide et sans appel. À croire que seule la défaite fait jaser sous le mot-dièse IMFC. Pourtant, l’engouement s’est fait sentir même dans les plus hautes sphères municipales. Fort heureusement Hilouzz22 était là pour recentrer le débat. Merci à lui.

Dans l’esprit, superbe trash-talk de Jeremy Filosa, pour qui le concours de chibre est décidemment un état d’esprit. Et quoi de plus capital que chambrer l’infographie du onze partant des adversaires du soir ? Absolument rien.

Les esprits s’échauffent, les appareils génitaux gonflés par l’envie d’en découdre, on est tous prêts à éclater au premier quidam rigolard qui trouve que « ça fake quand même pas mal au soquère », au premier comparatif hockey / soccer, lorsque le drame survient : un touite mignon de l’ennemi honni. C’est dur de vieillir sans trahir.

Le doute s’installe. Le Gneugneu-mètre tombe sous la barre critique. Le twitter IMFC serait-il devenu gentil ? Et est-ce finalement un problème ? Qui réussira l’exploit de faire imploser la farandole hippie qui se déroule lascivement sous nos yeux horrifiés ?

Spoiler : Dave a tort (rarement) mais il a tort.
Spoiler (bis) : on s’en bat les couilles.

Ces temps-ci, ce n’est pas souvent que quelque chose vous fait ressentir un respect authentique, et encore moins du patriotisme. Mais ce sont les deux mots les plus pertinents qui me viennent à l’esprit quand je songe aux twittos montréalais lors de ce match. On ferme les intertoiles persuadé qu’on vient de lire une histoire bienveillante, inspirée par les rêves féconds d’une fan-base unie dans la victoire. La schizophrénie post-défaite des suprématistes du bruit blanc me manquerait presque.

Et je me permettrais de finir ce laïus sur une note plus grave, car l’époque et l’actualité l’exigent. Je suis sûr que beaucoup de gens seraient ravis de voir les footix étaler leur avis de merde, se rendre tout à fait ridicule, une sorte de télé humaine à côté de ses pompes. On voudrait être le premier à pointer du doigt le dégénéré qui hurlera NoPlayoff  à la première branlée vaseuse, car c’est toujours bon de trouver le con de la cour de récré. Peut-être que dans un monde meilleur que celui-ci, ce genre de vanne reviendra boucher le trou de la couche d’ozone, mais en attendant, il n’y a aucune raison de croire que n’importe quelle merde vous sortant de la bouche sera comprise ou accueillie dans la bonne humeur. À le dire comme ça, ça paraît presque trop simple et trop évident, mais il est peut-être bon d’énoncer, de temps en temps, quelque chose de simple et d’évident, surtout dans cette citadelle de la sur-réflexion journalistique. Évitons les petites épithètes vernaculaires, les barbillons verbaux et le mépris de classe à l’heure du jasage soquère. Déjà, ça rendra Mitch content, ce qui n’est pas une mince affaire.

Ensuite, soyez bien conscient que personne n’en a rien à branler de votre avis de merde sur les réseaux. Sortez votre gigantesque mandrin et frappez-le frénétiquement sur le clavier, la tirade qui en sortira aura autant d’impact que vos threads les plus convaincants. Et ça aura en plus la vocation vous détendre la peau de la bite et nos nerfs. D’avance merci.

Soyons conscients, qu’a l’aube de cette nouvelle saison qu’on espère prolifique, 99.9% de la population se tartine le fion au beurre de cacahuète du destin de notre cher Impact. Restons punk, continuons à divaguer dans le vide à nous bousiller l’esprit sur des questions frivoles, c’est tellement tordu que ça a de la classe jusqu’au cul. Que tous les vieux blaireaux portant leur dédain en bandoulière aillent se faire foutre :  soyons les cool kids bienveillants du parcage, on se croise autour de quelques hectolitres d’alcools frelatés dans les jours qui viennent pour appliquer ces préceptes avisés. Reste classe Montréal.

Evan Bush (3/5) : Pas énormément de boulot pour Evan, il faut le reconnaitre transformé par Joël Bats. Il encaisse un but sur lequel il ne peut pas grand chose, à part l’arrêter. Des interventions sereines sur les tentatives adverses, un peu plus funky dans les airs, mais efficace. Masterclass de perte de temps dans les arrêts de jeu, sa spéciale.

Bacary Sagna (3/5) : Vrai patron dans le couloir et sur le terrain. Il apporte énormément de solutions offensives, grâce à ses montées rapides et souvent très à propos. Un retour défensif vital. Présent lors d’un dernier quart d’heure un peu chaud du cul, au terme duquel tout le monde a fini bouilli.

Victor Cabrera (2/5) : Passé par l’école des interventions foireuses Laurent Ciman ©, Victor met en oeuvre les préceptes de son maître dès les premières minutes, en offrant son boule plein axe pour l’ouverture du score de San Jose. Après un mini-AVC quelques minutes plus tard, le temps de la réflexion, le voilà qui remet ça peu avant la pause, sauvé par un Sagna en mode couverture de survie. Une deuxième mi-temps beaucoup plus règlementaire, ils dû prendre un bouillon après la pause.

Zakaria Diallo (3/5) : Un chouïa lent à monter sur le 1-0, mais sans doute encore peu habitué à combiner avec un éjaculateur précoce. Offre son rayon de soleil californien et un vrai caviar à Taïder pour donner l’avantage à nos z’Impac’. Solide dans la surface, match sérieux et appliqué en attendant une forme optimale.

Daniel Lovitz (3/5) : Bah j’sais pas quoi dire. Je l’ai peu observé, peu vu. J’ai pas eu l’impression qu’il soit mis en difficulté défensivement, ni qu’il fut d’un apport monstre offensivement. La moyenne, dans le doute.

Samuel Piette (3/5) : Véritable sentinelle devant la défense, il est un peu laissé à son compte sur l’ouverture du score des Quakes. Sans pouvoir rattraper la boulette de Cabrera, il lui aura néanmoins rendu un superbe hommage. Il soulage énormément ses défenseurs centraux en taquinant les mollets des milieux adverses et sait relancer simplement vers le tiers offensif. Essoré, lui aussi, surtout après 10 dernières minutes à servir d’éponge. 

Michael Azira (3/5) : Beaucoup d’activité, n’hésite pas à porter le ballon dans le tiers offensif. Un rôle assez particulier, tampon entre Piette et Taïder au milieu du terrain. Intelligent « bouche-trou », faute d’un terme plus attractif trouvé à une heure tardive, il abat un sacré boulot très discrètement. Un peu moins quand il arrache l’opposant. Rien d’étonnant à ce qu’il fut usé à l’heure de jeu. Mais il aura tenu son rôle jusqu’au bout.

Saphir Taïder (3/5) : Malheureusement à peu près dans le même état physique qu’un Bouteflika à l’aune d’un septième mandat. Donc capable d’enclencher une marche rapide salutaire sur son fauteuil salutaire pour bourrer sa voix compte-triple au fond des urnes, servi sur un plateau par Diallo. Expédie malheureusement une offrande de Piatti dans les airs, qui lui aurait pourtant permis de s’assure le trône d’Egypte (j’en ai plus rien à foutre). Sa technique supérieure à la moyenne (de ce qu’il y a sur le terrain, calmez-vous), lui permet néanmoins de surnager. 

Orji Okwonkwo (3/5) : Pour un gars qui s’appelle Orji, c’était plutôt un solo-quéquette pendant la première période. Un peu plus impliqué dans le jeu après mais toujours un peu la tête dans le guidon.  Démontre néanmoins une belle puissance et un profil intéressant. À revoir. Remplacé par Mathieu Choinière (70e).

Ignacio Piatti (3/5) : Nacho a commencé dans son registre très personnel de souilleur d’âme. Une petite passe dans le dos pour se mettre en jambes, puis ça sort direct l’artillerie lourde question humiliation : un but sur un corner joué à deux. L’équivalent footballistique des pratiques brachiopractiques. S’en est allé offrir, après moult arabesques, le troisième but à Taïder. Un but que Gordon Banks a sûrement arrêté depuis le paradis, destination finale de la frappe de l’Algérien. Finalement 3/5, parce que pour lui c’est juste un samedi comme un autre.

Maximiliano Urruti (3/5) : Activité défensive débordante à défaut de trouver des espaces entre les deux défenseurs centraux. Une première demie besogneuse, avec des retours inspirés et un pressing constant, bien que parfois inutile car solitaire. Une seconde période de même intensité, avec des courses intéressantes et une bonne capacité à conserver le ballon, faire les choix judicieux.

Substituts :

Mathieu Choinière (70e, 3/5) : Est venu presser comme il lui a été demandé à son entrée. Peut-être un vrai poison et, au cas où vous l’aviez raté en match amical, est capable de coller une grande choucroute lulu les mains dans le slip.

Zachary Brault-Guillard (85e, non noté) : On a donc un Zakaria et un Zachary dans l’équipe. Alors ça, c’est pas banal.

Notre nouvel outil est formel.

Car il est important de laisser s’exprimer les talents émergeants, cette chronique est destinée à accueillir des chefs d’oeuvre dans un style allant du merdico-cubique au débilo-gribouillage abstrait.

C’est tout pour cette semaine et pour la première victoire de l’Impact de Montréal cette saison. On se retrouve avec le beau Kurtis à Houston, et comment donc, samedi. Bisous.

Ah ouais, dernier truc. Aide Mauricio à vendre son cul et retweete en masse le message de l’Impact de Montréal ci-dessous. Merci.

Retrouve Horsjeu sur les rézosocio, mais également ses fidèles sbires Kurtis Larsouille, aussi rédacteur de la Canuck Academy à ses heures perdues, et Mauricio Vincello. N’hésite pas à cliquer sur les gros boutons ci-dessous pour soutenir le football autrement.

Mauricio Vincello

Vraie fausse légende du soccer montréalais (ou l'inverse), Mauricio Vincello, après une carrière bien remplie sur les terrains des Amériques, a décidé de prendre sa grosse plume pour conter au commun des mortels les folles aventures de l'Impact de Montréal.

4 Comments

  1. Belle équipe que vous avez là. Même votre gardien à de faux airs de Cannavaro.
    Et Zakariaaa Dialloooo

  2. Vraiment sympa cette petite accad’ à deux, on sent que vous avez beaucoup de choses à dire. Ce qui est drôle d’ailleurs, parce que bon… C’est quand même l’équipe de Montréal…

  3. Je suis ému aux larmes. ENFIN, le retour de l’Impac’, de son Nacho et de ses montages bédébelges, et une équipe de choc pour nous raconter les exploits de Rémi et Bacary au pays des Soviets à l’érable ! Re-bienvenue, camarades, mettez-nous la bien dure !

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