La Calcio Académie vous raconte la 12e journée de Serie A

Ciao ragazzi,

Le premier trimestre va bientôt s’achever. Le conseil de classe est convoqué. L’heure des premiers bilans est enfin arrivée. On peut le dire, les bons élèves ne sont pas légions cette saison. Le Napoli a des sérieux problèmes de discipline. Les joueurs se rebellent, le président s’excite et l’entraineur paie les pots cassés. Le Milan a des problèmes d’effectif et des propriétaires aux abonnés absents, la Roma revient bien mais attend tranquillement sa crise de décembre, la Fiorentina laisse des points et ses ambitions en route, la Lazio a toujours des problèmes sur ses ailes, l’Atalanta souffre de sa première participation en Ligue des Champions. Et encore nous n’insistons pas sur le niveau des élèves en grandes difficultés, au bord du redoublement comme l’Udinese ou de la relégation morale comme Brescia ou Vérone.

Seuls la Juventus et l’Inter répondent réellement aux attentes. Le Calcio est malgré tout passionnant. Si le racisme ne venait pas polluer notre quotidien, nous serions véritablement aux anges. Mais nous sommes rattrapés chaque semaine par l’actualité sordide, par la bêtise des uns et l’irresponsabilité des autres. En attendant des jours meilleurs, nous vous proposons de vous plonger dans cette douzième journée de notre feuilleton italien.

Malheureusement Monza est plus connu pour son circuit automobile que pour son équipe de Foot. Mais l’idée est là. Les clubs doivent prendre en main le combat.


Cagliari-Fiorentina (5-2) :

LE match du weekend qu’il ne fallait pas manquer … si vous n’êtes pas un Italien qui aime les belles défenses et si vous aimez Radja Naingollan. C’est bien lui, l’homme fort de cette journée de Serie A. Trois passes décisives, un but … et quel but. Un pétard de 25m dans la lucarne comme il aime, comme on aime. Le ninja s’épanouit en Sardaigne et la Fiorentina perd tous ses matchs depuis que Ribery est suspendu … Chiesa, le pauvre, doit compter les jours avant que Kaiser Franck ne revienne. En attendant, Cagliari en profite et Naingollan s’affirme peut-être déjà comme la recrue la plus performante de l’été en Italie.

Les buteurs : Rog (16e), Pisacane (26e), Simeone (34e), Galvado (54e), Naingollan (65e) pour Cagliari ; Vlahovic (75e et 87e) pour la Fiorentina.


Inter-Verona (2-1) :

Nous allons donc vous parler une nouvelle fois de racisme. Vérone se déplaçait en Lombardie sans ambition mais avec le souci de retomber dans l’anonymat et d’oublier les polémiques de la semaine passée. L’Hellas a finalement dû se résoudre à sanctionner et interdire de stade pour onze ans ce connard de Lucas Castellini. Les ultras se trouveront un autre chef et les tribunes ne seront pas nettoyées. Elles ne risquent pas de l’être tant que les principaux acteurs du Calcio trouvent des excuses pour botter en touche à chaque incident dramatique.
Revenons au match du jour, Vérone ouvre le score sur un penalty plus que généreux. Plus le chrono avançait, plus la thèse de l’accident prenait forme pour l’Inter. Silvestri était en feu et quand les attaquants parvenaient à trouver une faille, les montants venaient l’assister.
Vecino, d’une tête rageuse, et Barella, d’une frappe remarquable, viennent sauver les meubles et l’essentiel. Il fallait au moins ça pour faire céder un gardien en état de grâce et mettre un peu de pression sur la Juve.

Les buteurs : Vecino et Barella / Verre

Silvestri jusqu’à la 65e


Lazio – Lecce (4-2) :

La Lazio avait l’opportunité de monter sur le podium, et ben elle s’est pas fait prier. Sparring partner de qualité, Lecce n’avait pas les armes pour lutter. Immobile y est allé de son rigore, ce qui lui a permis d’accentuer son avance en tête du classement des buteurs et de prétendre une fois de plus au titre de capocannoniere (14 buts en 12 journées, les bases sont bonnes), tout en continuant à être nul en sélection. Plus que jamais, il faudra compter sur les biancocelesti cette saison pour venir jouer les troubles-fête poutrer les petites équipes et se chier dessus contre les grosses.

Les buteurs : Correa (30e et 80e), Milinkovic-Savic (62e) et Immobile (77e SP) pour la Lazio, Lapadula (40e) et La Mantia (85e) pour Lecce.


Brescia-Torino (0-4) :

Le communiqué de presse est à la mode en Italie. Franchement, si ça tenait qu’à nous, on éviterait de parler de la communication officielle des Curva et de leur consacrer bien trop d’importance. En même temps, nous ne pouvons pas taire, semaine après semaine, les signes évidents d’une radicalisation inquiétante des tribunes. Les supporteurs de Brescia se sont fendus d’un communiqué aussi navrant que pathétique. Ils dénoncent et accusent… Balotelli. Oui, ils dénoncent son attitude, son manque de panache contre les insultes racistes de la Curva del Verona. Balotelli se devait d’accepter ces cris. Peu importe qu’il soit sur le terrain le seul à répondre présent, peu importe qu’il marque et donne encore un peu d’espoir au promu, il n’aurait pas dû se fâcher contre ces cris de singes. C’est du folklore, merde. Ils n’ont même pas honte les gars, ils défendent les Véronais en marchant sur leur gars, sur leur attaquant, sur le gars du pays. Mais pour ces gens, Balotelli ne sera jamais vraiment « du pays », quoiqu’il fasse ou quoiqu’il dise.
Ils se feront punir par un Torino en manque d’inspiration ces dernières semaines. Berenguer claque un doublé, Belotti aussi. Brescia a les fesses toutes rouges. Faut dire qu’ils l’ont bien mérité.

Les buteurs : Berenguer X2, Belotti X2

Des combats de valeurs


Parme – AS Roma (2-0) :

Si la Lazio carbure, la Roma en chie. Enfin tout est relatif, elle n’est qu’à deux points du voisin honni. Mais les tifosi sont exigeants et ils ont de quoi. Avec une équipe érogène comme un téton percé, on est en droit d’attendre un victoire probante contre une équipe de Parme qui, si elle marche bien depuis son retour en A, n’est au mieux qu’un outsider. Oui mais voilà, au foot comme dans la vie ce ne sont pas toujours les meilleurs qui sont récompensés (retrouvez mon spectacle en 2020 dans tous les Palais des Congrès de France métropolitaine où j’use un peu plus des poncifs réchauffés du quotidien seul sur une scène pendant quatre heures). Et la sémillante Roma s’est donc fait avoir. Et c’est l’ex de Kiki, le Danois Cornelius, qui mettra fin aux espoirs des giallorossi en trouvant enfin le chemin des filets à la 93e. Bon c’est vrai, les espoirs avaient déjà bien morflé quand Sprocati avait ouvert le score d’une volley peu académique. Enfin, toujours est-il que la Roma laisse l’Atalanta (bon ça ça va), Cagliari (mouais) et surtout la Lazio (arf) leur passer devant. LA mauvaise opération de la journée. 

Les buteurs : Sprocati (68e) et Cornelius (93e) pour Parme.


Sassuolo-Bologne (3-1) :

Pour vous expliquer simplement, Francesco Caputo est un spécialiste de la Série B, une sorte de Robert Malm, de Mauricio (en hommage au notre) ou de Lesage pour faire le parallèle avec la Ligue 2. Francesco connait tout de la Série B, les vestiaires, les stades, les petits clubs qui montent de Serie C jusqu’aux géants aux pieds d’argile qui viennent se perdre à l’étage inférieur le temps d’une saison. Partout où il passe, il marque. A Bari, à Sienne, à Entella ou à Empoli, Caputo claque ses quinze buts par saison. Et pourtant, malgré des statistiques avantageuses et un état d’esprit remarquable, aucun club de l’élite ne veut tenter le coup. Sa signature à Empoli changera tout même si elle arrive bien tardivement. A trente ans, il signe enfin dans un club ambitieux de Série B. Comme chaque année, notre attaquant remplit sa part du contrat. Il va même bien au-delà. Il claque carrément vingt-sept buts. Empoli remporte facilement le championnat. Avec un tel bilan, le club toscan ne peut pas se permettre de le laisser partir. Caputo va enfin avoir une chance d’évoluer dans l’élite. Il ne faut pas lui dire deux fois. Empoli se bat toute la saison pour son maintien. Malgré un jeu parfois défaillant, ils tiennent la barre surtout grâce à l’efficacité de leur attaquant. Ils finiront par descendre après un match perdu à Meazza lors de l’ultime journée.
Sassuolo, toujours à l’affût d’une bonne affaire, sent le bon coup. Pour Quatre millions, I Neroverdi remporte les enchères. Il vient occuper l’axe de l’attaque au côté de Berardi et de Boga. Nos trois loustics sont complémentaires. En panne depuis quelques semaines, Francesco a remis le couvert. Résultat ? Bologne est complètement Caputo et Sassuolo se donne un peu d’air.

Les buteurs : Caputo X2, Boga / Orsolini

Boga impérial malgré une défense de Bologne rugueuse


Napoli-Genoa (0-0) :

C’est le bordel à Naples. Un président qui met en cause son coach et ses joueurs, ces derniers qui font la gueule à Ancelotti … bref bonne ambiance. C’est dans cette situation que Naples affronte le Genoa de T.Motta ; alors mutinerie ? sabotage ? Un peu de tout ça et rien de tout ça à la fois puisque c’était une partie assez triste quoique disputée. Les actions se succèdent et le Napoli passe tout près de la correction lorsque Koulibaly sauve un ballon sur sa ligne… Elmas, le jeune macédonien de 20 ans croit délivrer un San Paolo qui ne sait sur quel pied chanter, entre les sifflets, la volonté de prendre des points et de voir les joueurs se planter, mais sa tête est magnifiquement arrêtée sur sa ligne par le gardien genovese.

Naples est en crise, la révolution est en marche (bizarre de voir ces mots les uns à la suite …) et Ancelotti ne passera peut-être pas l’hiver. On vous tient au courant, car en Campanie, les intrigues vont aussi vite que la saison 8 de Game of Thrones.


Sampdoria-Atalanta (0-0) :

Vous vous souvenez de Milevskiy ? Cet attaquant ukrainien qui avait la cote dans Football Manager 10, inconnu du grand public mais terriblement prisé par les entraîneurs en herbe, qui marquait 35 buts par saison en « attaquant avancé », bien aidé par ses deux ailiers de l’époque Nenê et Krasic. On en plantait des buts, on en gagnait des championnats avec ces joueurs. D’ailleurs si vous vous posez la question, Milevskyi joue actuellement, à 35 ans au Dynamo Brest, en Biélorussie. Quel rapport avec le match du jour ? Aucun, si ce n’est Malinovskyi, son compatriote qui joue à l’Atalanta a pris un carton rouge. Et c’est à peu près tout ce qu’il s’est passé du match… L’Atalanta ne gagne plus, semble fatiguée de jouer tous les trois jours et perd des points devant la Juve et l’Inter qui eux ne faiblissent pas.


Udinese – SPAL (0-0) :

Vous avez demandé un match plaisant qui se termine sans buts ? Vous voilà servi. Et logiquement ce sont les gardiens qui ont crevé l’écran. Berisha côté SPAL et Musso pour l’Udinese, donc. Bien qu’il n’y en ait pas eu beaucoup de cadrés, on est monté à 34 tirs tout de même. Les copains de De Paul (qu’on annonce sur les tablettes interistes dès cet hiver) n’ont pas réussi à faire sauter la boîte à saucisses des spallini. Pire, ils ont failli perdre sur un rigore à la 98e minute (la VAR c’est de la merde qu’on vous dit). Heureusement pour eux, Musso s’est bien couché sur sa droite. Toujours pas d’entraîneur chez les Frioulans, mais plus de défaites non plus. La SPAL elle, se prépare à une saison compliquée.

Parker Lewis ne perd jamais, mais Musso non plus


Juventus-Milan (1-0) :

Ce match, les milanisti l’ont déjà vu cent fois ces dernières années. Un Milan qui tient tête, pendant une mi-temps ou une heure, puis qui se fait rouler dessus par la machine blanche et noire, qui accélère quand elle veut, au meilleur des moments, pour ne laisser aucune chance à l’adversaire, plus faible. Alors oui, Milan s’est pas mal démerdé, Milan a eu quelques minuscules occasions, Milan a été meilleur que d’habitude en défense, mais Milan perd 1-0 et c’est bien le minimum car Donnarumma a encore sauvé deux ou trois situations en fin de match qui auraient transformé ce score en branlée. Milan perd toujours, Milan est 14e de Serie A. Il n’y a même plus de blague à faire.

Le buteur : Dybala (77e)


Note Artistique de la journée (4/5) :

L’écart se creuse en tête du classement, Cagliari n’en finit plus d’impressionner, Milan n’en finit plus de désespérer (surtout notre bel ami Franco Basrésilles) et Naingollan n’en finit plus de faire la totale à ses adversaires. Le joueur de la journée a marqué le but de la journée pendant le match de la journée. Tout va bien au paese. Si l’on omet les histoires de racisme, le réchauffement climatique, la faillite des politiques, la crème dans la carbonara et la calvitie de Max Allegri.

 

Bonne trêve à tous et traînez un peu sur Horsjeu (mâtin, quel site!) vous verrez qu’il va se passer des choses sympa entre le retour de Superacad’, la Blaugrana Académie de Fernando Nandrolonas, un nouvel antipasti de la Calcio Académie et les habitués des équipes natianales que sont Didier Décampe, Ken Singtown, Homerc, Sepp Déblatère et Zip et bien plus encore (aucune idée de qui écrira, c’est juste pour foutre un peu la merde).

Le Classement de la 12e journée de Serie A

Le lien youtube de la Serie A  pour voir de beaux buts et les résumés de tous les matchs

N’oubliez pas les deux boutons en dessous, pour que vive l’alterfoot et que s’abreuvent les académiciens.

Bacci anali.


PaPier Paolo Sopalini

Papier quadruple épaisseur. Le meilleur et le pire du Calcio, parce qu'on parle même de l'Inter.

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