Chelsea – Manchester United (1-0) : La Raide et Vile Academy livre ses notes

It’s a trap !

Salut à tous !

Pour le compte de la 33è journée de Premier League, nos gagneuses de Manchester United se déplaçaient sur la pelouse du leader Chelsea, dans le but presque avoué de bouleverser la hiérarchie.

L’enjeu était de taille : en cas de victoire, mes choupettes pouvaient carrément revenir dans la course au titre et lutter jusque dans les derniers instants ; en cas de défaite, au contraire, le titre s’enfuyait définitivement, et c’était la course au podium qui était relancée, avec City pas loin derrière.

Bon, je ne vais pas faire de laïus interminable : tout le monde a vu le match. Barcelone a cessé de vivre pendant ce choc au sommet, Madrid a laissé de côté le derby à venir, l’Allemagne entière a délaissé son championnat chéri, même l’Italie a levé le nez de son nombril (ce qui lui a permis de se rendre compte que c’était naze à la maison), et la Ligue 1…eh bien, personne ne la regarde déjà, il était bien normal que le statu quo soit préservé en l’occurrence.

Pour le coup, j’espère que tout ce petit monde n’en a pas conclu que ce match pouvait faire office de vitrine crédible à la PL, parce qu’à ce train là, les droits télés ne vont pas rester bien longtemps au top : finie la flambe sur le marché des transferts, finis les enjeux dantesques à chaque match, finis les jardiniers stars payés à millions, etc.

Non mais c’est vrai, quiconque est un peu de bonne foi en conviendra, même le plus inconditionnels des spectateurs de la PL : le match était tellement relou que son issue n’a fait aucun doute dès les dix premières minutes. Du coup, que fait l’académicien scrupuleux devant son streaming russe qui plante à répétition face à cette purge ? Il boit, bien deviné, lecteur.

En conséquence, la partie a pris des airs de subuteo à mesure que l’enjeu s’envolait dans diverses nimbes éthyliques ; le scénario était cousu de fil blanc, de toute façon. J’avais promis huit pages d’insultes contre Mourinho à Luke Seafer, mais je n’ai pas vraiment eu envie de faire comme tout le monde. (t’es viré ndLS)

Procédons donc plutôt à une simil-analyse tactique, en commençant par observer la

 

COMPOSITION

 

En l’absence de certaines des meneuses du cheptel, sir Alex Van Gaal a été obligé de composer avec ce qu’il avait : un banc pas dégueulasse, mais tout de même formé de joueurs bien moins aguerris que ceux du squad qui marchait littéralement sur se ses adversaires ces dernières semaines. En tête de liste de mes plus belles pouliches dont l’absence a été insoutenable, Michael Carrick et Daley Blind. Par ailleurs, Jones et Rojo s’ajoutaient comme de le dire à cette liste de planqués. Johnny Evans, toujours en tôle après avoir craché sur un mec de Nouveau Château (s’il pouvait cracher sur Sepp Blatter, d’ailleurs, ça nous arrangerait), c’est le trop jeune Patrick McNair qui prenait place en défense centrale à côté de Chris Smalling.

De même, le retour de Luke Shaw, seul left back viable, faisait place au doute : n’est-ce pas là notre plus gros flop dans le recrutement dispendieux (euphémisme) de l’été dernier

De nombreux fans de MU ont cru à un bluff de Van Gaal à l’annonce de cette avalanche subite de blessés, et j’avoue que je me suis moi-même laissé aller à penser que notre coach tentait d’embarquer son ex-disciple José dans un jeu de dupe dont ce dernier semble plutôt friand. Las ! De bluff il n’y a point eu, et les absents annoncés l’ont bien été sur le terrain autant que dans mon cœur (enfin, surtout deux d’entre eux, ne m’en veux pas, Marcos).

Rooney a donc pris la place de Carrick dans l’entrejeu, ceci alertant finalement bien notre monde sur la nécessité de recruter un autre relayeur cet été ; c’est bien beau de se palucher sur les arrivées prochaines (probables, mais loin d’être actées d’ailleurs) de Sur-la-route-de-Memphis Depay et d’un très bel homme nommé Mats Hummels, mais il serait peut-être aussi temps que le board s’excite pour réactiver la piste Carvalho, mettre les thunes pour Schneiderlin, ou encore faire monter Pogba Fosu Mensah de la réserve, histoire de reposer un peu les jambes de bientôt 34 ans de notre Michael l’année prochaine.

Bon, là où le scepticisme a atteint une sorte de paroxysme, c’est quand on a vu le choix on ne peut plus audacieux de coller Falcao seul en pointe, alors que ce dernier recèle à peu près la confiance d’un faon face à une mitrailleuse Gatling actuellement, et que l’équipe semble compter sur lui autant qu’il compte sur lui même. Le voir quasiment fondre en larmes en interview après qu’il a planté un doublé face à Bahreïn, franchement…

Les dix mains de ses coéquipiers sont là, mais Radamel n’y figure pas…

 

LE MATCH

En fin connaisseur de son adversaire, José nous a donc concocté le fameux « bus » en plaçant au marquage de Fellaini une sorte de bestiau charpenté comme un coffre-fort, une carrure plus digne de figurer à la porte d’un bordel au beau milieu d’un désert sans femmes que sur un terrain de foot. Ceux qui disent que notre grande frite manque de subtilité auront pu constater qu’en la matière, cette grosse brute de Zouma était certainement ce qu’un char Tigre est à une Twingo.

Ne pas se fier à la pose « théière » : Kurt n’était pas là pour passer les after-eights

Par ailleurs, José détestant prendre des buts sur des centres au moins autant que Louis aime en tenter, les consignes étaient claires : d’une part bloquer Mata, l’empêcher de combiner avec Herrera, forcer ce dernier à redescendre le plus possible pour chercher des ballons près de la défense et ne surtout pas pouvoir lancer Valencia sur l’aile. Ça a plutôt bien marché, avec Fabregas et Azpilicueta qui ont tout bien cloisonné, Hazard attendant la plupart du temps patiemment qu’un ballon lui revienne dans les pieds. D’autre part, empêcher Young de se mettre sur son bon pied et de trouver la tête de Fellaini ou de frapper.

Se sachant quasiment inexpugnable dans l’axe, la paire Cahill/Terry a laissé venir en marchant, brulant environ 100 calories chacun sur le match.

En plus de parfaitement défendre, la réussite était du côté des blues, puisque sur leur seule occasion, ils ont marqué, par l’intermédiaire de Hazard, évidemment.

Notre côté gauche a donné un peu plus de fil à retordre au gros fion d’Ivanovic, en particulier grâce à un Luke Shaw décidé à honorer son numéro, et peut-être un peu aussi à prouver qu’on ne l’a pas payé un bras pour rien : sa course puis son service de la quatrième minute pour Rooney sont parfaits, la frappe de notre capitaine l’est à peine moins. David se fait avoir à l’illusion d’optique en voyant les filets bouger, mais non, de caramel il n’y a point.

 Allez-y, moquez vous les internets

Pour résumer le reste du match, après ces deux faits de jeu plutôt intéressants, je dirais que le plan de José, que la grande majorité des spectateurs aime bien voir échouer , a cette fois été une réussite totale. L’enfoiré a même paradé comme un petit putois en conférence de presse en disant que c’était « facile ». Sacrée esbroufe de la part d’un mec qui a du bien se faire dans le slip deux ou trois fois quand même. Ainsi, malgré la défaite, MU a montré des choses vraiment intéressantes face à un bloc on ne peut plus compact. De bon augure pour la fin de saison, car la place en Ligue des Champions ne va plus vraiment de soi non plus après ce revers.

 

LES NOTES

De Gea 2/5 Encore un petit pont, ça saoule, hein ? Surtout quand tu n’as quasiment rien à faire du match, à part chercher à faire taire les quolibets après une célébration rageuse sur un but qui n’a jamais existé…toujours un peu limite sur les sorties, en particulier quand il a semblé toucher le ballon du bras hors surface (heureusement, cela n’a pas eu de conséquence). Le reste du temps, c’était correct.

Valencia : 2/5 Responsable au marquage sur le but, il a ensuite eu de la peine à exister offensivement face aux armoires à glace d’en face. Lorsque Mata et/ou Herrera ne parviennent pas à suppléer ses lacunes techniques, ou à créer des espaces pour y engouffrer ses larges épaules, Antonio est en fait assez inexistant…

Smalling : 3/5 Bon match pour Chris, qui n’a pas été embêté outre mesure. À part dans les duels avec Drogba, qui sont toujours délicats à gérer, il a été solide.

McNair : 3/5 Alternative crédible à Jones (sur ce match, ne nous emballons pas), le jeune Paddy nous a gratifié d’une prestation enthousiasmante derrière. Il s’est même permis quelques montées et deux belles frappes, et a livré un joli duel avec ce chacal de Drogba, qui a profité d’une inattention de l’arbitre pour s’essuyer parfaitement les crampons sur notre jeune irlandais. Fucking disgrace.

Shaw : 4/5 Pour son retour, Luke (mais non, pas Seafer) en avait gros : les terrains de Carrington sont bien trop petits pour qu’il puisse laisser libre cours à son amour du SPRINT. Ainsi, il a gratifié tout Stamford Bridge de ses multiples courses fulgurantes, ainsi que d’un entrain communicatif. En esthète, le public londonien a préféré acclamer la performance de Zouma…Remplacé par Blackett (80è)

Herrera : 3/5 Surveillé de près par les bunkers d’en face, Ander a en plus eu la lourde tâche d’assumer le rôle habituel de premier relanceur de Carrick. Moins à l’aise que lorsqu’il joue vertical et au contact de Mata, il a en plus bien failli offrir un second but aux blues sur une passe ratée plein axe (54è). Hazard l’a mise sur l’équerre, heureusement.

Rooney : 3/5 : Redescendu au poste de relayeur, captain a fait dans la sobriété, mais a eu du mal à contenir son appétit de buteur, en jouant de plus en plus haut au fil du match. Devoir partager le poste de Carrcik avec Herrera lui a en revanche moins réussi, et voir Falcao peiner devant lui devait être douloureux.

Mata : 2/5 Coupé du monde par ses anciens partenaires, le petit Juan n’a pas vraiment pu exister lors de cette partie. Remplacé par Januzaj (70è).

Fellaini : 3/5 Le plan n’était pas d’empêcher Marouane de jouer de la tête, mais de le bouger juste assez pour qu’il ne puisse rien faire du ballon. Le choix d’un amoureux du beau jeu, assurément, mais qui s’est avéré payant, car Zouma n’a même pas eu besoin de gagner ses duels pour emmerder notre pivot.

Young : 2/5 Bien bloqué par Ivanovic, il a pu s’appuyer sur Shaw, mais n’a jamais été en mesure de se mettre sur son bon pied. Shame. Remplacé par Di Maria (70è).

Falcao : 2/5 Dans la défense en forme de mur de l’Atlantique de Chelsea, le Tigre n’a été que bien peu servi par ses partenaires. Peu habitué aux titularisations lui aussi, Shaw l’a parfaitement lancé dans l’espace à la 77è, mais la frappe du Colombien a été sortie par le poteau. Il regagnera donc le banc dès le retour de Carrick.

SIOUBS

Di Maria : 2/5 Bonne entrée de l’Argentin, qui partira à Paris l’été prochain, mais peut-être pas si son club n’est pas d’accord (la citation authentique de Damien Degorre est dans le Comité du jour . Il lui a manqué d’être décisif…

Januzaj : 2/5 Rigueur tactique maximale pour le jeune belge, qui est allé se coller à la ligne de but pendant les vingt minutes que lui a offert Van Gaal, de guerre lasse après s’être rendu compte qu’on ne marquerait pas.

Blacket : NN Quitte à faire l’inventaire de tous nos défenseurs, Louis n’allait pas se priver de faire entrer le grand Tyler !

 

Bobby Carlton

 

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