AnatolieAcadémie

Souvenirs d’Anatolie

Les jambes habituées à être nues et accroupies environ deux fois par jour, se déplaçaient vers les 4 points nerveux où allait s’écrire une page de plus dans les fables anatoliennes. Les crampons étaient noués, l’hymne entonné, le souffle puissant titillait la bille qui cognait l’intérieur de la flûte capable de tout arrêter sans que justice ne soit exigée. La plume fût trempée dans l’encrier, les mots les uns derrière les autres constituaient l’histoire à jamais scellée de cette seconde journée des play-offs. À filets tremblant, s’associait ottoman hurlant, parfois de joie ou de colère. La plume bien généreuse n’oubliait cependant pas qu’allaient lutter 4 équipes en coupe pour passer la porte de l’Europe et annotait les confrontations dans la marge bien trop étroite.

 

Bursaspor 3 – 2 Istanbul BB
Le jeune crocodile et le hibou étourdi

Le crocodile nageant dans deux eaux dont une commençait à troubler après une lourde défaite,

Voulait donner un coup de queue pour se propulser vers l’avant et recoller au classement.

Pour cela, il fait peau neuve en disposant d’une équipe rajeunie laissant l’expérience au repos,

En vue d’un match de coupe contre les foudres rouges qui promettaient de les paralyser le moment venu.

Le hibou étourdi quand à lui restait solidement accroché malgré un match passé nul au score et en saveurs,

Et espérait arracher de ses petites pattes un point ou plus de la gueule du crocodile.

Le jeune crocodile hésitant, le hibou étourdi trouvait la marque bien tôt dans cette partie (Doka, 7e),

Sur une erreur de placement défensif assez grossière : le crocodile se noyait dans son milieu naturel.

La fougue de la jeunesse regagnait lentement le crocodile qui commençait clairement à marquer son territoire,

Le hibou ne pouvait que se replier et dans un mouvement de panique déposait l’oeuf dans son propre nid (Holmen, CSC, 26e).

La confiance retrouvée par le jeune crocodile lui donnait plus d’assurance dans son jeu aux courtes passes rapides,

Et il réussissait une fois de plus à déplumer le hibou sur un face à face de Sestak (35e), l’international slovaque.

L’étourderie persistante du hibou engendrait un dégagement approximatif contré et récupéré par Turgay,

Qui dribblant habilement vers la surface finissait par marquer (49e) après un joli une-deux avec le jeune Okan.

Le hibou désormais vaincu trouvait dans un moment de relâchement du crocodile trop assuré,

Une occasion qui permettait à Holmen de marquer (91e) et ainsi de retrouver un peu de moral.

Morale : La jeunesse parfois doit se montrer car elle a du talent, elle peut aussi donner l’image d’un avenir radieux.

 

Eskisehirspor 1 – 1 Sivasspor
La foudre rouge et le campagnard

Sur son champ de patate la foudre rouge s’engage à affronter le campagnard en espérant le frapper,

De plein fouet sur ce terrain bosselé que connaît bien le campagnard car le sien n’est guère mieux.

La foudre rouge met toutes les chances de son côté en alignant une équipe type, oubliant peut-être volontairement qu’elle était attendue en tempête en coupe contre le crocodile.

Les deux protagonistes avec une stratégie offensive s’affrontent donc dans un match nombreux en tentatives,

Malheureusement en ratés car la foudre rouge devenait éclair à la fraise devant la cage du campagnard.

Le grand nerveux Batuhan recevait une balle de l’aile droite, et après un contrôle qui éliminait son adversaire,

Foudroyait le gardien de la barrière d’un extérieur placé du pied dans le petit filet (45e).

Sur un coup de pied de coin, l’éclair à la fraise se laisse surprendre dans son mauvais placement,

Laissant échapper Navratil (2 comprimés par jour) au deuxième poteau tout seul qui égalise simplement (63e).

Une paire de minutes plus tard la foudre rouge inquiétera le campagnard après une contre-attaque bien menée,

Erkan bien servi se trouve face à face avec le gardien, mais un ballon déposé trop à droite achèvera les derniers espoirs de victoire.

Morale : Se prétendre foudre sans savoir frapper précisément, n’inquiétera personne.

 

Trabzonspor 1 – 0 Besiktas
L’aigle dans la tempête

La tempête ayant fait rage plus dans les tribunes que sur le terrain contre le canari auparavant,

Était condamnée par la fédé : mâles furent interdits d’assister au spectacle du soir.

Femelles regardèrent donc cette confrontation, encourageant la tempête de leurs voix suraiguës,

Qui pouvaient parfois dérouter le spectateur resté à domicile bénissant sa boisson et son streaming.

La tempête secouait l’aigle dans les premiers instants, mais celui-ci porté par le souffle de Quaresma,

Avait une occasion de prendre le dessus, mais l’avarice de ce dernier empêchait l’aigle de s’envoler.

La tempête inquiétée, retrouva son souffle grâce à l’aide d’Halil Altintop qui, hors-jeu(.net),

Se trouvait face à face avec le gardien Rustu pas maquillé pour l’occasion pour marquer l’unique but (69e).

La joie provoquée secouait donc les poitrines bien fournies ou desserrait un peu les voiles, c’est selon,

Mais l’aigle devenant pigeon encore une fois par l’arbitrage n’avait que faire de cette distraction.

Il pensait déjà à se plaindre, à qui, à quoi, comment, et trouvait la réponse en lisant la ballade bleu-pisse,

Puisque seul Platoche possède le pouvoir de la punition : mais la lettre restera négligée sous le dossier « Turquie 2020 ».

Morale : L’aigle ne peut se lier au sifflet, son bec le gênant bien trop pour le tenir.

 

Galatasaray 1 – 2 Fenerbahçe
Le lion et le canari

Se préparait au pont des deux continents, la confrontation ultime et presque décisive entre le lion et le canari,

Exagérée par l’information qui considérait celle-ci comme suivie par des milliards de personnes de toutes races.

Le destin du championnat allait se jouer, le lion attendait la gueule menaçante le jaune canari,

Prêt à le mordre une bonne fois pour toute, afin de remporter la couronne en avalant son pire ennemi.

Le tifo à l’apparence douteuse d’un enfant de sept ans était destiné aux canaris afin de se moquer de ces derniers,

Mais il ne suffit pas de faire du coloriage pour remporter un match, puisque tout se passe dans l’arène.

Le match commençait, et c’est le canari aidé de sa colonne vertébrale Alex qui servait habilement Zigler,

Qui dans sa course frappait là où Muslera ne pouvait atteindre, et marquait le premier but de la rencontre (17e).

Les nerfs des supporters commençaient à lâcher, et la moindre chute dans la surface provoquait les cris,

Penalty ! réclamait le lion mais le sifflet ne retentissait ; ce n’est pas en mendiant que le lion obtiendrait un but.

Le lion désormais affaibli, redoublait d’agressivité et multipliait les occasions, mais était-ce utile,

Puisqu’il ne trouvait jamais le but, ou toujours le gardien Volkan car il tirait sans cesse sur lui.

C’est en deuxième partie que le lion attrapera le canari : faute de Caner sur Elmander au dehors de la surface,

Le talentueux Selçuk tirait pour marquer son 4ème but par coup-franc, dévié par Volkan mais c’était insuffisant (68e).

Le canari sonné commençait sa chute, car par trois occasions le lion avait l’opportunité de clore le championnat,

Mais une fois de plus, viser le gardien, le ramasseur de balle ou la tribune n’apportait rien au lion à part déception.

Le canari surprit cependant une fois de plus le lion bien naïf, puisque sur un long ballon de Volkan dévié,

Bienvenu servait un Stoch bien en forme qui face à Muslera n’avait plus qu’à déposer le ballon au fond (80e).

Morale : à ouvrir trop sa gueule pour se montrer menaçant, on finit idiot en restant bouche bée.

 

Surnom officiel des équipes :

Besiktas : les aigles noirs.

Bursaspor : les crocodiles verts.

Eskisehirspor : la foudre rouge.

Fenerbahçe : les canaris jaunes.

Galatasaray : les lions.

Istanbul BB : les hiboux.

Sivasspor : les téméraires.

Trabzonspor : la tempête.

 

Discussion la bouche pleine de baklavas :
1.Sivasspor         29

2.Bursaspor        28

3.Eskiserhispor   27

4.Istanbul BB      26

 

Voilà que tout devient bien confus dans cette poule. Les quatre équipes restent dans la course et il reste encore quatre matchs à jouer. Difficile de donner une idée de qui peut remporter cette poule à l’heure actuelle, et le caractère imprévisible des rencontres augmente cette difficulté. Wait and see, donc.

1.Galatasaray    42

2.Fenerbahçe    40

3.Trabzonspor   31

4.Besiktas        28

 

Ici le tableau devient intéressant. La défaite de Galatasaray sur son propre terrain la met dans une situation pas très confortable, puisqu’il reste le match contre Fenerbahçe sur leur terrain, terrain où Galatasaray ne gagne plus depuis 1999. Ce match peut devenir la finale du championnat, mais il faut bien sûr que les deux protagonistes gagnent tous leurs matchs jusqu’à ce rendez-vous, chose dont la probabilité n’est pas si faible que ça. Chaque match à compter de cette journée vient de gagner en pression puisque le moindre faux pas peut foutre en l’air toute l’année du championnat : c’est ça la beauté des play-offs. On se retrouve prochainement donc pour des matchs sous pression, en espérant qu’Istanbul ne sombre pas dans une guerre civile entre les bleu-jaune et les rouge-jaune.

 

Vous reprendrez bien une petite coupe ?


Ça ne se refuse pas. Après ce week-end de play-offs, se sont joués mercredi et jeudi respectivement les demi-finales de coupe de Turquie qui opposaient Bursaspor à Eskisehirspor, et Fenerbahçe à Karabükspor. Bursaspor et Eskisehirspor se sont affrontés à Izmir. Les supporters de Bursaspor avaient généreusement fait le déplacement pour assister au match, les uns demandant à leurs patrons la permission, les autres la demandant à leurs parents. Le match était gagné par Bursaspor dans les tribunes sur le score de 9 000 à 16 000. Sur le terrain, même branlée, puisqu’un Bursaspor motivé gagnait 3 à 0 contre un Eskisehirspor tactiquement négligé, mais gagnait surtout grâce à un Pinto en grande forme qui marquait 2 buts et un Batalla qui marquait le dernier, mais qui fut surtout décisif sur toutes les actions de but. C’est simple, Bursaspor veut la coupe. À Ankara (la vraie capitale de la Turquie), Fenerbahçe jouait Karabükspor. Match qui fut à sens unique puisque Fenerbahçe mettait la pression sur la défense de Karabük, notamment à l’aide d’un Stoch en forme et trouvait la marque 36 minutes après le coup de sifflet de départ. Karabükspor trouvait une occasion en début de deuxième période pour égaliser, mais Mehmet Yildiz échouait devant le gardien. Dia achèvera Karabük par un but à la 58ème minute. La finale opposera donc Bursaspor qui veut gagner la coupe de Turquie dans la continuité de sa géante progression des 3 dernières années, à un Fenerbahçe qui veut réaliser le doublé en gagnant la coupe et le championnat. On sera au rendez-vous.

 

Votre tête de turc préférée,

Hakan Direktendöndü.

 

Vous pouvez trouver toutes les images des matchs, légalement, ici. Il vous suffit de choisir la poule, la journée (hafta) et de cliquer sur le score, et c’est parti pour du bon foot.

5 réflexions sur “L’Anatolie académie revient déjà

  1. Belle académie, dommage qu’il y ait eu un problème dans la mise en page. Il est motivé, le nouveau!

    1. @ EvaristeG : totalement, le stagiaire sera lapidé en place publique avec des figues de barbarie. Nos excuses Hakan.

  2. FM2012 m’apprend qu’hormis une saison dans un club italien de série B, Pinto a passé tout son temps en Amérique du Sud.

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