Séance de rattrapage 1: la Meringue académie note Rayo Vallecano-Real (0-1)

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L’homme mystérieux ressort de nulle part.

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Alors oui je sais là c’est carrément n’importe quoi mais j’ai pris des vacances pas du tout méritées et je rattrape le temps perdu. Ce n’est pas un scandale, c’est Proustien. Bon OK c’est un scandale.

Il y a deux semaines, c’était le choc CSKA – Real et c’était un match de merde. Cela dit, ce n’est pas pour ça qu’il n’y a pas eu d’acad’. Non. Ce qu’il y a, c’est qu’à horsjeu, on ne recule devant rien pour offrir à nos lecteurs le meilleurs de chaque match tant au point de vue du jeu que de l’ambiance générale. Or, ce match à Moscou s’annonçait comme un véritable combat contre la nature et les éléments pour les fragiles joueurs Madrilènes habitués au soleil joyeux de Castille. Je n’ai donc pas hésité à mettre à profit la méthode Actor’s Studio étudiée dans ma jeunesse New-yorkaise pour me mettre dans l’ambiance de ce match combat. J’ai commencé par me taper tous les films de Nicolas Vanier et ça fait froid, surtout dans le dos. Puis, trois jours avant la confrontation, j’ai ouvert toutes les portes et les fenêtres du château et coupé le chauffage ainsi que la cheminée bien entendu. Cela dans l’unique but de mieux rentrer dans le match et de vous offrir une académie au plus prés de la réalité du terrain. Le jour J, il faisait -25° dans le salon, c’était parfait. Déception néanmoins, Moscou n’affichait que -5°. Je commençais à regretter les footings nu dans la montagne environnante que je m’imposais chaque matin à 6 heures pétantes. Mais bon, mieux vaut faire plus que pas assez, me dis-je. Dés les premières minutes du match, je dois me rendre à l’évidence, les moufles ne permettent pas de taper correctement sur le clavier de la machine informatique. Peu me chaux, il me reste la plume. Bon, l’encre est gelé. A la 15éme minute, mon ordinateur freeze, au sens littéral. Je fulmine, mais pas longtemps, car je tombe dans les pommes, en hypothermie. Pas d’académie donc, coma oblige. En sortant de l’hôpital, j’avais besoin de me reposer dans un endroit chaud, je suis donc allé voir mon ami Luke Seafer, qui a le double mérite de vivre dans un pays chaud et de préserver mon anonymat, rapport au pacte qui me lie avec son pater (non, pas Vincent Lindon).

 

Avant-match :

Enfer oblige, Luke m’impose ManU-Nantes en lever de rideau, sauf que là-bas, Nantes se prononce Norwich city. C’est une forme très raffiné de torture que même mes glorieux ancêtres ne renieraient pas. Comme Seafer ne laisse rien au hasard, le match s’emballe dans les 20 dernières minutes, au moment où je switche sur la Liga pour regarder un vrai match. Entre-temps, j’avais fait étalage de ma frustration footballistique envers mon hôte. Surtout, j’ai promis un feu d’artifice de but entre le Real et le Rayo, un 4-1 dans la plus pure tradition Madrilène, à base de but encaissé en début de match et de triplé de Ronaldo, et d’adversaire qui finit à 10, bien sur. Autant dire que je me suis sacrément avancé (j’écris ces lignes a posteriori, cqfd), galvanisé par ma frustration.

Le Rayo Vallecano, ils n’ont pas la thune de Malaga, le public de Bilbao ou la popularité des traîtres de l’Athletico. Vu d’ici, on peut dire du Rayo que c’est l’autre équipe de Madrid, non pas cet autre là, l’autre. L’autre autre équipe de Madrid donc. Enfin le Rayo, on s’en fout. Pourtant, avec une série de sept matchs sans défaite, l’équipe de Sandoval ne donne pas l’image d’une victime consentante. Il fallait donc éviter le célèbre « excès de confiance », la suffisance quoi. Évidemment ce conseil ne s’applique pas à Ronaldo dont le jeu est entièrement basé sur la suffisance.

 

Compositions :

Pas de surprise majeures pour ce match. Benzema et Di Maria s’ajoutent à la liste des blessés avec Lass’ et Sahin qui a une gastro. Vu son temps de jeu, c’est la seule blessure à laquelle il pouvait prétendre.

Arbeloa retrouve le coté droit, Pepe, Ramos et Marcelo complètent. Khedira retrouve également son poste au coté de Xabi. Aucune surprise devant : Kaka, Ozil et Ronaldo soutiennent Higuain seul en pointe.

Casillas – Arbeloa, Pepe, Ramos, Marcelo – Khedira, Xabi – Kaka, Ozil, Ronaldo – Higuain.

 

Le match en direct des limbes :

3′ : Ramos se chauffe avec un tacle immonde sur Diego Costa. Petit jaune de mise en condition.

7′: Marcelo trouve Ozil dans la surface. Le contrôle approximatif permet à un défenseur de revenir en catastrophe pour sortir le ballon.

8′ : Diego Costa se venge sur Ramos du coude. Il va y avoir de l’ambiance.

11′ : Pepe ne veut pas rester simple spectateur, il découpe le 10 adverse.

Le premier quart d’heure est affligeant et le Real est à la rue, comme s’ils étaient encore à Moscou.

17′ : Grand pont samba de Marcelo le long de la ligne de sortie de but. Ça ne sert à rien mais au moins c’est rigolo.

17′ toujours : Higuain accélère pour la première fois et oublie de servir CR7 une bonne quinzaine de fois. Finalement, il dribble le gardien qui a tout le temps de revenir contrer la frappe, ou le centre, que sais-je.

19′ : Diego Costa prend un jaune pour avoir frappé violemment le coude de Ramos avec sa mâchoire inférieure. Par derrière en plus, le fourbe. Bravo monsieur l’arbitre.

20′ : Diego Costa décide de changer de cible et s’attaque à Pepe mais il perd encore une fois. Il est taquin ce bougre.

Le jeu du Real se résume à des raids solitaires ou des frappes de Cris qui s’envolent. Higuain ne bouge que pour se mettre hors-jeu. Je me prend à souhaiter qu’on prenne rapidement un but pour relever enfin la tête

39′ : Centre au 2éme poteau, le chauve Movilla contrôle dans la surface d’Iker, ratisse un Arbeloa paraplégique et balance une énorme frappe coup du pied qui s’écrase sur l’intérieur du poteau avant de ressortir.

41′ : A peine le temps de changer de sous-vêtements que Michu contrôle devant Iker mais Ramos peut dégager à l’arrache pendant qu’il arme. Le ballon rebondit sur Costa et sort pas loin des cages. L’arbitre assistant annonce corner. Bof.

La fin de la mi-temps est à l’avenant, Marcelo s’offre son propre carton jaune.

 

Mi-temps.

Mon infernal consultant prend enfin place en tribune de presse, après avoir passé la première mi-temps à danser nu autour de bûchers encore fumant (il a pour coutume de brûler une personne à chaque but encaissé par son équipe) en chantant : « there’s no one but Ryan ! », ou un truc comme ça. Je tente de lui faire croire que la première mi-temps était un festival de gestes grandioses et de passes lumineuses mais le démon n’est pas dupe.

 

54′ : Oui il y a bien eu dix minutes de vide avant ça. Sur corner, le ballon s’égare dans la surface, Ronaldo le récupère dos au but et instinctivement tente une talonnade qui va au fond on ne sait trop comment, ni pourquoi. Luke estime que le Portugais vient d’inventer « la frappe à l’envers » (marque déposée aux enfers).

57′ : Coup-franc de Xabi en lucarne mais le gardien détourne. Rabat-joie.

58′ : Le Rayo fait entrer Lass’, c’est de la contrefaçon grossière

60′ : Coentrao remplace Kaka. Marcelo passe ailier gauche tandis que Ronaldo prend le coté droit.

65′ : Xabi prend un jaune mais c’est l’adjoint moustachu du Mou qui est expulsé par l’arbitre.

72′ : Ramos fait n’importe quoi, le ballon est perdu dans la surface mais par miracle l’attaquant chevelu du Rayo frappe loin au-dessus.

74′ : Iker repousse un ballon sur corner et se détend sur la frappe qui suit. Les joueurs adverses sont dégoûtés.

75′ : Callejon remplace Higuain, l’occasion de voir un peu le gros nez de l’Argentin.

76′ : Diego costa/Ramos, 4éme round.

80′ : Granero remplace Marcelo et le Real passe à trois milieux défensifs. Sérénité maximum donc chez les blancs.

85′ : Tacle par derrière de Michu. Bien vu, ça fait rouge. Luke en profite pour faire de l’esprit : « Il est plus habitué au bleu ! ». Je ris à gorge déployée, question de survie.

90′ : On manque de peu d’en prendre un sur corner mais le Rayo rate tout aujourd’hui. Sur la contre-attaque, CR7 frappe beaucoup trop fort.

 

Fin de la purge.

 

Les notes au goût de souffre :

Casillas (4/5) : Le meilleur Madrilène sur ce match par la grâce de parades déterminantes qui nous permettent de voler le match. La confiance qu’il a envers son poteau est réjouissante. Merci bien.

Arbeloa (0/5) : Essentiellement parce que je ne peux pas le saquer mais aussi un peu parce qu’il se fait briser les deux reins dans la surface. Très franchement il n’a pas été le plus catastrophique ce soir, j’aurais pu lui mettre 1/5. Mais non.

Pepe (2/5) : très très loin de son meilleur niveau, mais moins à la ramasse que Ramos. La maladresse/malchance du Rayo lui permet d’éviter le pire.

Ramos (0/5) : violent comme d’habitude mais en plus stupide et peu inspiré. Pas du tout rassurant du début à la fin, c’est un miracle si on ne prend pas de but. C’est également un miracle qu’il finisse le match. Vainqueur au point sur Diego Costa.

Marcelo (2/5) : +1 pour le geste do Brasil au début du match qui réchauffe un peu alors que tous le monde semblait anesthésié. Il a pas mal tenté mais sans jamais réussir.

Khedira (2/5) : c’est pas à Samy qu’on va demander de faire la différence. Et d’ailleurs il l’a bien compris puisqu’il ne l’a fait jamais. Pour le reste c’est à peine correct.

Xabi (1/5) : vainqueur du jeu « où est Xabi ? ». Un seul coup franc potable à mettre à son crédit. Stratège en vacance donc.

Kaka (0/5) : on me titille pas mal sur Kaka et j’avoue que ça m’excite. Néanmoins, bonne chance aux aficionados pour le défendre après ce match. Je met un quart de point par passe réussie. Ce qui fait 4 pour arriver à 1. Donc 0. J’exagère à peine.

Ozil (1/5) : C’est rare quand il ne fait jamais la différence mais il faut croire que ça arrive. Beaucoup trop de passe pour Khedira.

Ronaldo (3/5) : +1 parce qu’il marque, et +1 parce que c’est une talonnade à l’aveugle qui rentre par le plus grand des hasard. Mais comme disait Einstein : « Dieu ne joue pas aux dés ».

Higuain (0/5) : Il s’offre un très beau sprint pour aller taper dans les mains de Callejon et sortir du terrain. Hors-jeu le reste du temps.

 

Les substituts :

Non.

 

C’est le deuxième match bien naze des blancs mais au moins c’est une victoire et comme dit l’autre : l’important c’est les trois points, sinon va jouer au Barça.

Bien entendu j’ai droit aux moqueries de Luke Seafer, trop heureux de constater que la Liga est un sacré championnat de merde où les équipes ne peuvent marquer que sur un malentendu. Damned ! A une journée prêt il en prenait plein les globes.

 

Analement votre.

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