La Rossonera Accademia rencontre un ami du Frioul : Milan-Udinese 2011 Partie 2

Pour clore ce retour vers le passé, devant ce Milan-Udinese 2011 (partie 1), il était évident de rencontrer Friûl Connection éminent supporter de l’Udinese Calcio, rédacteur sur le non moins éminent site Nordisk Football .

On lui a demandé plusieurs choses sur ce match et son équipe, passée et actuelle.

 

Tout d’abord, as-tu des souvenirs précis de ce match ?

Oui, bien sûr. J’ai toujours autant de regrets sur cette rencontre. L’Udinese fait quasiment le match parfait avec une défense et un milieu solides, compacts et deux feux-follets devant, en électron libre, qui alternent et décrochent pour troubler le back 4 milanais. Et puis, ils mènent à trois reprises dont un bel avantage 1-3. Mais bon, 4-4 au San Siro, ce n’était pas un si mauvais résultat au final.

C’est avant tout un plaisir, ou bien c’est surtout un pincement au cœur de voir cette équipe d’Udine, avec ces joueurs ?

Regarder les matchs de l’Udinese de cette période est un réel plaisir. Beaucoup de souvenirs remontent à la surface avec émotion. On y voit une équipe qui joue, qui essaie de mettre en place son jeu, une équipe avec des individualités qui forment un vrai collectif. Même à l’extérieur, face au leader de Serie A. L’Udinese avait réussi une super saison avec une belle 4ème place. Elle était même parvenue à améliorer ce résultat l’année suivante (3ème) en dépit d’une première vague de transferts (Inler, Sanchez, Zapata…). Mais c’est aussi avec un petit pincement au cœur que je regarde ces matchs. Avec nostalgie.

Evidemment, quand on voit la compo, on pense tout de suite à Sanchez, Handanovic qui partent faire carrière ailleurs … mais pour moi, et j’imagine pour toi aussi, c’est Di Natale sur qui je fixe mon regard. Quelques mots sur ce magnifique joueur ?

Quand j’écrivais pour @Fr SerieA j’avais rédigé un papier au moment de son départ à la retraite et j’avais titré : la Légende ordinaire. Di Natale a explosé tardivement. Il a débuté en Serie A à 25 ans. Ailier de formation, il est replacé dans l’axe à 32 ans suite au départ de Quagliarella. Et il claque 29 buts pour sa première saison. Une totale réussite. Ensuite, il enchaîne jusqu’en 2015. Il a alors 38 ans. Recordman de buts et de présence pour l’Udinese, il a toujours privilégié son confort familial au Frioul, une région qui l’avait totalement adopté, malgré les sollicitations de plus grands clubs notamment le Milan. C’est un type ordinaire au talent énorme (6ème au classement des meilleurs buteurs de Serie A avec 209 unités, devant Baggio, Del Piero, Batistuta…) et nous avons eu beaucoup de chance de l’avoir dans notre club.

Tu peux nous faire un petit retour sur les dix années écoulées par ton club depuis ce match ? De la 4e place en 2011 à la 12e place (à 2 pis de la 17e) en 2018-2019 ?

En 2011, Francesco Guidolin arrive au club. Il peut s’appuyer sur un groupe de qualité, formé par l’équipe de scout du club à travers le monde. L’Udinese n’a pas beaucoup de moyens. Les dirigeants misent sur la post-formation pour ne pas se ruiner en transfert et faire de belles plus-values si les joueurs recrutés se font remarquer par les ténors italiens. On retrouve donc beaucoup de Sud-Américains, d’Africains ou de Slaves issus des Balkans dans l’effectif. Après un début de saison 2011/12 raté, Guidolin trouve enfin la bonne formule avec ce 3-5-2 solide et offensif.

La saison suivante est encore meilleure avec une place sur le podium. Comme en 1998 avec Helveg et Bertotto en défense, Jorgensen et Locatelli au milieu, Amoroso et Bierhoff en attaque. Mais avec ces bons résultats, l’exode va se poursuivre (Handanovic, Asamoah, Isla …). Les nouveaux joueurs ne sont pas toujours au niveau immédiatement. Il y a beaucoup de turn-over, de joueurs sous contrat qui arrivent et partent en prêt… Et puis, l’Udinese était une belle équipe mais un peu en surrégime. Le second problème a ensuite été la succession de Francesco Guidolin en 2014. Pas moins de 10 entraîneurs se sont assis sur le banc de la Dacia Arena. Une grande instabilité a régné et cela ne favorise pas les résultats. Et un autre problème a été la difficulté de remplacer des joueurs comme Alexis Sanchez ou Antonio Di Natale. Depuis quelques saisons, l’Udinese flirte avec le maintien. Et avec la montée de Pordenone en Serie B, quelques tifosi pensent à un derby du Frioul dans les saisons à venir.

L’implication de la direction a aussi été pointé du doigt. Certains pensaient (sûrement à raison) que les Pozzo favorisaient leur second club : Watford pour toucher la manne financière des droits TV. Il a même été question de céder le club à Red Bull mais les tifosi sont montés au créneau. On ne sait pas si les négociations étaient avancées ou pas mais l’opération n’a pas eu lieu. Certes, il y a eu le rachat du Friuli à la mairie pour une superbe rénovation et un stade désormais en pleine propriété du club. Mais cet investissement a considérablement réduit les fonds attribués pour le recrutement de l’équipe. Et surtout, les grands clubs aussi se sont mis à faire de la post-formation à l’image d’un Monaco en France ou RB Leipzig en Allemagne. Auparavant, l’Udinese était presque la seule placée sur ce marché.

Et si tu avais don de voyance, mais surtout avec la connaissance de ton club, tu verrais quoi, objectivement, pour la décennie qui arrive ?

Avec les difficultés évoquées précédemment, je ne suis pas vraiment optimiste pour l’Udinese. Le club ne réussit plus vraiment sur le marché des transfert à attirer de jeunes talents à cause d’une concurrence accrue. Les plus-values sont donc moindres. L’enthousiasme autour du club est redescendu après plusieurs saison galères. J’espère vraiment que le club restera en Serie A, même si ce sera sûrement dans la deuxième partie de tableau.

Si tu dois partager un but, un match et un joueur aux lecteurs ?

Difficile de choisir mais ce serait forcément un but de Antonio Di Natale. Et pour le clin d’œil, je choisis celui qu’il marque contre le club de sa ville natale : le Napoli. Nous sommes le 28 novembre 2010, la même saison que le Milan-Udinese. Le ballon est sur le côté gauche, aux 40 m, Alexis Sanchez évite le tacle d’un premier défenseur puis se débarrasse de Hamsik à l’aide d’un grand pont. Il repique dans l’axe et sert Armero. Le latéral colombien s’avance et donne pour Di Natale esseulé à 25 m, un peu sur la droite. Personne ne l’attaque et il déclenche une lourde frappe du droit qui termine dans la lucarne droite d’un De Sanctis impuissant.

Hormis le 4-4 contre le Milan, je pense à l’humiliation subie par Palerme 0-7 le 27/02/2011 avec un triplé de Di Natale et un quadruplé de Alexis Sanchez. Et ce n’était pas contre une petite équipe palermitaine, avec Sirigu aux buts, Darmian et Balzaretti en défense, Nocerino, Pastore et Ilicic au milieu et Abel Hernandez en attaque.

On a déjà parlé de Di Natale. On pourrait citer Franco Causio, Oliver Bierhoff, Marcio Amoroso, Alexis Sanchez ou bien d’autres. Mais je suis obligé de choisir : Arthur Antunes Coimbra dit Zico. Son arrivée à l’Udinese a été mouvementée. Et il n’est resté que deux saisons dont une en demi-teinte. Mais quel joueur !!! Sa première saison est extraordinaire. Dans une Serie A ultra-concurrentielle, le Brésilien porte le club sur ses épaules. Il n’est devancé que par Michel Platini pour le titre de capocannoniere. Des émissions télé lui sont consacrés pour décortiquer ses coup-francs. C’est l’autre top player du club.

Merci à toi Friûl Connection et à bientôt pour de nouvelles histoires, passées ou récentes sur ton club.

Franco Baresilles

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