On vous avait prévenus : la Premier League connaît des rencontres plus qu’agitées en ce moment. Si la VAR a fait des siennes lors de la précédente journée, les acteurs d’outre-Manche n’ont eu besoin de personne cette fois-ci pour divertir le monde du ballon rond. Aussi, pour décrire cette quatrième journée, une seule solution : citer le plus grand d’entre tous. Stéphane, un petit mot ? “Chers lecteurs, bienvenus dans le football circus !”


Chelsea 4 – 0 Crystal Palace

Il a fallu attendre la seconde période et une connerie de Mamadou Sakho pour que Chelsea ouvre enfin le score par l’intermédiaire de sa recrue Chilwell, puis la machine s’est quelque peu emballée et le tout a fini en purée d’Eagles. Avec Edouard Mendy dans les cages et Kepa sur le banc, le onze très offensif de Lampard s’en est néanmoins remis à Zouma sur un corner puis à deux penalties tardifs de Jorginho pour disposer de Crystal Palace, équipe pourtant tout juste bonne à battre Manchester United.
2e défaite consécutive pour les hommes de Hodgson qui affichent tout de même des limites criantes en défense, en attaque, pis un peu au milieu aussi.
Côté Chelsea, on attend que les recrues se montrent un peu plus mais la confiance semble être là, c’est déjà pas mal dans un championnat si déglingué. On attendra une opposition un peu plus relevée pour tirer quelque conclusion.


Everton 4 – 2 Brighton

Une équipe vêtue de bleu entraînée par un grand coach italien qui prend la tête du championnat après quatre journées, cela fait drôlement penser à l’accident impliquant une meute de renards il y a cinq ans. Il faudra se méfier sacrément de cette équipe car James Rodriguez (deux buts et une passe décisive au cours de ce match) semble avoir remis son football à l’endroit sous les ordres du Mister et Dominic Calvert-Lewin a inscrit son sixième but en quatre matches. Heureusement que Jordan Pickford se démène pour préserver le suspense (ainsi que la carrière de Neal Maupay), car sans lui son équipe aurait des allures de rouleau-compresseur.

Du côté des Seagulls, englués à la quinzième place, pas grand-chose à se reprocher, tant l’écart de niveau était manifeste sur ce match, le pauvre Matt Ryan était à la limite du burnout au coup de sifflet final. On notera tout de même la magnifique lourde d’Yves Bissouma dans les arrêts de jeu, que les connaisseurs apprécieront.


Leeds 1 – 1 Man City

L’élève face au maître. Andrew Neimann jouant devant Terence Fletcher. Roland Gromerdier demandant un autographe à Jouzé. Beaucoup de choses ont été écrites (lire ici l’article de Philippe Auclair) sur cette opposition entre le Leeds de Marcelo Bielsa et les Citoyens de Pep Guardiola, mettant aux prises l’entraîneur le plus fascinant du championnat et celui qui peine à égaler son aura, en dépit d’un budget illimité.

Si les pluies diluviennes (on parle d’été yorkais, dans la région) qui s’abattent sur Elland Road font craindre une purge en bonne et due forme aux suiveurs, City n’en a cure et démarre tambour battant, confisquant le ballon et asphyxiant les Whites. Dès la quatrième minute, Ilan Meslier doit ainsi s’en remettre à son poteau pour sortir un coup-franc de De Bruyne. C’est finalement Raheem Sterling qui ouvre le score pour les Citizens, d’un modèle de frappe enroulée.

Méfiants, les hommes de Pelon Guardiola maintiennent autant que possible l’étreinte et Laporte puis Foden manquent tour à tour la balle de deux à zéro. En face, Leeds sort petit à petit la tête de l’eau (sans mauvais jeu de mot au vu des rabasses de ce samedi) et à mettre en place des actions léchées, qui aboutissent à deux jolies occasions pour les latéraux Dallas et Ayling.

La menace pour les Citizens se précise au retour des vestiaires, avec l’entrée de Rodrigo Moreno, qui trouve d’abord la transversale avant d’égaliser sur corner, grâce à une sortie szczesnyenne d’Ederson. L’autre club de Manchester aura beau pousser, l’organisation des Whites les empêchera de marquer le but vainqueur. On en redemande, tant les sorties de balles ciselées des hommes de Bielsa nous ont donné de la chaleur dans le bas-ventre.

En bonus : décidément, la pluie n’empêche pas les duels Bielsa-Guardiola d’engendrer de l’amour


Newcastle 3 – 1 Burnley

Curieusement, aucun de nous trois ne s’est battu pour couvrir ce match. Il faut dire que même le diffuseur français ne l’avait pas spécialement vendu, car depuis le départ du regretté Philippe Dana, les Toons n’ont plus trop la cote sur Canal.

Pourtant, à y regarder de plus près, un choc entre les Magpies et les Clarets avait de quoi prêter à rire. En témoigne notamment l’ouverture du score d’Allan Saint-Maximin, à la suite d’une merveille de slalom aléatoire, au cours duquel l’ancien Niçois semble régulièrement à deux doigts de se dribbler lui-même. Évoquons également le marquage de Newcastle sur coups de pied arrêtés, qui permet à Ashley Westwood d’ajuster tranquillement sa reprise de volée pour l’égalisation de Burnley.

Mais Burnley n’est pas dix-huitième du championnat par hasard et à l’heure de jeu Saint-Maximin largue Charlie Taylor plus brutalement que Roman Abramovitch un manager avant d’adresser un caviar à Calum Wilson pour le 2-1. On retrouve ce dernier douze minutes plus tard pour transformer un pénalty-gag : Nick Pope rate son contrôle sur une remise en retrait et tente de se rattraper en envoyant Ryan Fraser faire un vol plané. Le score n’évoluera plus et les hommes de Steve Bruce poursuivent tranquillement leur petit bonhomme de chemin vers le ventre mou.


Leicester 0 – 3 West Ham

Le plus grand championnat du monde a encore de beaux jours devant lui s’il continue à faire n’importe quoi : fiers et convaincants tombeurs de l’abominable City la semaine passée, les Foxes ont été mangés tout crus par les Hammers. De quoi devenir marteau ! (les Rédacteurs de la PL Academy se désolidarisent de ce jeu de mots, sauf un).
Les hommes de Brendan Rodgers se sont fait surprendre dès le quart d’heure de jeu sur un beau centre de Cresswell repris de la tête par Antonio. Les coéquipiers de Vardy ont eu le ballon mais n’ont pas réussi à recoller au score. Pire, ils ont encaissé le but du break sur une action à l’issue de laquelle un Loulou Nicollin n’aurait eu aucune vergogne à se poignarder le cul avec une saucisse. Et pour cause : un drop au plus près des étoiles de Cresswell, encore lui, depuis ses 25 mètres, a atterri de l’autre côté du terrain dans les pieds de Fornals, absolument seul, qui a crucifié Schmeichel. 0-2 à la pause contre le cours du jeu. Leicester a lancé l’abordage pour réduire le score, mais Bowen a mis un terme au suspense en fin de match.
Jour sans pour Brendan Rodgers et ses hommes : même avec 70% de possession, les Foxes ont été inoffensifs et peu inspirés. L’accueil d’Aston Villa dans 15 jours semble un bon tremplin pour rebondir (quoique, cf. ci-après). Tout le contraire à West Ham : tranchants, les joueurs de David Moyes enchaînent après leur succès convaincant face aux Wolves et passent dans la première partie de tableau.


Southampton 2 – 0 West Brom

Pas besoin de beaucoup de maîtrise pour marcher tranquillement sur West Brom. Juste un plan de jeu clair, une attention appuyée sur Pereira, muselé, et Diangana, constamment repoussé sur son aile par un excellent Walker-Peteres, et toujours les mouvements gracieux et les bons choix de ce sacré Danny Ings. L’Anglais n’a pas marqué cette fois mais n’a cessé de peser sur une défense des Baggies aux abois. Moussa Djenepo profite d’ailleurs de son travail devant la surface pour récupérer un ballon repoussé. Un petit râteau et une frappe à ras de terre plus tard, Southampton mène au score.
En seconde période, la large domination des Saints se poursuit, ce qui leur permet de doubler leur avantage sans contestation. Le but de Romeu restera certainement comme l’un des plus beaux de cette journée une nouvelle fois très prolifique, sa volée de karateka lancé à pleine vitesse depuis le milieu de terrain laissant la défense adverse incrédule.
West Brom n’a toujours pas gagné en 4 matchs et ne peut se consoler que de la nullité encore plus crasse des vaincus à sens unique de la PL (Fulham, Sheffield et Burnley), ce qui lui permet de ne pas encore passer la semaine dans la zone de relégation.


Arsenal 2 – 1 Sheffield

Une équipe d’Arsenal sortant de deux affrontements contre Liverpool en une semaine qui accueille des Blades défaits et surtout restés muets lors de leurs trois premières rencontres. Tous les ingrédients sont donc réunis pour que Sheffield débloque son compteur et s’impose à l’Emirates. Contrat rempli en partie seulement pour les hommes de Chris Wilder, car si David McGoldrick trompe Bernd Leno d’une belle frappe des vingt mètres à la 85e, il est déjà trop tard car Saka (de la tête, si si on vous jure) et Pepe ont déjà inscrit leur nom au tableau d’affichage. L’Ivoirien a d’ailleurs fait basculer un match auparavant cadenassé (il faut attendre la demi-heure de jeu pour assister à la première frappe de la rencontre) en initiant l’action du premier but et en étant à la conclusion du second. A l’inverse, Willian s’est montré particulièrement inconsistant, à tel point que son transfert, pourtant gratuit, commence à ressembler à une énorme arnaque.

Troisième victoire en quatre rencontres pour les Gunners, d’ores et déjà installés à leur quatrième place totémique, et qui vont en plus récupérer l’excellent Thomas Partey en milieu de terrain. Les Blades en revanche ne doivent qu’au début de saison calamiteux de Fulham de ne pas arborer la lanterne rouge.


Wolves 1 – 0 Fulham

Après leur lourde défaite face aux Hammers la semaine passée, les Wolves de Nuno Santo ont relevé la tête, quoique avec difficulté, face aux jambons entiers.
Dominateurs mais stériles, communsymbole d’Arsenal face à Sheffield pendant une heure, les Wolves ont trouvé l’ouverture après une heureuse déviation et la belle frappe croisée de Pedro Neto. Le pauvre Alphonse Areola est donc allé chercher le ballon au fond de ses filets pour la 8e fois en 3 rencontres. Habitué à ne pas jouer, il semble devoir s’habituer à prendre des buts : quelle option de carrière préfèrera-t-il finalement ? Malgré l’entrée en jeu de Lookman côté Fulham (absolument inconnu mais le nom vaut mention), les Cottagers n’ont vraiment rien eu à se mettre sous la dent, un contre tout au plus. Les coéquipiers d’André-Frank Zambo Anguissa (il est titulaire !) ont été globalement mauvais et sans ambition.
Courte défaite mais défaite logique. 0 point en 4 rencontres pour Fulham qui regarde déjà le fond de la bouteille ; les Wolves, eux, repartent de l’avant et se déplaceront à Leeds lors de la prochaine journée pour un duel qui s’annonce fort intéressant.


Man Utd 1 – 6 Spurs

Difficile de pointer ce qui a pu se passer dans les esprits des Raides et Vils lors de ce choc. Dans les corps on a bien vu, en revanche. Habitué à mieux préparer les matchs contre les « gros » que les petits qui attendent devant leur but, Solskjaer a assisté à une nouvelle débâcle à Old Trafford peu après celle face à Crystal Palace, cette fois-ci contre les Spurs de Mourinho.
Le Portugais, dont on aurait trop tôt fait de négliger l’expérience et l’intelligence tactique, a eu la bonne idée de s’appuyer sur les forces de son effectif, tout le monde jouant pour Kane et Son (Maguire et Shaw compris). Les pitreries de ces tristes sires ne plaisant pas à Martial, homme raffiné, le Français décide de fausser compagnie à tout ce petit monde en baffant un Londonien. Le football n’a pas l’air de beaucoup l’intéresser en ce moment, de toute manière.
Face à un adversaire déjà pas bien dans ses chaussettes et réduit à 10, les Jouzé boys n’hésitent pas à en rajouter une couche jusqu’à ce que la vengeance de leur chef soit totale : missions accomplie à l’aide des deux machines Kane et Son, un doublé chacun et décidément beaucoup trop forts ensembles pour des défenseurs médiocres fort nombreux en PL.
Côté Mancunie, la trêve internationale et les ajouts tardifs à cet effectif sans ressources mentales pourraient être bénéfiques. Au moins avant la prochaine crise hivernale qui devrait voir Solskjaer menacé plus que tout par une hiérarchie qui ne le soutient de toute façon déjà plus…


Aston Villa 7 – 2 Liverpool

Non contents de la mascarade mancunienne de la fin d’après-midi, les Reds se sont dits : « allez merde, ne nous laissons pas voler la vedette ! ». Les deux plus grands clubs d’Angleterre aiment autant rivaliser au plus haut niveau que se complaire dans la fange footballistique tant que l’un peut se comparer à l’autre. Un peu comme deux hommes compareraient la taille de leurs sexes même après se les être faits couper.
Fort de cette intention, Adrian, doublure sans filet des cages des scousers, a lancé le bal en ratant une passe simple dès la deuxième minute, histoire d’offrir un but tout fait à l’homme de la soirée, Ollie Watkins, recruté de Brentford en Championship cet été. Le même Watkins a ensuite expédié une lourde sous la barre. Sonnés mais pas encore abattus, Liverpool a mis un tout petit peu d’intensité et recollé au score par Salah, après plusieurs arrêts de Martinez. Mais les hommes de Klopp n’avaient pas encore fini d’enfiler les chaussures de clowns. Une fois correctement habillés, le cirque a pu vraiment commencer, avec 11 artistes en noir (maillot third moche), déjà prêts au deuil de leur talent. Des alignements cataclysmiques, aucun pressing, des replis moisis, pas d’agressivité sur le porteur : bref, des clowns éparpillés façon puzzle sur le terrain, perdus, hagards. Ridicule.
Allez, tout juste sauvera-t-on Robertson et Salah qui ont surnagé. Pour le reste, de ma jeune vie de supporter scouser (ah, c’est donc Bobby Carlton qui écrit), je n’avais jamais vécu ça. Perdre c’est une chose, mais en prendre 7 face à Villa, c’en est une autre. Bien entendu, ne négligeons pas le match des Lions, qui ont parfaitement exécuté leur plan de jeu et saisi tout ce que Liverpool a offert sur un plateau. Le triplé de Watkins, le doublé de Grealish : c’était mérité. Mais disons que 7 buts, ce n’était pas nécessaire et que la réussite aurait pu se passer d’enfoncer les Reds : trois frappes de loin des Villans ont été déviées par un joueur de Liverpool et ont fini au fond, prenant Adrian à contre-pied. Trois !
D’aucuns pensent que la trêve internationale permettra aux Reds de couper, se calmer, et revenir avec l’esprit allégé. D’autres, qu’ils vont au contraire ruminer plutôt que se remettre dedans de suite. En tout cas, ce qui est sûr, c’est qu’il leur faudra redémarrer contre Everton et ça, les enfants, ça promet un autre tour de piste.
PS : 3 matchs, 3 victoires pour Aston Villa, deuxièmes. Comment ça j’ai inversé le score ?


The table : Des favoris qui se font ouvrir, des anomalies aux deux premiers rangs et des têtes de série en fond de classement, on en vient à se demander si on a bien suivi la Premier League ou le tennis féminin.


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4 thoughts on “La PL Academy vous présente la 4e journée.

  1. J’ai ri. Vous êtes forts et vous dites du bien des italiens. One good point for you guys. And long live the mighty Jouzé.

    1. On en a parlé entre nous et personne ne comprend le traitement infligé à Ancelotti en France. Quand il va jouer la C1 avec Everton, on va voir flou.

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