Costa Rica – Nicaragua (3-0) : la Ticos Académie vous fait coucou

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Coucou mes amours, comment allez-vous ? Vous ai-je manqué ? On en a passé, du bon temps ensemble cet été, n’est-ce pas ? De la même manière que la maladie vénérienne diagnostiquée en septembre est une manière de se rappeler tout au long de l’année combien cet amour de vacances fut intense, je profite d’un court passage pour vous donner envie de penser encore un peu à moi.

Au programme, la Copa Centroamericana 2014 et son match inaugural contre le Nicaragua. Match dont on se moque un peu, hein, mais c’est l’occasion de voir comment ont évolué nos petits mondialistes pendant le mercato et comment notre équipe nationale a (mal) digéré sa performance brésilienne.

ClergueKimberlyDe mon côté, j’ai passé mes vacances en Camargue, où j’ai rencontré Lucien Clergue. Enfin un homme qui me comprend.

 

Les transferts

Keylorgasme (Levante => Real Madrid) : Keylor Navas arrive et pousse Diego Lopez hors de l’effectif, en attendant d’envoyer Iker Casillas à la retraite. Le meilleur lui est promis, avec pour nous ce déchirement : Keylor sera beaucoup moins disponible pour la sélection.

Gonzalez (Columbus Crew => US Palerme) : Giancarlo bonifie sa bonne coupe du monde en traversant l’Atlantique, pour rejoindre Palerme dans un schéma de défense à 5 qui devrait lui convenir. Les 5 millions versés par le promu italien font de ce transfert le plus cher de la MLS pour un défenseur.

Umaña (Saprissa => Persepolis) : A l’issue de la coupe du monde, je lui conseillais « de continuer à enquiller les titres avec Saprissa plutôt que de tenter un plan foireux en Europe ». Finalement, Michael nous claque un challenge sportivo-exotique qui ferait fondre en larmes votre Xavier Gravelaine. Nous lui souhaitons bonne chance dans le club entraîné par la légende Ali Daei et vice-champion iranien sortant.

Gamboa (Rosenborg => West Bromwich Albion) : Sur le papier, une très belle progression pour ce Cristian, dont je ne doute pas qu’il deviendra très rapidement le chouchou de Mémé.

Tejeda (Saprissa => Evian TG) : Félicitation Yeltsin pour ce beau transfert, et si je puis me permettre ce conseil pour poursuivre ta progression : ne regarde surtout pas en arrière. Non, je ne veux pas te dire d’oublier ton passé, je veux juste dire : attention derrière toi, il y a Gaël Givet et Kassim Abdallah.

Cubero (CS Herediano => Blackpool) : Suppléant peu en vue pendant la coupe du monde, il n’en gagne pas moins son billet pour l’aventure européenne.

Campbell (r.p. Olympiakos => Arsenal) : Attendu avec une fébrilité humide par les supporters d’Arsenal. Tonton l’a fait entrer en ailier droit au dernier match (si j’ai bien compris la Gunners Académy), mais en l’absence de Giroud, ne serait-il pas judicieux de le placer en pointe, où son activité ne pourra que créer des brèches pour ses coéquipiers ?

Ruíz (r.p. PSV Eindhoven => Fulham) : Le joueur dont la situation contraste le plus avec la coupe du monde passée : relégué, Fulham cherche à se séparer d’un joueur ne correspondant plus à ses moyens financiers. Malgré l’intérêt de l’Ajax et du Werder, Bryan n’a pas trouvé de club disposé à payer l’indemnité de 7 M€ réclamée par Fulham et surtout les 56 000 € hebdomadaires de Bryan. Notre majestueux héron restera donc au moins un semestre les pieds dans la fange de la Championship, qu’il illuminera de son élégance en essayant de ne pas trop s’y souiller les plumes.

Brenes (p. Cartagina => Sandnes Ulf) : Randall perpétue les filières costarico-scandinaves. A 31 ans, difficile de voir un tremplin dans ce club, 13e de la dernière Tippeligaen norvégienne. Ce club ne vous dit rien, Arsène ? Eh bien figurez-vous que j’ai une anecdote qui parlera à certains spectateurs français : nous y trouvons l’ancien cannois et angevin Derek Décamps, ainsi que l’ancien espoir Malaury Martin qui ne sut pas s’imposer à l’AS Monaco de Guy Lacombe, à une époque où porter une moustache signifiait encore quelque chose.

Ureña (Kuban Krasnodar => FK Midtjylland) : l’honneur d’appartenir au même club que la paire d’oreilles la plus célèbre du Burkina Faso n’a pas suffi : en manque de temps de jeu (un temps cumulé de 10 matches en trois saison), Marco trouve une échappatoire au Danemark, pour un semestre et plus si affinités.

La Norvège, l’autre pays des boules de pierre.

 

L’après coupe du monde

Grosse dépression post-coitum, au lendemain de l’orgasme national de cet été. Acteur majeur de la réussite des Ticos tant il a su sublimer collectivement des individualités au talent variable, Jorge Luis Pinto claque la porte d’une main et vide son sac de l’autre.

Côté fédéral, on évoque des plaintes de certains joueurs sur les méthodes autoritaires de l’entraîneur pendant le tournoi, un désaccord persistant avec les membres du staff. Côté sélectionneur, on explique ces tensions par un savant travail de pourrissement mené par les adjoints et notamment Paulo César Wanchope, légende des années 90 et qui se verrait bien calife à la place du calife ou plutôt, comme on dit chez nous, boule à la place de la boule.

L’histoire mouvementée du colombien et de la Sele (depuis 2011, après un premier épisode en 2004-2005) semble donc prendre fin une fois pour toutes. Quoi qu’il ait pu se passer dans l’effectif et le staff, il n’en reste pas moins que Pinto, recruté suite à l’échec de 2010 pour rendre une identité et son niveau de performance à l’équipe, a réussi plus que cela en conduisant toute une nation à se prendre au rêve brésilien. Chapeau bas, Monsieur.

Golden ball pour Jorge Luis Pinto

Paulo César Wanchope prend donc la suite à titre intérimaire, avec une pression à la hauteur de son prestige. Dans l’objectif de pérenniser les bonnes performances de cet été, sa première mission est de conserver la coupe centroaméricaine conquise en 2013.

Pour ce faire, Wanchope est privé d’une partie de ses mondialistes. Concernant Keylor Navas par exemple, la coupe a le tort de déborder sur le championnat d’Espagne. Or Keylorgasme a trop à faire pour devenir l’idole de Bernabeu, ce qui explique son absence pour un trophée qui, à l’échelle du football international, garde aussi peu de poids qu’une boule creuse. A noter que mon amour manquera aussi la Gold Cup en fin de saison, tout occupé qu’il sera à garder les buts du Real en finale de Ligue des Champions. Joel Campbell en revanche participe au tournoi, qu’il sera sans doute obligé de quitter avant la fin pour rentrer dans une Angleterre où se morfond Bryan Ruíz, non libéré par son club (de même que Gamboa, entre autres).

A noter que Bryan Oviedo et Alvaro Saborio, deux de nos têtes d’affiches ayant manqué le Mondial pour cause de blessure, sont toujours considérés comme étant en phase de récupération et ne sont pas alignés.

Privé de bon nombre de ses expatriés, le sélectionneur compose donc un groupe à forte connotation locale mêlant principalement les mondialistes restants et des jeunes (en gras, les titulaires contre le Nicaragua, en gras italique les remplaçants) :

Gardiens : Daniel Cambronero (Herediano); Kevin Briceño (Saprissa); Patrick Pemberton (Alajuelense)

Défenseurs : Johnny Acosta (Alajuelense); Porfirio Lopez (Alajuelense); Juan Diego Madrigal (Inter Bakou, AZE); Oscar Duarte (Club Brugge); Christopher Meneses (IFK Norrköping); Dave Myrie (Herediano); Pablo Salazar (Herediano)

Milieux : Celso Borges (AIK Stockholm); Armando Alonso (Alajuelense); David Ramirez (Saprissa); Rodney Wallace (Portland Timbers); Jose Miguel Cubero (Blackpool); Juan Gabriel Bustos (Saprissa); Johan Venegas (Alajuelense); Oscar Esteban Granados (Herediano)

Attaquants : Joel Campbell (Arsenal, ENG); Johan Condega (Cartaginés); Marco Ureña (FC Midtjylland)

 

Joueurs costariciens traversant l’Atlantique pour rejoindre leur sélection (allégorie).

 

Les adversaires

Après avoir aplati le voisin nicaraguayen, le Costa Rica rencontrera l’autre équipe de sa poule, le Panama. La poule B compte quant à elle le Honduras, le Guatemala, le Salvador et le Bélize.

Carte amcentraleJ’apprends la géographie de l’Amérique centrale avec horsjeu.net

 

Le match

Le Nicaragua, donc. A part se taper sur la gueule et cultiver de la drogue, ce pays se complaît à nous emmerder depuis des années pour une question de frontière. Le match de ce mercredi était un aperçu de ce que nous serions capables de leur foutre dans la figure si jamais nous avions une armée.

Certes, le début fut laborieux. Dans ce stade de Washington DC – oui, la coupe centroaméricaine se déroule aux États-Unis. Ne cherche pas à comprendre. Dans ce stade, disais-je, Wanchope rompt avec le 352 pintesque pour offrir une formation en 4231. Face à une équipe nicaraguayenne qui, repliée en défense, a peu ou prou subi ce que nous avons enduré contre les Pays-Bas à la Coupe du Monde, nous avons dominé sans nous procurer énormément d’occasions.

A trop se replier cependant, les Nicaraguayens oublient de presser au milieu de terrain et nous laissent tranquillement développer nos actions. Plus problématique pour eux, leur pusillanimité s’étend à la défense, tellement recroquevillée dans la surface qu’elle nous laisse de plus en plus approcher. La sanction survient à la 39e lorsque, sur un corner joué en deux temps, Ureña se trouve seul pour placer sa tête. Le défenseur le plus proche (à un demi-mètre quand même), saute au hasard et les bras écartés, contre le ballon et provoque un pénalty : le capitaine Borges transforme aisément.

A la 49e, la défense adverse continue à se mettre en boule, ce qui n’est pas pour me déplaire. Recroquevillés au point qu’ils oublient à la fois de presser et jouer le hors-jeu, ils laissent Joel Campbell contrôler dos au but pour décaler Ureña. Un petit crochet et une délicieuse frappe en lucarne plus tard, les nôtres sont à l’abri.

Les occasions se succèdent, à peine perturbées par un coup-franc adverse magnifiquement sauvé par Pemberton. A la 86e, Venegas est seul à la réception d’un long centre de Meneses, et place son coup e tête dans le but sans aucune espèce d’opposition.

Voici donc une victoire qui semble bien peu de chose après avoir soumis l’Uruguay et l’Italie, toujours est-il que la Sele entame de la meilleure manière qui soit son histoire post-Mondial. Le prochain match s’annonce un peu plus relevé face à des panaméens qui furent tout près d’éliminer le Mexique des qualifications à la coupe du monde. A la suite de quoi nous pourrons, si tout se passe comme le prévoient les boules de cristal, montrer en finale au Honduras ce qui s’appelle gagner une coupe (et nous qualifier pour la Copa America centenario au passage).

Je ne manquerai pas de vous tenir informé de l’avancement de ce beau programme.

 Les belles images du match

 

Bises mes coquins,

Kimberly Gutiérrez Yigüirro

Bises Kimberly

7 réflexions sur “Costa Rica – Nicaragua (3-0) : la Ticos Académie vous fait coucou

  1. Bonjour, je travaille pour So Foot et je prépare un petit papier sur le Costa Rica post Coupe du Monde. Ce serait possible de te poser quelques questions ? merci d’avance !
    Antoine B

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