Les enquêtes de Bernard de la Villelumière : A Zurich

Bernard est penaud comme Alain.

Après plusieurs semaines sans nouvelles de notre enquêteur au long court, Bernard De la Villelumière, nous avons reçu une lettre de sa part, plutôt émouvante.

Zurich, le 26 nov.

Cher et bel éditeur,

Comme vous nous voyez désolés d’avoir disparu de la circulation si longuement, cependant nous avons une bonne excuse. Nulle envie de notre part ne fut celle de vous quitter, de vous déserter, de nous séparer de vous, puissance intellectuel et phare de toutes les paupières.

C’est dans la douleur un matin de novembre sans nouvelles de votre part que nous décidions de faire notre baluchon et de nous présenter au Pôle Emploi, Dieu nous protège de refouler cette terre putride. Après tout, cher éditeur, vous étiez partis avec notre bel argent gagné à la sueur de notre front et notre poignet, rédigeant et parcourant le monde pour horsjeu.net (mâtin quel site). Rongé par l’inquiétude et le désespoir, nous répondions à une annonce de l’agence nationale pour le travail du VIII° arrondissement.

Elle avait été déposée par un de nos amis, Eric, devenu chômeur à son tour depuis peu. Le descriptif de la mission proposée à quiconque souhaitait la relever était notre foi fort simple, je vous fait parvenir les éléments qui avaient été portés à notre connaissance.

Forts de nos savoirs en langues étrangères et étant motivés par la perspective de rejoindre un état dont les référendums nous font saliver comme un jésuite dans un centre éducatif, nous filions ni une ni deux en direction de la Confédération.

Arrivé dans les locaux de la Firme Internationale de Formation à l’Allemand, c’est le “père supérieur” (ainsi que les membres de l’organisation le nommaient) Joseph qui nous accueillit sur le perron de l’honorable maisonnée dont nous avons eu le droit de prendre une photographie.

Le père Joseph avait ce tendre accent qui nous enchantait quand Grand Père prêta la villa familiale à des immigrés le temps de quatre années. Nous nous remémorions l’époque révolue où, assis sur Helmut (l’ami de Grand Père) nous jouions au Panzer à travers les Ardennes alors que nous étions tout simplement juchés sur son dos, lui-même se trouvant à quatre pattes dans le salon. L’enfance, une époque dont tout un chacun ne profite pas à sa juste valeur.

Cette aparté passé, le Père Joseph m’expliqua brièvement les termes de notre mission. Le conseil d’administration se réunissait tous les mois environ. C’est à ce moment précis que nous devions agir pour le compte de cette admirable institution. Le temps des AG, il nous était demandé de remettre des documents précieux à certains de nos intervenants à travers le monde.

Nous devions donc dans un temps nous rendre à l’UBS afin de récupérer les précités documents et les remettre en main propre à la personne concernée. Ainsi les premiers temps, je rencontrais des Tahitiens, des Nigérians et même un Brésilien qui n’avait, nous croirez-vous, pas de dread-locks. Il nous semble même qu’il était blanc, comme quoi, la nature est bien faite. C’est là que notre nouvel ami, Nicolas (encore un) un sud-américain blanc comme notre tonton de la pampa nous expliqua un peu mieux ce qu’il se tramait dans la FIFA.

A part, dans le bureau de la délégation Paraguayenne pour la langue allemande, il nous teint dans un espagnol des plus corrects, imaginez notre surprise, à peu près ce langage :

“Tou sait Bernardo, tou es lé plou travailleur de todos les travailleurs ici.
-Gracios Nicolas, nous faisons notre possible pour contenter tous les conseillers du père Joseph.
-Misericordia, Dio soit loué qué tou sois là. Ma, yé oun service à té démander.
-Lequel Nicolas, vous pouvez tout nous demander, nous sommes dévoués à la cause pangermaniste vous et moi.
-Si yo tambien. Vois tou, il mé semble qué notre camarade dou Brésil, il né tire pas dans le même sens qué nous, et si tou écoute bien, yé pense qu’il né parle même pas l’allemand.
-Comment cela est-ce possible ? Le père Joseph l’aurait immédiatement démasqué.
-C’est que le père Yoseph, il est âgé et l’oreille faible… oune peu como Pétain.
-Ah, oui, nous voyons mieux. Que devons-nous faire Nicolas ?
-Et bien, tou va prendre la mallette dou Brésil et mé la remettre directement, comé ça, il sera obigé dé sé mettre à la belle langue de Shakéspire.
-Quel plan remarquable, ça lui fera les pieds à ce mauvais panpatriote.
-Si tout-à-fait, pero, dépêche toi.
-Vielen danken mein Herr, wir zurückkommen jetzt !
-Qué ?
-Nous volons, nous courons et nous remettons.
-Cabron…

Ainsi nous fîmes ce que notre ami nous demanda, et nous ne vîmes plus jamais Ricardo. Puis, le délégué du Nigéria me proposa la même chose au sujet de la mallette du Paraguay, puis le Tahitien au sujet du Nigéria et ainsi de suite.

Par la suite, alors que nous étions en train de prendre un Schokolade à la Bakerei, nous vîmes James, un britannique venu visiter cette belle ville et cette jolie structure qu’est le site de la FIFA. Alors que nous discutions, et comme il semblait connaitre le but de notre association, il me demanda de lui laisser voir les documents de l’une des délégations, ce que nous fîmes. James avait l’air sympathique après tout. Et tandis que nous payions la note auprès de cette jolie serveuse, donc blonde, James avait disparu avec la valise.

Trop honteux pour oser revenir auprès du Père Joseph après cette perte si importante, nous vous écrivons à présent afin de savoir si vous souhaitiez nous réembaucher, afin de mener à bien nos enquêtes qui nous manquent tant.

Conscient de vous avoir sans doute déçu, nous serions honorés de vous retrouver, vous qui fîtes tant pour notre renommée.

Votre dévoué BDLV.

4 thoughts on “Les enquêtes de Bernard de la Villelumière : A Zurich

  1. Ah bin Zurich, c’est pas loin en plus s’ils paient le train…purée, si je parlais le yorouba et que j’étais blanc j’aurais pu lui voler le job :-(

  2. Pris entre les fautes d’orthographe, celles de syntaxe et de grammaire, j’ai abandonné la lecture.

  3. Ca fait plaisir de vous revoir Bernard. « puissance intellectuel » aurait bien aimé être conjugué.

    Michel tu exagères, ok son allemand est approximatif mais tout de même. Moi j’aime bien.

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