L’Aiacciu Académie fait péter le bilan de l’A.C.Ajaccio.

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Le Perfettu a la langue bien pendue.

Perfettu-Erignacci

La saison fut longue, éprouvante et tortueuse. Un peu comme le GR20. Les acéistes, après avoir passé monts et vallées, a réussi à se maintenir tant bien que mal. Relégable lors de la 37ème journée, il a fallu une victoire contre Toulouse pour sortir de cette zone et finalement finir 16ème, devant Lorient notamment. Cette zone, dite de relégation, les acéistes la connaisse bien puisqu’ils y ont couché 20 fois, dont 10 fois à la 20ème place. A mi-saison, le redressement paraissait impossible, tant pour les journalistes que les autres joueurs de Ligue 1. Et pourtant, il eut lieu. Impossible n’est pas corse, dit-on. Retour sur cette saison, riche en émotions et en rebondissements.

 

Acte 1 : Le malade pas imaginaire. Journée 1 à Journée 15.

Forcément, avec le plus petit budget du championnat, l’A.C.A était l’un des favoris…à la descente immédiate. Tous les pronostics, qu’ils proviennent du public, des joueurs, des entraîneurs, des journalistes, voyaient Ajaccio dans la zone de relégation au soir de la 38ème journée. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les premiers matches ajacciens leurs donnèrent raison. Il est toujours difficile de retrouver l’élite, de se remettre dans le bain après cinq saisons d’absence, on l’a bien remarqué en suivant les quinze premières journées. Entre une défense apathique, un milieu trop léger et une attaque aphone, l’A.C.A n’arrive pas à s’imposer ni à avoir une empreinte de jeu, si ce n’est contre Valenciennes lors de la 5ème journée qui restera la seule et unique victoire ajaccienne pendant cinq mois. Au moins, on n’a pas faire pire qu’Arles-Avignon, et c’était déjà ça de pris. Maigre consolation toutefois. Les problèmes sont multiples, Pantaloni ne trouve pas son équipe-type et cela se ressent surtout en défense. Défense qui verra dix joueurs différents y évoluer lors de ces 15 journées. De plus, Pantaloni n’alignera consécutivement la même défense que deux fois. Comme ce n’est pas clair dans ma tête, ça ne l’est pas dans la votre, donc l’exemple concret sera plus net.

Situation 1 : 7ème journée contre Montpellier, défense : Lippini-Medjani-Poulard-Mendy (oui, malheureusement Mendy a été titulaire plus d’une fois..)

8ème journée contre Brest (avec un but de Socrier, désolé Mèch), défense : Lippini-Medjani-Poulard-Mendy.

Situation 2 : 10ème journée contre Paris, défense : Bouhours-Poulard-Maire-Lippini.

11ème journée contre Marseille, défense : Bouhours-Poulard-Maire-Lippini.

Les autres fois, à cause des suspensions, des blessures ou des méformes, Pantaloni fut obligé de construire des défenses faites de brics et de brocs. D’ailleurs, dernier chiffre, le coach corse a aligné une quinzaine de défenses différentes (j’ai arrêté de compter à un moment) changeant souvent de latéral. En fin de championnat, outre Lippini, Bouhours, Diawara, Begeorgi, il a eu le choix de titulariser Felipe Saad, faisant du brésilien le 13ème défenseur différent à jouer devant Ochoa. Bref, vous l’aurez compris, si l’ACA n’a pas été performant en début de saison, c’est en grande partie à cause d’un manque de stabilité, d’équilibre et d’automatisme en défense. Mais l’attaque ne fut pas en reste puisque Ajaccio a souffert du manque d’un vrai numéro 9, d’un vrai buteur dans la mesure où Araujo Ilan est plutôt un neuf et demi. Et puis bon, Socrier commençait à se faire vieux et lent, il n’était donc pas une solution viable à part entière. En manque de rythme (il n’avait pas joué depuis plus de six mois), Ilan était bien trop isolé devant pour pouvoir peser sur les défenses adverses. La finition n’était pas au rendez-vous puisque le Brésilien passait son temps à presser les adversaires, à défendre et à dézoner, il n’y avait donc plus personne pour pousser le ballon au fond des filets quand il le fallait. Ilan ne marquait donc pas et ses coéquipiers non plus, découlait de ceci un nombre de buts marqués en berne, 13 en 15 matches. C’est avec cette attaque moins prolifique que celle de Céci-France et cette défense qui a connu plus de changements que Nantes n’a connu d’entraîneurs que l’ACA s’est retrouvé au fond du trou, enterré par tout le monde. Seuls les ajacciens croient encore au maintien, et ils ont raison car le tournant de la saison est tout proche…

 

Acte 2 : Le pas avare en victoires. Journée 16 à Journée 27.

Le déclic tant attendu a lieu le 3 décembre contre Lille. Enfin. Mais comme on a l’habitude de dire :  Mieux vaut tard que jamais. Malgré la défaite 2-3, l’équipe prend conscience qu’elle peut déranger les autres, y compris le champion de France en titre Lille. Battu en fin de match par la faute d’un pénalty d’Hazard, Ajaccio se réveille enfin, en même temps qu’apparaît sa force de caractère, sa solidarité. Et ces qualités vont surgir pendant un long moment. Alors que le club n’a que 8 points et en possède 6 de moins que les premiers non-relégables, la marche avant va être passée. Effectivement, l’ACA va rester invaincu pendant six matches en Ligue 1 dont quatre victoires de suite. A ce moment là, Ajaccio fait partie des meilleures équipes européennes juste derrière le Real ou la Juventus. Le seul point noir sera une défaite 3-2 en Coupe de France face aux amateurs de Bourg-Péronnas, sans répercussions négatives pour l’objectif principal : le maintien. Après un match face à Nancy où Niculae égalisa à la dernière minute, on n’arrêta plus les ajacciens qui écraseront tout sur leur passage. Les victimes sont, dans l’ordre : Rennes, Sochaux, Auxerre et Valenciennes. Sept buts seront inscrits durant ces victoires et Ochoa n’encaissa que deux buts. Un exploit.

Mais qu’est-ce qui peut bien expliquer cette résurrection ? Outre la prise de confiance collective, ce renouveau correspond avec le fait que Pantaloni ait (enfin) trouvé son onze type. C’est à dire l’équipe suivante : Ochoa-Diawara-Medjani-Poulard-Bouhours-Pierazzi-Mostefa-Cavalli-André-Tiberi(bon, on aurait pu trouver mieux mais bon)-Eduardo. La défense est trouvée, la charnière centrale ne bougera désormais plus offrant ainsi plus de force et plus d’assise. Mais ce qui va surtout changer, c’est l’attaque. L’arrivée d’Eduardo sera prépondérante et ses buts seront très précieux. Cela peut paraître ridicule, mais c’est bien le cas, lui, le banni lensois devient le héros ajaccien. Incroyable. Mais vrai. Grâce à tous ces éléments favorables et grâce à un esprit de conquérant retrouvé, l’ACA passe de la 20ème à la 15ème place, prenant 14 points au passage. Au soir de la 22ème journée, les corses ont même trois points d’avance sur le premier relégable Nice. Cette série d’invincibilité prendra fin à la Mosson face aux futurs champions de France et une autre défaite viendra ternir le tableau, cette fois-ci face au PSG, futur vice-champion de France. C’est sur ces deux défaites plus que logiques (quoique Ajaccio ait plutôt bien joué contre les qatarisiens) que prend fin cet acte 2. Les acéistes ont fait le plus dur, une série de victoire était primordiale pour espérer se sauver et bien qu’ils aient mis du temps, le principal est ailleurs : Ajaccio n’est plus relégable.

 

Acte 3 : Le maintien malgré lui. Journée 28 à Journée 38.

La victoire contre Marseille, obtenu au bout du bout du temps réglementaire, sera la dernière avant un cortège de matches sans victoires, sept au total. Cependant, ce n’est pas pour autant qu’Ajaccio perd, au contraire. Et comme un vulgaire Bordeaux sous Pavon ou comme un vulgaire Brest, les rossubiancu enchaînent les matches nuls. Contre Bordeaux, Lorient, Caen et Saint-Étienne, Ajaccio repart avec un point dans la musette. Avec ces quatre nuls consécutifs, les hommes de Pantaloni n’avancent plus, ils stagnent mais restent tout de même au dessus de la ligne de flottaison. Et c’est en grande partie dû au retour de l’inefficacité offensive. Eduardo est redevenu celui que l’on connaissait avant, c’est à dire l’attaquant volontaire mais maladroit. De l’autre côté du terrain, les défenseurs pètent les plombs et les suspensions se font de plus en plus fréquentes. Mostefa, Lippini, Bouhours, Cavalli, Pierazzi et Medjani sont suspendus, l’équilibre de l’équipe est de nouveau mis en péril. Cependant, l’ACA ne perd plus les matches qu’il perdait en début de saison. L’énergie donnée sur le terrain permet toujours de ramener un ou trois points. Et c’est bien l’essentiel. Surtout que les défaites se font rares et quand elles adviennent, elles sont «méritées». En effet, Rennes et Lille (deux des trois défaites des 10 dernières journées) sont bien trop forts pour les ajacciens, il n’y a aucun regret. Et il n’y en aura pas non plus contre Évian Thonon Gaillard Belin Clairefontaine Banania, tant les rouge et blanc sont passés au travers de ce match, qui fut d’un niveau pathétique côté corse.

L’A.C.A fait alors le yo-yo entre la zone de relégation et les places du dessus, aux soirs des 32 et 37èmes journées, nous sommes relégués, et tous les Français semblent contents. Mais à Ajaccio, on ne lâche jamais rien et grâce à Kinkela (contre Sochaux) et Cavalli, auteur d’un doublé contre Toulouse, les résidents du Timi restent en Ligue 1 et font ainsi honneur au football corse qui a vu Bastia monter en première division, le Gazelec monter en Ligue 2 et le C.A.Bastia rejoindre le National.

Le parcours fut «long et pénible, comme une queue de négro» comme dirait le poète français Booba, mais la fin est magnifique. C’est la larme à l’oeil que le Perfettu a fêté ce maintien ajaccien obtenu avec 41 points. Bon nombre de continentaux, beaucoup de supporters d’autres clubs et surtout Frédéric Thiriez ne sont pas contents que l’on reste en Ligue 1 mais tant pis. Nous, tout ce que l’on veut, c’est se maintenir et gagner les deux derbys contre Bastia. Car oui, la saison prochaine sera sous le signe de la Corse.

Avant de voir les notes et appréciations de tous les joueurs, revenons sous la forme de tops et de flops sur la saison ajaccienne. Alexandre Devoise, tu peux aller te coucher, Perfettu is in da place !

 

Top 3 des meilleurs joueurs de la saison :

  • Guillermo ‘Memo’ Ochoa
  • Benjamin André
  • Johan Cavalli

 

Top 3 des pires joueurs de la saison :

  • David Gigliotti
  • Arnaud Maire
  • Jackson Mendy

 

Top 3 des meilleurs matches de la saison :

  • Ajaccio-Sochaux, 2-1, 35ème journée

Si l’ACA est encore en Ligue 1 à l’issue de cette saison, c’est en partie grâce à cette victoire primordiale. Ultra-dominateur, ultra-joueur, Ajaccio s’était fait punir par un but de Privat sur la seule action sochalienne. Mais ça, c’était avant la rentrée de Kinkela qui débloqua le match. Alors que Cavalli avait loupé un pénalty, Kinkela marqua le sien d’une Panenka avant de servir Socrier qui donna l’avantage à son club à cinq minutes de la fin. Toute la force de caractère, toute la solidarité ajaccienne est ressortie sur ce match et bien que Sochaux ait fini à 9, la victoire n’a pas été facile. Et puis le Perfettu aime bien ce match puisqu’il est plutôt fier, et c’est rare, de l’académie de celui-ci.

  • Ajaccio-Lille, 2-3, 16ème journée

Le déclic. Malgré la défaite, rageante qui plus est, c’est ce match qui changea littéralement la face de la saison ajaccienne. C’est en ce soir de décembre que les rouge et blanc ont réalisé qu’ils n’étaient pas plus faibles qu’une autre équipe, qu’ils n’avaient rien à envier à personne. Une fois ce complexe d’infériorité effacé, les ajacciens ont étonné tout le monde en enchaînant cinq victoires de suite. Une défaite qui fait du bien, c’est pas tous les jours comme ça.

  • Ajaccio-Marseille, 1-0, 27ème journée.

Une victoire à l’arrachée, pleine de hargne, comme la Corse les aime. Bref, une belle performance qui enfonça encore un peu plus Marseille et qui permit à ‘ACA de sortir momentanément de la zone de relégation. Un tacle rageur de Lippini, un but pourri d’André à la 89ème et voici que la saison des hommes de Pantaloni fut relancée d’un seul coup. Ajaccio n’abdique jamais et cette rencontre en fut le meilleur exemple.

 

Top 3 des pires matches de la saison :

  • Evian-Ajaccio, 2-1, 36ème journée.

Dos au mur, obligés de l’emporter s’ils voulaient être tranquilles lors de la dernière journée, les ajacciens ont livré l’une de leur pire prestation de la saison. Alors qu’Evian n’avait plus rien à jouer, l’ACA a complètement déjoué. La pression sans doute. Et bien qu’André ait ouvert le score, Barbosa une minute après et Wass, ont fait couler Ajaccio qui aurait pu carrément sombrer sans un Ochoa extraordinaire.

  • Auxerre-Ajaccio, 4-1, 4ème journée.

Le Perfettu était dans les travées du Stade de l’Abbé Deschamps pour assister à la première déroute de la saison face au futur relégué. Inoffensifs et trop friables défensivement, les ajacciens s’étaient écroulés en fin de match, manquant totalement de physique. C’était l’époque où Alain Traoré était étincelant, c’était l’époque où Pantaloni n’avait pas trouvé la bonne formule en défense. C’était l’époque où personne ne voyait l’ACA se maintenir.

  •  Lille-Ajaccio, 4-1, 32ème journée.

Ou le match qui cassa les pattes d’Ajaccio qui restait sur cinq matches sans défaites. Au Stadium Nord, les ajacciens n’ont pu faire illusion face aux lillois d’Eden Hazard, buteur. Dépassés par la vitesse et la technique du milieu lillois, les acéistes furent surclassés par des Dogues inarrêtables et bien trop forts. Après cette rencontre, l’ACA se retrouva à la 19ème place, à 6 journées de la fin. Ce match, un vrai cauchemar.

 

U guardianu :

Guillermo Ochoa (37 matches, 27 académisés) 3,55556/5 : Comment le remercier pour cette immense saison ? Un livre, un poème, une statut ? Le problème, c’est que tout ceci ne suffirait pas pour rendre hommage au fantasque gardien mexicain. Débarqué avec des soupçons de dopage, raillé pour son style atypique, Memo a fait taire les sceptiques bien vite. Idole au Mexique, il s’est hissé en une saison au firmament des héros de Corse. Et cette marche triomphale a débuté lors du deuxième match à Gerland où il a littéralement écoeuré Lisandro, Gomis et consorts sortant des arrêts de grande classe. Contre Marseille, au Vélodrome, ce fut la même histoire, il arrêta tout, même un pénalty d’Ayew avant d’encaisser deux buts. Sans lui et ses 133 tirs détournés (ce qui fait de lui le gardien le plus sollicité de Ligue 1), la différence de buts de l’ACA serait la même que celle du Lesotho. Sans lui et ses 43 arrêts, Ajaccio serait relégué. Seul joueur de l’effectif à ne pas avoir eu une note inférieure à 3 dans les académies, Ochoa s’est parfaitement bien intégré à Ajaccio et bien que cela puisse paraître impossible, Memo a progressé, ou même mieux, il s’est adapté au foot français. Toutefois son style reste reconnaissable, ses envolées sont stratosphériques, ses arrêts réflexes sont miraculeux, ses claquettes sortent de nul part. Et ce qui ravit le plus les supporters ajacciens, c’est qu’il sera vraisemblablement toujours dans les cages ajacciennes la saison prochaine.

 

A difesa :

Samuel Bouhours (25 matches, 17 académisés) 2,47055/5 : L’ex-manceau, pour sa première saison au club, a mis du temps avant de s’imposer sur le côté gauche de la défense d’Ajaccio. Et pour cause, il a dû faire face à la concurrence mais il a aussi dû jongler avec ses blessures. Titulaire pour la première fois lors de la cinquième journée, il a enchaîné le bon et le moins bon jusqu’à redevenir remplaçant en hiver. Par la suite, il a su prendre toute la mesure de son couloir et s’est même montré de plus en plus à l’aise offensivement au fur et à mesure des matches. Sa nette progression s’est seulement interrompue à deux reprises lors de ses deux expulsions contre Auxerre et à Rennes. Mis à part ces deux cartons rouges, Bouhours ne traîne pas de casseroles derrière lui, il a même beaucoup scintillé dans la constellation ajaccienne. Samuel, c’est l’étoile de la Grande BouhOurs.

Yohann Poulard (34 matches, 24 académisés) 2,875/5 :

Aussi vieux que le Père Fouras, Yohann Poulard a les clefs de la défense ajaccienne. Et même s’il n’a pas réussi à en faire une propriété privée, Poulard a largement contribué à l’équilibre et à la stabilité de celle-ci. Maître dans les airs, il fut le seul défenseur à être incontestable toute la saison. Pêchant parfois dans la vivacité ou la rapidité, il compense ce manque grâce à une qualité de placement à toute épreuve. En ayant décidé de prolonger d’une saison à l’ACA, il nous rendra donc d’énormes services.

Carl Medjani (35 matches, 24 académisés) 3,04167/5 : «Certains donnent leur sang ou leur rein, lui il se donne corps et âmes sur le terrain.» Oui, cela pourrait être l’extrait d’une chanson de Tino Rossi mais ça ne l’est pas. La poésie, très peu pour Medjani. Lui, le grand gaillard d’1m84 pour 84 kilos, il préfère les tacles, les taquets, les coups de coude, le jeu de tête, les frappes puissantes. Milieu défensif en début de saison, l’ancien joueur de Liverpool (oui oui) s’est vite reconverti en défense centrale aux côtés de Poulard pour essayer d’éviter le naufrage à long terme. Et il a plutôt réussi sa mission. Plus solide et plus rugissant que la fontaine des quatre lions d’Ajaccio, Medjani en impose. Il est lourd, mais son gabarit rattrape tous ces petits défauts. Son caractère de battant complète parfaitement celui de ses coéquipiers. En joueur de tête confirmé, il a su marquer deux buts. C’est incontestablement l’un de ses points forts. Le seul hic, c’est qu’il pourrait aller briller ailleurs, comme à Valenciennes ou Saint-Étienne par exemple, deux équipes qui ont été ébloui par l’algérien.

Fousseni Diawara (23 matches, 15 matches académisés) 2,93333/5 : Victime d’une pubalgie puis placé sur le banc des remplaçants, Fouss’ a mis du temps avant de s’imposer. Titulaire pour la première lors de la 14ème journée contre Caen, il n’a quasiment plus quitté son poste. Et pour cause, il a tout de suite posé son empreinte sur son couloir droit. N’hésitant pas à monter, à l’inverse de Lippini et Bouhours, Diawara a convaincu si bien devant que derrière. Bon de la tête, rapide, et bon centreur, l’ancien stéphanois a même inscrit deux buts, dont deux ultra-importants contre Auxerre et Rennes. Principal acteur de la renaissance ajaccienne, il a paru indispensable même s’il a connu quelques brefs retours sur le banc. Son comportement irréprochable et ses qualités de footballeurs indéniables en feront un élément indispensable de l’effectif acéiste.

Cù elli :

Anthony Lippini (21 matches, 13 matches académisés) 2,61538/5 : L’équarisseur d’Ajaccio, c’est lui. A l’image d’un Cyril Rool qui a débuté sa carrière professionnelle en Corse, ou à l’instar de Jurietti, passé par Bastia, Antho Lippini est dans la lignée des latéraux « violents ». Les montées offensifs, les grandes courses en sprint, les dribbles, très peu pour lui, Lippi’ est un latéral à l’ancienne. Un latéral qui aime tacler, un latéral qui ne lâchera jamais rien tant que son adversaire direct n’a pas perdu le ballon ou n’est pas par terre. Nerveux, il aura payé de cette trop grande fouge. Premièrement, il sera trop souvent puni par les arbitres, comme le prouve ses sept cartons jaunes et son carton rouge. Par ailleurs, l’accumulation de cartons jaunes lui vaudra de nombreuses suspensions. L’un des meilleurs exemples de ce caractère bien (trop) trempé est son carton rouge contre Lyon en fin de championnat pour s’être énervé contre Lacazette à la 90ème minute alors que le score était joué. Deuxièmement, c’est son coach Pantaloni qui l’a privé de nombreux matches à cause de ce comportement et de son irrégularité. Pas toujours irréprochable même au niveau du jeu, il a souffert de la concurrence mais lorsqu’il reprenait sa place de titulaire, il se battait de la première à la dernière seconde, ne lâchant absolument jamais rien. Des joueurs comme cela, il n’en existe plus, mais s’il pouvait se calmer, être moins dispersé, tout le monde y gagnerait. Et l ‘équipe en premier.

Arnaud Maire (6 matches, 5 académisés) 1,8/5 : Premier appelé lorsqu’il s’agissait de remplacer un défenseur blessé ou suspendu, Arnaud Maire a aussi été le premier à décevoir. Trop lent, expulsé face à Auxerre, l’ex-bastiais a pris part aux déroutes marseillaises et parisiennes et n’a pas su prendre sa chance quand celle-ci s’est présentée à lui. Une saison à oublier.

Leyti N’Diaye (8 matches, 3 académisés) 3/5 : Une défense maladivement mauvaise, un grand corps malade, un lourdeur incroyable et un pitoyable jeu d’acteur pour simuler des blessures. Bref, Leyti N’Diaye, c’est Mouss Diouf. Totalement invisible lors de la deuxième moitié de la saison, les blessures diplomatiques sont son dada. C’est pour cela que lui, c’est un âne. Après des matches plutôt bons et d’autres franchement mauvais, N’Diaye retourne à Marseille où il ne devrait pas faire de vieux os. A moins que Deschamps ne décide de l’associer à son sosie physique Nicolas N’Koulou. Ce qui est autant probable qu’un retour de Didier Drogba à l’OM.

Jackson Mendy (3 matches, 2 académisés) 2/5 : Avec un nom comme le sien, il était prédestiné à ne pas réussir en France. Et comme prévu, il n’a pas réussi. Frédéric Mendy a fait une carrière honorable à Bastia, Bernard Mendy en a fait de même à Paris mais Jackson Mendy, lui, aura réussi à ne rien réussir. Affligeant de médiocrité, le grand latéral (1m92) a quitté le club au mercato hivernal pour aller faire des grands ponts à Roberto Carlos en championnat grec.

Felipe Saad (4 matches, 2 académisés) 2,5/5 : Arrivé d’Evian où il était remplaçant au mois de janvier, le brésilo-libano-italien a plus familiarisé avec les médecins du club qu’avec ses coéquipiers. Et pour cause, il a passé près de quatre mois à l’infirmerie pour soigner plusieurs déchirures. Son mental irréprochable et sa bonne humeur communicative ainsi que ses bonnes performances contre Rennes et Sochaux ont aidé l’ACA à se maintenir. L’intégration continuera la saison prochaine pour l’ancien vainqueur de la Coupe de France avec Guimgamp.

Fabrice Begeorgi (3 matches, 3 académisés) 2,5/5 : Ex-attaquant reconverti défenseur latéral il y a quelques années, Beau George (à ne pas confondre avec Boy George) n’a été présent qu’aux deux bouts de la saison. Victime d’une rupture du ligament croisé à Auxerre lors de la quatrième journée, il n’est revenu dans le groupe ajaccien qu’à deux journées de la fin. Entre-temps, il s’est soigné et a même disputé plusieurs matches en réserve. L’ACA pourra donc compter pleinement sur lui la saison prochaine. Il a hâte et nous aussi.

 

U mezu :

Jean-Baptiste Pierazzi (34 matches, 23 académisés) 2,6087/5 : Corse pas commun, pas commode, on en trouve pas deux comme lui. Footballeur à l’ancienne, JB se contente souvent de défendre. Et il a raison puisque c’est ce qu’on lui demande. Parfait complément de la défense et parfait allié de Mostefa à la récupération, le capitaine sait insuffler toute sa hargne, toute son envie à ses coéquipiers. Il est l’archétype du footballeur corse qui ne lâche jamais rien. Son apport est indéniable, ses qualités indéfinissables. Il sent constamment les coups venir, normal il a le même nez que Patrick Fiori.

Mehdi Mostefa (34 matches, 21 académisés) 2,42857/5 : L’Algérien a réussi une prouesse rare cette saison : il a reçu plus de cartons jaunes que Pierre-Noel Tucci n’a reçu de voix aux législatives. 13 contre 4. D’abord latéral en début de saison, il a vite migré en milieu défensif avec Pierazzi où ses qualités de récupérateur ont fait des ravages. Et des bleus sur le jambes adverses. Si Ajaccio est dernier au classement fair-play, c’est en grande partie de sa faute puisque Mostefa est le joueur le plus sanctionné de Ligue 1. Lorsqu’il n’est pas occupé à poser des taquets, Mostefa s’avère précieux en tant que premier relanceur même s’il s’est montré plutôt maladroit dans cet exercice. L’ancien nîmois excelle surtout dans un domaine, le domaine aérien. Ses deux buts inscrits de la tête en atteste. La tête et les couilles. Un joueur dont l’ACA a grandement besoin donc.

Johan Cavalli (31 matches, 22 académisés) 3,20455/5 : Si Cavalli avait vécu au XIXème siècle, Prosper Mérimée, inspecteur des monuments de France l’aurait sans doute visité. Non, ce n’est pas sale. Oui, Cavalli est un monument. Un monument du football ajaccien, du football corse. Le meilleur à l’heure actuelle. Nous pouvons dire de lui que c’est un gueulard, qu’il n’est pas toujours constant, qu’il est sanguin. Mais Johan Cavalli est avant tout un très bon meneur de jeu, un excellent passeur qui varie transversales et passes courtes et un parfait tireur de coups de pied arrêtés. Polyvalent, complet, il serait prêt à crever sur le terrain pour son équipe. Le milieu de poche est toutefois d’une générosité rare et il ne cache jamais ses émotions : furieux lorsqu’il sort, hors de lui quand l’arbitre siffle contre lui, fou de joie après le maintien, Cavalli est surtout un homme bien. Preuve de sa belle saison, sa note de 5,41 aux Étoiles FranceFootball (en fait, tout le monde s’en branle de ce classement, c’est juste pour faire genre), ce qui fait de lui le meilleur ajaccien. Plus concrètement, c’est lui le créateur, le fond du jeu ajaccien repose entièrement sur lui, sans lui, l’équipe serait totalement différente mais surtout totalement paralysée. Bref, ses performances parfaites contre Nancy ou Toulouse font de lui la valeur sûre du club. Sans lui, l’équipe tournait plus en rond qu’un coureur de 10 000 mètres.

Damien Tiberi (28 matches, 13 académisés) 2,69231/5 : Inexistant, comme les McDo en Corse. Sur le terrain, Tiberi a semblé perdu, ne savant pas lui-même s’il était latéral ou ailier. Pantaloni l’a d’ailleurs aligné aux deux postes au gré des besoins. Et il n’a jamais complètement convaincu. Cette plutôt mauvaise expérience mettra sans doute un frein à la corsisation de l’effectif. A moins que les dirigeants décident de mettre un peu plus les moyens, chose qu’ils n’ont pas su faire avec Gary Coulibaly. Maladroit dans ses choix, les statistiques de l’ancien sedanais sont faméliques et n’atteignent que les deux passes décisives. Maigrichon pour un ailier… Kinkela, son habituel remplaçant a été cent fois plus efficace alors qu’il a joué 300 minutes de moins. Malgré tout, Pantaloni s’entêta à le faire jouer la plupart des matches, le remplaçant sur les coups de la 60ème minute généralement. Espérons que la saison prochaine soit celle du renouveau, de la révélation.

Benjamin André (33 matches, 22 académisés) 3,22727/5 : Au jeu plus charmant que Alizée et Laetitia Casta (les deux femmes du Perfettu) réunies, Benjamin André fut la révélation de la saison. Pas une révélation pour Ajaccio où l’on connaît son talent depuis plusieurs années déjà, mais une révélation pour tous les observateurs du football français et étranger. Ce n’est pas pour rien qu’il est suivi par Lille et Everton d’ailleurs. Seul joueur un tantinet technique, à fort potentiel de progression, on peut reconnaître le jeune niçois dans cette citation de la Marquise de Sévigné :  « C’est un petit esprit vif et tout battant neuf, que nous prenons plaisir d’éclairer. » Son caractère combatif faisait de lui un bon milieu défensif, mais cette saison, Pantaloni l’a replacé en milieu offensif droit ou gauche, avec une grande réussite. Sa gnaque, sa technique, sa conservation de balle lui ont permit d’exploser et de se démarquer des autres grâce à des buts importants, comme celui inscrit contre Marseille qui donne la victoire à son équipe à la 89ème minute et comme celui de la 91ème minute contre Caen qui permet à son club de rapporter le nul. Ces buts, c’est tout le symbole d’André, qui ne s’arrête jamais ni de jouer ni de se battre. En tout, il a marqué quatre buts et délivré deux passes décisives, mais au-delà de ces statistiques, c’est une vraie identité de jeu qu’il a apporté à l’A.C.A. S’il te plaît Benjamin, reste. Et peut être qu’un jour ici, on aimera tous les niçois grâce à toi.

Cù elli :

Paul-Bastien Lasne (27 matches, 10 académisés) 2,05/5 : Ni relayeur, ni récupérateur, ni meneur de jeu, Lasne est pourtant un joueur de foot. Rarement titulaire, il a quelques fois remplacé Cavalli et ou Mostefa sans toutefois apporter le dixième de ce qu’apportaient l’ajaccien et l’Algérien. Il a une bonne conservation de balle ainsi qu’une bonne capacité à remonter rapidement le ballon mais arrivé à un certain niveau, ça ne suffit plus. Paul Lasne, quelque part entre David Hellebuyck et Vincent Gragnic.

Christian Kinkela (29 matches, 10 académisés) 3,2/5 : L’un des chouchou du Perfettu mériterait toute l’attention de la Ligue 1. Car oui, Kinkela est l’un des meilleurs jokers du championnat. Titulaire au début de la saison, il a laissé ce rôle au fur et à mesure que les journées se jouaient. Et ce n’est pas plus mal tant il fut extraordinaire et important lorsqu’il rentrait en cours de match. L’ancien boulonnais, dont la caractéristique est d’avoir la même préparation que les rugbymen quand il tire des coups de pied arrêtés, offrait sa percussion, ses qualités de dribbles, de perforation et de centre à chacune de ses apparitions. Son bout de match contre Sochaux en fin de saison restera dans la légende acéiste. Rentré à la 62ème minute, Kink’ fit basculer le cours du jeu en obtenant un pénalty et en le transformant d’une subtile Panenka qui heurta la barre avant de rentrer puis en déposant le ballon sur la tête de Socrier pour le 2-1. Nous retiendrons ce match mais toutes ses entrées furent fracassantes, lui pour qui les élasticos et les grands ponts n’ont pas de secrets. Auteur d’un but salvateur contre Valenciennes à la 92ème minute alors que l’ACA était réduit à dix, il est l’homme du maintien comme en atteste ses six passes décisives (le meilleur ajaccien dans ce domaine) et ses trois buts, tous décisifs. Bonne nouvelle pour la saison prochaine, Kinkseralà, il semble en effet qu’il veuille prolonger son contrat.

Frédéric Sammaritano (30 matches, 13 académisés) 2,84615/5 : Arrivé à Ajaccio après avoir disputé la Ligue des Champions avec Auxerre, le petit Sam venait dans la peau d’un titulaire indiscutable. Et au début, il l’a été. Auteur d’un mois d’août parfait où il répondit à toutes les attentes placées en lui, il marqua quatre buts lors des cinq premières journées. Le point ramené de Gerland et la victoire contre Valenciennes sont en partie grâce à lui. Mais ce début de championnat prometteur allait vite se transformer en une fin de saison bien triste. Ses titularisations se font moins fréquentes, ses buts ne sont plus qu’un lointain souvenir et il devient un remplaçant à part entière. Le plus petit joueur de Ligue 1 voyait ainsi Tiberi, André et Kinkela passer devant lui dans la hiérarchie des ailiers. C’est contre Lille que toute sa saison s’est jouée. Remplaçant pour l’une des premières fois de la saison, l’ACA fournit sa meilleure prestation lors de ce match. Pantaloni trouve ainsi son équipe-type et Sammaritano se retrouve sur le banc lors des cinq matches consécutifs sans défaites, dont quatre victoires. C’est un fait, Ajaccio a mieux joué sans lui, son trou d’air est mal-venu et a coïncidé avec le renouveau de l’équipe. Après cette traversée du désert où il se contentait seulement de petits bouts de matches, Sammaritano est en quelque sorte revenu en grâce en fin de saison profitant de la méforme de Tiberi et de l’absence d’André. On pourra toutefois compter sur lui la saison prochaine, en espérant qu’il tienne physiquement de la 1ère à la 38ème journée parce que mine de rien, il est notre deuxième meilleure buteur cette année avec cinq réalisations.

 

L’attaccu :

Eduardo (19 matches, 15 académisés) 2,73333/5 : La surprise du mercato hivernal sera aussi la surprise de la deuxième partie de saison. Enfin, plutôt des quatre premiers matches de la phase retour. Placardé à Lens où la réussite le fuyait, l’ancien guingampais a débarqué à Ajaccio avec le costume du sauveur. Si si. En manque d’attaquant efficace, l’ACA a pu compter sur le brésilien. Auteur de quatre buts de la 20ème à la 25ème journée dont un sur pénalty, Eduardo partait pour inscrire 15 buts en une demie-saison. Mais non, il a préféré s’arrêter, se sentant bien en Corse, il ne voulait pas qu’un club plus huppé vienne le recruter. C’est pour cette raison que lors des treize journées suivantes, il n’a inscrit qu’un seul but, préférant être constamment hors-jeu. Cependant, nous pouvons le remercier pour sa combativité, souvent trop seul devant, il se débattait autant qu’il le pouvait pour faire le pressing et pour descendre, ce qui se faisait au détriment d’une efficacité offensive. Il ne put donc régler le problème offensif ajaccien que très peu de temps, mais ce fut déjà ça de pris, étant donné que ses buts correspondent avec la série d’invincibilité corse. Comme Sammaritano, il devra faire ses preuves une saison entière. De toute façon, le président Orsoni est à la recherche d’un vrai attaquant..

Cù elli :

Richard Socrier (22 matches, 8 académisés) 3,25/5 : Star à Metz, divinité à Châteauroux, idole à Brest, Richard Socrier est définitivement rentré dans la légende du foot français cette saison. Sans doute sa dernière en Ligue 1. Âgé de 33 ans, Socrier n’a jamais été un titulaire indiscutable, il n’a jamais dribblé six joueurs de suite ni marqué de buts extraordinaires. Et pourtant, si l’A.C.A s’est maintenu, c’est en grande partie grâce à lui. Le Gwada Boy n’a inscrit que deux buts cette saison mais ces deux réalisations ont rapporté quatre points à son équipe. En ouvrant le score face à Brest et en donnant l’avantage face à Sochaux d’une tête rageuse, Socrier s’est mis en évidence lorsqu’il le fallait. Lent, pataud, pas réaliste pour un sou, écarté du groupe pendant un long moment, il n’a jamais abdiqué et a su revenir quand on avait besoin de lui, ce qui lui vaut une belle moyenne de 3,25. Socrier, notre messie, qui l’eût cru ? Merci pour tout Monsieur et bon vent. Que ce soit au Mans ou ailleurs.

Araujo Ilan (25 matches, 10 académisés) 1,9/5 : Seul attaquant potable de la première partie de saison, le Brésilien a essayé de se débrouiller comme il a pu. Trop esseulé, et n’étant pas un vrai buteur, l’attaque ajaccienne a trop souffert de ce manque de présence offensive malgré les six buts de l’ancien sochalien (dont quatre dans les 19 premiers matches) qui font de lui le meilleur buteur du club. Les matches retour furent plus compliqués bien qu’on aurait pu penser le contraire avec l’arrivée d’Eduardo. Désormais accompagné d’un compatriote, Ilan ne s’est pas fait à son rôle de neuf et demi qui devait mieux lui seoir. Malheureusement, une blessure et quelques contre-performances l’ont vite poussé sur le banc, se contentant d’un rôle de remplaçant. Incapable de marquer, si ce n’est sur pénalty, Ilan n’a rien réussi. La seule attaque qu’il réussira, ce sera son attaque cardiaque. Car oui, Ilan est en léger surpoids.

 

Ceux qui sont apparus mais pas dans l’Aiacciu Académie :

Thierry Debès (2 matches + 1 en Coupe de France) : Du haut de ses 38 ans, le gardien, ex-strasbourgeois, était le plus vieux joueur de Ligue 1. Oui, j’ai bien dit «était» puisque l’ancien a décidé de raccrocher les crampons, et les gants. À la plus grande tristesse de tous les joueurs, dirigeants et supporters ajacciens qui regretteront un homme humble, fidèle et performant. Doublure d’Ochoa cette saison, il aura pris part à 156 matches avec l’A.C.A et aura reçu un bel hommage lors de l’Ajaccio-Lyon de la 37ème journée. Sa retraite est donc venue mais ce n’est pas pour autant qu’il quitte Ajaccio puisqu’il remplace Enrico Pionetti, reparti en Italie, au poste d’entraîneur des gardiens du clubs. Merci Titi, et à la saison prochaine.

Mickael Charvet (2 matches de Coupe de France) : Le maillot rouge lui allait quand même sacrément mieux dans Alerte à Malibu. Surtout que vu qu’il ne joue pas, il ne peut rien sauver du tout. Mais le joueur formé à Lyon est encore jeune, laissons lui le temps d’apprendre à nager. On vous promet qu’après, il sera comme un poisson dans l’eau dans la défense ajaccienne. A moins qu’il ne prolonge pas et qu’il parte. Chose qui est quand même hautement plus probable.

Wilfried Zahibo  0 match en équipe première) : Il est jeune, il flambe dans Football Manager, et il a profité des différentes blessures ou autres suspensions pour s’immiscer à deux ou trois reprises dans le groupe de Pantaloni. Et s’il n’a pas encore foulé les pelouses de Ligue 1, parions qu’il crèvera les écrans d’ici peu.

Karim El-Hany (1 match + 2 matches de Coupe de France) : Ne vous méprenez-pas, El-Hany est bien corse et il rend son île fière de lui. Formé au Gazelec, le petit milieu a du mal à s’imposer en équipe première mais il fait l’affaire avec l’équipe B et l’aide à se maintenir en CFA2. Moment warholien de sa saison : son but en Coupe de France contre Fréjus/Saint-Raphael.

Andy Delort (7 matches) : Le Gignac sétois n’aura pas eu le temps de se montrer en Ligue 1. Il a effectivement rejoint le F.C. Metz afin d’aider le club à descendre en National. Auteur d’un but en 13 matches dans l’Est de la France, il va revenir à Ajaccio cet été, avant de mieux repartir ?

David Gigliotti (0 match) : Criminel du but, accusé de crime contre l’humanité des attaquants et de génocide contre les mouettes ajacciennes, Gigliotti, recruté à l’intersaison est resté aussi bien caché que Saddam Hussein, Ben Laden et Kadhafi réunis. Le problème, c’est qu’on va bien finir par le retrouver. Et le tuer bien sûr. Pas du tout concerné par l’équipe, il n’en a fait qu’à sa tête. Gigliotti, fora !

 

U esercitore Olivier Pantaloni :

L’homme qui a tout connu avec l’ACA a réalisé l’irréalisable en maintenant son club en Ligue 1. Après avoir mis du temps à trouver son onze-type, après avoir eu du mal à trouver une vraie défense, puis un vrai attaquant, Pantaloni trouva enfin un équilibre à son équipe à mi-saison. Le coach corse a toujours su garder confiance en ses joueurs et Orsoni a aussi toujours garder confiance en son entraîneur. Car oui, combien de présidents auraient gardé un entraîneur qui ne gagne jamais ? Beaucoup sans doute. Cette confiance à tous les étages est sans doute la clef du succès ajaccien. Certes, il a mis quelques joueurs de côté sans raisons apparentes, il n’a pas trop fait tourner son équipe mais l’important, c’est qu’il n’ait pas perdu la foi, et puis les résultats sont là donc aucune raison de se plaindre…

On ne pourra se plaindre que de son départ pour ‘raisons personnelles’, surtout que ces raisons sont bien obscures. Qu’est ce qui se cache derrière cette rupture de contrat à l’amiable ? Un conflit d’intérêt avec le directeur sportif Patrick Vernet ? Un manque d’ambition dans le recrutement ? Un manque d’ambition pour la saison à venir ? Bref, on ne le saura jamais mais on peut le remercier pour ce qu’il a fait : maintenir le club en Ligue 2, le stabiliser, le faire monter dans l’élite, et l’y (Semoun) maintenir. Un grand merci pour ce jeune entraîneur à l’avenir radieux.

Et après moults tergiversations, c’est Alex Dupont qui a signé pour occuper le poste laissé vacant par Olivier Pantaloni. L’ex entraîneur brestois arrive seul. À noter que Kombouaré et Courbis ont refusé le poste.

 

Avant de passer à ce qu’il se passe niveau mercato, n’oubliez pas de faire un tour sur la boutique officielle du club. On y vend de bons produits, et puis avec l’argent du merchandising, peut-être qu’on aura assez d’argent pour acheter JJ Mandrichi.

Le produit phare de la boutique en ligne. Le caleçon indispensable à tout bon supporter acéiste.

 

Le point mercatal :

Les arrivées :

Ricardo Faty : frère de Jacques Doudou Faty, le milieu ou défenseur central s’est engagé pour une durée de deux ans avec l’A.C.A. Formé à l’INF Clairefontaine puis passé par Strasbourg, le joueur d’1m92 est surtout connu pour avoir joué dans les plus grands championnats, par exemple, il a porté les couleurs de l’AS Roma et du Bayer Leverkusen, sans jamais s’y imposer pour autant. Par ailleurs, le F.C.Nantes et l’Aris Salonique ont aussi vu Faty jouer pour eux, avec beaucoup plus de réussite. Plus payé depuis des mois en Grèce, il arrive libre sur le port d’Ajaccio et il sera une alternative intéressante au milieu de terrain. Mostefa et Pierazzi peuvent se faire du souci, Ricky, nouvel international Sénégalais, ne vient pas pour rire. Sa grande taille, son jeu de tête et son semblant de jeu plutôt technique devraient parfaitement convenir aux acéistes. Les espoirs placés en lui sont donc énormes. A lui de ne pas décevoir.

Oumar Sissoko : Bon, Momo ou Moussa auraient été des Sissoko plus judicieux à recruter mais on fait avec les moyens qu’on a. Et ces moyens financiers sont plutôt maigres. S’il est le cousin du Sissoko de Paris, de celui de Brest et de celui de Wolfsburg, Oumar n’a pas le même poste. En effet, il est gardien. Provenant du FC Metz, relégué en National (RIP), il a signé un contrat de trois ans et sera ainsi le suppléant de Guillermo Ochoa. Il remplace numériquement et qualitativement Titi Debès. La saison dernière, il a joué 22 matches de Ligue 2, se partageant le temps de jeu avec Joris Delle. S’il n’a aucune expérience du haut niveau, bien qu’il soit international malien, Sissoko fera un parfait complément à Memo, et sans doute même un parfait remplaçant pour la saison prochaine. Selon Rigobert Pirès, spécialiste ès F.C Metz (donc futur suicidaire), Sissoko est «fantasque mais solide sur sa ligne». De quoi se réjouir.

Brandon Deville : sa convocation avec la sélection internationale pour jouer contre la Squadra Corsa le mois dernier n’était pas au hasard. Auteur d’une passe décisive pour Gignac lors de ce match, le milieu Belge s’est engagé pour trois saisons à l’ACA. S’il a la gueule d’un jeune puceau, il a une technique au dessus de la moyenne, pour le situer, il a déjà joué en U21 à Anderlecht avec des joueurs comme Lukaku et De Sutter. Dans un premier temps, il semble vouer à jouer en équipe réserve mais attention, il peut être la révélation de la saison ajaccienne.

La presque arrivée :

Chahir Belgazhouani : son nom vous dit sans doute quelque chose, et pour cause. Né à Porto-Vecchio, ce Franco-Marocain fut formé à Grenoble. Pisté par Tottenham, Chahir décide de s’exiler au Dynamo Kiev. Mauvaise idée puisqu’il ne disputera aucun match en équipe première. Il revient alors en France et signe au Racing Club de Strasbourg. Les emmerdes commencent. S’il remporte le trophée UNFP du meilleur joueur du mois de septembre, cette embellie sera de courte durée. Effectivement, il est arrêté par la police alors qu’il est en plein entraînement. La raison ? Il a tourné dans un clip du groupe de rap alsacien Cartel 67, clip qui est jugé outrageant à l’égard des policiers et de leurs conjointes. Il lui est aussi reproché des faits de violences volontaires avec le réalisateur de ce même clip. S’en suivent plusieurs expériences plus ou moins loupées à Neuchâtel, à Tours et à Zulte-Waregem. Ce milieu offensif, bien qu’il ait été un grand espoir, a vu sa carrière pourrie par un comportement pas forcément approprié au football professionnel. Espérons que pour son retour dans son île natale, il mette de côté ses problèmes pour se focaliser sur son jeu. Car s’il revient à son meilleur niveau, il ne fait pas de doutes qu’il soit une excellente recrue.

 

Les départs :

Leyti N’Diaye : retourne à l’OM où il lustrera parfaitement le banc.

Richard Socrier : en fin de contrat, il va aller poser sa grande carcasse en Ligue 2 ou en National. On parle du Mans et d’Orléans.

Rémi Cilia : en fin de contrat.

David Oberhauser : en fin de contrat. Gigliarelli ou Monteiro, deux jeunes gardiens qui prendront sa place de numéro 3.

 

Pour finir, et avant de revenir de plus belle la saison prochaine, le Perfettu vous laisse avec un beau proverbe. Et pour tous les continentaux qui viendront en vacances chez nous : nos plages et nos femmes, ne les souillez pas trop.

 

« Chi a dinari e amicizie, storci u nasu à a ghjustizia » / « Qui a de l’argent et des amis, tord le nez à la justice. »

 

Au fait, le Perfettu est hype et est sur Twitter ici.

Et sur Facebook aussi ici, où il dit plus de conneries qu’autre chose.

 

«  Aio…Aio…Andemi tutt’o stadiu . A mé…A té. Ché un matchu disputatu a d’a juca A.C.A. Ma l’arbitru qualli sera ?

Gridemi e via l’A.C.A »

 

Basgi,

Perfettu Erignacci.

3 réflexions sur “L’Aiacciu Académie fait péter le bilan de l’A.C.Ajaccio.

  1. C’est râpé pour Mandrichi, il a signé à Bastia ou au GFCA, je sais plus moi avec tout ces clubs corses. J’aime bien ce joueur. Ainsi que Cavalli, lui, j’aimerais le voir dans un bon club, à l’OM par ex, il te leur ferais oublier Lucho en deux-deux.

  2. Ouais Mandrichi a signé au Gazelec. Première grosse recrue pour le club puisqu’il pèse un peu plus de 90 kg… Mais ça l’empêchera pas de planter deux doublés contre Nîmes la saison à venir.
    Et Cavalli ne quittera jamais la Corse, trop attaché à son île mais il s’intégrerait partout et il serait aimé partout vu son caractère de battant. C’est autre chose que cette tarlouze de Lucho c’est sûr.

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