Everton – Arsenal (0-0) : La Gunners Academy entre dans une nouvelle ère

Bien le bonjour, 

Dernier match de la pré-saison contre Everton. Oui bah on va faire comme si. Et dernière apparition de l’ami Freddie comme boss de l’équipe. Plus jeune onze de départ – 24 ans et 50 jours – depuis le dernier match de saison 2010-2011. Des choix ont été faits avec un trio Martinelli, Smith-Rowe, Nelson derrière Aubameyang. Guendouzi sur le banc, double-pivot Torreira et Xhaka. David Luiz remplace le suspendu Sokratis (ouais, on en est là). Saka aligné arrière gauche, encore, bah oui, vu que tout le monde a décidé de se péter en même temps. Un match assez spécial puisqu’ Everton aussi, vient de nommer un nouveau coach en la personne de Carlo Ancelotti. Mais comme chez nous, c’est l’intérimaire Duncan Ferguson qui tient la baraque une dernière fois.  

Attention, toute ressemblance avec une équipe de foot serait fortuite (ndlr)

La première période est insipide. Comme d’habitude. Aubameyang touche 9 ballons, Martinelli 16, Smith-Rowe 16 et Nelson 22. Un seul tir?(pas cadré, bien sûr) de Gabigol à la 43e. Et puis c’est tout. Et on mesure tout le boulot qui attend Arteta. L’Espagnol en tribunes qui doit se dire qu’en effet, ça ne va pas être simple de réanimer ce groupe. A la reprise, le seul moment un peu positif débouche sur deux tirs cadrés d’Aubameyang et une parade magistrale de Pickford. Le reste?? Rien, le néant.  

Et l’on peut se poser des questions sur les choix de Ljungberg. D’abord, il est positif de vouloir s’affirmer en benchant les cadres qui ne répondent pas aux attentes. Ce n’est pas le statut qui détermine le temps de jeu. Mais sur les quelques matches qu’il a dirigés, on a surtout l’impression qu’il est en mission punitive?: mettre des jeunes, retarder au maximum les changements pendant les matches et hop, démerdez-vous, on va voir ce que ça va donner. Contre Everton, les trois quarts de l’équipe sont en galère, surtout les jeunes devant. Ils semblent un peu stressés, voire paniqués quand ils ont le ballon et accumulent les mauvais choix. Aucune réaction du coach, et on n’a pas ressenti une réelle volonté de remporter la rencontre… avec Pépé, Guendouzi et Lacazette sur le banc. Seul le dernier est entré en jeu. Soit. Ce n’est pas pour lui jeter la pierre spécialement, le challenge est périlleux et il faut a priori ouvrir la route pour la suite.  

Enfin, ne nous attardons pas sur cette dernière sortie du Suédois. Il y a tellement d’autres choses à développer.  


Les artistes 


Leno 4/5 : 

Bah comme d’hab en fait.  

Maitland-Niles 3/5 : 

On va faire avec…  

Chambers 3/5 : 

Sa centième avec Arsenal. Pas la meilleure. Pas la pire. Surtout quand on compare avec le clown à ses côtés. Par contre, au niveau du jeu au pied, c’est une plaie. MOTM par ailleurs. 

David Luiz 1/5 : 

LE COUP DE GENIE D’ARSENAL QUI DEVAIT TROUVER UN DEFENSEUR POUR SOLIDIER SA DEFENSE. IL EST LA. PITRE. 

Saka 3/5 : 

Pour un mec qui dépannait comme arrière gauche (Tierney et Kolasinac, sont pétés) il s’est plutôt bien démerdé. Sa vitesse est évidemment un atout.  

Xhaka 2/5 : 

La fameuse qualité de passe.  

Torreira 3/5 : 

Probablement le meilleur sur le terrain.  

Nelson 2/5 : 

Va falloir hausser ton niveau de jeu un jour. Et confirmer les espoirs fondés en toi, Reiss.  

Smith-Rowe 2/5 : 

J’ai voulu mettre 1/5 mais c’était sévère pour sa première titularisation en PL. 

Martinelli 3/5 : 

La volonté et la hargne du mec. Bordel. S’ils étaient tous à ce niveau d’engagement…  

Aubameyang 2/5 : 

Son frangin ne l’a pas aidé cette semaine. «?Freddie ou Arteta c’est pareil?» a-t-il posté sur le réseau social appartenant à Facebook où l’on met des photos. PEA aurait pu (dû??) marquer, ne l’a pas fait. Et n’a quasi jamais eu le ballon. Ouais, je sais pas quoi dire en fait.  


Les intermittents 

Willock 2/5 : 

Certes.  

Lacazette 2/5 : 

Je sais pas mais c’était nul.  

Troisième changement 5/5 : 

N’est jamais arrivé.  

PS : La plupart des jeunes sont balancés dans un bordel sans nom et il y a 100 explications pour justifier quand ils sont mauvais. Mais on ne va pas se lancer dans le social. Sinon je mets 5 à tout le monde et on s’emmerde plus.  


Le temps additionnel 


Pas d’Özil?? Non, et c’était prémédité. Car s’il était d’une part touché au pied, Ljungberg a d’autre part déclaré que, dans tous les cas, il n’aurait pas fait le voyage suite à son comportement lors de la défaite contre Manchester City. Rappel?: il a été remplacé, n’a pas tellement apprécié et l’a montré de façon véhémente. 

Quid des francophones?? Pépé, Lacazette et Guendouzi sur le banc. Lacazette, ça commence à durer. Pépé un peu aussi. J’ai envie de croire que c’est parce qu’il va y avoir une accumulation sévère de rencontres sur la période des fêtes. Mais au fond de moi je sens que non. En tout cas ils vont avoir l’occasion de prouver au nouveau boss qu’ils sont à la hauteur de l’enjeu.  

Sinon… Donc.  Un indice, chez vous :

Sauf si vous habitez dans une grotte ou dans une zone blanche du style Melun, vous n’avez pas manqué l’arrivée du nouvel entraîneur, Mikel Arteta. Un point rapide sur ses premières heures au club et quelques précisions?:  

  • Arteta a donc joué à Arsenal de 2011 à 2016, ce qui lui a valu le privilège d’évoluer avec trois joueurs de l’effectif actuel?: Chambers, Bellerin et Özil. Maitland-Niles et Martinez étaient en U23, Nelson et Willock en U18. 
  • La compensation payée à Manchester City tourne autour de £2M.  
  • Il a signé un contrat de 3 ans et demi. Un bail sur la durée, jusqu’en juin 2023. Emery, c’était 2 ans + 1 en option.  
  • Sa première conf de presse a fait son effet. Lucide, réaliste, combatif et motivé. Il sait la tâche qui l’attend et il est prêt au combat. Et il n’y aura pas de passe-droit. Il est là pour imposer sa patte sur l’équipe, avec ses méthodes, et il ne transigera devant aucun casse-bonbons.  
  • Dans le même temps, on a appris cette semaine dans The Independent que certains dans l’équipe voudraient partir. Aubameyang en tête, mais aussi Xhaka, Lacazette et d’autres. Eh bien dans ce nouveau projet, ceux qui ne sont pas à 100% dans leur rôle quitteront certainement rapidement le club. Quitte à devoir utiliser les jeunes en remplacement.  
  • Le board ne semble pas particulièrement «?pressé?». Le club doit revenir sur le devant de la scène mais progressivement. Tenter d’accrocher la C3 (youhou) par le Championnat et faire un joli parcours dans cette même compétition sera certainement un bon début. Après, bon, c’est vrai, Chelsea n’est jamais qu’à 9 points.  

The other look


Pour l’occasion, Le Père Fidalbion dit Le Philosophe avait envie de dire quelques mots lui-aussi (cette feignasse aurait pu prendre l’Acad mais pensez-vous…). Par contre la synthèse, faire court tout ça, c’est pas pour lui, alors si la flemme vous gagne, passez votre chemin.  

« Le jour d’après. Je voulais revenir sur les premiers mots d’Arteta en tant qu’entraîneur d’Arsenal. J’ai passé en revue sa conférence de presse ainsi que sa première ITW avec le club. Et wow. Alors bien sûr, je pose un disclaimer tout de suite : l’Espagnol n’a encore rien fait, rien montré, rien prouvé. Mais il se dégage déjà de ces premières interventions des points essentiels, qui m’ont filé le sourire sans même que je m’en rende compte. 

Première chose : la fierté de ce garçon d’être là. On sent une connexion, sa volonté, son amour pour le maillot. Il était à City, il aurait pu attendre son tour. Au lieu de ça, il est venu mettre les mains dans la merde pour essayer de relancer un club paumé. « Je brûlerai jusqu’à la dernière goutte de sang pour ce club ». Le trait peut paraître forcé mais de la bouche de quelqu’un d’aussi réservé qu’Arteta, c’est un marqueur. C’est sa maison, et on sent clairement que ça lui fait mal de la voir dans cet état-là. Il a vu les mines décomposées des supporters, il a vu cette équipe sans âme, avec des valeurs en perdition. On sent clairement que ça lui fait mal au cul et au cœur, et qu’il veut changer ça. 

Deuxième chose importante : l’intelligence du type. On sent quand il parle que les lumières s’allument. Qu’il y a un plan derrière, qu’il ne vient pas à poil et qu’il y a des idées. Qu’elles se réalisent ou pas, c’est une autre histoire mais il n’a pas été chez Guardiola pour rien. Il dit avoir déjà des idées sur ce qui ne va pas, et qu’il veut les vérifier maintenant en vivant avec les joueurs. Il parle déjà de processus de réflexion (je leur montre, ils le font, si ça fonctionne, ils me suivent), il parle déjà de psychologie, de comprendre les joueurs. Pas pour leur faire plaisir, mais pour balayer leurs doutes et leurs excuses (le mot a été lâché) puis les mettre dans les conditions idéales pour travailler. On entend Pep un peu à travers lui, mais il l’a dit haut et fort : il veut être lui-même, pas un mélange d’influences. 

Troisième point : honnêteté et franchise. Le taf est monumental, et il le sait. Il n’a pas d’expérience de head coach, et il le sait. Mais il a des idées et il a tout de même un bagage qui n’est pas anodin : il l’a dit lui-même, je sais ce que c’est qu’une culture de la gagne. Parce que s’il reconnaît son inexpérience relative, il est aussi conscient de ce qu’il sait faire. « Je ne serai pas assis là si je ne me sentais pas prêt ». Il l’a rappelé : Guardiola lui a laissé de plus en plus de marge de manœuvre et il faisait déjà beaucoup de choses. Sa franchise se retrouve ailleurs. Quand on lui demande si l’identité d’Arsenal s’est perdue ces derniers temps, il répond claro, en ayant pris le soin de peser ses mots : « Oui, j’en ai peur ». Pas de langue de bois sur le style. Et pour cause, lui veut restaurer tout ça. 

Là c’est un domaine majeur : il veut refaire d’Arsenal une équipe offensive, spectaculaire. Il veut ramener cette identité. Il y a un passage court dans son ITW, qui est juste du miel pour les oreilles à ce titre. Attention, accrochez-vous à vos slips. « Pour certaines choses, on a besoin d’un modèle, d’un schéma. On doit se montrer passionnés, dominateurs, agressifs. Jouer dans le camp adverse autant qu’on le veut. Je veux avoir le ballon, attaquer l’adversaire autant que possible et l’empêcher d’attaquer autant que possible ». Ça sent le jeu de possession, l’idée que c’est le meilleur moyen de défense, de dicter le jeu. Bref, ça sent Guardiola et Wenger et surtout ça sent la cohérence, quand on voit qu’on a quand même des joueurs de ballon mais des défenseurs en bois de cagette. 

Quatrième point essentiel : l’exigence et sa facette sanction, l’intransigeance. C’est probablement l’un des aspects les plus impressionnants dans la façon très carrée qu’a eu Arteta de poser les choses. Il va dicter la façon de faire. Tout le monde devra se mettre au diapason.Et quand il dit tout le monde, ça ne semble pas uniquement tourné vers les joueurs. Il veut que l’ensemble du club soit à 200% synchro sur sa façon de faire. Que tout le monde soit au taquet. Arteta ne vient pas juste poser ses miches sur le banc. Il vient avec des méthodes de jeu et de vie, des façons de réfléchir et de reproduire. Et on sent par contraste que ceux qui ne suivront pas, ou qui, comme il l’a dit, auront une influence néfaste, seront rapidement écartées. Façon Léodagan : « La rigolade, c’est terminé ». 

Avant-dernier point : l’ambition affichée. Il a beau savoir que la tâche est difficile, Arteta ne vient pas pour bricoler un truc bancal. Il vient rebâtir une culture en ruines. Et son contrat de 3 ans et demi semble dire la même chose. Idem quand il évoque la chance d’avoir les jeunes qu’on a dans l’équipe. Ça ne va pas se refaire en un jour, il le sait mais il voit plus large et plus loin. Et là son ambition – réaliste en premier lieu, il veut simplement se remettre à gagner d’abord avant de fixer des objectifs – rejoint son exigence : les titres, l’Europe, le reste n’est pas à la hauteur pour Arsenal. 

Dernière chose capitale et je m’arrête (ENFIN BORDEL, ndlr) : après Unai, la clarté du propos d’Arteta dessine un contraste saisissant. Il s’exprime bien, de manière fluide, il sait où il veut aller, son cheminement de réflexion est limpide. Et c’est déjà hyper important. Comme il dit lui-même : c’est à moi d’organiser ma pensée pour la rendre facile à comprendre pour les joueurs et donc facile à appliquer. Là encore, ça me rappelle des choses entendues chez Guardiola. Mais quoiqu’il en soit, ce premier exercice m’a épaté. Maintenant, rien n’est acquis. Rien n’est gagné. Il peut se planter, il va avoir besoin de soutien, moral et financier. Il va falloir faire du tri dans l’équipe. Mais nom d’un petit Jésus, c’est comme ça que je veux que les choses soient prises. C’est ça que je veux entendre. Et de les entendre de sa bouche, avec cette envie, cette fierté, ça m’a rendu tout chose, dis donc. Il m’a rallumé à l’intérieur, le gars Mikel. 

Arsenal est onzième. La saison plus ou moins terminée. Place désormais à cette nouvelle ère, celle du Belhomme Mikel Arteta. 

Et bonnes fêtes à tous?! 

(Özil de) Ray  

Johny Kreuz

J'ai autant de clubs de cœur qu'Alex Oxlade-Chamberlain a de neurones. Seul supporter non-basque de Bilbao et Cazorliste convaincu.

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